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Ma chronique de Mass Effect: Andromeda

Dans mon précédent billet, je vous annonçais avoir du mal à trouver le temps d’écrire quoi que ce soit en raison d’une charge de travail importante. Eh bien, ça a même dépassé mes prévisions, et je vous écris aujourd’hui depuis mes congés non payés d’auto-entrepreneuse (edit : j’ai repris le boulot, pas eu le temps de finir le billet avant de devoir retourner au charbon). La dernière semaine de boulot a été si éprouvante que je ne tenais littéralement plus debout, mais ! comme j’ai pu m’arranger pour tenir assise pendant un moment avant d’opérer un repli stratégique de plusieurs jours dans mon lit, j’ai eu le temps de jouer à Mass Effect: Andromeda ! Et encore plus ces derniers jours où je m’autorise le repos, j’ai donc largement assez d’heures au compteur pour pouvoir parler du jeu (et je l’ai déjà fini une fois).

Alors. Il va y avoir beaucoup de choses à dire. Beaucoup de gens en ont déjà dit beaucoup de choses, je vous linkerai des articles et vidéo tout au long du billet. J’ai attendu d’avoir terminé le jeu pour lire les diverses chroniques, désireuses de vivre mon expérience de jeu le plus innocemment possible, et sans que les rageux me gâchent le plaisir.

Il n’y aura pas de spoilers dans cette chronique.

Je commence par un des trucs que je préfère dans les jeux BioWare, et ça fera une bonne fin d’introduction au billet : je vous défie de ne pas avoir envie de jouer en écoutant ceci.

Ryder, ô Ryder, ne vois-tu rien venir ?

« Je ne vois que les galaxies qui tournoient et les aliens qui festoient. »

Ryder. Voici donc notre nouvelle incarnation, après avoir joué passionnément notre Shepard pendant des dizaines ou des centaines d’heure lors de la première trilogie. On pourrait penser qu’il est difficile de prendre la relève. Pas tant que ça, en fait : Shepard était certes plus charismatique que notre Inquisiteur de Dragon Age: Inquisition, d’une platitude à pleurer, mais c’était un militaire, avec la raideur qui va avec. Ryder est un explorateur. Il se serait probablement bien entendu avec son confrère Hawke, de Dragon Age 2 : la vanne facile, une certaine dose de flegme, et le cœur sur la main. Comme Hawke, encore, il a une famille, et cela influe sur la narration du jeu et l’ambiance générale. Quand on a eu les premières infos sur ME4, j’étais assez enthousiaste à l’idée d’avoir une histoire qui serait sans doute moins épique que la première trilogie, et plus intimiste. Puis, quand j’ai lancé le jeu, j’ai été aussitôt titillée par ce plaisir que je ressens et qui fait que je suis une amoureuse de Star Trek et de Stargate: SG1 : c’est de la SF pour les rêveurs. Ce n’est pas de la SF d’anticipation, qui cherche, par le biais de la fiction, à faire réfléchir à notre propre société, à notre statut d’être humain, qui a une forte dimension philosophique. On est plutôt dans la SF d’aventure spatiale, dans quelque chose de plus romanesque. Et ce côté romanesque est présent d’entrée de jeu, avec un début excitant et sur les chapeaux de roue : à peine sorti de stase, Ryder doit réagir à une cascade d’imprévus.

C'est parti pour l'aventure !

C’est parti pour l’aventure !

Il n’est pas anodin que je commence cette chronique en parlant du personnage jouable : les personnages et les relations inter-personnages sont et ont toujours été les gros points forts de nos développeur canadiens. Pas de déception ici : l’équipe de Ryder est composée d’une galerie de personnages attachants, possédant chacun une personnalité bien marquée. D’ailleurs, l’une de mes parties préférées du jeu a été les missions de loyauté, avec une mention spéciale à celle de Liam, qui m’a fait éclater de rire à plusieurs reprises.

"Non, je ne suis pas un psychopathe, je ne vois pas pourquoi tu dis ça."

« Non, je ne suis pas un psychopathe, je ne vois pas pourquoi tu dis ça. »

Mass Effect: Andromeda : du neuf avec du vieux ?

En partie, oui. Ce quatrième opus est bourré de repères familiers qui marquent une continuité au niveau des mécaniques de jeu et du « lore ». Mais, comme le disait assez justement le Joueur du Grenier dans cette vidéo, ME4 est bien plus proche de Dragon Age: Inquisition que des autres Mass Effect ! On constate d’abord une similarité esthétique assez frappante, et ça, c’est tant mieux. On est dans un univers très coloré, assez spectaculaire. Personnellement, j’ai été soufflée par la beauté des « caveaux », qui m’ont rappelé les structures titanesques et étranges des Asgards de SG1, ou plutôt le sentiment que j’avais dans SG1 dans les épisodes consacrés à cette race : un sentiment d’émerveillement et presque de peur, en somme, le sentiment du sacré. Le sentiment d’être réduit à sa petitesse devant l’œuvre d’une race bien plus ancienne et bien plus avancée que nous.

Ensuite, comme dans Dragon Age: Inquisition, on est plus sur des mécaniques de MMO que de RPG traditionnel : on ouvre sa map, on regarde son objectif de quête, on y va. Au lieu de se laisser porter par l’histoire, quand la narration forge l’expérience de jeu, comme c’était le cas dans les précédents Mass Effect. Je ne vais pas vous cacher que ce point est une grande déception pour moi. Je ne joue pas pour gagner de l’XP,mais pour vivre une histoire, et non la subir tout en cochant des cases dans une liste de choses à faire en perpétuelle expansion. Ainsi que le commente le site Eurogamer : « It’s a game that is more interested in keeping you busy than keeping you in suspense about what happens next, or making you feel the consequences of your actions. »

Cela étant dit, on ne s’ennuie pas, et j’y ai joué plus de 90h jusqu’ici sans bouder mon plaisir : oui, dans Mass Effect Andromeda, on s’amuse. Mais on a aussi l’impression de bosser comme un malade pour des récompenses assez faibles. Comme Dragon Age: Inquisition, encore une fois, je trouve que le jeu n’est pas très récompensant : on nous incite à faire tout un tas de trucs sans qu’on ait la sensation d’en tirer quelque chose de vraiment intéressant, du coup, on finit par abandonner sa liste de tâches et de quêtes secondaires pour se consacrer à faire avancer l’histoire.

Déprime sur Port-Kadara.

Déprime sur Port-Kadara.

Laquelle histoire, d’ailleurs, a engendré une grosse frustration. Non pas qu’elle soit bancale ou inexistante : c’est surtout que j’ai eu la sensation, en finissant le jeu, d’avoir enfin terminé une très longue introduction. Je m’attendais à tout un tas de révélations, mais non. J’ai donc joué à un jeu dont l’unique but était l’exploration. J’ai donc exploré, fin de l’histoire (à peu de choses près). Demandez à F., ça m’a mis dans une belle rage :) Le jeu m’a fait le même effet que certains premiers films de grosses trilogies cinématographiques, comme le premier de la dernière trilogie Star Wars, ou le premier Bilbo. Riches en eux mêmes, ils sont tout de même frustrants à regarder, car on vient de passer 2h30 devant un film qui ne fait que démarrer une histoire. On sait que les choses sérieuses viennent après. Mais au moins, au cinéma, il ne faut attendre qu’un an !

Pourquoi Mass Effect: Andromeda est-il fun (ou pas…) ?

Ce quatrième opus n’a ni l’intensité dramatique, ni la qualité épique de la première trilogie, ce qui bien sûr n’est pas un mal en soi. Je disais plus haut que ce côté intimiste m’enthousiasmait. Cela étant dit, je le répète, on est dans de la SF romanesque, de la SF pour les rêveurs. Mince, quoi, on visite Andromède ! La seule idée me file des frissons. Et malheureusement, le jeu échoue à nous communiquer cet enthousiasme. Parfois, la musique est plus à la hauteur de l’idée que la mise en scène et la narration du jeu, comme avec l’un de mes morceaux préférés de la BO :

Vous ne vous voyez pas brandir le drapeau de la Voie Lactée sur une planète inconnue, porté par les vivats de la foule ? Moi, si :)

À mon avis, l’une des raisons de ce sentiment d’indifférence à l’égard de la plus grande aventure épique dont on puisse rêver (partir sur un pari dans une autre galaxie, sachant que vous ne pourrez plus jamais rentrer chez vous, que tous les gens que vous connaissiez dans la Voie Lactée seront morts depuis six cents ans à votre arrivée), c’est que le jeu est mal rythmé. Vu qu’il se concentre sur l’exploration et nous assomme de quêtes secondaires, la mission principale semble toujours pouvoir être remise à demain, exactement comme dans Dragon Age: Inquisition. On n’a aucune notion du temps, et par conséquent, aucune notion d’urgence. Là encore, Mass Effect: Andromeda échoue là où ses prédécesseurs avaient excellé.

À noter cependant : la fin fait la part belle à l’action pure, et en tant que séquence, elle est très bien rythmée, ce qui est d’ailleurs le cas de toutes les séquences. Je m’explique : dans son ensemble, Mass Effect: Andromeda manque de dramaturgie, mais chacun des chapitres de l’histoire est narré avec dynamisme, ne nous laissant pas le temps de nous endormir, et nous faisant oublier depuis combien d’heures on joue.

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« Les gars, vous n’auriez pas vu une barre de raccourcis ? »

On se laisse porter malgré tout par toutes ces petites quêtes, et on s’amuse dans ces combats où on a plein d’autres possibilités que de rester planqué derrière des caisses et tirer sur les ennemis. Grâce à nos micro-propulseurs, on peut faire de la haute voltige et se prendre pour un personnage de manga qui fait des bonds surhumains avant de fondre sur son adversaire pour le coup fatal. Je vous avouerai que le système des « profils », qui permet de switcher entre différentes classes, vous permettant ainsi de donner l’avantage soit à vos pouvoirs biotiques, soit à vos pouvoirs technologiques, etc., me laisse perplexe. Je n’ai toujours pas compris comment me servir de plus de trois compétences. Les menus sont difficiles à comprendre, peu intuitifs, et j’avoue avoir pas mal râlé parce que ME est aussi un jeu de PC, et nous les PCistes, nous avons un truc magique qu’on appelle « clavier ». Et contrairement à nos amis les consoleux, nous disposons donc de pleins de touches sur lesquelles appuyer ! Alors me gonflez pas avec vos menus et laissez-moi attribuer mes pouvoirs à des touches, et me servir de 50 pouvoirs si j’ai envie, c’est mon problème, c’est moi qui organise ma barre de raccourcis.

Les fans hardcore seront heureux de pouvoir jouer avec des armes à cartouches thermiques illimitées, le seul problème étant la surchauffe. Grâce au système de craft, on a un vaste choix d’armes et armures dont on peut booster les statistiques en développant des améliorations. Ce serait un très bon point si les menus n’étaient pas aussi bordéliques. Je n’arrive jamais à savoir ce que j’ai déjà crafté/recherché ou non, et malheureusement, on ne peut identifier avec facilité les équipements qui sont les plus adaptés aux capacités du personnage et à son style de jeu.

Comme beaucoup, je regrette l’utilisation excessive du scanner, d’autant que les informations détectées et transmises par notre IA, SAM, chevauchent parfois des dialogues. Il arrive malheureusement trop souvent dans Mass Effect: Andromeda que plusieurs personnages parlent en même temps. Au vu de la quantité d’infos qu’on reçoit, surtout en début de jeu, où on est en train de s’adapter et d’apprendre, ça amène une certaine regrettable confusion.

Un grand point fort de jeu, qui lui donne son sel, ce sont les décors dans lesquels on évolue. Les planètes à explorer sont accessibles soit à pied, soit avec le Nomade, l’équivalent du Mako. Ces dernières sont celles dont les conditions climatiques sont les plus extrêmes, et aussi les plus vastes. Le Nomade est bien plus facile à conduire que le Mako, et c’est toujours amusant de faire râler son équipage en conduisant très mal (ou tenter de faire en sorte que Jaal ne s’endorme pas, ce qui est difficile). On a des environnements de toute beauté, et j’ai été particulièrement sensible au travail sur la couleur et la lumière. Découvrir et explorer ces nouveaux mondes est un véritable plaisir, et heureusement, vu que l’exploration est le sens même du jeu. Un petit aperçu :

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Je tiens ici à souligner qu’à mon avis, ceux qui se sont plaints d’un certains manque d’imagination pour la galaxie Andromède, car les extraterrestres y semblent fonctionner comme ceux de la Voie Lactée d’un point de vue social et technologique, sont à côté de la plaque. À moins que je me plante totalement, les Kerts, les antagonistes du jeu, sont le lien avec la première trilogie. Ce qui se passe dans la galaxie d’Andromède est lié à ce qui se passe dans la Voie Lactée, et peut potentiellement expliquer les similarités de façon plus que recevable. Non, Mass Effect: Andromeda ne manque pas d’imagination. Il est au contraire assez foisonnant. Pour réellement juger la qualité de l’intrigue, je crains qu’il ne faille attendre le cinquième opus…

Les romances

Comme vous le savez, qui dit BioWare dit romance, pour le plus grand plaisir des fans des développeurs tatoués. Comme depuis quelques années, on nous propose des romances hétéro, gay et lesbiennes, et comme à chaque fois, on en est ravis. Comme je l’ai déjà souligné sur ce blog et comme l’illustre joliment un article du Monde, c’est la force de BioWare que de nous proposer un monde post-homophobie, où son orientation sexuelle n’est pas nécessairement une part de son identité que l’on doit revendiquer face à un monde hostile. Les personnages y sont naturels, et ne bénéficient pas d’un traitement particulier, sauf dans le cas d’un personnage comme Dorian, qui a eu de gros problèmes familiaux en raison de son homosexualité, ou de Crem, qui nous parle ouvertement de pourquoi et comment il est homme dans un corps de femme (les deux, dans Dragon Age: Inquisition). Aussi, quand les joueurs se sont enflammés parce que le personnage de Hainly n’était pas assez développé à leur goût, ça m’a sévèrement gavée. Alors oui, elle te dit comme ça, cash, qu’elle était un homme autrefois. Apparemment, il aurait fallu l’envelopper d’une longue conversation. Quand F. m’a parlé de la polémique, je ne voyais pas du tout de quel personnage il s’agissait, tout simplement parce que ça ne m’avait pas marquée du tout. On est dans un RPG : les PNJ passent leur temps à vous raconter leur vie. Ce n’est pas parce qu’il s’agit de la vie d’une transexuelle que ça mérite plus de détails, à mon sens. Voilà pourquoi j’aime BioWare : les gens sont ce qu’ils sont, pas besoin d’en faire tout une histoire. J’aime justement cette spontanéité, cette absence de recul : dois-je traiter mon personnage de façon particulièrement parce qu’il fait partie d’une minorité ? Chez BioWare, la réponse est non par défaut.

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« Jaal… T’es vraiment sûr que t’es pas gay ? Je veux dire… C’est très romantique, tout ça… Non ? Sûr ? »

Ma première romance, avec le mystérieux Reyes Vidal, m’a beaucoup amusée, mais elle m’a malheureusement semblé très courte. J’ai eu l’impression d’en avoir seulement la moitié. Une fois la romance « terminée », je m’attendais à ce que mon cher et tendre me parle un peu plus de lui. Mais non. J’ai donc commencé et bouclé une romance en l’espace de quelques heures de jeu, ce qui est quelque peu décevant. Je pense que c’est dû au fait que Reyes reste sur sa planète. À mon avis, romancer un membre de son équipage doit être plus récompensant. J’ai commencé celle avec l’ingénieur, mais je ne l’ai pas finie, donc je ne sais pas pour l’instant ! J’avais aussi commencé celle avec Peebee, qui est une sorte de Sera de l’espace, sans le côté « je suis encartée chez Lutte Ouvrière ». Un personnage adorable, vif, drôle, et insaisissable, à mon avis, ça vaut le coup de la romancer jusqu’au bout.

Les points forts et les points faibles

Je ne sais pas si j’ai oublié quelque chose, il me semble qu’il y a toujours beaucoup à dire, mais peut-être qu’il vaut mieux que vous y jouiez pour qu’on en parle plus avant. Alors à vos portefeuilles, PC ou consoles, et plus vite que ça ! Parce que oui, je vous recommande Mass Effect: Andromeda. Pour moi, le pari est réussi dans le sens où il s’inscrit dans la continuité de la première trilogie tout en proposant quelque chose de différent et nouveau. En fait, je rejoins l’avis de jeuxvideo.com, qui estime que le jeu n’a pas à rougir, mais ne se hisse pas à la hauteur du mythe de la première trilogie. Mass Effect: Andromeda est un jeu fun, varié, beau. Si vous aimez Mass Effect, vous y retrouverez plein de choses qui vous rappelleront de bons souvenirs. Et si vous avez aimé Dragon Age: Inquisition, il n’y a aucune raison que ME4 ne vous plaise pas.

Les plus :

  • La beauté des paysages
  • Des personnages bien écrits
  • Des quêtes de loyauté fun et variées, qui collent à la personnalité du personnage.
  • Des combats dynamiques, la bonne idée des micro-propulseurs
  • Une très belle bande originale
  • L’ambiance et le charme de la saga agissent toujours

Les moins :

  • RPG peu récompensant
  • Des menus peu intuitifs
  • Interface développement/recherche incroyablement bordélique
  • Trop de quêtes de remplissage
  • Une histoire qui laisse sur sa faim

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Questionnaire de lecture

Parce que ce questionnaire est sympathique et parce que, avouons-le, c’est toujours agréable de parler de soi, je réponds au questionnaire que Nathalie a publié sur son blog il y a quelques jours.

Livre d’enfance préféré

Le premier livre qui m’a profondément marquée, c’était Le Lion et la sorcière blanche et l’armoire magique, de C.S. Lewis. Oui, les chroniques de Narnia. Si vous pensez aux films, oubliez tout de suite. Lewis écrivait à l’époque de Tolkien, et moi, j’étais enfant pendant les années 90. Je précise parce que le ton et l’imaginaire que je garde de ce livre n’ont pas grand-chose à voir avec une super-production holywoodienne. Et non, je ne suis pas aigrie :)
Il y a bien sûr Alice au pays des merveilles, mais paradoxalement j’en ai tiré toute la saveur beaucoup plus tard, quand j’étais adolescente. Petite, c’est plutôt le dessin animé de Disney qui a imprégné mon imaginaire.

Livre que je suis en train de lire

Commencé il y a peu, The Spook’s Apprentice, de Joseph Delaney. C’est le premier volume d’une loooonnngue saga (douze volumes aux dernières nouvelles) pour la jeunesse sortie en France sous le nom de L’Épouvanteur. Pour l’instant, j’adore. C’est pour la jeunesse, et pourtant ça parvient à me faire peur ! (ce qui est devenu rare, étant bien rodée dans le genre)

Quels livres réservez-vous ou faites-vous commander à la bibliothèque ?

Je n’ai fait ça qu’à l’époque où je rédigeais mon mémoire de Lettres, et où j’ai fait jouer le prêt inter-universitaire pour obtenir plus de bouquins sur Jean Giono, Virginia Woolf et Henry Miller.

Une mauvaise habitude livresque

J’en ai plusieurs, je ne suis pas très soigneuse. Mes pages se retrouvent souvent tachées de café, ont parfois écopé de brûlures de cigarettes, ou bien se sont trouvées imbibées d’huile de massage. Non, vous ne voulez pas savoir.

Que cherchez-vous en ce moment à la bibliothèque ?

Alors à strictement parler en ce moment, rien, mais j’y suis allée récemment en quête d’ouvrages sur le vaudou, à des fins de recherche à la fois pour une nouvelle en cours d’écriture sur Papa Legba, et la traduction des nouvelles de Henry S. Whitehead.

Préférez-vous lire un seul livre à la fois ou plusieurs à la fois ?

Je crois que la question de ce que je préfère n’a guère d’importance puisque quoi que j’y fasse, je me retrouve inévitablement à lire plusieurs livres à la fois :) Deux ou trois, en général, et ça peut aller jusqu’à cinq.

Est-ce que vos habitudes de lecture ont changé depuis que vous avez un blog ?

Vu que je parle assez peu de mes lectures, non, absolument pas.

Le livre le plus décevant que vous ayez lu cette année

Probablement Sorceleur, d’Andrzej Sapkowski qui a inspiré la célèbre saga de jeux vidéo The Witcher. Une écriture paresseuse et brouillonne, un sérieux problème de temps verbaux (à cause de la traduction ?), une intrigue décousue, un Géralt sans profondeur. (Géralt, c’est le sorceleur en question, pour ceux qui ne suivent pas).

Le livre que vous avez préféré cette année

Sans hésiter, Asunder, de David Gaider (encore non traduit). Pour ceux qui ne me connaissent pas ou peu, vous n’avez pas eu l’occasion de m’entendre chanter les louanges de David Gaider, je précise donc qu’il s’agit du scénariste principal de la série Dragon Age, une saga de jeux vidéo développée par Bioware. David Gaider est aussi un écrivain de talent, qui a notamment publié trois romans reprenant l’univers et l’intrigue des jeux. Asunder est le troisième, le plus abouti. Il se situe juste avant Dragon Age: Inquisition et traite de la guerre entre les mages et les templiers et de la véritable nature de Cole, un personnage important dans le jeu cité.

Quel est l’endroit où vous préférez lire ?

Sous ma couette :)

Pouvez-vous lire dans les transports en commun ?

La plupart du temps, oui, mais j’ai tendance à me laisser distraire facilement alors ce n’est pas forcément quelque chose que j’aime beaucoup faire.

Cornez-vous vos livres ?

Comme je l’ai dit je ne suis pas très soigneuse, mais ça, non. Pas plus que je n’écris au stylo ou n’utilise un surligneur :)

Écrivez-vous dans les marges ?

Au crayon à papier, oui, souvent.

Qu’est-ce qui vous fait aimer un livre ?

Le fait de me sentir désarmée, secouée. Quand je ne trouve pas les mots pour en parler. Quand le style et les idées sont assez puissants pour que j’aie besoin d’une période de délayage pour diminuer son influence sur mes propres idées et ma façon d’écrire.

Qu’est-ce qui va faire que vous allez conseiller un livre ?

L’intérêt et le plaisir que j’estime qu’il pourra susciter chez autrui… Ou bien ma certitude absolue qu’il s’agit d’un livre que tout le monde DOIT lire :)

Votre genre favori

Fantastique/épouvante (sans blague ?!)

Citez un cas où l’effet de mode a détruit votre rapport à un livre

Détruit, non, jamais.

Êtes-vous souvent d’accord avec les critiques ?

Comme Nathalie, je n’en lis pas ou peu…

Que ressentez-vous quand vous donnez un avis négatif sur un livre ?

De l’agacement, souvent. Il y a tellement de bons auteurs, de talents inconnus, et on persiste à publier des trucs écrits avec les pieds, c’est frustrant.

Le livre le plus intimidant que vous ayez lu

Il s’agit plutôt d’un livre que je n’ai pas encore lu. Ulysse, de James Joyce, attend toujours patiemment dans ma bibliothèque. Mais en fait, je ne suis pas sure d’oser l’ouvrir un jour.

Nombre de livres empruntés à la bibliothèque que vous avez chez vous, en général

Je vais assez peu à la bibliothèque… j’achète beaucoup de livres… en format papier ou numérique, j’ai déjà un bon approvisionnement, que je n’ai pas encore lu.

Personnage fictif préféré

Le premier qui me vient à l’esprit, c’est Elric de Melniboné, héros du Cycle d’Elric de Michæl Moorcock. Parce que c’est un héros tragique, cruel, fier, et faible. Je pense aussi à Lord Henry dans Le Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde, un hédoniste passionné et un peu désespéré qui cherche toujours à sublimer la moindre expérience.

Méchant fictif préféré

Il s’agit plutôt d’un duo, le père et sa fille meurtriers dans 5150 rue des Ormes, de Patrick Sénécal. Ils sont fascinants par leur folie et leurs ambiguïtés.

Les livres que vous emmèneriez en vacances

Rien de mieux qu’un bon Stephen King :)

La plus grosse somme d’argent que vous ayez dépensé dans une librairie

Je pense que ça devait avoisiner les 80 euros.

Est-ce que vous aimez garder vos livres bien rangés ?

Pas spécialement, non. En fait, j’ai une conception assez personnelle et assez graphique du rangement. Outre le fait que j’aime assez ranger par genre ou par époque, je dispose mes bouquins de sorte que leurs couleurs, leurs formats et leurs matières s’accordent d’une manière qui me plaît :)

Y a-t-il des livres que vous évitez ?

Les pseudo-romances pseudo-érotiques du genre dont je parle dans ce billet, ou les médiocrités pondues par des écrivains très clichés dans leur façon d’écrire, comme ceux cités par Nath.

Citez un livre qui vous a rendu furieux(se)

De nombreux livres m’ont sans doute agacée, mais furieuse, non, là, je ne vois pas :)

Un livre que vous ne vous attendiez pas à aimer

Le Procès, de Franz Kafka. J’avais lu auparavant Le Château, que j’avais trouvé d’un ennui mortel. Mais je dois dire que mon prof de littérature de terminale et l’adaptation cinématographique d’Orson Wells ne sont pas pour rien dans cette petite révélation littéraire :)

Votre petit plaisir littéraire

Un thriller au suspense insoutenable qui se lit en une nuit, du style les bons Franck Thilliez.

Pourquoi et comment je me suis mise à écrire de la fan-fiction

« Une fanfiction, ou fanfic (parfois écrit fan-fiction), est un récit que certains fans écrivent pour prolonger, amender ou même totalement transformer un produit médiatique qu’ils affectionnent, qu’il s’agisse d’un roman, d’un manga, d’une série télévisée, d’un film, d’un jeu vidéo ou encore d’une célébrité. »

Wikipédia.

C’est un univers qui m’est assez étranger, mais j’ai été régulièrement tentée d’en écrire… Jusqu’à franchir le pas ! Oui, car je n’assume pas vraiment. Assez pour dire publiquement que j’en écris, de là à laisser mon œuvre filtrer hors des fichiers de mon ordinateur… Du coup, j’avais envie de parler aujourd’hui de ce genre particulier, et de réfléchir un peu au pourquoi et au comment de ce type de fiction.

Première remarque : en tant qu’auteure, c’est quelque chose de très agréable à écrire, avec un brin de complaisance salutaire. On a déjà beaucoup de matériel disponible, donc c’est très bien pour les gens flemmards. Ça nous permet de continuer les histoires qui nous ont plu, et de faire vivre d’une autre façon des personnages auxquels on s’est attaché.

Car la fan-fiction, c’est ça : de la tendresse. Du fantasme. Du rêve. Et puis, je crois que ça satisfait une aspiration très enfantine : on s’approprie le jouet d’un autre, on le façonne à son image. La fan-fiction, c’est assez narcissique. C’est calibré pour vous, rien que pour vous. Et c’est extrêmement ludique à écrire. Un peu comme avec les Playmobil : on vous donne des personnages, un décor, et… en avant les histoires !

N’y aurait-il donc que des avantages à écrire de la fan-fiction ? Eh bien, oui, je crois. On s’amuse, on expérimente. On se sent délivré de toute contrainte. Je sais que la fan-fiction regroupe de nombreuses communautés et possède également un aspect pédagogique potentiellement intéressant pour apprendre à écrire, car c’est une communauté dynamique où l’on peut trouver du feedback. Pour ma part, je préfère m’adonner en solo à mon péché, mais il est vrai que ça peut constituer une piste intéressante.

L’exemple d’Anna Todd a même récemment montré que ça pouvait rapporter ! Encore faut-il être un fan de One-Direction

Je n’ai pas grand-chose à dire de la fan-fiction en tant que genre, parce que je n’en lis pas, mais je commence aussi à trouver l’idée intrigante. En français, il existe peu de sites consacrés. La référence est fanfiction.net, un site anglophone qui regroupe les fan-fiction appartenant à tous les styles, et inspirées de tous les supports artistiques imaginables. Après, la plupart des communautés de fans ont une section fan-fiction sur leur forum ou autre. Ce que je peux dire c’est que je trouve chouette de voir autant de créativité, de voir que les histoires sont toujours continuées, réécrites, adaptées, réarrangées… Les grandes histoires imprègnent notre culture et l’imaginaire et l’intellect, et je pense que le phénomène des fan-fictions montre à quel point les gens y sont attachés.

Et si un jour la fan-fiction devenait un genre à part entière ? Est-ce que le succès d’Anna Todd irait dans cette direction ? Bien sûr, faire de la fan-fiction, c’est presque par définition de l’amateurisme. C’est avant tout, je crois, un loisir, mais comme tout divertissement, si on le prenait au sérieux ?

Si un jour je reprends des études, ce qui n’est pas exclu au vu de la tournure de ma vie professionnelle, cela pourrait constituer une piste intéressante pour une thèse. Car je crois que si je devais m’y remettre, ce serait un travail qui s’articulerait autour de la narration pure, et si possible appliquée à différents supports d’expression : littérature, séries télévisées, jeux vidéo. Une thèse de narration comparée dans ces différents domaines, oui, pourquoi pas !

En ce qui concerne ma propre contribution, autant faire mon grand coming-out : j’aime les histoires d’amour. Je suis une grande fan du Dernier des Mohicans, de Titanic, Rob Roy, The Scarlet Letter, en partie parce que leurs histoires d’amour me touchent. Je me demande pourquoi c’est socialement aussi difficile de l’admettre, mais c’est ainsi :) Je suis une grande romantique qui s’ignorait. Ma fan-fiction creuse les personnages et l’intrigue d’origine, et elle est définitivement portée sur le romantisme et l’érotisme.

Ma fan-fiction est basée sur le scénario de Dragon Age : Origins, imagine ce qui se passe ensuite pour le personnage principal, et reprend l’intrigue de Dragon Age : Inquisition en y intégrant mon personnage d’Origins. J’ignore pourquoi je suis tombée amoureuse de ce jeu, mais c’est ainsi, et je prends mon pied à y apporter ma touche personnelle. Voilà, je crois qu’après avoir dévoilé ceci sur mon blog, je n’ai plus rien à vous cacher :)

Et je suis très productive dans ce genre : plus de 30 pages en interligne simple en 20 jours ! Cela m’embarrasse, mais j’adore ça ! Si jamais vous éprouvez de la curiosité pour mon œuvre, on peut peut-être négocier : peut-être vous aussi possédez des écrits destinés au tiroir…

 

Je suis tellement embarrassée qu’il me faut un peu de punk crade et brutal pour retrouver ma fierté. Merci.