Actualité

Nourritures spirituelles de février

Quand j’ai commencé à travailler en indépendant à l’obtention de mon diplôme en 2013, je savais que ce genre de moment finirait par arriver. Mais il a fallu deux ans et demi pour y parvenir : jusqu’à la fin de mois, j’ai du travail par-dessus la tête. Je rédige une demi-douzaine de pages tous les jours, partageant mon temps de cerveau disponible entre les conseils beauté (l’huile de ricin est la meilleure alliée pour vos cheveux) et les fiches de révision à l’intention des lycéens paniqués qui n’ont pas lu Balzac, Montesquieu ou Céline à quelques mois des examens de fin d’année.

Peu désireuse de sombrer pour autant dans une routine où j’arrête de travailler à 18h, je m’ouvre une bière et me pose devant The L World jusqu’à l’heure du dîner, après quoi je disparais sous ma couette et pour bouquiner quelques heures, j’ai décidé de rédiger un petit billet pour partager avec vous les trucs du moment.

Et en ce moment, je regarde la nouvelle saison d’X-Files. Peu adepte des réseaux sociaux et assez sélective sur l’actualité, j’avoue ne pas savoir comment ce début de saison a été reçu par les fans et les newbies. Pour ma part, j’ai tout de suite adhéré. La série parvient à redémarrer avec un naturel déconcertant, tout en s’inscrivant dans la tradition. Le générique n’a pas été changé, on retrouve nos deux agents vieillis, un peu tristes, mais ils n’ont rien perdu de leur sens de l’humour. Le premier épisode démarre très fort en reprenant la trame complotiste de X-Files remise au goût du jour, avec les angoisses et les problématiques de notre époque. Il suggère un scénario plutôt complexe et plutôt casse-gueule, j’espère donc ne pas être déçue… J’ai regardé le quatrième épisode tout à l’heure, et c’est du pur X-Files, et c’est toujours aussi bon.

Côté bouquin, j’ai terminé il y a peu le deuxième tome de la série Martyrs d’Olivier Peru, qui m’a charmée tout autant que le premier malgré un petit essoufflement sur la première partie du livre. Le livre raconte l’histoire de deux frères issus d’une race de guerriers, les Arserkers, qui ont la particularité de voir la nuit grâce à leurs yeux dorés, et de ne pas avoir d’égal sur un champ de bataille. Mais les temps ont bien changé à l’époque où commence le livre, et les Arserkers sont presque éteints. Pour gagner leur vie, Helbrand et son frère Irmine opèrent en tant qu’assassins. Mais, évidemment, leur petite histoire va se mêler à la grande, et leurs actes auront une répercussion sur le royaume, en pleine transition et à la veille d’une guerre civile. Olivier Peru a un véritable don pour la narration, et je me suis laissée embarquer au fil des 650 pages sans regret. Un troisième tome est à prévoir, je l’attends de pied ferme.

olivier_peru_martyrsDepuis trois jours, j’ai entamé Le Vide, de Patrick Senécal, après avoir été convaincue par la chronique sur le blog d’Yvan, Émotions Littéraires. Et je ne suis pas déçue ! La jaquette proclame fièrement que le roman a été « la claque littéraire de ces dernières années » pour Franck Thilliez, et cela ne m’étonne pas du tout. Le Vide est un livre vertigineux, où l’angoisse existentielle atteint son paroxysme. On y éprouve une sensation de malaise tout en étant aspiré par l’histoire contée au fil des chapitres qui se succèdent dans le désordre, mais selon une implacable logique narrative.

patrick_senécal_le_vide

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Je profite de ce billet pour évoquer un film que j’ai vu il y a quelques semaines, juste avant la mort d’Alan Rickman. Il s’agit du film qu’il a réalisé, Les Jardins du roi (A Little Chaos). Alan Rickman y campe le rôle d’un Louis XIV plutôt attachant, aux côtés de Mathias Schoenaerts dans le rôle de Le Nôtre, et Kate Winslet dans celui de Sabine De Barra. Le film est assez anecdotique dans son contenu : c’est l’histoire de Sabine, qui parvient à se faire embaucher par Le Nôtre pour concevoir le bosquet des Rocailles dans les nouveaux jardins de Versailles. Mais que l’histoire tienne en quelques lignes, ça n’a pas vraiment d’importance. Le film capture un moment dans le temps, dans la vie des différents personnages, avec beaucoup de subtilité et une grande justesse dans le ton et le jeu des acteurs. Ce film n’a rien d’extraordinaire, mais il est… apaisant. Simple et beau.

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Je n’ai pas grand-chose à vous dire concernant la musique, que je n’explore pas en ce moment. Cependant, il y a peu, mon compagnon m’a fait découvrir ce groupe que je vous invite à écouter en ne faisant rien, les yeux dans le vide. On a peu de groupes comme Aquilus, avec des morceaux construits de mille nuances, qui invitent à se perdre en soi-même dans une longue contemplation sans but.

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Sinon, en vrac, j’ai écouté La Tête au carré avec Mathieu Ricard, moine bouddhiste, et Christophe André, psychiatre, sur le thème de la sagesse. J’ai regardé l’intéressant documentaire de Dirtybiology sur l’origine de la richesse. J’ai secoué la tête de dépit plusieurs fois cette semaine en lisant des articles de presse, et notamment cet article du Monde qui raconte comment le conseil régional a retiré sa ridicule subvention de 20 000 euros au Hellfest. En ce moment, j’ai l’impression que tout le monde en France vit dans un univers hermétiquement fermé et que chaque couche de la société ne comprend absolument rien à toutes les autres. Et le pire, c’est que personne ne cherche à comprendre. On préfère apparemment cette cacophonie ridicule alimentée à coup de tweets incendiaires. L’indignation est devenue une espèce de norme étrange, et les réseaux sociaux une arène où les combattants ne cherchent qu’à prouver la supériorité de leur morale (la seule, bien entendu, valable. Le moindre écart à la Morale vous conduira tout droit à la géhenne où brûlent tous ceux qui ont vu leur réputation détruite par le web en quelques heures). À ce sujet, je vous invite à lire cette intéressante analyse-et-je-suis-complètement-objective-en-disant-cela sur le blog de mon compagnon.

Attentats à Paris

Je ne fais jamais ce genre de choses.

Pourquoi je le fais aujourd’hui, je ne peux pas vraiment l’expliquer.

Ce matin, quand je me suis réveillée, j’ai cru pendant cinq minutes que j’étais dans un cauchemar. Puis est venue l’incompréhension. La peur.

Mais ces émotions elles aussi se sont vite évanouies. Maintenant, la seule chose à laquelle je peux penser, c’est à ces gens. À ce qu’ils ont enduré, et pour certains, ce à quoi ils ont survécu. Des gens comme moi, comme mon voisin, comme ma famille, comme mes amis.

Aujourd’hui je suis sortie m’acheter des clopes et je me sentais ahurie, hébétée. J’ai marché dans la ville et scruté le visage des passants. La vie s’écoulait normalement. Les gens souriaient.

Je suis rentrée chez moi et j’essaie de penser à autre chose mais tout m’y ramène. C’est juste que mon esprit n’est pas assez large pour concevoir ce genre de choses. Une soirée normale, les gens assis à la terrasse d’un resto, d’autres qui prennent leur pied à un concert. Et tout à coup, le vacarme, les hurlements, puis le silence.

Je ne voulais pas, pas cette fois, que tout ceci reste quelque chose d’abstrait dans mon esprit. Je refusais que les morts restent des chiffres, que les événements demeurent des mots. Je voulais essayer de comprendre. Alors j’ai cliqué sur une vidéo. C’était confus. Un homme criait le nom d’un ami. Sans arrêt. Sans changer de ton. Sans respirer. Je vois un corps ensanglanté traîné à l’abri, j’entends une femme dire « monsieur, s’il vous plaît, je suis enceinte ». Je coupe la vidéo.

J’enchaîne les cigarettes de mon paquet tout neuf, acheté dans cette ville où tout est calme, si calme. Je n’arrive pas à poser mes pensées, à y mettre de l’ordre.

Hier soir j’ai passé ma soirée à discuter sur Skype avec mon chéri, et pendant les trois heures qu’a duré notre conversation, plus de 120 personnes ont été tuées au hasard, dans ce qui semble une tentative pour prouver quelque chose. Tout ce que cela prouve à mes yeux, c’est que si je ne crois pas que les monstres existent dans la nature, ils peuvent de toute évidence se fabriquer. Ce n’était pas quelque chose que j’ignorais. Juste quelque chose que je n’avais pas encore compris.

Il n’y a rien à dire, et pourtant, j’écris ces quelques mots pour dire que la vie ne s’est pas arrêtée, mais que du moins pour moi, elle ne sera plus pareille. Je ne sais pas encore ce qui a changé exactement. Tout ce que je sais, c’est que ça va au-delà de la consternation, de la peur, de l’incompréhension. J’imagine que je voulais juste ajouter ma voix aux autres pour dire que je n’oublierai pas.

 

peace for paris

 

Consommer responsable – Rdv en terre inconnue : Maloriel à la coopérative bio

Aujourd’hui, je me suis enfin décidée à passer voir à quoi ressemblait la coopérative bio proche de chez moi, dans le centre commercial Grand-Quartier, au nord de Rennes, à côté de Leclerc. Cette coopérative locale adhère au réseau Biocoop présent partout en France, et je me suis dit que, puisque je suis à la recherche d’une alimentation plus en phase avec le monde qui m’entoure, ce serait une bonne idée d’y faire un tour.

Mais je ne suis pas Adriana Karembeu au Kenya, aussi il me manquait mon propre Frédéric Lopez pour faire la visite. Par contre, comme Adriana, je me suis extasiée – ou presque. Allez, je vous raconte mon après-midi.

Après être passée dans un Décathlon géant m’acheter des rollers un peu girly (!) pour me remettre au sport, je me suis dirigée à travers les troupeaux de voitures habituels à ce quartier et je me suis faufilée sans commettre la moindre erreur d’orientation (hourra) dans la petite rue de la zone commerciale abritant la coopérative. J’entre alors dans un magasin qui est un vrai petit supermarché, et j’ai le plaisir de découvrir qu’il possède tout ce dont on peut avoir besoin (alimentation, hygiène, produits d’entretien). J’hésite un moment dans le rayon vrac parce que oui, vous pouvez rigoler, je ne me suis jamais servie de quoi que ce soit en vrac (peut-être à la rigueur des bonbons il y a très très longtemps). Alors comme avec moi les mécanismes les plus simples se montrent parfois fort réticents, j’ai craint un moment de me retrouver bête au milieu du rayon. Mais ouf, ça a bien marché. Perdue devant toutes les céréales, graines, fruits secs, thés, cafés, muesli etc. proposés, je me suis rabattue sur mes pâtes habituelles, mais je crois que le vrac va devenir ma norme, car les prix sont normaux et raisonnables, et c’est un système sympa qui réduit les emballages et permet d’acheter pile les doses dont on a besoin. Même si à ce point de vue, je n’ai pas le compas dans l’œil, et il va me falloir un peu de temps pour savoir jauger les quantités. À ces prix-là, acheter bio est à portée de mon portefeuille.

Ce qui n’est pas le cas de tout le magasin, loin de là. Des saucisses de porc à 18€ le kilo, des packs de 6 bières (33cl) à 13€, de l’huile d’olive à 12€… ça pique un peu. Certains produits, dont des douceurs comme des charmantes nonettes à la framboise sont vraiment onéreux (genre 6€ le paquet, je ne suis plus très sûre, quand j’y repense je me dis que j’aurais dû craquer, ça doit vraiment être divin). Il faut faire un tri, et savoir se faire plaisir avec modération. Mais cela va aussi avec ce que j’essaie de mettre en place dans mon alimentation : manger moins, mais mieux.

Au rayon fruits et légumes, pas besoin de se prendre la tête pour savoir ce qui est de saison : il n’y a que ça, et j’ai découvert des légumes que je ne connaissais pas. Comme des navets jaunes. J’ai été trop timide pour en prendre. Intimidée de même par les cucurbitacées bizarres dont je n’ai pas la moindre idée de la façon dont ça se cuisine. Mais j’apprendrai !

Ce que j’aime : des fruits locaux non-calibrés, comme ceux du jardin !

Les bières m’ont fait envie et j’ai acheté des bières de la brasserie Lancelot (Morbihan) en version blonde, blanche, et rousse, à 2,38€ la bouteille de 33cl. Je déguste la « Nuit rousse » en écrivant ces lignes, elle est très parfumée, je vous la recommande.

Il y a toutes sortes de pâtes, et plein de confitures, coulis, arômes, des trucs sympas pour la pâtisserie. Et du thé et du café à ne plus savoir où donner de la tête.

Alors ça a été une bonne surprise, même si ça va demander des ajustements, de l’apprentissage, et sans aucun doute, de réduire ma consommation de viande (ce qui reste compliqué lorsqu’on n’a pas toujours envie de faire la cuisine et qu’on a l’habitude d’en manger sans se poser de questions).

On peut adhérer à la coopérative (qui s’appelle Scarabée, Société Coopérative Anonyme Rennaise d’Alimentation Biologique Et d’Écoproduits) en achetant une part sociale à hauteur de 30€, ce qui donne droit à une réduction de 5% sur nos achats.

Le réseau Biocoop est partout en France, renseignez-vous pour trouver la coopérative la plus proche de chez vous !

www.biocoop.fr

Consommer responsable – Les cosmétiques

Après avoir jeté en vrac quelques pistes dans cet article pour des achats alimentaires plus éclairés dans notre monde de supermarchés, je voulais aujourd’hui vous parler rapidement de ce qu’on peut faire au niveau des cosmétiques.

Se faire plaisir, c’est important, mais à quel prix ?

Depuis le mois de juillet, j’ai écris une centaine de fiches beauté pour mon boulot de rédactrice freelance. Alors je ne suis pas pour autant devenue une experte sur le sujet, mais ça m’a amené à m’interroger sur ma propre consommation de produits cosmétiques (je précise que je n’ai jamais été très investie dans ce sujet, mais un petit peu plus qu’il y a quelques années, l’âge me rendant plus coquette ;). Et j’en ai tiré deux conclusions.

La première, c’est que le monde des cosmétiques déploie des trésors d’imagination pour nous faire acheter tout et n’importe quoi. Et en plus de cela, on nous vend ironiquement des produits censés contrer l’effet « agressif »… d’autres produits. De nombreuses substances sont nocives pour l’environnement, à cause des procédés de fabrication ou de la manière dont elles se retrouvent dans la nature par la suite. Sans parler des tests sur les animaux, que je réprouve complètement quand c’est à des fins cosmétiques (je peux difficilement être contre quand il s’agit de la recherche médicale).

La deuxième conclusion, qui découle de la première, c’est que la meilleure méthode à la fois pour notre portefeuille, pour la beauté de notre peau et de nos cheveux, pour notre santé, et pour la planète, c’est de réduire drastiquement la liste de ses cosmétiques. Et de bien choisir ceux qui restent.

Pour moi, la norme est devenue d’acheter des produits labellisés Ecocert, qui portent également dans la majorité des cas le label Cosmebio, sans doute parce que le cahier des charges est pratiquement le même. A priori ces normes sont strictes, ces labels dépendent respectivement du ministère de l’agriculture et de l’industrie. J’ose croire qu’ils sont fiables.

L’exemple des silicones

(grandement inspiré par cet intéressant article)

Les shampoings et masques du commerce pour les cheveux secs contiennent presque tout des silicones. Or, si les silicones (dérivés pétroliers) permettent de « colmater » les brèches d’un cheveu abîmé, ils finissent par l’étouffer, car… on ne s’en débarrasse pas si facilement. Donc, si à court terme l’effet est immédiat, à long terme, les cheveux et le cuir chevelu risquent de plus absorber les graisses… et donc de nécessiter un lavage plus fréquent. De là à dire que les labos qui ont conçu les formules le savaient… il n’y a qu’un pas. En plus, ces substances sont très longues à se dégrader dans la nature.

Les produits bios n’en contiennent pas.

Miser sur les huiles végétales et les huiles essentielles

La rédaction de fiches beauté ayant fini par me donner des idées, j’ai eu envie de tester quelques produits. Et je crois avoir trouvé le bon combo.

Pour le gel douche et le shampoing, j’ai fini par délaisser la notion de produits deux en un offrant un « soin ». À mon sens, la douche, c’est trop rapide pour se faire un soin. J’ai préféré revenir aux basiques. J’ai donc acheté un shampoing et un gel douche Green For Health en format économique 500 ml, 13€ la bouteille. La senteur est subtile et épicée, très agréable. Comme la plupart des produits bios, le shampoing ne mousse pas beaucoup. Mon conseil : appliquer une première fois en petite quantité, rincer rapidement, en remettre. ça mousse beaucoup plus !

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Pour le soin des cheveux et de la peau, j’ai décidé de n’en utiliser qu’un seul. J’ai commencé par l’huile d’argan, malheureusement en tout petit flacon de 30 ml, mais non seulement c’est bio et Ecocert, mais le produit bénéficie aussi du label commerce équitable ! Les gens sont souvent surpris et déçus quand ils achètent ce genre de produit : bien souvent, les huiles végétales pures ne sentent pratiquement rien. Alors, puisque le parfum fait partie du plaisir et de la relaxation supposés aller avec l’application d’un soin cosmétique, mon conseil est d’acheter un flacon d’huile essentielle de sa senteur préférée, et d’en verser une ou deux gouttes dans son huile végétale. Les huiles essentielles sont chères, mais s’utilisent avec beaucoup de parcimonie, donc je pense que ça vaut le coup.

argan

J’ai testé l’huile d’argan en premier, mais il faut savoir que l’on peut trouver des huiles végétales bien moins coûteuses, comme l’huile d’amande douce, qui se trouve même en format 1 litre. Petite recommandation : choisir des huiles pures (juste de l’huile, quoi), et de préférence pressées à froid.

Pour la peau, ces huiles s’appliquent en massage, le soir avant de se coucher de préférence, pour le côté détente. Pour les cheveux, il faut en imprégner les longueurs en prenant soin de ne pas toucher au cuir chevelu, et laisser poser trente minutes avant de faire son shampoing.

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J’en conviens, cet article était un peu inhabituel par rapport à ce que je blogue d’habitude, mais j’espère qu’il vous a plu quand même ! :)

Mon petit guide ultra-rapide pour consommer responsable

(Ce n’est pas l’article que j’avais prévu initialement, mais celui-ci est venu plus vite)

Je viens de passer la soirée à tenter de me rendre compte de quels moyens je disposais en tant qu’occidentale de classe moyenne pour ne pas détruire la planète, et ma conclusion est que : c’est très simple, mais l’addition est salée.

Je ne vais pas vous rabâcher les mesures de bon sens sur l’économie d’énergie et de déchets, pour moi le vrai problème pour un citoyen lambda se situe dans l’alimentation.

Ma première véritable sensibilisation au traitement des animaux pour l’alimentation est survenue cet été, après avoir passé un mois et demi à fréquenter un couple de végétariens qui l’étaient par conviction. Ensuite, j’ai regardé ce court-métrage. À première vue, je n’ai pas apprécié sa dimension propagandiste et fortement moralisatrice. Il n’empêche, ce petit film m’a suffisamment interpellée pour que je me pose beaucoup de questions. Je suis donc allée me renseigner et je vous invite à aller voir sur ce site, si pour vous l’élevage hors-sol demeure une notion plutôt floue, comme elle l’était pour moi jusqu’à maintenant.

Tout cela m’a laissée écœurée, et comme je n’ai toujours pas l’intention de devenir végétarienne, il n’y a qu’une solution : acheter uniquement des produits labellisés. Pour le porc et le poulet, c’est le label AB (agriculture biologique) ou Label Rouge, pour les deux « en plein air » très fortement recommandé. Pour le poisson, AB toujours, et le label Pêche durable MSC. Et pour les fruits et les légumes, privilégier comme d’habitude le bio et surtout la production locale. C’est encore dans ce dernier domaine que l’on dépensera le moins de sous. Le plus gros problème, c’est la viande. Alors si l’on veut réduire sa consommation parce que consommer responsable est trop coûteux, voici quelques pistes pour cuisiner végétarien :

Je suis une débutante en la matière, mais pour moi, il y a un principe de base : pour réussir à se nourrir, à avoir une satisfaction sans viande ou poisson, il faut que le plat tienne au corps, il faut des féculents et des matières grasses. Pour obtenir cet effet, le plus simple est d’associer légumes et céréales, + produit laitier. Quand j’étais en Inde et que j’étais forcée de manger végétarien, j’ai trouvé deux trois astuces. Dans vos plats, ne négligez pas ail, oignons ou échalotes, pour le goût. Vous pouvez vous faire des plâtrées à base de graines ou céréales : quinoa, blé, lentilles, riz, pâtes. Ensuite, vous accommodez à votre goût avec des légumes, et pour la gourmandise, misez sur la crème, le fromage en cubes ou râpé. Ne négligez pas non plus tout ce qui est beignets, fritures, lasagnes, toujours pour le côté gourmandise et nourriture réconfortante. Je dois dire que pour moi, le fromage remplace assez bien la viande. Et enfin, pour varier les saveurs et donner de la personnalité à votre plat, n’oubliez pas les épices : coriandre, cumin, curry, safran, muscade… Et bien sûr, les herbes aromatiques.

Vous trouverez sur Marmiton des recettes alléchantes, comme les lasagnes chèvre-épinards, ou la terrine de courgettes à la menthe, ou les galettes de pommes de terre.

 

Enfin, dernier point que je voulais aborder dans cet article : les ONG. Je cherche actuellement une organisation valable à qui faire des dons mensuels, et les deux auxquelles j’ai pensé, Greenpeace et la Fondation Nicolas Hulot, ont été après renseignement directement rayées de ma liste. Pour info, donc : personnellement je pense que le nucléaire est actuellement la meilleure solution, et Greenpeace le bannit, ce qui a d’ailleurs conduit le co-fondateur Patrick Moore à quitter l’association. La Fondation Nicolas Hulot quant à elle a conclu des partenariats avec de grosses boîtes pas très connues pour leur respect de l’environnement, telles que L’Oréal (qui pratique notamment les tests sur les animaux) et Bouygues. Résultat des courses, ces entreprises ont des sièges au conseil d’administration, et pour moi, c’est juste incompatible avec les objectifs de la fondation. Si quelqu’un connaît une ONG indépendante et écologiste au vrai sens du terme, je suis preneuse.

 

Voilà, j’espère que ce billet vous aura intéressé, car comme disait Tristan Lecomte, « Remplir son panier ou son caddie, c’est exercer un droit de vote » !

Des idées à la con

Il va vraiment falloir arrêter toutes ces conneries sur l’anti-racisme et ceux qui « en ont marre » qu’on leur parle de Shoah et d’antisémitisme. Je sais que « les idées à la con progressent grâce à ceux qui prétendent les combattre », mais en même temps, on est dans l’hyper-communication, et j’ai la nette impression que ces fameuses idées à la con progressent qu’on les aide ou non.

Alors voilà, en fait je viens de lire l’un des trucs les plus stupides que j’ai jamais lu, et je n’arrive pas à en rire parce que cela ressemble bien trop à tellement d’autres trucs qu’on lit et qu’on entend, et parce que l’auteur n’est pas là pour que je lui rie au nez. Je cite :

« Quand Dieudonné a transformé Chaud Cacao, une vielle chanson «tropicale» un peu raciste, en Shoah Ananas, le refrain a été repris en masse par les fans de Dieudonné. J’ose croire qu’ils ne se moquent pas de la véritable Shoah mais plutôt de ceux qui leur rappellent tout le temps des événements qui sont supposés les faire se sentir coupables, insignifiants et impuissants. Une bonne partie de cette génération en a assez d’entendre parler de la période 1939 – 1945 alors que son propre avenir est sombre. »

Si tu te sens coupable parce qu’on t’enseigne la Shoah, c’est ton problème. Et d’ailleurs, ton avenir risque bien d’être encore plus sombre si tu l’oublies, la Shoah. Vous comprenez, les pauvres chéris qui s’achètent des smartphone et touchent des indemnités quand ils ne travaillent pas vivent dans un monde très difficile. On ne va quand même pas les traumatiser en leur montrant des centaines de cadavres ramassés à la pelleteuse, puisque « leur propre avenir est sombre ». C’est vrai quoi, ils n’auront même pas assez de sous pour s’acheter un écran plat pour le prochain Noël.

Nos parents bénéficiaient très probablement d’un marché de l’emploi bien plus ouvert et d’un niveau de vie supérieur, mais nous n’en sommes pas pour autant relégués à nous nourrir de navets et de topinambours tous les jours. Si cette génération se sent insignifiante et impuissante, elle ne peut s’en prendre qu’à elle-même, au lieu de se victimiser. Nous faisons nos propres choix, nous bénéficions de bourses pendant nos études, nous vivons dans une société où nous avons accès à l’information si nous le voulons (personne ne vous oblige à regarder TF1) et où personne ne nous force à adopter un mode de vie qui ne nous convient pas (à part les conventions sociales, et il revient à chacun de les combattre s’il en éprouve le besoin).

Cependant, je suis d’accord avec l’article par rapport à la volonté d’interdire les spectacles de Dieudonné :

« De telles dispositions tendent simplement à confirmer la vieille idée selon laquelle «les juifs dirigent le pays» et participent à la montée de l’antisémitisme. »

Ce n’est sans doute pas la bonne stratégie. Mais en même temps, on connaît le sarkozysme de Manuel Valls : fait divers = loi. C’est  le genre de mec qui adore visiblement mettre le feu aux poudres et rafler des électeurs sans se fatiguer grâce à des mesures choc à court terme et dénuées de toute vision d’ensemble (il fait là coup double, même Coppé est d’accord avec lui).

L’auto-complaisance est le cancer de la France. Dans le sens où elle ronge les gens. On flatte leur égo en leur expliquant que ce n’est pas leur faute, et en leur désignant les coupables. Cette idée comme quoi notre éducation nourrit notre culpabilité sert surtout à mon sens à nous déresponsabiliser. Il ne s’agit pas de se sentir coupable, mais de se souvenir. Si vous ne pouvez pas vivre avec vos souvenirs, encore une fois, c’est votre problème, et surtout pas celui des victimes et de leurs descendants.

Et si on grandissait un peu ? Et si on arrêtait un peu de pleurnicher ? Si on passait un peu moins de temps à se plaindre, on en aurait peut-être davantage pour prendre du recul sur soi et choisir la meilleure façon d’agir et d’aller mieux. Cela tient à chacun. Contrairement à la nouvelle tendance des politiques qui veulent tous nous englober par la dénomination « les Français », différencions-nous, cessons d’accepter de faire partie d’une masse morose qui attend le Messie. Notre histoire nous a donné la liberté, et nous, nous n’en voulons plus, parce que c’est trop difficile ! Nos parents, grands-parents, et arrière-grands-parents se sont battus pour les droits dont nous bénéficions aujourd’hui, et notre génération ne sait que s’avachir en accusant tout le monde sauf elle-même.

Le geste « anti-système » de Dieudonné me fait bien rigoler. La révolte aujourd’hui, c’est aller chanter Shoah Ananas, sérieux ?

Enfin, je ne dirais pas mieux que Primo Levi : « Quiconque oublie son passé est condamné à le revivre. »

 

PS : le prochain article traitera d’un sujet qui me passionne bien davantage (non je dirai pas c’est quoi), mais j’avais envie de ce coup de gueule !

Un peu de douceur dans ce monde de brutes

Moi qui ne consulte pas trop mes comptes, j’ai eu la joie de découvrir que la CAF m’avait fait un cadeau de Noël. J’ignorais totalement l’existence de cette prime et j’ai comme une envie de prendre tout le gouvernement Jospin – qui l’a instaurée – dans mes bras, ainsi que tous ceux qui ont fait en sorte qu’elle soit reconduite une nouvelle fois cette année. Certaines personnes ont l’air de penser que le fait d’être pauvres leur donne des droits, et pourtant, le coup de la prime de Noël, c’est de la pure bienveillance, un petit quelque chose qui adoucit le quotidien. (Et puis il faut dire que le fait d’être passée du statut étudiante qui n’a droit à rien parce que l’État considérait mon papa comme une vache à lait à celui de grande fille à qui son papa n’est plus censé donner d’argent me met en joie.) J’aime la France :)

Points de vue

Mes meilleurs vœux pour cette année 2014 !!

J’ouvre cette année avec des projets et des rêves plein la tête, et dans ce blog, une nouvelle catégorie, « Points de vue ». Avant de poster un quelconque article entrant dans cette catégorie, j’avais envie de l’introduire, expliquer pourquoi j’éprouvais le besoin de la créer, et apporter quelques précisions indispensables pour prévenir tout malentendu. En effet, il s’agira d’articles d’opinion, plus ou moins développés et/ou argumentés car je compte garder le plus de spontanéité possible, et ne pas reprendre à chaque fois les mêmes précautions que je prends maintenant.

Je passe beaucoup de temps sur Internet, que je considère comme une fenêtre ouverte sur le monde, et je prends beaucoup de plaisir à naviguer plusieurs heures par jour. Non pas sur les réseaux sociaux, qui ne m’intéressent guère (c’est une autre question dont je ne vais pas parler maintenant), mais sur les blogs et la presse en ligne. Slate et Rue89 sont sans doute ceux que je fréquente le plus, mais j’aime bien naviguer un peu au hasard selon les thématiques, ce qui m’amène sur des sites divers et variés, et à compulser des articles traitant de sujets allant de l’actualité à la science, en passant par la culture, l’art de vivre, la philosophie ou l’histoire. Je lis des journaux de toutes les orientations politiques, ce qui me semble logique, puisque je ne lis pas la presse pour qu’on me dise ce que j’ai envie d’entendre.

Pourquoi je vous explique cela ?  Eh bien parce que je ne peux m’empêcher de réagir à ce que je lis, que des idées en entraînent d’autres, que ce contact avec cette pluralité d’opinions est pour moi quelque chose de très stimulant qui me donne envie de réfléchir et de partager mes réflexions. Les articles d’opinion sont délicats à écrire, et la motivation derrière leur rédaction a toujours quelque chose de douteux, c’est pourquoi je tenais à m’expliquer avant.

Je ne souhaite pas m’exprimer ici pour me faire valoir. Même si je suis fière de mes valeurs, sans doute parce qu’elles représentent ce que je considère de plus précieux dans mon existence, et même si je peux éventuellement être fière de la façon dont je les défends (je veux dire par là quand j’ai l’impression de briller par ma rhétorique souple et aiguisée :) ; de la même façon que je ne lis pas des articles émanant d’un seul type d’idéologie, je ne veux pas faire partager mes idées pour qu’on soit d’accord avec moi, ni même pour me faire complimenter sur la finesse de mon jugement et la subtilité de mon expression (même si, cela va de soi, ça fait plaisir si c’est le cas). Ce que j’essaie de dire, c’est que Internet est le royaume des donneurs d’avis (et souvent de leçons), et ce n’est pas pour grossir  les rangs des beaux parleurs que je souhaite moi aussi m’exprimer.

Bon, pourquoi, alors ? Parce que le côté génial d’Internet, c’est justement d’avoir accès à toutes ces idées qui fourmillent. Si on tombe sur les miennes et qu’on trouve la lecture de mon article intéressante, c’est tout gagné pour moi. C’est la première raison. Et la deuxième, c’est que j’en éprouve le besoin. Comme des milliers de gens j’ai envie de gueuler comme un âne au moins une fois par jour, alors un blog, cela peut aussi servir de défouloir. Et pas seulement quand on est énervé. Les enthousiasmes se partagent également, la tristesse, l’incompréhension, et la bonne rigolade de même. Comme disait Lionel à propos de son blog, je le vois comme un bar où l’on peut s’assoir, écouter, ou discuter, le tout de préférence en passant un bon moment.

Voilà, ma conscience est libérée, maintenant je vais pouvoir écrire ce que je veux sur mon blog 😉