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Je ne lis que des auteurs morts (ou presque)

C’est la révélation qui m’a frappée cette après-midi, tandis que j’achevais une fiche de lecture sur une pièce incroyable de Sartre, Les Mouches (oui, Sartre, c’est incroyable. Non, je n’ai pas lu L’Être et le néant. Je savais que j’aurais envie de me suicider après la cinquième page.).

En fait, derrière ce titre un brin provocateur, il y a surtout le constat qu’en dehors de quelques auteurs de thrillers, d’épouvante, ou de fantasy, ma culture littéraire était faite d’une kyrielle de morts. Alors, je me suis posé des questions.

Est-ce que les gens qui attendaient avec impatience le prochain épisode des Trois Mousquetaires dans leur hebdomadaire favori lisaient d’autres auteurs contemporains, ou bien connaissaient-ils mieux Voltaire, Montesquieu, Racine, et d’autres classiques des siècles précédents ?

Est-ce qu’aujourd’hui se cache, parmi les auteurs populaires de notre temps, le sujet de futures fiches de lecture qu’un moi version futuriste rédigera avec autant de passion en se disant « putain, c’était canon, le 21ème siècle ! » (bien que je doute qu’il emploie l’expression « c’est canon », sauf s’il veut donner une tonalité charmante et désuète très « 21ème ») ? Sur son blog, Laurent Sagalovitsch émet l’idée que notre époque est trop paisible pour voir apparaître de grands romans. Je n’ai pourtant pas la sensation, comme lui, de vivre dans une société qui a « le ventre plein et la certitude que demain ressemblera à aujourd’hui. » Alors certes, quoi qu’en dise Manuel Valls, je n’ai pas non plus la sensation que nous soyons en guerre. Mais j’ai bien l’impression de vivre dans une société caractérisée par l’incertitude et la peur.

Connaissant finalement peu la littérature contemporaine, je ne sais pas vraiment quels seraient les meilleurs candidats pour une glorieuse postérité. Je suis persuadée que Stephen King deviendra un classique. À part ça, non, je ne sais pas. Qu’est-ce qui caractérisera la littérature de notre siècle ? Comment qualifiera-t-on notre époque ? Sera-t-elle célinienne, flaubertienne, ou plutôt hugolienne ? Qui aura l’élégance verbale d’un Beaumarchais, de qui brandira-t-on les vers contre le prochain totalitarisme ? À qui rétorquera-t-on qu’il n’y a « que les petits hommes qui craignent les petits écrits » ? Qui défendra la liberté avec autant de hargne que Jean-Paul Sartre ?

« ORESTE : Tu es le roi des Dieux, Jupiter, le roi des pierres et des étoiles, le roi des vagues de la mer. Mais tu n’es pas le roi des hommes.

JUPITER : Je ne suis pas ton roi, larve impudente. Qui donc t’a créé ?

ORESTE : Toi. Mais il ne fallait pas me créer libre. (…) Je ne suis ni le maître ni l’esclave, Jupiter. Je suis ma liberté ! À peine m’as-tu créé que j’ai cessé de t’appartenir. (…) Les mots que je dis sont trop gros pour ma bouche, ils la déchirent ; le destin que je porte est trop lourd pour ma jeunesse, il l’a brisée. »

Quel poète aura l’humour macabre d’un Tristan Corbière, dans sa réponse impertinente à l’Oceano Nox de Victor Hugo ? (le poème qui commence par « Oh ! Combien de marins, combien de capitaines/Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines/Dans ce morne horizon se sont évanouis ! ») (et je recopie le poème en entier parce que je le trouve génial) :

Eh bien, tous ces marins — matelots, capitaines,
Dans leur grand Océan à jamais engloutis…
Partis insoucieux pour leurs courses lointaines
Sont morts — absolument comme ils étaient partis.

Allons ! c’est leur métier ; ils sont morts dans leurs bottes !

Leur boujaron au cœur, tout vifs dans leurs capotes…
— Morts… Merci : la Camarade a pas le pied marin ;
Qu’elle couche avec vous : c’est votre bonne-femme…
— Eux, allons donc : Entiers ! enlevés par la lame !
Ou perdus dans un grain…

Un grain… est-ce la mort ça ? la basse voilure
Battant à travers l’eau ! — Ça se dit encombrer
Un coup de mer plombé, puis la haute mâture
Fouettant les flots ras — et ça se dit sombrer.

— Sombrer — Sondez ce mot. Votre mort est bien pâle
Et pas grand’chose à bord, sous la lourde rafale…
Pas grand’chose devant le grand sourire amer
Du matelot qui lutte. — Allons donc, de la place ! —
Vieux fantôme éventé, la Mort change de face :
La Mer !…

Noyés ? — Eh allons donc ! Les noyés sont d’eau douce.
— Coulés ! corps et biens ! Et, jusqu’au petit mousse,
Le défi dans les yeux, dans les dents le juron !
À l’écume crachant une chique râlée,

Buvant sans hauts-de-cœur la grand’tasse salée
— Comme ils ont bu leur boujaron. —
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

— Pas de fond de six pieds, ni rats de cimetière :
Eux ils vont aux requins ! L’âme d’un matelot
Au lieu de suinter dans vos pommes de terre,
Respire à chaque flot.

— Voyez à l’horizon se soulever la houle ;
On dirait le ventre amoureux
D’une fille de joie en rut, à moitié soûle…
Ils sont là ! — La houle a du creux. —

— Écoutez, écoutez la tourmente qui beugle !…
C’est leur anniversaire — Il revient bien souvent —
Ô poète, gardez pour vous vos chants d’aveugle ;
— Eux : le De profundis que leur corne le vent.

… Qu’ils roulent infinis dans les espaces vierges !…
Qu’ils roulent verts et nus,
Sans clous et sans sapin, sans couvercle, sans cierges…
— Laissez-les donc rouler, terriens parvenus !

Est-ce que, même, la poésie existe encore en dehors du Printemps des Poètes et des éditions de Minuit ? Où y a-t-il un autre Tristan Corbière, qui, comme lui, écrit tout seul et publie à compte d’auteur des écrits que personne ne lira jusqu’à ce qu’un nouveau Verlaine le tire de l’oubli ? (car c’est ce qu’a fait Corbière et pour la précision, publier à compte d’auteur, c’est faire ce qu’on appelle couramment de l’auto-édition). Pouvez-vous me citer un seul poète contemporain qui ait le talent d’un Baudelaire ? Le 20ème siècle a brisé allègrement les codes de la poésie et sa rigidité formelle pour sortir la créativité de ce carcan. Le problème, c’est que maintenant, on est trop flemmard pour écrire sous une quelconque contrainte. Qui possède encore la maîtrise et la technique nécessaire à un Racine pour écrire une tragédie entière en alexandrins parfaitement réguliers, tout en insufflant la force poétique et la violence émotionnelle d’une pièce comme Andromaque ?

Non, je ne vous fais pas grâce de Racine, et de l’une des plus belles tirades jamais écrites. Oreste, encore :

« Grâce aux dieux ! Mon malheur passe mon espérance !
Oui, je te loue, ô ciel, de ta persévérance !
Appliqué sans relâche au soin de me punir,
Au comble des douleurs tu m’as fait parvenir.
Ta haine a pris plaisir à former ma misère ;
J’étais né pour servir d’exemple à ta colère,
Pour être du malheur un modèle accompli.
Hé bien ! je meurs content, et mon sort est rempli.
Où sont ces deux amants ? Pour couronner ma joie,
Dans leur sang, dans le mien, il faut que je me noie ;
L’un et l’autre en mourant je les veux regarder :
Réunissons trois cœurs qui n’ont pu s’accorder…
Mais quelle épaisse nuit tout à coup m’environne ?
De quel côté sortir ? D’où vient que je frissonne ?
Quelle horreur me saisit ! Grâce au ciel j’entrevois…
Dieux ! quels ruisseaux de sang coulent autour de moi ! »

 

Je ne suis pas en train de vous dire que c’était mieux avant. Je ne fais que poser des questions. On peut sans doute m’opposer que j’avoue moi-même mon ignorance, et qu’il existe des auteurs vivants d’une telle trempe. Mais où sont-ils ? La poésie et le théâtre font-ils vraiment encore partie intégrante de notre vie culturelle, où sont-ils plutôt en marge ?

Et quant au roman… J’ai l’impression qu’on est bloqué depuis quelques années dans une sorte de post-modernisme où la littérature est centrée sur elle-même et sur ses acquis, sans véritable volonté de dépassement. Coïncidence, certainement pas, c’est aussi l’impression que me donne la société où je vis. On s’ennuie, on a peur, et on est frileux. On se donne moins, par peur de trop (se) dépenser. En fait, peut-être bien que les écrits passionnés des auteurs morts me semblent plus vivants que la morne prose des auteurs contemporains. Je me prends toujours en pleine figure la violence blasphématoire et joyeuse d’un Henry Miller, et je me prends à bâiller sur un prix Goncourt (Au revoir là-haut de Pierre Lemaître, si vous voulez des noms). Je n’évoque pas Henry Miller au hasard, d’ailleurs. Lui-même abhorrait la rigidité cadavérique de la littérature française, il préférait la discordance d’un Walt Whitman. Et avec Miller, on dépense sans compter. Un passage de Tropique du Cancer qui expose sa vision de l’artiste, une sorte de prophète hugolien version trash (traduction de Paul Rivert) :

« Côte à côte avec la race humaine, coule une autre race d’individus, les inhumains, la race des artistes qui, aiguillonnés par des impulsions inconnues, prennent la masse amorphe de l’humanité et, par la fièvre et le ferment qu’ils lui infusent, changent cette pâte détrempée en pain et le pain en vin et le vin en chansons. De ce compost mort et de ces scories inertes ils font lever un chant qui contamine. Je vois cette autre race d’individus mettre l’univers à sac, tourner tout sens dessus dessous, leurs pieds toujours pataugeant dans le sang et les larmes, leurs mains toujours vides, toujours essayant de saisir, d’agripper l’au-delà, le dieu hors d’atteinte : massacrant tout à leur portée afin de calmer le monstre qui ronge leurs parties vitales. Je vois que lorsqu’ils s’arrachent les cheveux de l’effort de comprendre, de saisir l’à-jamais inaccessible, je vois que lorsqu’ils mugissent comme des bêtes affolées et qu’ils éventrent de leurs griffes et de leurs cornes, je vois que c’est bien ainsi, et qu’il n’y a pas d’autre voie. Un homme qui appartient à cette race doit se dresser sur les sommets, le charabia à la bouche, et se déchirer les entrailles. C’est bien et c’est juste, parce qu’il le faut! Et tout ce qui reste en dehors de ce spectacle effrayant, tout ce qui est moins terrifiant, moins épouvantable, moins fou, moins délirant, moins contaminant, n’est pas de l’art. Tout le reste est contrefaçon. Le reste est humain. Le reste appartient à la vie et à l’absence de vie. »

*

Ce qui me frappe le plus, c’est le décalage entre la littérature populaire et la « grande littérature » prescrite par l’institution. De nombreux « classiques » d’aujourd’hui étaient très populaires à leur époque. Toutes proportions gardées en tenant compte du nombre de gens alphabétisés et des capacités de production de l’objet livre de leur époque, Dumas, Hugo, Corneille, Beaumarchais, etc, étaient des best-sellers !

La littérature n’est ni dépassée, ni poussiéreuse. C’est nous qui le sommes. Avec nos petites inquiétudes et nos petits maux. Avec notre vision formatée et élitiste de la culture, toujours censée être grande, bien davantage noble et respectable que vivante.

D’autres formes d’expression artistique, plus en adéquation avec nos modes de vie, s’en sortent mieux. Pour moi, c’est surtout les séries télévisées et les jeux vidéo qui y parviennent. J’y trouve ce remue-ménage, ces idées qui fusent, ces tentatives de dépassement que la littérature, mon premier amour, peine à me proposer. Mais après tout, n’est-ce pas le destin des premières amours que de se flétrir dans la désillusion ? Je ne pense pas que ce serait Flaubert, en tout cas, qui me contredirait, si l’on en croit son Éducation sentimentale.

Je veux être étonnée au sens cornélien du terme, au sens fort. L’art ne prend toute sa saveur que lorsqu’il vous maltraite. L’art est tout l’opposé de la tranquillité. Il n’y a de sublime qu’au sens sacré du terme, que l’on croit en Dieu ou non.

Questionnaire de lecture

Parce que ce questionnaire est sympathique et parce que, avouons-le, c’est toujours agréable de parler de soi, je réponds au questionnaire que Nathalie a publié sur son blog il y a quelques jours.

Livre d’enfance préféré

Le premier livre qui m’a profondément marquée, c’était Le Lion et la sorcière blanche et l’armoire magique, de C.S. Lewis. Oui, les chroniques de Narnia. Si vous pensez aux films, oubliez tout de suite. Lewis écrivait à l’époque de Tolkien, et moi, j’étais enfant pendant les années 90. Je précise parce que le ton et l’imaginaire que je garde de ce livre n’ont pas grand-chose à voir avec une super-production holywoodienne. Et non, je ne suis pas aigrie :)
Il y a bien sûr Alice au pays des merveilles, mais paradoxalement j’en ai tiré toute la saveur beaucoup plus tard, quand j’étais adolescente. Petite, c’est plutôt le dessin animé de Disney qui a imprégné mon imaginaire.

Livre que je suis en train de lire

Commencé il y a peu, The Spook’s Apprentice, de Joseph Delaney. C’est le premier volume d’une loooonnngue saga (douze volumes aux dernières nouvelles) pour la jeunesse sortie en France sous le nom de L’Épouvanteur. Pour l’instant, j’adore. C’est pour la jeunesse, et pourtant ça parvient à me faire peur ! (ce qui est devenu rare, étant bien rodée dans le genre)

Quels livres réservez-vous ou faites-vous commander à la bibliothèque ?

Je n’ai fait ça qu’à l’époque où je rédigeais mon mémoire de Lettres, et où j’ai fait jouer le prêt inter-universitaire pour obtenir plus de bouquins sur Jean Giono, Virginia Woolf et Henry Miller.

Une mauvaise habitude livresque

J’en ai plusieurs, je ne suis pas très soigneuse. Mes pages se retrouvent souvent tachées de café, ont parfois écopé de brûlures de cigarettes, ou bien se sont trouvées imbibées d’huile de massage. Non, vous ne voulez pas savoir.

Que cherchez-vous en ce moment à la bibliothèque ?

Alors à strictement parler en ce moment, rien, mais j’y suis allée récemment en quête d’ouvrages sur le vaudou, à des fins de recherche à la fois pour une nouvelle en cours d’écriture sur Papa Legba, et la traduction des nouvelles de Henry S. Whitehead.

Préférez-vous lire un seul livre à la fois ou plusieurs à la fois ?

Je crois que la question de ce que je préfère n’a guère d’importance puisque quoi que j’y fasse, je me retrouve inévitablement à lire plusieurs livres à la fois :) Deux ou trois, en général, et ça peut aller jusqu’à cinq.

Est-ce que vos habitudes de lecture ont changé depuis que vous avez un blog ?

Vu que je parle assez peu de mes lectures, non, absolument pas.

Le livre le plus décevant que vous ayez lu cette année

Probablement Sorceleur, d’Andrzej Sapkowski qui a inspiré la célèbre saga de jeux vidéo The Witcher. Une écriture paresseuse et brouillonne, un sérieux problème de temps verbaux (à cause de la traduction ?), une intrigue décousue, un Géralt sans profondeur. (Géralt, c’est le sorceleur en question, pour ceux qui ne suivent pas).

Le livre que vous avez préféré cette année

Sans hésiter, Asunder, de David Gaider (encore non traduit). Pour ceux qui ne me connaissent pas ou peu, vous n’avez pas eu l’occasion de m’entendre chanter les louanges de David Gaider, je précise donc qu’il s’agit du scénariste principal de la série Dragon Age, une saga de jeux vidéo développée par Bioware. David Gaider est aussi un écrivain de talent, qui a notamment publié trois romans reprenant l’univers et l’intrigue des jeux. Asunder est le troisième, le plus abouti. Il se situe juste avant Dragon Age: Inquisition et traite de la guerre entre les mages et les templiers et de la véritable nature de Cole, un personnage important dans le jeu cité.

Quel est l’endroit où vous préférez lire ?

Sous ma couette :)

Pouvez-vous lire dans les transports en commun ?

La plupart du temps, oui, mais j’ai tendance à me laisser distraire facilement alors ce n’est pas forcément quelque chose que j’aime beaucoup faire.

Cornez-vous vos livres ?

Comme je l’ai dit je ne suis pas très soigneuse, mais ça, non. Pas plus que je n’écris au stylo ou n’utilise un surligneur :)

Écrivez-vous dans les marges ?

Au crayon à papier, oui, souvent.

Qu’est-ce qui vous fait aimer un livre ?

Le fait de me sentir désarmée, secouée. Quand je ne trouve pas les mots pour en parler. Quand le style et les idées sont assez puissants pour que j’aie besoin d’une période de délayage pour diminuer son influence sur mes propres idées et ma façon d’écrire.

Qu’est-ce qui va faire que vous allez conseiller un livre ?

L’intérêt et le plaisir que j’estime qu’il pourra susciter chez autrui… Ou bien ma certitude absolue qu’il s’agit d’un livre que tout le monde DOIT lire :)

Votre genre favori

Fantastique/épouvante (sans blague ?!)

Citez un cas où l’effet de mode a détruit votre rapport à un livre

Détruit, non, jamais.

Êtes-vous souvent d’accord avec les critiques ?

Comme Nathalie, je n’en lis pas ou peu…

Que ressentez-vous quand vous donnez un avis négatif sur un livre ?

De l’agacement, souvent. Il y a tellement de bons auteurs, de talents inconnus, et on persiste à publier des trucs écrits avec les pieds, c’est frustrant.

Le livre le plus intimidant que vous ayez lu

Il s’agit plutôt d’un livre que je n’ai pas encore lu. Ulysse, de James Joyce, attend toujours patiemment dans ma bibliothèque. Mais en fait, je ne suis pas sure d’oser l’ouvrir un jour.

Nombre de livres empruntés à la bibliothèque que vous avez chez vous, en général

Je vais assez peu à la bibliothèque… j’achète beaucoup de livres… en format papier ou numérique, j’ai déjà un bon approvisionnement, que je n’ai pas encore lu.

Personnage fictif préféré

Le premier qui me vient à l’esprit, c’est Elric de Melniboné, héros du Cycle d’Elric de Michæl Moorcock. Parce que c’est un héros tragique, cruel, fier, et faible. Je pense aussi à Lord Henry dans Le Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde, un hédoniste passionné et un peu désespéré qui cherche toujours à sublimer la moindre expérience.

Méchant fictif préféré

Il s’agit plutôt d’un duo, le père et sa fille meurtriers dans 5150 rue des Ormes, de Patrick Sénécal. Ils sont fascinants par leur folie et leurs ambiguïtés.

Les livres que vous emmèneriez en vacances

Rien de mieux qu’un bon Stephen King :)

La plus grosse somme d’argent que vous ayez dépensé dans une librairie

Je pense que ça devait avoisiner les 80 euros.

Est-ce que vous aimez garder vos livres bien rangés ?

Pas spécialement, non. En fait, j’ai une conception assez personnelle et assez graphique du rangement. Outre le fait que j’aime assez ranger par genre ou par époque, je dispose mes bouquins de sorte que leurs couleurs, leurs formats et leurs matières s’accordent d’une manière qui me plaît :)

Y a-t-il des livres que vous évitez ?

Les pseudo-romances pseudo-érotiques du genre dont je parle dans ce billet, ou les médiocrités pondues par des écrivains très clichés dans leur façon d’écrire, comme ceux cités par Nath.

Citez un livre qui vous a rendu furieux(se)

De nombreux livres m’ont sans doute agacée, mais furieuse, non, là, je ne vois pas :)

Un livre que vous ne vous attendiez pas à aimer

Le Procès, de Franz Kafka. J’avais lu auparavant Le Château, que j’avais trouvé d’un ennui mortel. Mais je dois dire que mon prof de littérature de terminale et l’adaptation cinématographique d’Orson Wells ne sont pas pour rien dans cette petite révélation littéraire :)

Votre petit plaisir littéraire

Un thriller au suspense insoutenable qui se lit en une nuit, du style les bons Franck Thilliez.

Nourritures spirituelles

En ce moment, je rêve beaucoup de nourriture, des pâtisseries et des desserts surtout.  Selon monsieur Moire, cela signifie que mon esprit se nourrit bien. Alors en vous souhaitant de rêver vous aussi de tartes au citron et de mini-éclairs, voici mes coups de cœur de la semaine.

 

Musique

L’autre jour, j’ai renoué avec un vieux rituel plein de charmes : j’ai pris le bus et je me suis promenée au hasard en centre-ville, en entrant de façon plus ou moins aléatoire dans diverses boutiques. J’ai donc acheté entre autres choses, sur un petit coup de tête, l’album Scarlet’s Walk de Tori Amos. C’était chouette de revenir à la maison et de prendre le temps d’écouter l’album en regardant la pochette.

J’aime la photo de couverture, et tout ce qu’elle évoque.

J’aime la carte des États-Unis, où des trajets en couleur sont légendés selon les chansons auxquels ils correspondent. Un véritable périple sur les routes, comme je rêve d’en faire.

Tori Amos, c’est doux sans être suave, rêveur sans être niais, lumineux, et aussi un peu mélancolique et nostalgique.

 

Littérature

 aliss

Ce livre patientait sur mon étagère depuis près d’un an, et pis un jour, je l’ai tiré de son refuge et je l’ai lu à toute vitesse. Aliss, de Patrick Sénécal. C’est écrit à la première personne, une jeune fille de dix-huit ans, dans un style très oral. Pour une Française, batince, c’était ben fun, j’avais l’impression de lire un livre en argot, et j’ai appris plein d’expressions québécoises. Cette histoire met à mal votre bon gros sens et vous envoie dans un monde qui ressemble au nôtre, dans un miroir déformant. C’est pas pantoute pour les enfants, et vous attendez pas à trouver ça plate. Astheure j’y pense toujours.

Il faut avoir du guts pour s’enfoncer dans les ténèbres avec Aliss. C’est violent, saignant, pornographique. Les références à Lewis Carroll sont partout, mais toujours discrètes, subtiles.

La fin est quasi extraordinaire, juste et un brin grinçante, elle vous laisse danser d’un pied sur l’autre.

Et de façon inattendue, on retrouve un personnage de 5150 Rue des Ormes… (si vous ne voulez pas de spoilers, ne cherchez rien sur ces deux bouquins sur Internet)

Un GRAND bouquin. Si vous vous posez les bonnes questions.

 

Jeux vidéo

J’ai presque terminé Skyrim, du moins la version sans extensions, et j’ai vu poindre un brin de lassitude. Et puis, dimanche dernier, je me suis rappelé que Skyrim n’était pas le seul RPG du monde, et que grâce à Steam, je pouvais en acheter un autre, MAINENANT ! Ni une, ni deux, je vais sur Steam, et là je tombe sur une chouette promo ! J’achète donc Kingdoms of Amalur : Reckoning. On me promet un RPG dans un très grand monde ouvert avec plein de quêtes et un super style de combat facile et intuitif. Pour le peu que j’ai avancé, c’est vrai.

Et regardez-moi ce super Elfe beau gosse qui me sert d’avatar :

elfe

(c’est un vilain voleur)

J’aime la rapidité des combats, la possibilité d’enchaîner des combos et de mixer très facilement magie et coups, et de changer d’arme sans se prendre la tête. Les combats sont véritablement épiques, avec de belles animations, sans faire ramer mon PC. Le monde est riche, plein d’histoires, plein de personnages, les graphismes plutôt jolis. Tout pour un jeu immersif pour celles et ceux qui comme moi, aiment incarner un personnage et plonger dans une histoire sans être forcément très doués aux jeux vidéo.

 

Voilà pour cette fois, en espérant que cette sélection vous a plu !