[Creepy Nights] Défi cinéma : le catalogue horreur de Netflix

Toujours à la recherche d’un nouveau film d’horreur à regarder, je profite allègrement de l’abonnement Netflix dont je bénéficie depuis quelques mois pour m’aventurer le long de pistes cinématographiques que je n’aurais pas arpentées autrement. Et j’ai vu quelques trucs dont j’ai envie de parler, en bien ou en mal. Alors au lieu de faire un défi lecture, voici un défi cinéma : m’envoyer l’intégralité du catalogue horreur de Netflix (je sais, c’est une mauvaise idée…). Je l’ai déjà pas mal saigné, sans compter les films que j’avais déjà vus avant ma découverte du site. Je ne parlerai pas de tous les films car il y en a certains à propos desquels je n’ai rien à dire. Par exemple, si vous me demandez de parler de Tremors, je pourrais juste dire : « ha ha, c’était rigolo ». Aujourd’hui en tout cas, j’ai envie de commencer avec des bonnes surprises.

Honeymoon, de Leigh Janiak (2014)

Honeymoon_film_posterUne jeune réalisatrice américaine dans le milieu du film d’épouvante ? Alléluia, c’est pas tous les jours que ça arrive. Et pour son premier film, Leigh Janiak montre un potentiel qui laisse rêveuse l’amatrice de genre que je suis. On y retrouve la charmante Rose Leslie avec sa jolie voix cassée (« you-know-nothing-jon-snow ») et Harry Treadaway (le maladif et légèrement psychopathe docteur Frankenstein dans la série Penny Dreadful). Honeymoon est un film intimiste, intelligent, qui fonctionne parce qu’il demeure dans la retenue. Il commence comme un pur film de fantastique, en filmant des changements de comportement subtils mais indéniables chez la jeune épouse. L’histoire bascule progressivement du point de vue de son compagnon, désemparé, impuissant, et doutant de lui-même. Petit à petit, le surnaturel s’invite et quand il le fait, c’est avec le gore dérangeant et gerbant d’une saga Alien ou bien d’un David Cronenberg. Il y a probablement diverses manières de lire ce film et je préfère vous laisser vous faire votre idée :)

Cloverfield, de Matt Reeves (2008)

cloverfieldJe n’avais jamais pris la peine de regarder ce film sorti il y a déjà huit ans. Je n’étais pas trop sûre d’adhérer à la réalisation façon caméra amateur dans le cadre d’un scénario catastrophe, car je me suis dis que ça allait beaucoup trop bouger. Alors oui, ça bouge trop pour les personnes atteintes de motion sickness au dernier degré (pour ma part la 3D peut me retourner l’estomac, mais le found footage, ça passe), mais la caméra ne fait pas n’importe quoi comme je l’avais crains, en prenant pour excuse le fait que c’est une personne lambda paniquée qui filme. En fait, je dirais même que l’on sent bien que c’est du faux amateurisme. C’est du réalisme soigneusement manipulé : on ne voit pas ce qu’une personne lambda paniquée filmerait, mais précisément ce que Matt Reeves veut qu’on voit, exactement de la manière dont il l’a prévu. Cloverfield n’est pas un film où le scénario compte. La seule chose qui compte, c’est l’immersion aussi brutale que violente dans une situation incompréhensible pour ceux qui la vivent. Le début du film est assez long, prenant patiemment le temps de nous présenter les personnages – les futures victimes – en train de profiter de leur soirée et de se débattre avec leurs histoires de famille, d’amitié, ou de cœur. C’est au moment précis où je commençais à m’en agacer que le film bascule. Sans m’en apercevoir, j’avais plongé dans cette atmosphère de normalité dont je connais les codes, et la rupture, ce moment où les repères familiers foutent le camp et où l’on se retrouve propulsé dans un monde inconnu, a été d’une brutalité saisissante. Par la suite, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde et oui, j’ai eu peur ! (C’est digne d’être noté parce que je suis une vieille routarde de l’horreur, j’adore avoir peur, mais j’y parviens rarement :) )

Creep, de et avec Patrick Brice (2014)

creepVoilà un film tout à fait creepy. Je ne m’attendais à rien en le regardant, la description sur Netflix étant assez sibylline, du genre « quand on l’a embauché pour ce job de caméraman, il était loin de se douter de ce qui allait lui arriver »… A priori, avec cette accroche et à en juger par l’affiche, je pensais à un film de psychopathe bien gore. En fait, ce film m’a terrifiée. Et surtout ce type. Si je le croisais dans la rue, je me sauverais en courant.

Mark Duplass, je te hais.

Mark Duplass, je te hais.

Alors c’est donc l’histoire de Aaron, un caméraman professionnel embauché par Josef, qui souhaite qu’on réalise un documentaire sur lui. Ce n’est l’affaire que d’une journée, c’est très bien payé. Une fois sur place, Aaron apprend que le pauvre Josef est atteint d’un cancer au stade terminal, et souhaite réaliser un film à l’intention de son fils qui n’est pas encore né. C’est triste et glauque, mais ça paraît louable. Et puis… Comment vous décrire cela ? Tout, tout dans l’attitude de Josef vous donne la chair de poule, sans que vous puissiez exactement mettre le doigt dessus. On s’identifie totalement à Aaron, subtilement mal à l’aise : on se dit qu’on imagine des choses. Mais plus le film avance, plus il est évident que Josef est complètement et irrémédiablement fou à lier. Rien que d’y repenser, j’en ai des frissons dans le dos. C’était une expérience cinématographique rare. Je me souviens d’une scène où Josef disparaît dans la maison après avoir subtilisé les clefs de voiture d’Aaron, qui n’a qu’une hâte, se tirer. Je crois que je n’ai jamais autant redouté les prochaines minutes en regardant un film d’horreur. Je ne voulais pas que ça arrive, je voulais que ça s’arrête, et en même temps, j’étais fascinée, hypnotisée. Ce film est diabolique. De plus, la folie de Josef ne ressemble pas à ce dont vous avez l’habitude. Le personnage est comme le film : insaisissable, indescriptible. Ce qui est vraiment intéressant, c’est qu’une relation se crée entre le psychopathe et sa victime. Josef entretient une espèce de fascination morbide pour Aaron, il le traque à la manière d’un érotomane. Et à aucun moment, Aaron ne peut être sûr de ce que cet homme lui veut vraiment, et jusqu’où il est réellement prêt à aller, parce que Aaron est un type sensé, mais aussi un type gentil et empathique, qui veut voir le meilleur chez autrui. En bref, une histoire fascinante et horrible qui m’a fait forte impression !

*

Ce sera tout pour aujourd’hui, j’espère que ça vous aura plu et que je vous aurai donné envie de voir ces films ! À bientôt pour d’autres chroniques :)

2 Commentaires

  1. Nathalie

    Alors oui, ça m’a donné très, très envie ! Je file chez mon Albanais ou je prends un abonnement Netflix, fissa !

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    1. Muriel (Auteur de l'article)

      Hé hé, tu me diras ce que tu en auras pensé alors :)

      Répondre

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