Archives de mots clés: fan-fiction

Quoi de neuf ? Dernières traductions et actualités

Juste un petit billet pour vous dire ce qui se passe.

Je suis en train de préparer un billet pour la catégorie Creepy Nights, où je vais continuer ma chronique du catalogue horreur de Netflix sous l’angle d’une problématique : la réception des films d’horreur pour les amateurs pas encore blasés mais bien rodés du genre.

Cependant, je peine à l’écrire non pas parce que c’est compliqué, mais parce que j’ai beaucoup à faire ces temps-ci. Mes employeurs indiens et californiens de Visual Data me mettent la pression pour traduire une série de documentaires massifs pour le compte de Netflix. J’ai déjà entamé un cycle de trois semaines de boulot 7/7j. De l’évolution d’homo sapiens à la Deuxième Guerre mondiale, j’apprends plein de choses passionnantes, et je vous invite d’ailleurs, pour les abonnés, à faire un tour dans la section « documentaires » de Netflix, qui s’agrandit à vue d’œil et pour laquelle j’ai pas mal travaillé ces derniers temps (notamment pour la traduction du documentaire sur les Rolling Stones Crossfire Hurricane et celui sur le personnage plus qu’étrange de John McAfee (Gringo, The Dangerous Life), créateur du premier antivirus au monde). Et non, ce n’est pas « corporate », Netflix n’est pas mon employeur, simplement, je suis fière de mon boulot, et je trouve ces documentaires réellement intéressants :) J’en ai aussi fait un sur Joe Cocker et sur Bruce Springsteen, pour les amateurs.

C'est pour ça que ça existe, les traducteurs professionnels.

C’est pour ça que ça existe, les traducteurs professionnels.

Notons d’ailleurs ceci : si je vous en parle ouvertement, c’est que j’en ai le droit. D’ordinaire, dans l’industrie de la traduction, on a l’habitude d’être des petites mains de l’ombre sous-payées qui n’ont même pas l’insigne honneur de revendiquer leurs propres traductions. Dans le monde de l’audiovisuel, les choses changent. La norme est devenue d’indiquer le nom du traducteur à la fin de la vidéo. J’ai été très surprise quand mon employeur me l’a annoncé : je suis habituée aux pas en arrière, pas aux avancées. Pour la première fois dans ma jeune carrière, je peux revendiquer ouvertement être l’auteure de ces traductions, alors je ne m’en prive pas. Sur ce même sujet, je prévois un article sur la localisation du jeu Torment: Tides of Numenera, mais pour cela, il faudrait que j’ai le temps d’y jouer, ça va donc devoir attendre. Pourquoi ? Parce qu’on m’a proposé de traduire ce jeu pour 0,04 € du mot, 4 500 mots par jour, avec cette précision apportée par mon collègue qui m’en parlait : « la trad est parfois à réécrire, parfois non. » Il s’agissait en fait de revoir une traduction complètement loupée, et je sais par expérience que ce genre de travail demande souvent plus de temps qu’une simple traduction. Autant vous dire qu’à ce rythme-là, à ce volume-là, avec une deadline d’un mois (sur un RPG old-school, autant dire la taille d’un roman en terme de texte), c’était payé une misère. Le projet a été annulé : ils ont trouvé moins cher. Ce genre de mésaventure dénote pour moi un profond malaise dans le métier, et j’aurai l’occasion de revenir là-dessus en temps voulu.

À côté des activités professionnelles prenantes, j’avance sur mon roman déjà vieux de presque un an, mais fort d’environ 130 pages et très loin de se terminer, et je m’adonne de nouveau aux plaisirs de la fan-fiction avec un yaoi à base de Fairy Tail que je publie ici (quatrième chapitre en cours d’écriture !). Et dans ce qu’il me reste de temps… je dors et je regarde Full Metal Alchimist… Et tout ça, c’est sans compter Mass Effect: Andromeda qui arrive dans quelques jours. Après, j’ai toujours le temps pour un café ou une petite mousse, pas d’inquiétudes ! J’espère que vous allez bien, en tout cas !

Edit du 21 mars : j’ai oublié de vous annoncer quelque chose qui me tenait à cœur. J’ai enfin pu lâcher l’un de mes employeurs chez qui je m’ennuyais depuis deux-trois ans à écrire des articles en rédaction web, payés une misère, grâce à la remontée fulgurante de mes revenus associée à mon travail en sous-titrage. J’ai passé mes trois premières années post-diplôme dans une grosse galère professionnelle et financière, jusqu’au point où j’ai très sérieusement envisagé la réorientation, et je rêvais de voir ce jour arriver. Comme quoi parfois, l’acharnement, ça paie.

Enregistrer

La littérature érotique à succès

Beaux gosses, BDSM et malbouffe littéraire

 

Il est jeune, beau, riche. Elle est jeune, belle, pas forcément riche, souvent naïve, et elle ne rêve que d’une chose : appartenir (l’inverse est rarement vrai) corps et âme à son bad boy d’amant. Ils lient une relation passionnelle, tumultueuse, charnelle, intense, et sexuellement plus ou moins classique.

Voilà ce qui pimente les lectures des jeunes filles, jeunes femmes, femmes mûres, et qui sait, peut-être des séniores aussi ! Je n’ai pas lu de statistiques sur la question, mais j’ai cru comprendre que le public cible tournait autour de la trentaine.

Je m’y suis intéressée parce que, sous ma casquette de rédactrice indépendante, on m’a demandé d’écrire un article sur quatre séries érotiques qui marchent du tonnerre. Et aussi parce que la littérature érotique, ça me botte. Alors voir ce qu’on en fait, ça m’énerve : ce qui pourrait se déguster comme un plat fin et subtil est représenté dans une très large mesure par de la grosse bouffe de fast-food. Du prêt à consommer sans saveur aussi lourdement chargé en clichés que les frites sur lesquelles un employé trop zélé a renversé la salière. Alors vous allez me dire, un petit hamburger bien gras de temps en temps, ça ne fait pas de mal. Sauf quand les chaînes de restauration rapide commencent à supplanter les établissements qui servent de la bonne bouffe. Quand ils deviennent la norme. Et qu’est-ce qu’un best-seller, sinon le porte-étendard de la littérature dominante, le représentant adulé de la culture – et reflet de la pensée – de masse ?

 

Au commencement était Twilight

 

Bien sûr, il fallait s’en douter. Avec le succès fulgurant de 50 nuances de Grey, on allait forcément voir fleurir toute une palanquée de suiveurs. Mais le vrai responsable, ce n’est pas 50 nuances… Linksthesun a bien raison d’en faire une obsession : la racine du mal n’est autre que Twilight[1] ! Car 50 nuances de Grey est à l’origine une fan-fiction, et la série à succès de Christina Lauren, Beautiful, en est également une (Christina Lauren est en réalité une entité à deux têtes composée de Christina Hobbs et Lauren Billings). Il semble que Bella et Edward ont su captiver l’imagination de nombreuses auteures, et il est assez étonnant de voir que certaines de ces fan-fiction, publiées sur le net ou auto-publiées en e-books, ont connu un succès tel que les auteures ont été contactées par les éditeurs papier ! Ainsi, on assiste à la professionnalisation express d’auteures amateurs qui écrivaient probablement sans rêver de gloire. Dès lors, il n’y a aucune raison de s’étonner de la qualité discutable de la littérature qu’elles produisent « professionnellement »… puisque ce sont des auteures amateurs ! Loin de moi l’idée de critiquer l’écriture amateur, ce serait cracher dans la soupe, puisque je la pratique (et la fan-fiction aussi). Je constate juste un fait. Mais il y a pire ! Des auteures professionnelles, qui ont dans leurs bagages des dizaines de best-seller, écrivent elles aussi comme je le ferais si on me tirait du lit alors que j’étais en train de cuver un pack de bières. Ainsi, Maya Banks écrit :

« Soudain, il crispa les paupières.

—Tes yeux, Gabe, commanda-t-elle d’une voix suave, comme il l’avait fait si souvent par le passé. Je veux voir tes yeux quand tu jouis.

Aussitôt, il obéit, pupilles dilatées. Il serra les mâchoires mais ne se détourna pas.

—Tout ce que tu veux, ma belle, murmura-t-il.

Ces quelques mots faillirent lui faire perdre la tête, et elle sentit qu’elle l’inondait tant elle était excitée.

Avec un soupir d’ivresse, elle accéléra la cadence, entraînant Gabe avec elle jusqu’à ce qu’il en soit réduit à bafouiller des paroles inintelligibles, le regard fou. »[2]

(Comme je le disais à mon cher et tendre, j’ai également remarqué ailleurs une « voix chaloupée », un choix de mots très intéressant.)

Bon, d’accord, il y a le passage à la traduction. Trois possibilités méritent considération. 1) Le traducteur ou la traductrice est mauvais(e). 2) Le texte original est mauvais. 3) L’éditeur français a imposé une adaptation. Ce point me semble important. J’ignore la politique d’un éditeur comme Milady (une maison d’édition rattachée au plus gros éditeur de l’imaginaire français, Bragelonne, qui publiait à l’origine de la bit-lit mais qui ratisse aujourd’hui un un public aussi étendu que l’électorat de l’UMP ), qui édite Maya Banks dans la collection Romantica. Ou celle de Hugo & Cie, qui publie les sagas de Christina Lauren et de Katy Evans (Fight for love). Mais je connais celle d’Harlequin.

 

Les enjeux de la traduction de la littérature érotique : réécriture, clichés et stéréotypes

 

Quand j’étais en Master Traduction à Angers, Maïca Sanconi est venue nous parler de son expérience de traducrice aux éditions Harlequin. Ça a été très édifiant. Mme Sanconi nous a montré les extraits originaux en parallèle avec ses traductions, et nous avons constaté que tout ce qu’il y avait d’amusant, de déjanté, tout ce qui semblait relever de la touche personnelle de l’auteur avait été impitoyablement gommé, effacé. Malheureusement, je ne retrouve pas mes cours et je ne peux pas vous donner d’exemple. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que le travail qu’on demande aux traducteurs chez Harlequin, ce n’est pas de la simple traduction, mais de la réécriture. L’éditeur estime que son public-cible a certaines attentes et qu’il ne faut pas sortir du cadre qu’il considère comme étant la zone de confort des lectrices. Résultat : on aligne les clichés en restant dans la plus pure banalité.

Pourtant, le cliché, ou le stéréotype, a toute sa place en littérature, pourvu qu’on l’exploite correctement. Je m’explique : quand vous lisez un Maigret de Georges Simenon et que vous adorez cette série, vous éprouvez du plaisir à retrouver les stéréotypes qui lui sont propres. L’inspecteur bourru et peu loquace, les villes françaises sous la pluie, le chapitre d’explication finale où Maigret prend la parole et rabat le caquet à tous ses interlocuteurs en faisant la preuve de son esprit brillant tout en donnant au lecteur toutes les clés de l’enquête. Ces stéréotypes représentent à la fois les codes du roman policier à énigme, et ceux propres à la série des Maigret. Mais si vous répétez la même formule – sans la moindre subtilité, sans quasiment changer de personnage et de mise en scène – à tous les romans à énigme, le lecteur risque de s’ennuyer ferme. Si vous ne détournez pas les codes à l’avantage de votre intrigue, si vous les respectez scrupuleusement sans jamais chercher à jouer avec, vous ne produirez rien d’intéressant.

Alors oui, il y a toujours des gens pour acheter des romans Harlequin. Mais y en aurait-il moins si l’éditeur autorisait quelques fantaisies ? Franchement, je n’en suis pas si certaine.

Mais laissons-là ce débat et revenons-en à nos romans érotiques. Mise à part la qualité littéraire discutable, pourquoi me hérissé-je donc ? (c’était trop beau pour ne pas l’écrire 😉

Non mais t’as vu ce que tu lis ?[3]

 

Le milieu SM est en émoi, les féministes tournent de l’œil, les gens de bon sens doutent une énième fois du bien-fondé de la démocratie. Des bloggeuses parlent de personnages masculins « romantiques », « attachants », avouent « ne pas être choquées » par ce qu’elles ont lu. Certaines auraient peut-être besoin d’un shoot de lucidité. Je ne peux m’empêcher de tiquer lorsque je lis, à propos de la saga de Maya Banks toujours (À fleur de peau), un commentaire comme celui-ci : « J’ai tout de suite pensé à Cinquante Nuances avec le contrat, mais ça ne m’a pas gênée outre mesure car je pense que c’est une pratique courante dans ce milieu. » Le « contrat » en question est une invitation à la soumission totale. Dites-moi si je me trompe, mais il me semble qu’une relation sado-masochiste n’est pas basée sur un consentement définitif, d’où l’existence des mots de passe, des mots choisis parce qu’on ne risque pas de les crier par accident dans le feu de l’action (spéciale dédicace à Iron Bull de Dragon Age Inquisition ;). Une relation sado-maso ne peut fonctionner de façon saine et mature que dans la mesure où l’on respecte son partenaire. C’est un jeu sexuel, et PAS un mode de vie, et certainement pas un modèle sentimental, parce que si c’était le cas, le dominant serait clairement un dangereux narcissique… Je vous invite chaleureusement à lire cette chronique de Vivien Leigh à propos de Rush qui m’a beaucoup fait rire, et qui contrairement aux autres posts de blog sur le sujet montre sans ambages le véritable contenu du livre, décrit ailleurs comme une belle histoire d’amour.

 

Florilège

 

Je ne résiste pas à l’envie de vous faire partager des morceaux choisis, des extraits copiés-collés que j’ai trouvé sur ce blog[4], et que j’ai envoyés à mon chéri pour le faire rire, en espérant que cela vous divertisse de même :)

 

Beautiful player, Christina Lauren

– Mais que fais-tu?

Il fixe mes bras croisés sur ma poitrine.

– Mes seins me font mal. Je me demande comment font les garçons.

– Eh bien, nous n’avons pas…

Il ponctue ses paroles d’un geste vague vers ma poitrine.

– Oui, mais le reste? Par exemple, tu cours avec un caleçon?

Bordel de merde, que m’arrive-t-il ? Problème n°1 : je dis tout ce qui me passe par la tête.  Je n’ai jamais été très très subtile, et la présence de Will me perturbe assez pour m’empêcher de réfléchir avant d’ouvrir la bouche.

Il me regarde, l’air désorienté, et manque trébucher sur une racine.

– Quoi?

Je répète très distinctement.

– Un caleçon. Ou tu portes quelque chose de spécial pour empêcher tes parties de…

Un énorme éclat de rire m’interrompt, qui résonne dans le parc glacial et silencieux.

– Ciel.

– Je suis seulement curieuse.

– Ouais, pas de caleçons, répond-il après s’être repris. Ça bougerait trop là dessous. Particulièrement dans mon cas.

– Tu as trois couilles?

Il me lance un regard amusé.

– Puisque tu veux tout savoir, je porte un short de course. Conçu pour le confort des hommes.

– J’imagine que les filles ont de la chance. Rien qui… se balance. Tout est compact.

Nous arrivons sur un plat, nous ralentissons pour marcher un peu. Will éclate à nouveau de rire.

– J’ai remarqué.

– Tu es l’expert.

Il a l’air sceptique.

– Quoi ?

Mon cerveau essaie désespérément de m’empêcher d’aller jusqu’au bout de ma pensée. Trop tard.

– L’expert en … chattes. »

 

Fight for love, Katy Evans :

La foule devient dingue, appelant « Riptide ! Riptide ! » sans s’arrêter. Et puis le silence se fait comme si quelque chose d’indescriptible venait de se passer. J’ai a peine le temps de me demande pourquoi que j’entends des pas derrière moi. Une main attrape la mienne, des frissons me parcourent alors que je me retourne.

– Qu’est-ce que…

Je bredouille en avisant un torse d’homme puis, en relevant la tête, des yeux bleus qui brillent. Je perds le contrôle. Il est si près de moi que son odeur me fait l’effet d’un shoot d’adrénaline.

– Ton nom, murmure-t-il, haletant, ses yeux sauvages dans les miens.

– Euh… Brooke.

– Brooke comment ? dit-il sèchement.

Il a un magnétisme animal si puissant que ma voix se brise. Il a envahi mon espace,il est tout autour de moi, il m’absorbe, il prend mon oxygène et je n’arrive plus à contrôler les battements de mon cœur. Je suis là debout, tremblante malgré la chaleur, concentrée sur l’endroit de mon corps où il a posé sa main. Dans un effort surhumain je lève ma main libre et regarde Mélanie qui arrive derrière lui, les yeux écarquillés.

– C’est Brooke Dumas, dit-elle et elle donne joyeusement mon numéro de portable. À mon grand regret.

Ses lèvres se retroussent et il me regarde.

– Brooke Dumas…

Il a prononcé mon nom comme s’il le baisait, et devant Mel en plus. Alors que je sens sa langue s’enrouler autour de ces deux mots, que j’entends sa voix grave, le désir coule entre mes jambes. Ses yeux sont brûlants et j’ai le sentiment de lui appartenir. Personne ne m’avait jamais regardée comme ça avant.

Il fait un pas en avant, et sa main humide glisse sur ma nuque. Mon cœur bat la chamade quand je vois sa tête brune se baisser pour me donner un petit baiser sec sur mes lèvres. J’ai l’impression qu’il pose sa marque. Comme s’il me préparait pour quelque chose d’exceptionnel. Quelque chose qui pourrait à la fois changer et détruire ma vie.

 

Crossfire, Sylvia Day :

« – Votre relation a-t-elle été intensément sexuelle dès le début ? demanda-t-il.

– Nous sommes très attirés l’un par l’autre, acquiesçai-je.

– De toute évidence, commenta-t-il avec un gentil sourire. J’aimerais cependant discuter avec vous de l’éventualité d’une période d’abstinence pendant que nous…

– C’est absolument hors de question, l’interrompit Gideon. Je suggère que nous nous concentrions sur ce qui ne fonctionne pas sans éliminer l’une des rares choses qui fonctionnent.

– Je ne suis pas certain que cela fonctionne vraiment, Gideon, observa le Dr Petersen d’un ton égal. Pas comme cela le devrait.

Gideon cala la cheville sur le genou opposé et se carra dans le canapé – l’image même de l’inflexibilité.

– Docteur Petersen, déclara-t-il d’un ton grave, la seule façon que j’aurais de me retenir de toucher Eva serait de me donner la mort. Trouvez un autre moyen d’arranger les choses entre nous. »

 

Du coup, on lit quoi ?

 

C’est là où le bât blesse : bien qu’intéressée par le sujet, je ne m’y connais guère. Je peux cependant vous orienter vers les sagas de Laurell K. Hamilton. C’est de la bit-lit, donc du fantastique, oui, mais ce n’est pas la seule raison qui me fait apprécier les séries Anita Blake et Meredith Gentry. C’est intelligent, drôle, parfois cruel. Les rapports de force ne se réduisent pas à un homme (ou une femme) dans la position du dominant, qui fait exécuter le moindre de ses caprices au (à la) soumis(e). La saga des Anita Blake développe des rapports complexes entre les différents protagonistes, et aborde la question du pouvoir au sens large (dans la société, dans les relations humaines, entre les différents groupes aussi bien qu’entre les individus). La saga Meredith Gentry est un pur fantasme, mais bourré d’imagination et de situations cocasses. Le côté fantastique fonctionne ici comme un véritable outil, car il permet de créer des personnages hors du commun, et donc des expériences sexuelles plutôt exotiques (comme avec Sholto, le beau gosse à tentacules).

Si quelqu’un passe par là et a une bonne série ou un bon roman à me conseiller sans jeune fille naïve et bad boy plein aux as, je suis preneuse :)

 

 

Après tout ça, il me semble de bon ton d’écouter les maîtres de la reprise pop ironique :)

Become the citizen of the first global state of the universe! (yay!)

 

[1] Pour ceux qui, comme moi, ont toujours un doute sur la prononciation, Wordreference me confirme que c’est bien [twaïlaït] 😉

[2] J’ai trouvé cet extrait ici.

[3] Oui, encore une référence à Links, dont j’apprécie beaucoup la chaîne youtube 😉

[4] Si les auteures de ce blog viennent à me lire : je n’ai aucune intention de vous froisser. J’ai apprécié de lire vos chroniques, qui m’ont d’ailleurs été très utiles pour mon travail, merci !

Pourquoi et comment je me suis mise à écrire de la fan-fiction

« Une fanfiction, ou fanfic (parfois écrit fan-fiction), est un récit que certains fans écrivent pour prolonger, amender ou même totalement transformer un produit médiatique qu’ils affectionnent, qu’il s’agisse d’un roman, d’un manga, d’une série télévisée, d’un film, d’un jeu vidéo ou encore d’une célébrité. »

Wikipédia.

C’est un univers qui m’est assez étranger, mais j’ai été régulièrement tentée d’en écrire… Jusqu’à franchir le pas ! Oui, car je n’assume pas vraiment. Assez pour dire publiquement que j’en écris, de là à laisser mon œuvre filtrer hors des fichiers de mon ordinateur… Du coup, j’avais envie de parler aujourd’hui de ce genre particulier, et de réfléchir un peu au pourquoi et au comment de ce type de fiction.

Première remarque : en tant qu’auteure, c’est quelque chose de très agréable à écrire, avec un brin de complaisance salutaire. On a déjà beaucoup de matériel disponible, donc c’est très bien pour les gens flemmards. Ça nous permet de continuer les histoires qui nous ont plu, et de faire vivre d’une autre façon des personnages auxquels on s’est attaché.

Car la fan-fiction, c’est ça : de la tendresse. Du fantasme. Du rêve. Et puis, je crois que ça satisfait une aspiration très enfantine : on s’approprie le jouet d’un autre, on le façonne à son image. La fan-fiction, c’est assez narcissique. C’est calibré pour vous, rien que pour vous. Et c’est extrêmement ludique à écrire. Un peu comme avec les Playmobil : on vous donne des personnages, un décor, et… en avant les histoires !

N’y aurait-il donc que des avantages à écrire de la fan-fiction ? Eh bien, oui, je crois. On s’amuse, on expérimente. On se sent délivré de toute contrainte. Je sais que la fan-fiction regroupe de nombreuses communautés et possède également un aspect pédagogique potentiellement intéressant pour apprendre à écrire, car c’est une communauté dynamique où l’on peut trouver du feedback. Pour ma part, je préfère m’adonner en solo à mon péché, mais il est vrai que ça peut constituer une piste intéressante.

L’exemple d’Anna Todd a même récemment montré que ça pouvait rapporter ! Encore faut-il être un fan de One-Direction

Je n’ai pas grand-chose à dire de la fan-fiction en tant que genre, parce que je n’en lis pas, mais je commence aussi à trouver l’idée intrigante. En français, il existe peu de sites consacrés. La référence est fanfiction.net, un site anglophone qui regroupe les fan-fiction appartenant à tous les styles, et inspirées de tous les supports artistiques imaginables. Après, la plupart des communautés de fans ont une section fan-fiction sur leur forum ou autre. Ce que je peux dire c’est que je trouve chouette de voir autant de créativité, de voir que les histoires sont toujours continuées, réécrites, adaptées, réarrangées… Les grandes histoires imprègnent notre culture et l’imaginaire et l’intellect, et je pense que le phénomène des fan-fictions montre à quel point les gens y sont attachés.

Et si un jour la fan-fiction devenait un genre à part entière ? Est-ce que le succès d’Anna Todd irait dans cette direction ? Bien sûr, faire de la fan-fiction, c’est presque par définition de l’amateurisme. C’est avant tout, je crois, un loisir, mais comme tout divertissement, si on le prenait au sérieux ?

Si un jour je reprends des études, ce qui n’est pas exclu au vu de la tournure de ma vie professionnelle, cela pourrait constituer une piste intéressante pour une thèse. Car je crois que si je devais m’y remettre, ce serait un travail qui s’articulerait autour de la narration pure, et si possible appliquée à différents supports d’expression : littérature, séries télévisées, jeux vidéo. Une thèse de narration comparée dans ces différents domaines, oui, pourquoi pas !

En ce qui concerne ma propre contribution, autant faire mon grand coming-out : j’aime les histoires d’amour. Je suis une grande fan du Dernier des Mohicans, de Titanic, Rob Roy, The Scarlet Letter, en partie parce que leurs histoires d’amour me touchent. Je me demande pourquoi c’est socialement aussi difficile de l’admettre, mais c’est ainsi :) Je suis une grande romantique qui s’ignorait. Ma fan-fiction creuse les personnages et l’intrigue d’origine, et elle est définitivement portée sur le romantisme et l’érotisme.

Ma fan-fiction est basée sur le scénario de Dragon Age : Origins, imagine ce qui se passe ensuite pour le personnage principal, et reprend l’intrigue de Dragon Age : Inquisition en y intégrant mon personnage d’Origins. J’ignore pourquoi je suis tombée amoureuse de ce jeu, mais c’est ainsi, et je prends mon pied à y apporter ma touche personnelle. Voilà, je crois qu’après avoir dévoilé ceci sur mon blog, je n’ai plus rien à vous cacher :)

Et je suis très productive dans ce genre : plus de 30 pages en interligne simple en 20 jours ! Cela m’embarrasse, mais j’adore ça ! Si jamais vous éprouvez de la curiosité pour mon œuvre, on peut peut-être négocier : peut-être vous aussi possédez des écrits destinés au tiroir…

 

Je suis tellement embarrassée qu’il me faut un peu de punk crade et brutal pour retrouver ma fierté. Merci.