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Des nouvelles !

Je n’ai pas écrit ici depuis bien, bien longtemps. Pas seulement ici, d’ailleurs : il y a plusieurs personnes qui attendent toujours un courriel de ma part ! Il y a plusieurs raisons à cela, du moins pour ce blog : tout simplement, je n’avais rien à dire, ou alors j’étais occupée à autre chose. Car si je n’écris guère ici, cette année est pour moi assez exceptionnelle concernant la fiction, alors je commencerai par là.

Ce que j’écris

Mon roman grossit à vue d’œil, et je ne vous parle même pas de la fan-fiction sur Fairy Tail, qui a enflé comme… Attendez, j’essaie de trouver une métaphore adéquate. Comme quand on laisse une casserole de lait sur le feu : dès que ça bout, ça déborde à vitesse grand V. Non, je ne suis toujours pas persuadée du bien-fondé de cette métaphore. Surtout pour un yaoi. Bref !

Un mot concernant le roman, provisoirement intitulé Failles-Mortes, du nom d’une vieille forteresse, mélange de Dros Delnoch dans Légende de David Gemmell (qui reste un roman très cher à mon cœur) et de Fort-Céleste dans Dragon Age : Inquisition. J’ai dû commencer à l’écrire au printemps 2016. Il y a eu des périodes de traversée du désert. Là, je suis dans les trois cent pages et force est de constater que je suis encore très loin d’en avoir terminé ! Mais je vous en parle quand même, histoire que vous ayez une idée de ce qui occupe une bonne partie de mes soirées : il s’agit d’un roman de fantasy, ça tire un peu du côté de l’heroic fantasy, mais c’est loin de ressembler à un David Gemmell (que je lis beaucoup en ce moment). Des batailles, des combats, il y en a, mais il ne s’agit pas du centre du roman. Nous sommes dans un monde technologiquement médiéval. Pas de magie à proprement parler, mais des « esprits », des créatures mystérieuses, invisibles, qui ont le pouvoir de modifier le réel à leur gré, de posséder les gens, et qui ont une fâcheuse tendance à se foutre de la gueule des humains.

Dros Delnoch, par Didier Graffet.

Dros Delnoch, par Didier Graffet.

En très gros, le roman est l’histoire des relations complexes entre les humains et ces entités. J’ai une demi-douzaine de personnages principaux, dont la vision du monde diffère, et donc dont les intérêts divergent. Que penser des esprits ? Faut-il chercher à les contrôler ou à cohabiter ? Vous ajoutez à ça de sombres histoires de famille, des histoires d’amour, des problèmes d’estime de soi et l’obsession de la quête de sens, de justice et de stabilité dans un monde qui ne cesse de changer – littéralement – à cause des esprits, et voilà la matière de base de mon livre.

Inutile de faire un résumé, puisque je n’ai pas terminé, mais voici comment tout ça commence : Sophia, gardienne d’une antique citadelle du nom de Failles-Mortes et liée aux esprits par un pacte dont elle a seule connaissance, est assassinée. En effet, une armée menée par une coalition de représentants de vieilles familles nobles dont les lignées et la gloire sont en train de s’éteindre cherche à s’emparer de la forteresse, persuadée qu’elle y trouvera le pouvoir nécessaire pour rétablir une forme de domination humaine sur un monde qui leur échappe. Trois personnages arrivent sur les lieux presque en même temps que la coalition, mais pour des raisons totalement différentes : un duo de voleurs en quête d’un trésor et un alcoolique possédé en quête de solutions pour se débarrasser de ses hôtes indésirables. Et je ne préfère pas en dire davantage, sachez juste qu’il y a au programme des voyages dans des terres exotiques, des « confessions au coin du feu » dans l’esprit de Warcraft le film mais hopefully en beaucoup mieux, des scènes de sexe torrides (pas si nombreuses que ça, mais bon, on ne se refait pas), et des questionnements et remises en question torturés qui ne surprendront probablement pas ceux qui me connaissent bien.

Voilà. Il me faudrait un agent pour me vendre, non ? Parce que si j’agrafe cette présentation-là à mon manuscrit pour de futurs éditeurs, je suis pas sûre qu’ils prennent…

Oh, et note pour Kalys : attends avant de lire le chapitre sept, Fertesol, je l’ai tellement bricolé qu’il vaut mieux que je te le renvoie avec le chapitre huit, dans l’ordre, et avec une meilleure présentation, je sais comment faire maintenant :)

fanfictionEt pour la fan-fiction, eh bien… J’ai déjà dit que c’est un yaoi (qui comprend aussi quelques scène yuri, soit dit en passant), et que c’est une fan-fiction de Fairy Tail. Donc j’ai déjà dit tout ce qu’il y avait à dire dessus (ce qui ne m’empêche pas d’en être très fière!). Ah, et c’est un Gratsu, les true sauront ce que ça signifie. Si ça vous intrigue, c’est accessible si vous avez plus de dix-huit ans. Ou si vous prétendez avoir plus de dix-huit ans. Personnellement, je ne crois pas qu’il y ait quoi que ce soit de choquant dans ce que j’écris, mais là tout de suite, je n’ai pas envie de me lancer sur un débat sur la censure (bien que j’aie beaucoup de choses à en dire, disons simplement que ce sera pour un autre billet !).

Quand je travaille !

Parce que ça m’arrive, parfois, entre deux scène de yaoi. Les traductions, donc ! J’ai le plaisir de vous dire que ça va bien sur ce plan ! Depuis le début de l’été, je travaille régulièrement avec Exequo, agence française de localisation jeux vidéo. Actuellement à mon palmarès, Outreach, un « walking-simulator », paraît-il qu’il faut appeler ça, et vu que je l’ai traduit en entier, je peux vous dire que vous allez aimer l’intrigue, originale et flippante, Durango, jeu de survie coopératif sur mobile dans un monde avec des dinosaures (trop vaste pour un seul traducteur, on était plusieurs) et Surviving Mars (pareil, à plusieurs), jeu de gestion où il s’agit d’installer une colonie viable sur Pluton. Mais non, sur Mars, évidemment ! J’ai vu que vous ne suiviez pas.

durangoParallèlement, je continue mon travail de sous-titrages pour Visual Data, et le principal client reste Netflix (qui apparemment ont vraiment nagé dans la panade avec leur histoire de test. Et oui, je sais que « nager dans la panade », ça n’existe pas.). En ce moment, encore des vérifications de sous-titres Star Trek, sinon, des séries Disney, des émissions de bagnoles (Drive, oh my god. Si vous êtes fans de voitures, je vous déconseille mes traductions) et de cuisine (Mind of a Chef, ou la branlette pour les fins gourmets) ont été mon boulot quotidien ces derniers mois.

Mes revenus en traduction, quoique toujours un peu justes, m’ont permis de me détacher de toute activité de rédaction. Quitte à bosser dur, j’en ai eu assez de bosser pour des clopinettes, alors j’ai tout arrêté pour me consacrer à la traduction et à l’écriture.

Nouvelles en vrac

  • Esprit critique m’en a donné la confirmation : j’ai un alignement chaotique bon. Chouette vidéo, merci F. !

  • Bonne nouvelle : je crois que mes voisins ont disparu par le portail qui s’est ouvert entre notre monde et le suivant à Halloween et ont été remplacés par des fantômes. Je ne vois aucune autre explication rationnelle au silence qui règne dans l’immeuble.

  • Je regarde trop de films d’horreur. Mais je n’en suis pas encore au point d’avoir vu celui avec Ben Laden qui revient en zombie. Quoique, « The Axis of Evil Dead », c’est tellement bien trouvé que je devrais peut-être.

axis of evil dead

  • Je regarde Log Horizon, et c’est bien, même très bien. J’ai passé tout un épisode à pleurer.

  • Je ne regarde toujours pas, mais je suis devenue totalement accro à l’OST de Naruto Shippuden. Yasuharu Takanashi!! C’était le nom d’un compositeur crié par une fan, pas une insulte en japonais, au cas où vous auriez un doute.

  • J’ai découvert le sens de la vie. Mais je ne vous dirai rien.

Kata ton daimona eaytoy.

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La littérature érotique à succès

Beaux gosses, BDSM et malbouffe littéraire

 

Il est jeune, beau, riche. Elle est jeune, belle, pas forcément riche, souvent naïve, et elle ne rêve que d’une chose : appartenir (l’inverse est rarement vrai) corps et âme à son bad boy d’amant. Ils lient une relation passionnelle, tumultueuse, charnelle, intense, et sexuellement plus ou moins classique.

Voilà ce qui pimente les lectures des jeunes filles, jeunes femmes, femmes mûres, et qui sait, peut-être des séniores aussi ! Je n’ai pas lu de statistiques sur la question, mais j’ai cru comprendre que le public cible tournait autour de la trentaine.

Je m’y suis intéressée parce que, sous ma casquette de rédactrice indépendante, on m’a demandé d’écrire un article sur quatre séries érotiques qui marchent du tonnerre. Et aussi parce que la littérature érotique, ça me botte. Alors voir ce qu’on en fait, ça m’énerve : ce qui pourrait se déguster comme un plat fin et subtil est représenté dans une très large mesure par de la grosse bouffe de fast-food. Du prêt à consommer sans saveur aussi lourdement chargé en clichés que les frites sur lesquelles un employé trop zélé a renversé la salière. Alors vous allez me dire, un petit hamburger bien gras de temps en temps, ça ne fait pas de mal. Sauf quand les chaînes de restauration rapide commencent à supplanter les établissements qui servent de la bonne bouffe. Quand ils deviennent la norme. Et qu’est-ce qu’un best-seller, sinon le porte-étendard de la littérature dominante, le représentant adulé de la culture – et reflet de la pensée – de masse ?

 

Au commencement était Twilight

 

Bien sûr, il fallait s’en douter. Avec le succès fulgurant de 50 nuances de Grey, on allait forcément voir fleurir toute une palanquée de suiveurs. Mais le vrai responsable, ce n’est pas 50 nuances… Linksthesun a bien raison d’en faire une obsession : la racine du mal n’est autre que Twilight[1] ! Car 50 nuances de Grey est à l’origine une fan-fiction, et la série à succès de Christina Lauren, Beautiful, en est également une (Christina Lauren est en réalité une entité à deux têtes composée de Christina Hobbs et Lauren Billings). Il semble que Bella et Edward ont su captiver l’imagination de nombreuses auteures, et il est assez étonnant de voir que certaines de ces fan-fiction, publiées sur le net ou auto-publiées en e-books, ont connu un succès tel que les auteures ont été contactées par les éditeurs papier ! Ainsi, on assiste à la professionnalisation express d’auteures amateurs qui écrivaient probablement sans rêver de gloire. Dès lors, il n’y a aucune raison de s’étonner de la qualité discutable de la littérature qu’elles produisent « professionnellement »… puisque ce sont des auteures amateurs ! Loin de moi l’idée de critiquer l’écriture amateur, ce serait cracher dans la soupe, puisque je la pratique (et la fan-fiction aussi). Je constate juste un fait. Mais il y a pire ! Des auteures professionnelles, qui ont dans leurs bagages des dizaines de best-seller, écrivent elles aussi comme je le ferais si on me tirait du lit alors que j’étais en train de cuver un pack de bières. Ainsi, Maya Banks écrit :

« Soudain, il crispa les paupières.

—Tes yeux, Gabe, commanda-t-elle d’une voix suave, comme il l’avait fait si souvent par le passé. Je veux voir tes yeux quand tu jouis.

Aussitôt, il obéit, pupilles dilatées. Il serra les mâchoires mais ne se détourna pas.

—Tout ce que tu veux, ma belle, murmura-t-il.

Ces quelques mots faillirent lui faire perdre la tête, et elle sentit qu’elle l’inondait tant elle était excitée.

Avec un soupir d’ivresse, elle accéléra la cadence, entraînant Gabe avec elle jusqu’à ce qu’il en soit réduit à bafouiller des paroles inintelligibles, le regard fou. »[2]

(Comme je le disais à mon cher et tendre, j’ai également remarqué ailleurs une « voix chaloupée », un choix de mots très intéressant.)

Bon, d’accord, il y a le passage à la traduction. Trois possibilités méritent considération. 1) Le traducteur ou la traductrice est mauvais(e). 2) Le texte original est mauvais. 3) L’éditeur français a imposé une adaptation. Ce point me semble important. J’ignore la politique d’un éditeur comme Milady (une maison d’édition rattachée au plus gros éditeur de l’imaginaire français, Bragelonne, qui publiait à l’origine de la bit-lit mais qui ratisse aujourd’hui un un public aussi étendu que l’électorat de l’UMP ), qui édite Maya Banks dans la collection Romantica. Ou celle de Hugo & Cie, qui publie les sagas de Christina Lauren et de Katy Evans (Fight for love). Mais je connais celle d’Harlequin.

 

Les enjeux de la traduction de la littérature érotique : réécriture, clichés et stéréotypes

 

Quand j’étais en Master Traduction à Angers, Maïca Sanconi est venue nous parler de son expérience de traducrice aux éditions Harlequin. Ça a été très édifiant. Mme Sanconi nous a montré les extraits originaux en parallèle avec ses traductions, et nous avons constaté que tout ce qu’il y avait d’amusant, de déjanté, tout ce qui semblait relever de la touche personnelle de l’auteur avait été impitoyablement gommé, effacé. Malheureusement, je ne retrouve pas mes cours et je ne peux pas vous donner d’exemple. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que le travail qu’on demande aux traducteurs chez Harlequin, ce n’est pas de la simple traduction, mais de la réécriture. L’éditeur estime que son public-cible a certaines attentes et qu’il ne faut pas sortir du cadre qu’il considère comme étant la zone de confort des lectrices. Résultat : on aligne les clichés en restant dans la plus pure banalité.

Pourtant, le cliché, ou le stéréotype, a toute sa place en littérature, pourvu qu’on l’exploite correctement. Je m’explique : quand vous lisez un Maigret de Georges Simenon et que vous adorez cette série, vous éprouvez du plaisir à retrouver les stéréotypes qui lui sont propres. L’inspecteur bourru et peu loquace, les villes françaises sous la pluie, le chapitre d’explication finale où Maigret prend la parole et rabat le caquet à tous ses interlocuteurs en faisant la preuve de son esprit brillant tout en donnant au lecteur toutes les clés de l’enquête. Ces stéréotypes représentent à la fois les codes du roman policier à énigme, et ceux propres à la série des Maigret. Mais si vous répétez la même formule – sans la moindre subtilité, sans quasiment changer de personnage et de mise en scène – à tous les romans à énigme, le lecteur risque de s’ennuyer ferme. Si vous ne détournez pas les codes à l’avantage de votre intrigue, si vous les respectez scrupuleusement sans jamais chercher à jouer avec, vous ne produirez rien d’intéressant.

Alors oui, il y a toujours des gens pour acheter des romans Harlequin. Mais y en aurait-il moins si l’éditeur autorisait quelques fantaisies ? Franchement, je n’en suis pas si certaine.

Mais laissons-là ce débat et revenons-en à nos romans érotiques. Mise à part la qualité littéraire discutable, pourquoi me hérissé-je donc ? (c’était trop beau pour ne pas l’écrire 😉

Non mais t’as vu ce que tu lis ?[3]

 

Le milieu SM est en émoi, les féministes tournent de l’œil, les gens de bon sens doutent une énième fois du bien-fondé de la démocratie. Des bloggeuses parlent de personnages masculins « romantiques », « attachants », avouent « ne pas être choquées » par ce qu’elles ont lu. Certaines auraient peut-être besoin d’un shoot de lucidité. Je ne peux m’empêcher de tiquer lorsque je lis, à propos de la saga de Maya Banks toujours (À fleur de peau), un commentaire comme celui-ci : « J’ai tout de suite pensé à Cinquante Nuances avec le contrat, mais ça ne m’a pas gênée outre mesure car je pense que c’est une pratique courante dans ce milieu. » Le « contrat » en question est une invitation à la soumission totale. Dites-moi si je me trompe, mais il me semble qu’une relation sado-masochiste n’est pas basée sur un consentement définitif, d’où l’existence des mots de passe, des mots choisis parce qu’on ne risque pas de les crier par accident dans le feu de l’action (spéciale dédicace à Iron Bull de Dragon Age Inquisition ;). Une relation sado-maso ne peut fonctionner de façon saine et mature que dans la mesure où l’on respecte son partenaire. C’est un jeu sexuel, et PAS un mode de vie, et certainement pas un modèle sentimental, parce que si c’était le cas, le dominant serait clairement un dangereux narcissique… Je vous invite chaleureusement à lire cette chronique de Vivien Leigh à propos de Rush qui m’a beaucoup fait rire, et qui contrairement aux autres posts de blog sur le sujet montre sans ambages le véritable contenu du livre, décrit ailleurs comme une belle histoire d’amour.

 

Florilège

 

Je ne résiste pas à l’envie de vous faire partager des morceaux choisis, des extraits copiés-collés que j’ai trouvé sur ce blog[4], et que j’ai envoyés à mon chéri pour le faire rire, en espérant que cela vous divertisse de même :)

 

Beautiful player, Christina Lauren

– Mais que fais-tu?

Il fixe mes bras croisés sur ma poitrine.

– Mes seins me font mal. Je me demande comment font les garçons.

– Eh bien, nous n’avons pas…

Il ponctue ses paroles d’un geste vague vers ma poitrine.

– Oui, mais le reste? Par exemple, tu cours avec un caleçon?

Bordel de merde, que m’arrive-t-il ? Problème n°1 : je dis tout ce qui me passe par la tête.  Je n’ai jamais été très très subtile, et la présence de Will me perturbe assez pour m’empêcher de réfléchir avant d’ouvrir la bouche.

Il me regarde, l’air désorienté, et manque trébucher sur une racine.

– Quoi?

Je répète très distinctement.

– Un caleçon. Ou tu portes quelque chose de spécial pour empêcher tes parties de…

Un énorme éclat de rire m’interrompt, qui résonne dans le parc glacial et silencieux.

– Ciel.

– Je suis seulement curieuse.

– Ouais, pas de caleçons, répond-il après s’être repris. Ça bougerait trop là dessous. Particulièrement dans mon cas.

– Tu as trois couilles?

Il me lance un regard amusé.

– Puisque tu veux tout savoir, je porte un short de course. Conçu pour le confort des hommes.

– J’imagine que les filles ont de la chance. Rien qui… se balance. Tout est compact.

Nous arrivons sur un plat, nous ralentissons pour marcher un peu. Will éclate à nouveau de rire.

– J’ai remarqué.

– Tu es l’expert.

Il a l’air sceptique.

– Quoi ?

Mon cerveau essaie désespérément de m’empêcher d’aller jusqu’au bout de ma pensée. Trop tard.

– L’expert en … chattes. »

 

Fight for love, Katy Evans :

La foule devient dingue, appelant « Riptide ! Riptide ! » sans s’arrêter. Et puis le silence se fait comme si quelque chose d’indescriptible venait de se passer. J’ai a peine le temps de me demande pourquoi que j’entends des pas derrière moi. Une main attrape la mienne, des frissons me parcourent alors que je me retourne.

– Qu’est-ce que…

Je bredouille en avisant un torse d’homme puis, en relevant la tête, des yeux bleus qui brillent. Je perds le contrôle. Il est si près de moi que son odeur me fait l’effet d’un shoot d’adrénaline.

– Ton nom, murmure-t-il, haletant, ses yeux sauvages dans les miens.

– Euh… Brooke.

– Brooke comment ? dit-il sèchement.

Il a un magnétisme animal si puissant que ma voix se brise. Il a envahi mon espace,il est tout autour de moi, il m’absorbe, il prend mon oxygène et je n’arrive plus à contrôler les battements de mon cœur. Je suis là debout, tremblante malgré la chaleur, concentrée sur l’endroit de mon corps où il a posé sa main. Dans un effort surhumain je lève ma main libre et regarde Mélanie qui arrive derrière lui, les yeux écarquillés.

– C’est Brooke Dumas, dit-elle et elle donne joyeusement mon numéro de portable. À mon grand regret.

Ses lèvres se retroussent et il me regarde.

– Brooke Dumas…

Il a prononcé mon nom comme s’il le baisait, et devant Mel en plus. Alors que je sens sa langue s’enrouler autour de ces deux mots, que j’entends sa voix grave, le désir coule entre mes jambes. Ses yeux sont brûlants et j’ai le sentiment de lui appartenir. Personne ne m’avait jamais regardée comme ça avant.

Il fait un pas en avant, et sa main humide glisse sur ma nuque. Mon cœur bat la chamade quand je vois sa tête brune se baisser pour me donner un petit baiser sec sur mes lèvres. J’ai l’impression qu’il pose sa marque. Comme s’il me préparait pour quelque chose d’exceptionnel. Quelque chose qui pourrait à la fois changer et détruire ma vie.

 

Crossfire, Sylvia Day :

« – Votre relation a-t-elle été intensément sexuelle dès le début ? demanda-t-il.

– Nous sommes très attirés l’un par l’autre, acquiesçai-je.

– De toute évidence, commenta-t-il avec un gentil sourire. J’aimerais cependant discuter avec vous de l’éventualité d’une période d’abstinence pendant que nous…

– C’est absolument hors de question, l’interrompit Gideon. Je suggère que nous nous concentrions sur ce qui ne fonctionne pas sans éliminer l’une des rares choses qui fonctionnent.

– Je ne suis pas certain que cela fonctionne vraiment, Gideon, observa le Dr Petersen d’un ton égal. Pas comme cela le devrait.

Gideon cala la cheville sur le genou opposé et se carra dans le canapé – l’image même de l’inflexibilité.

– Docteur Petersen, déclara-t-il d’un ton grave, la seule façon que j’aurais de me retenir de toucher Eva serait de me donner la mort. Trouvez un autre moyen d’arranger les choses entre nous. »

 

Du coup, on lit quoi ?

 

C’est là où le bât blesse : bien qu’intéressée par le sujet, je ne m’y connais guère. Je peux cependant vous orienter vers les sagas de Laurell K. Hamilton. C’est de la bit-lit, donc du fantastique, oui, mais ce n’est pas la seule raison qui me fait apprécier les séries Anita Blake et Meredith Gentry. C’est intelligent, drôle, parfois cruel. Les rapports de force ne se réduisent pas à un homme (ou une femme) dans la position du dominant, qui fait exécuter le moindre de ses caprices au (à la) soumis(e). La saga des Anita Blake développe des rapports complexes entre les différents protagonistes, et aborde la question du pouvoir au sens large (dans la société, dans les relations humaines, entre les différents groupes aussi bien qu’entre les individus). La saga Meredith Gentry est un pur fantasme, mais bourré d’imagination et de situations cocasses. Le côté fantastique fonctionne ici comme un véritable outil, car il permet de créer des personnages hors du commun, et donc des expériences sexuelles plutôt exotiques (comme avec Sholto, le beau gosse à tentacules).

Si quelqu’un passe par là et a une bonne série ou un bon roman à me conseiller sans jeune fille naïve et bad boy plein aux as, je suis preneuse :)

 

 

Après tout ça, il me semble de bon ton d’écouter les maîtres de la reprise pop ironique :)

Become the citizen of the first global state of the universe! (yay!)

 

[1] Pour ceux qui, comme moi, ont toujours un doute sur la prononciation, Wordreference me confirme que c’est bien [twaïlaït] 😉

[2] J’ai trouvé cet extrait ici.

[3] Oui, encore une référence à Links, dont j’apprécie beaucoup la chaîne youtube 😉

[4] Si les auteures de ce blog viennent à me lire : je n’ai aucune intention de vous froisser. J’ai apprécié de lire vos chroniques, qui m’ont d’ailleurs été très utiles pour mon travail, merci !

Des projets, des logiciels, Albi et des peintres

Après un début d’année professionnellement glacial et personnellement lunaire (insérez ici le sens que vous souhaitez donner à cette expression), le temps s’adoucit et la vie aussi (et apparemment ça me rend poète).

Des nouvelles très bientôt concernant mes projets et mon actualité en traduction, mais il est encore un poil trop tôt pour en parler « officiellement » (je préfère avancer dans lesdits projets, et l’actualité n’est pas encore tout à fait d’actualité).

Alors je vais rester un peu plus triviale. Je me sens d’humeur légère, alors pas de « nourritures spirituelles », mais des trucs. Avec beaucoup de post-scriptum.

Atmosphère : j’écoute Trust, les Sex Pistols et les Ramones en buvant du bourbon.

 

Antidote. Le coup de foudre au premier regard. Le logiciel permet de visualiser facilement les diverses parties du discours, il analyse intelligemment la logique de la phrase, il suggère des choses, et repère toutes ses petites scories agaçantes comme les doubles espaces.

antidote

Ici, je lui ai demandé de surligner tous les adverbes pour vois s’il n’y avait pas trop de -ment.

 

L’application Kindle pour PC. Je suis fascinée par une fonction en particulier : en faisant un clic droit sur un mot, j’obtiens directement la définition du dictionnaire ! Immensément pratique pour les textes en anglais. Et moi qui suis une lectrice n’utilisant pas de marque-pages et perdant systématiquement ses marque-pages, ici l’application s’en souvient à ma place. Ce n’est pas grand-chose, mais c’est cool.

 

La semaine dernière, j’étais à Albi pour la Semaine de l’édition organisée par les bénévoles du Frigo (ainsi nommé parce que les locaux semblent frisquets à ces sudistes qui se plaignent dès que la température est sous les 20°… et aussi parce qu’il y a de la bière au frais). Invitée à discuter du métier de traducteur avec mon ex-tuteur Jean-Daniel Brèque (ex-tuteur, mais toujours Yoda en puissance), proclamé par moi-même rockstar de la traduction (je ne peux pas faire autrement, il a traduit notamment deux immenses classiques de mon adolescence, Âmes Perdues de Poppy Z. Brite, et Le Royaume des Devins de Clive Barker). Très gentiment accueillis par la traductrice Michelle Charrier, nous avons passé un chouette séjour dans cette ville magnifique (non, comme d’habitude, je n’ai pas pris de photos, demandez à Google). Je ne connaissais pas les villes du sud-ouest et j’ai donc découvert la couleur si particulière des matériaux, entre le rose et l’ocre. Je me serais crue dans une BD d’Astérix, quand ça se passe dans une ville romaine. J’ai pu visiter le musée Toulouse-Lautrec, et je suis navrée de vous apprendre que je n’aime PAS Toulouse-Lautrec. Traitez-moi d’inculte, mais voici ce que j’ai retenu de ma visite : Toulouse-Lautrec était un type qui avait souvent la flemme de peindre un arrière-plan, et qui passait sa vie au bordel ou au cabaret.

Par contre j’ai découvert dans un catalogue le travail du peintre surréaliste Alfred Kubin, qui m’a hautement intriguée.

kubin

Et dans la galerie d’art moderne, les personnages fantomatiques du peintre symboliste Eugène Carrière :

carrière

carrière2

En tout cas, je reviendrai avec plaisir dans le sud-ouest, j’ai été charmée par le peu que j’ai vu. Prochaine étape : Toulouse !

Sur ce, douce soirée à vous.

 

PS : Au fait, qui se souvient de cette délicieuse et si stupide chanson ? (le clip vaut le détour)

PS II : Réflexion philosophique. Après sauvegarde, je suis prise d’un vertige métaphysique en m’apercevant que ma vie entière tient en 2,17 Go. C’est la taille de mon dossier Mes Documents, avec le boulot, les études, les images, les textes persos, les textes créatifs… 2,17 Go. On est bien peu de choses :)

PS III : Un peu de bonne humeur dans ce monde de brutes, grâce à mon deuxième Norvégien préféré (mais qui est le premier ?…)

Wakefield – Nathaniel Hawthorne

Je vous propose de découvrir ou re-découvrir ce récit de Nathaniel Hawthorne, qui figure parmi les nouvelles les plus étranges que j’ai pu lire jusqu’ici. On y est invités à s’immiscer dans l’esprit de Wakefield, un homme plutôt banal, qui décide un jour de faire une « plaisanterie » à sa femme. Il lui annonce qu’il va s’absenter une semaine à la campagne, au lieu de quoi il loue un appartement dans la rue voisine. Mais au lieu d’y séjourner une semaine comme prévu, il va y passer vingt ans de sa vie…

À télécharger en format pdf sur la page Réalisations.

To be or not to be écrivain professionnel, la fin du dilemme

Sur la page d’accueil de ce site, il est écrit que je suis « auteure ». D’un point de vue professionnel, je suis « auteure amatrice ». J’ai publié quelques nouvelles, mais ce n’est pas là ce qui fait la différence : je n’ai pas touché d’argent pour cela, et c’est ce qui définit le plus simplement à mon sens une activité professionnelle. Cela implique aussi, à juste titre, une certaine crédibilité aux yeux des autres. Pendant très longtemps je me suis posé cette question : pourrais-je un jour devenir écrivaine professionnelle ? Ce billet est une forme de réponse. Qui suit les trajectoires aléatoires et désordonnées de ma pensée, comme d’habitude 😉

 

Ces derniers mois, je suis dans ce qu’on pourrait appeler un début de vie professionnelle au niveau de la traduction, et c’est une aventure, un vaste horizon qui s’ouvre. Je vais apprendre à naviguer. Et je suis seule capitaine sur mon navire, exactement ce que j’avais voulu. Je crois qu’au fond, ça va me plaire. Je dois simplement veiller à ne pas faire n’importe quoi, me disperser, trop réfléchir, veiller à garder le rythme et le cap, ne pas me laisser entraîner par mes gourmandes angoisses intérieures.

Mais en ce qui concerne l’écriture, professionnelle ou non, j’ai l’impression, si vous me permettez cette trivialité, d’avoir le cul entre deux chaises. J’ai du mal à définir ma pratique de l’écriture : écrire est toute ma vie, j’aimerais publier des bouquins, mais je n’arriverais jamais à en faire une activité rentable. Elle est beaucoup trop sacrée pour moi, et au terme d’une longue réflexion (plusieurs années !), j’ai décidé que je n’avais pas envie de la désacraliser. Cela ne signifie pas qu’elle ne représente pas un travail, et c’est la raison pour laquelle je souhaite la vendre, et non la donner, selon l’idée que tout travail mérite salaire. Mais ce n’est pas un travail au sens ordinaire du terme. Je ne mets pas à écrire comme on va au bureau. Je n’ai pas envie de le faire gratuitement, mais je n’ai pas envie de le faire pour l’argent. Ou les avantages sociaux (je prépare à ce sujet un article pour Itinéraire-Bis, à paraître ce mois-ci).

Être enfin soi-même, c’est un vieux poncif qu’on ressert à toutes les sauces mais dont il est difficile, et même ardu, de saisir la signification profonde. Car être soi-même n’est pas simple, ni même « naturel ». Cela demande de désapprendre des choses, de prendre du recul par rapport à soi, mais aussi à ses proches, à son éducation… On dit que l’adolescence est la période pendant laquelle on devient qui l’on est. Je ne crois pas que cela s’applique spécifiquement à l’adolescence. Cela s’applique à chacun des jours qui ensemble constituent l’existence. Devenir ce que l’on est, c’est un processus qui ne commence pas, et qui ne finit pas.

Peut-être que ces derniers mois, obnubilée par la nécessité de développer mon activité purement professionnelle (la traduction), j’ai « oublié » l’importance de l’écriture. Que j’ai eu trop de doutes, que je l’ai mise en arrière-plan, beaucoup plus que je ne l’aurais dû. L’écriture restera toujours constitutive de ma vie, quand tout le reste aura foutu le camp. Voilà pourquoi je ne pourrais jamais la désacraliser. Cela ne pourra jamais être « simplement » un métier. C’est ma façon de faire de la magie. C’est ma façon d’être au monde. Le biais par lequel mon être se manifeste de la manière la plus fondamentale. Alors non, je ne désacraliserai jamais l’écriture. Car, aussi dramatique que cette déclaration paraisse, j’en perdrais probablement le goût de vivre.

Je ne serai donc jamais écrivain « professionnel », mais, soyons clair, cela ne m’empêchera jamais d’écrire avec le plus grand sérieux et la plus grande rigueur. Mais quand on me demandera mon métier, je dirais que je suis traductrice, et que, parallèlement, j’écris des livres :)

 

PS : Je me suis laissée déborder le mois dernier par le boulot et mon cerveau n’a guère été disponible, même pas pour répondre aux commentaires, ce qui est vraiment nul. Mes plus plates excuses à Kalys et Entdaurog, cela ne se reproduira pas :)

PS 2 : Si des personnes intéressées par l’écriture voire la professionnalisation lisent ces lignes, je ne saurais que vous recommander le blog de Lionel Davoust.

Traduction et localisation

Encore novice en termes d’expérience dans la profession de traducteur, je me heurte en ce moment de plein fouet à une réalité du métier : la traduction est bien sœur jumelle de la localisation.

Pour mes lecteurs qui ne sont pas des traducteurs, la localisation est un processus d’adaptation par lequel on rend un texte compréhensible pour le public cible. Je connaissais déjà la localisation, parfois confondue avec la traduction en elle-même, mais n’ayant jamais été confrontée à des problèmes qui en relevaient, je n’avais pas saisi toute son importance. Sans localisation, une traduction peut manquer complètement son objectif : faire passer un texte d’une langue A à une langue B, en restant strictement fidèle au contenu, et, dans la mesure du possible, aux intentions du texte.

(Pour la question des intentions du texte, liée à celle de l’interprétation, je recommande aux personnes chatouillées par le désir de traduire et aux traducteurs de lire Umberto Eco, que je trouve extrêmement pertinent, humble, et pédagogue. Cf : Dire presque la même chose, Grasset, 2007. Ce livre m’a beaucoup inspirée durant la rédaction de mon mémoire de fin d’études de traduction.)

Or, pour retranscrire fidèlement un contenu, on ne peut pas se contenter de trouver des mots en langue B qui correspondent à la langue A. Ceci parce qu’une langue recouvre des concepts et des réalités culturelles qui peuvent tout à fait n’appartenir qu’à leur pays ou leur aire linguistique d’origine. Et c’est bien là le problème auquel je me heurte : on m’a demandé de traduire un document créé pour un public américain (USA), et le travail de localisation n’a pas été fait. Je précise qu’on m’a bien confié une traduction, on ne m’a pas demandé de localiser. Si cela devait se faire, je devrais réécrire une partie du document. En effet, il s’agit de phrases qui doivent être rentrées dans un logiciel conçu pour les personnes incapables de parler pour quelque raison que ce soit. Le logiciel fonctionne avec des symboles : lorsque la personne appuie sur le symbole, l’appareil dit la phrase. Alors je me retrouve avec des dizaines de phrases à propos de baseball, sport éminemment populaire aux États-Unis certes, mais qu’on m’explique la pertinence de ces phrases en France ?! Il faudrait probablement remplacer toutes ces phrases par d’autres qui parleraient… de foot !

Le problème se renouvelle avec la gastronomie : moi, je suis contente, j’apprends plein de choses sur la cuisine américaine, mais personne en France n’aura l’occasion de demander pour le dîner un « chicken and biscuits », des « curly fries », des « chicken rings » ou des « French toast sticks », à moins qu’il ne se trouve dans un restaurant spécialisé… Je peux toujours traduire : poulet aux biscuits, frites ondulées, anneaux de poulet, et bâtonnets de pain grillé, mais vous conviendrez que l’on commence doucement à frôler le surréalisme – ou les menus loufoques dans les bouquins de Bret Easton Ellis.

Pire encore, on me demande traduire : « I always watch the news on CNN ». ça m’étonnerait que ce soit le cas de beaucoup de gens ici, et je n’ai aucune instruction : dois-je remplacer CNN par France Télévision ? Mais CNN n’est même pas une chaîne publique ! Sachant que c’est de l’info continue, je fais de la pub à qui ? À BFM TV ? À I-Télé ? En plus, je ne sais même pas si ça serait légal !

Une autre anecdote : « Do you accept this insurance? » J’ai mis un temps à comprendre. Mais oui, c’est parce que certaines assurances ne fonctionnent qu’avec leurs partenaires, aussi on peut se retrouver dans le cas où vos soins ne seront pas remboursés dans l’établissement où vous vous rendez, parce qu’il n’a pas de partenariat avec votre assurance ! Une nouvelle fois, la question n’a tout simplement pas lieu d’être en France !  Vous imaginez ? « Bonjour, vous prenez des patients de la MACIF ? » « Est-ce que les malades assurés chez la MAIF peuvent être soignés chez vous ? » En France, là encore, c’est du surréalisme.

Du coup, je m’amuse bien, je ricane, mais j’apprends également beaucoup de choses, d’expressions courantes et de coutumes et habitudes culturelles qui me ravissent par leur exotisme :) ça paraît un peu cynique dit comme ça, mais que l’on se rassure : je n’ai pas choisi l’anglais par hasard, et je rêve toujours d’aller aux États-Unis, et c’est pour cette raison que traduire ce genre de document me procure un réel plaisir (même si c’est également très usant et cela nécessite énormément de concentration).