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« Les projets »

Je viens d’avoir trente-et-un an. C’est un fait. Une simple durée mesurée de façon totalement arbitraire. À 31 ans, je vis seule dans un petit appartement blindé de disques, de livres, d’images collées au mur issues de mes fictions et fanfictions préférées. J’ai un matelas par terre, une douche en plastique, deux plaques électriques, un frigo minuscule et des reliquats de bière et de Cup Noodles un peu partout. Je n’ai pas renouvelé ma garde-robe depuis deux ans, je ne vais pas laver ma voiture. Je me prends des cuites en pleine semaine, et mon temps libre, je le passe à écrire et à jouer aux jeux vidéo. Ce matin, mon banquier m’a appelé et m’a gentiment demandé si j’avais « des projets ». J’ai toujours l’impression que quand on dit « des projets », on utilise une sorte d’euphémisme du même acabit que « faire un enfant », qui signifie en fait « baiser sans contraception avec un minimum de dix-huit ans de bons et loyaux services à la clef ». Parce que qu’est-ce qu’on entend derrière « des projets » ? J’ai comme la sensation que dans la majorité des cas, ça signifie: « comptez-vous devenir propriétaire? » ou « comptez-vous », justement, « faire un enfant ». Je n’écris pas ici pour râler sur des pressions sociales existantes ou construites dans la psyché de l’individu, mais vraiment pour parler du fond du sujet.

Non, je n’ai pas de projet. Mon projet, c’est de ne pas me lever trop tard demain, de faire mon boulot, probablement de picoler le soir avec le casque volume à fond sur les oreilles tandis que j’écris l’une ou l’autre de mes fanfictions. Mon projet, c’est de progresser sur la voie qui m’est propre, d’avoir un peu moins peur, d’être un peu plus sûre de moi, de m’épanouir davantage et par-dessus tout, de profiter d’une vie brève et chaotique avant le tomber de rideau. Mon projet, c’est d’être une meilleure personne qu’hier. Non pas parce que je le dois, mais parce que c’est la promesse qui a présidé à toute ma vie.

Quand j’étais petite, j’avais investi un sens très particulier à cette chanson pop et un peu (très) honteuse :

Pour moi, ça signifiait que mon enfance était cette antichambre de la vie. Qu’un jour viendrait où j’atteindrai une sorte d’état d’harmonie, avec moi-même et avec le monde.

Je ne suis pas telle que je suis faute de mieux. Je n’ai pas de mari, pas d’enfants, pas de maison, même pas de métier stable. Je n’ai que des écrits pop, des goûts pop, une passion irrationnelle pour le shonen, des interrogations lancinantes sur la question du genre, un métier qui bien qu’instable est ma passion, des questions existentielles, très peu d’amis (mais qui valent tout l’or du monde), des journées passées entre procrastination, fébrilité, et brusques poussées de courage. J’ai des nuits d’insomnie, j’ai des matins nus et cruels et profondément angoissants.

Je n’ai que moi. Mes possessions matérielles me sont plus qu’utiles, mais je n’y attache ni valeur morale, ni sentimentale.

Comme dirait encore Jean-Jacques (Goldman, pas Rousseau 😉

J’ai pas choisi de vivre ici
Entre la soumission, la peur ou l’abandon

J’m’en sortirai, je te le jure
À coup de livres, je franchirai tous ces murs

Envole-moi
Loin de cette fatalité qui colle à ma peau
Envole-moi
Remplis ma tête d’autres horizons, d’autres mots
Envole-moi

Me laisse pas là , emmène-moi, envole-moi
Croiser d’autres yeux qui ne se résignent pas
Envole-moi, tire-moi de là !
Montre-moi ces autres vies que je ne sais pas

Cette chanson, dans toutes les soirées où on est émus, on finit par se la passer. Et pas parce qu’elle exprime un truc refoulé qu’on aurait tous échoué à atteindre, une espèce de nostalgie de l’autrefois, mais parce qu’elle continue à traduire nos aspirations présentes, notre volonté de vivre et de ne pas crever dans cette fatalité qui nous colle à la peau.

Pour nous, la vie n’est pas un chemin de croix.

Ce n’est pas une suite de compromis qui vous bouffent avec le temps.
C’est le désir pur de se surpasser, de transcender l’espace étroit dans lequel on est censé vivre et dont on est censés se satisfaire.

Pour nous, c’est se rappeler de qui on était et qui on a envie d’être. C’est aussi se prendre la réalité en pleine gueule et éprouver le besoin profond d’exprimer quelque chose que la chanson suivante et ses paroles traduisent mieux que n’importe quoi et n’importe qui (pas à l’heure où je vous écris, mais récemment, j’ai chialé juste en lisant un commentaire d’une personne disant que son compagnon lui avait envoyé cette chanson au pire moment de sa vie, et que la chanson avait probablement contribué à éviter qu’il ne se suicide) ce qu’on peut avoir envie de dire à quelqu’un qui baisse les bras :

Je n’ai pas de projets. À dix-sept ans, j’étais incapable de me projeter dans l’avenir. Et ça n’a pas changé.

Des nouvelles !

Je n’ai pas écrit ici depuis bien, bien longtemps. Pas seulement ici, d’ailleurs : il y a plusieurs personnes qui attendent toujours un courriel de ma part ! Il y a plusieurs raisons à cela, du moins pour ce blog : tout simplement, je n’avais rien à dire, ou alors j’étais occupée à autre chose. Car si je n’écris guère ici, cette année est pour moi assez exceptionnelle concernant la fiction, alors je commencerai par là.

Ce que j’écris

Mon roman grossit à vue d’œil, et je ne vous parle même pas de la fan-fiction sur Fairy Tail, qui a enflé comme… Attendez, j’essaie de trouver une métaphore adéquate. Comme quand on laisse une casserole de lait sur le feu : dès que ça bout, ça déborde à vitesse grand V. Non, je ne suis toujours pas persuadée du bien-fondé de cette métaphore. Surtout pour un yaoi. Bref !

Un mot concernant le roman, provisoirement intitulé Failles-Mortes, du nom d’une vieille forteresse, mélange de Dros Delnoch dans Légende de David Gemmell (qui reste un roman très cher à mon cœur) et de Fort-Céleste dans Dragon Age : Inquisition. J’ai dû commencer à l’écrire au printemps 2016. Il y a eu des périodes de traversée du désert. Là, je suis dans les trois cent pages et force est de constater que je suis encore très loin d’en avoir terminé ! Mais je vous en parle quand même, histoire que vous ayez une idée de ce qui occupe une bonne partie de mes soirées : il s’agit d’un roman de fantasy, ça tire un peu du côté de l’heroic fantasy, mais c’est loin de ressembler à un David Gemmell (que je lis beaucoup en ce moment). Des batailles, des combats, il y en a, mais il ne s’agit pas du centre du roman. Nous sommes dans un monde technologiquement médiéval. Pas de magie à proprement parler, mais des « esprits », des créatures mystérieuses, invisibles, qui ont le pouvoir de modifier le réel à leur gré, de posséder les gens, et qui ont une fâcheuse tendance à se foutre de la gueule des humains.

Dros Delnoch, par Didier Graffet.

Dros Delnoch, par Didier Graffet.

En très gros, le roman est l’histoire des relations complexes entre les humains et ces entités. J’ai une demi-douzaine de personnages principaux, dont la vision du monde diffère, et donc dont les intérêts divergent. Que penser des esprits ? Faut-il chercher à les contrôler ou à cohabiter ? Vous ajoutez à ça de sombres histoires de famille, des histoires d’amour, des problèmes d’estime de soi et l’obsession de la quête de sens, de justice et de stabilité dans un monde qui ne cesse de changer – littéralement – à cause des esprits, et voilà la matière de base de mon livre.

Inutile de faire un résumé, puisque je n’ai pas terminé, mais voici comment tout ça commence : Sophia, gardienne d’une antique citadelle du nom de Failles-Mortes et liée aux esprits par un pacte dont elle a seule connaissance, est assassinée. En effet, une armée menée par une coalition de représentants de vieilles familles nobles dont les lignées et la gloire sont en train de s’éteindre cherche à s’emparer de la forteresse, persuadée qu’elle y trouvera le pouvoir nécessaire pour rétablir une forme de domination humaine sur un monde qui leur échappe. Trois personnages arrivent sur les lieux presque en même temps que la coalition, mais pour des raisons totalement différentes : un duo de voleurs en quête d’un trésor et un alcoolique possédé en quête de solutions pour se débarrasser de ses hôtes indésirables. Et je ne préfère pas en dire davantage, sachez juste qu’il y a au programme des voyages dans des terres exotiques, des « confessions au coin du feu » dans l’esprit de Warcraft le film mais hopefully en beaucoup mieux, des scènes de sexe torrides (pas si nombreuses que ça, mais bon, on ne se refait pas), et des questionnements et remises en question torturés qui ne surprendront probablement pas ceux qui me connaissent bien.

Voilà. Il me faudrait un agent pour me vendre, non ? Parce que si j’agrafe cette présentation-là à mon manuscrit pour de futurs éditeurs, je suis pas sûre qu’ils prennent…

Oh, et note pour Kalys : attends avant de lire le chapitre sept, Fertesol, je l’ai tellement bricolé qu’il vaut mieux que je te le renvoie avec le chapitre huit, dans l’ordre, et avec une meilleure présentation, je sais comment faire maintenant :)

fanfictionEt pour la fan-fiction, eh bien… J’ai déjà dit que c’est un yaoi (qui comprend aussi quelques scène yuri, soit dit en passant), et que c’est une fan-fiction de Fairy Tail. Donc j’ai déjà dit tout ce qu’il y avait à dire dessus (ce qui ne m’empêche pas d’en être très fière!). Ah, et c’est un Gratsu, les true sauront ce que ça signifie. Si ça vous intrigue, c’est accessible si vous avez plus de dix-huit ans. Ou si vous prétendez avoir plus de dix-huit ans. Personnellement, je ne crois pas qu’il y ait quoi que ce soit de choquant dans ce que j’écris, mais là tout de suite, je n’ai pas envie de me lancer sur un débat sur la censure (bien que j’aie beaucoup de choses à en dire, disons simplement que ce sera pour un autre billet !).

Quand je travaille !

Parce que ça m’arrive, parfois, entre deux scène de yaoi. Les traductions, donc ! J’ai le plaisir de vous dire que ça va bien sur ce plan ! Depuis le début de l’été, je travaille régulièrement avec Exequo, agence française de localisation jeux vidéo. Actuellement à mon palmarès, Outreach, un « walking-simulator », paraît-il qu’il faut appeler ça, et vu que je l’ai traduit en entier, je peux vous dire que vous allez aimer l’intrigue, originale et flippante, Durango, jeu de survie coopératif sur mobile dans un monde avec des dinosaures (trop vaste pour un seul traducteur, on était plusieurs) et Surviving Mars (pareil, à plusieurs), jeu de gestion où il s’agit d’installer une colonie viable sur Pluton. Mais non, sur Mars, évidemment ! J’ai vu que vous ne suiviez pas.

durangoParallèlement, je continue mon travail de sous-titrages pour Visual Data, et le principal client reste Netflix (qui apparemment ont vraiment nagé dans la panade avec leur histoire de test. Et oui, je sais que « nager dans la panade », ça n’existe pas.). En ce moment, encore des vérifications de sous-titres Star Trek, sinon, des séries Disney, des émissions de bagnoles (Drive, oh my god. Si vous êtes fans de voitures, je vous déconseille mes traductions) et de cuisine (Mind of a Chef, ou la branlette pour les fins gourmets) ont été mon boulot quotidien ces derniers mois.

Mes revenus en traduction, quoique toujours un peu justes, m’ont permis de me détacher de toute activité de rédaction. Quitte à bosser dur, j’en ai eu assez de bosser pour des clopinettes, alors j’ai tout arrêté pour me consacrer à la traduction et à l’écriture.

Nouvelles en vrac

  • Esprit critique m’en a donné la confirmation : j’ai un alignement chaotique bon. Chouette vidéo, merci F. !

  • Bonne nouvelle : je crois que mes voisins ont disparu par le portail qui s’est ouvert entre notre monde et le suivant à Halloween et ont été remplacés par des fantômes. Je ne vois aucune autre explication rationnelle au silence qui règne dans l’immeuble.

  • Je regarde trop de films d’horreur. Mais je n’en suis pas encore au point d’avoir vu celui avec Ben Laden qui revient en zombie. Quoique, « The Axis of Evil Dead », c’est tellement bien trouvé que je devrais peut-être.

axis of evil dead

  • Je regarde Log Horizon, et c’est bien, même très bien. J’ai passé tout un épisode à pleurer.

  • Je ne regarde toujours pas, mais je suis devenue totalement accro à l’OST de Naruto Shippuden. Yasuharu Takanashi!! C’était le nom d’un compositeur crié par une fan, pas une insulte en japonais, au cas où vous auriez un doute.

  • J’ai découvert le sens de la vie. Mais je ne vous dirai rien.

Kata ton daimona eaytoy.

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Nourritures spirituelles d’août

Lâchez tout de suite cette serviette de plage et accompagnez-moi dans mon antre. Oubliez la crème solaire, le jogging, les mojitos en terrasse, les barbecues tardifs, venez plutôt goûter aux joies sombres et épicées que je vous ai gardées sous le coude.

La Zone du dehors, Alain Damasio

 

la zone du dehors_alain damasioPour mon anniversaire, ma plus vieille amie (celle que je connais depuis le plus longtemps, sinon, elle a le même âge que moi 😉 ) m’a offert avec beaucoup de perspicacité La Zone du dehors, d’Alain Damasio. Alors oui, je sais ce que vous allez dire : c’est maintenant que tu te mets à Damasio ? Oui, je sais, La Zone date de 1999 et entre temps, il y a eu La Horde du Contre-vent, acclamé par les critiques. Mais voilà, je n’ai jamais lu de Damasio, j’ai lu plein d’autres trucs. En tout cas, voilà, ça y est, j’ai lu La Zone du dehors. Et je n’ai même pas besoin d’avoir lu La Horde pour comprendre pourquoi mon amie a tenu à m’offrir La Zone en particulier. D’une, c’est brillant. C’est vif, voire acéré, au niveau de la pensée. De deux, la langue est parfois presque célinienne, qui ne cesse de se réinventer elle-même et de séduire ses propres limites. De trois, c’est une énorme gifle en pleine figure et dieu sait que mon esprit masochiste apprécie ce genre de claque. Ce dont on a envie vraiment, au fond, c’est d’être ébranlé, non ? Pas conforté, pas rassuré. On a envie qu’on nous engueule, qu’on nous tire des habitudes, qu’on nous… Illumine, ai-je envie de dire. Vous voyez, rien qu’en tentant de parler de ce bouquin, j’en deviens lyrique. Le livre questionne la nature de l’homme et les dérives de la démocratie. C’est un questionnement double, à la fois humain et sociétal, imprégné de pensée nietzschéenne, mais surtout emprunt d’une fureur de vivre qui m’a fait un bien fou. Comme je le disais à mon amie, ça m’a fait à peu près le même effet que la première fois que j’ai vu Le Cercle des poètes disparus. Je me suis retrouvée à pleurer sans même savoir pourquoi, à être juste bouleversée, ni triste, ni heureuse, ni rien, juste bouleversée. Ce n’est qu’après qu’on pose des mots, qu’on conceptualise, qu’on rationalise. Quand bien même, paradoxe qui m’est agréable, ce sont les mots qui vous ont foutu dans cet état.

Je voulais vous trouver de belles citations, et putain que ce livre en regorge, mais tout peut se résumer par cette unique phrase. « Parce que ça fait mal d’être libre. »

Secrets d’histoire, Louis II de Bavière

Ces dernières semaines, j’ai traduit un MMORPG du nom de Durango, par Nexon. C’était une chouette aventure, mais qui dit MMO dit listes sans fin de noms d’armes et de compétences, travail rébarbatif et automatique qui m’a laissé le loisir de laisser un œil et une oreille traîner sur mon écran gauche. Alors, pendant que je traduisais à la chaîne « épée à deux mains, épée à une main, marteau à une main, marteau à deux mains », etc, etc, j’ai regardé plein d’épisodes de Secrets d’histoire, dont le format et la narration conviennent plutôt bien pour une moitié de cerveau (ce n’est pas une insulte, hein, j’apprécie beaucoup l’émission).  Et j’ai particulièrement aimé un épisode consacré à Louis II de Bavière, un drôle de souverain davantage absorbé par sa propre imagination que par sa fonction de roi. Passionné de récits épiques, il s’est servi de son argent et de son pouvoir pour construire l’incroyable château de Neuschwanstein, à l’image de ses rêves. Passionné de musique également, il était à peu près le seul fan de Wagner du royaume et l’a tiré de la misère pour en faire ce qu’il est encore aujourd’hui : l’un des musiciens les plus influents du dix-neuvième siècle. Passionné de jeunes hommes enfin, il s’est peu à peu isolé du reste du monde pour vivre à sa guise dans le monde de ses fantasmes, payant des comédiens pour incarner les rôles épiques qu’il chérissait, oubliant même que ces jeunes hommes avaient besoin de dormir et de se nourrir.

Et, je n’avais même pas pensé à y rêver, F. l’a fait : il m’a déniché un yaoi mettant en scène le fameux roi 😀

neuschwansteinPop Redemption

Non, ce n’est pas du film que je veux vous parler ici (film que j’adore par ailleurs), mais plutôt d’un autre coming-out que je me vois forcée de faire. Il y a quelques temps, j’ai dû avouer haut et fort qu’en fait, j’aimais la romance. Eh bien il s’avère que parfois, en quantité restreinte, et de façon très spécifique, j’adore les génériques d’animes tout kitch. Surtout quand c’est MONSIEUR Pellek qui les interprète (mon deuxième Norvégien préféré, pour rappel, le premier étant MONSIEUR Mustis [F. : la solitude absolue dont je te parlais hier :) ]).

Oui, mesdames et messieurs, je me suis rendue compte que j’étais capable d’écouter ça en boucle pendant plusieurs heures 😀

Et je suis aussi friande de ceci :

Ou encore ça :

Ces musiques ont le don de me coller un sourire durable aux lèvres, et après tout, c’est tout ce qui compte !

Alcest, Nightbringer, Ex Deo, Dark Tranquillity

Rassurez-vous, tout n’est pas perdu. J’écoute toujours de la musique dark et de la musique extrême. J’ai pris un abonnement Spotify et me suis plongée dans la discographie de plusieurs groupes, dont, en premier lieu, Alcest, que j’aurai la joie de voir en concert avec Anthema en octobre prochain à Rennes ! Qualifié par certain que je ne citerais pas de « post-rock« , pour moi c’est avant tout une sensibilité black metal qui s’exprime de manière plus posée, parfois presque langoureuse, presque toujours mélancolique, et une touche de romantisme au sens initial du terme. Alcest, c’est un rêve éveillé, de la poésie lumineuse qui se déploie comme des volutes de fumée dans un appartement vide.

J’ai aussi posé une oreille attentive sur un groupe dont j’avais énormément apprécié l’album Ego Dominus Tuus (et ce titre vertigineux). Cet album-ci, Hierophany of the Open Grave, est dans la même veine, mais plus brut encore. Nightbringer est l’un des groupes de black qui tire son épingle du jeu en proposant des morceaux très denses, mais en même temps très profonds, comme si on pouvait plonger dans les différentes strates de musique jusqu’à l’abysse. Mais honnêtement, ce que je préfère dans cet album, c’est son côté malsain. Il me met subtilement mal à l’aise, comme si j’assistais à une cérémonie occulte aussi sensuelle qu’horrible.

Ensuite, j’ai largement pris mon pied avec un death épique très classe par Ex Deo, de grands fans de l’époque de la Rome antique. Je les avais vu en live lors d’une année où grâce au Hellfest, je m’étais aperçue que j’aimais le death. Pourtant, je n’ai pas réécouté ce groupe pendant des années, et je ne me souviens même pas comment je suis retombée dessus. Les détours étranges que prend l’existence, j’imagine… Personnellement, ce titre me donne envie de rejoindre directement les armées d’Hannibal :

Et enfin, j’ai redécouvert Dark Tranquillity et d’un côté, le premier album que je connais d’eux, Damage Done, et son irrépressible fougue :

Puis jeté une oreille sur des albums plus récents, plus ramassés, plus lents, plus sombres.

Drawing Blood, Poppy Z. Brite

La première fois que j’ai lu ce bouquin, Sang d’encre en français, je devais avoir dans les quinze ans. Je l’ai relu trois fois environ. Récemment, j’ai acheté sur un coup de tête ces deux romans qui avaient hanté mon adolescence, Lost Souls (Âmes perdues, trad. J-D Brèque) et Drawing Blood (traduit par le même, dire que c’est devenu mon maître Yoda de la traduction, c’est quand même incroyable, la vie !). J’ai toujours eu un faible pour Sang d’encre, entre les deux. Âmes perdues est un roman de grande jeunesse (Poppy avait dix-neuf ans au moment de la publication), et ça parle de vampires. Sang d’encre est plus psychologique, et d’une certaine manière, plus sombre. On y suit le parcours de Trevor McGee, 25 ans, traumatisé par un événement inqualifiable qui s’est produit quand il avait 5 ans. Depuis, il suit les traces de son père, et il dessine, et c’est la seule chose qui lui importe au monde. Il ne laisse personne l’approcher, personne le toucher. Il passe sa vie dans les bus, à sillonner les États-Unis jusqu’à ce qu’un jour il décide de revenir à Missing Mile, là où s’est produite cette horrible chose. Il y rencontre Zachary Bosh, un hacker de 19 ans qui s’est fait pincer et fuit la police. Zach est un rebelle qui se la raconte un peu, mais qui n’a jamais été capable de vraiment s’attacher à quiconque à cause de son passé familial de maltraitance. Le reste, c’est l’histoire de deux jeunes hommes amoureux qui affrontent leurs démons.

poppy z brite_drawing bloodJ’ai commencé la lecture, en anglais pour la première fois, et j’ai été presque aussitôt envoûtée par l’écriture empathique, sensuelle de Poppy Z. Brite, par l’atmosphère lourde du Sud des États-Unis, avec tous ces âmes perdues, ces écorchés de tous horizons qui naissent si bien sous sa plume. Mais surtout, j’ai eu la sensation incroyable d’une extrême familiarité, comme si je me souvenais de tous les détails au fur et à mesure que les phrases s’enchaînaient. J’ai eu l’impression de retrouver de vieux amis chers, longtemps perdus de vue. Et je les aime toujours, sinon plus : ado, je ne comprenais pas certaines choses, et je n’ai jamais été capable de bien m’imaginer Zach, alors qu’aujourd’hui, il est haut en couleur et en trois dimensions dans ma tête. Je me suis retrouvée la tête plongée dans le bouquin plusieurs heures d’affilée, incapable de décrocher. L’ancienne magie fonctionne toujours.

Bonus pour les amteurs(-trices)de yaoi !

Je ne vise personne en particulier 😀 Disponibles dans ma bibliothèque :

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Ma chronique de Mass Effect: Andromeda

Dans mon précédent billet, je vous annonçais avoir du mal à trouver le temps d’écrire quoi que ce soit en raison d’une charge de travail importante. Eh bien, ça a même dépassé mes prévisions, et je vous écris aujourd’hui depuis mes congés non payés d’auto-entrepreneuse (edit : j’ai repris le boulot, pas eu le temps de finir le billet avant de devoir retourner au charbon). La dernière semaine de boulot a été si éprouvante que je ne tenais littéralement plus debout, mais ! comme j’ai pu m’arranger pour tenir assise pendant un moment avant d’opérer un repli stratégique de plusieurs jours dans mon lit, j’ai eu le temps de jouer à Mass Effect: Andromeda ! Et encore plus ces derniers jours où je m’autorise le repos, j’ai donc largement assez d’heures au compteur pour pouvoir parler du jeu (et je l’ai déjà fini une fois).

Alors. Il va y avoir beaucoup de choses à dire. Beaucoup de gens en ont déjà dit beaucoup de choses, je vous linkerai des articles et vidéo tout au long du billet. J’ai attendu d’avoir terminé le jeu pour lire les diverses chroniques, désireuses de vivre mon expérience de jeu le plus innocemment possible, et sans que les rageux me gâchent le plaisir.

Il n’y aura pas de spoilers dans cette chronique.

Je commence par un des trucs que je préfère dans les jeux BioWare, et ça fera une bonne fin d’introduction au billet : je vous défie de ne pas avoir envie de jouer en écoutant ceci.

Ryder, ô Ryder, ne vois-tu rien venir ?

« Je ne vois que les galaxies qui tournoient et les aliens qui festoient. »

Ryder. Voici donc notre nouvelle incarnation, après avoir joué passionnément notre Shepard pendant des dizaines ou des centaines d’heure lors de la première trilogie. On pourrait penser qu’il est difficile de prendre la relève. Pas tant que ça, en fait : Shepard était certes plus charismatique que notre Inquisiteur de Dragon Age: Inquisition, d’une platitude à pleurer, mais c’était un militaire, avec la raideur qui va avec. Ryder est un explorateur. Il se serait probablement bien entendu avec son confrère Hawke, de Dragon Age 2 : la vanne facile, une certaine dose de flegme, et le cœur sur la main. Comme Hawke, encore, il a une famille, et cela influe sur la narration du jeu et l’ambiance générale. Quand on a eu les premières infos sur ME4, j’étais assez enthousiaste à l’idée d’avoir une histoire qui serait sans doute moins épique que la première trilogie, et plus intimiste. Puis, quand j’ai lancé le jeu, j’ai été aussitôt titillée par ce plaisir que je ressens et qui fait que je suis une amoureuse de Star Trek et de Stargate: SG1 : c’est de la SF pour les rêveurs. Ce n’est pas de la SF d’anticipation, qui cherche, par le biais de la fiction, à faire réfléchir à notre propre société, à notre statut d’être humain, qui a une forte dimension philosophique. On est plutôt dans la SF d’aventure spatiale, dans quelque chose de plus romanesque. Et ce côté romanesque est présent d’entrée de jeu, avec un début excitant et sur les chapeaux de roue : à peine sorti de stase, Ryder doit réagir à une cascade d’imprévus.

C'est parti pour l'aventure !

C’est parti pour l’aventure !

Il n’est pas anodin que je commence cette chronique en parlant du personnage jouable : les personnages et les relations inter-personnages sont et ont toujours été les gros points forts de nos développeur canadiens. Pas de déception ici : l’équipe de Ryder est composée d’une galerie de personnages attachants, possédant chacun une personnalité bien marquée. D’ailleurs, l’une de mes parties préférées du jeu a été les missions de loyauté, avec une mention spéciale à celle de Liam, qui m’a fait éclater de rire à plusieurs reprises.

"Non, je ne suis pas un psychopathe, je ne vois pas pourquoi tu dis ça."

« Non, je ne suis pas un psychopathe, je ne vois pas pourquoi tu dis ça. »

Mass Effect: Andromeda : du neuf avec du vieux ?

En partie, oui. Ce quatrième opus est bourré de repères familiers qui marquent une continuité au niveau des mécaniques de jeu et du « lore ». Mais, comme le disait assez justement le Joueur du Grenier dans cette vidéo, ME4 est bien plus proche de Dragon Age: Inquisition que des autres Mass Effect ! On constate d’abord une similarité esthétique assez frappante, et ça, c’est tant mieux. On est dans un univers très coloré, assez spectaculaire. Personnellement, j’ai été soufflée par la beauté des « caveaux », qui m’ont rappelé les structures titanesques et étranges des Asgards de SG1, ou plutôt le sentiment que j’avais dans SG1 dans les épisodes consacrés à cette race : un sentiment d’émerveillement et presque de peur, en somme, le sentiment du sacré. Le sentiment d’être réduit à sa petitesse devant l’œuvre d’une race bien plus ancienne et bien plus avancée que nous.

Ensuite, comme dans Dragon Age: Inquisition, on est plus sur des mécaniques de MMO que de RPG traditionnel : on ouvre sa map, on regarde son objectif de quête, on y va. Au lieu de se laisser porter par l’histoire, quand la narration forge l’expérience de jeu, comme c’était le cas dans les précédents Mass Effect. Je ne vais pas vous cacher que ce point est une grande déception pour moi. Je ne joue pas pour gagner de l’XP,mais pour vivre une histoire, et non la subir tout en cochant des cases dans une liste de choses à faire en perpétuelle expansion. Ainsi que le commente le site Eurogamer : « It’s a game that is more interested in keeping you busy than keeping you in suspense about what happens next, or making you feel the consequences of your actions. »

Cela étant dit, on ne s’ennuie pas, et j’y ai joué plus de 90h jusqu’ici sans bouder mon plaisir : oui, dans Mass Effect Andromeda, on s’amuse. Mais on a aussi l’impression de bosser comme un malade pour des récompenses assez faibles. Comme Dragon Age: Inquisition, encore une fois, je trouve que le jeu n’est pas très récompensant : on nous incite à faire tout un tas de trucs sans qu’on ait la sensation d’en tirer quelque chose de vraiment intéressant, du coup, on finit par abandonner sa liste de tâches et de quêtes secondaires pour se consacrer à faire avancer l’histoire.

Déprime sur Port-Kadara.

Déprime sur Port-Kadara.

Laquelle histoire, d’ailleurs, a engendré une grosse frustration. Non pas qu’elle soit bancale ou inexistante : c’est surtout que j’ai eu la sensation, en finissant le jeu, d’avoir enfin terminé une très longue introduction. Je m’attendais à tout un tas de révélations, mais non. J’ai donc joué à un jeu dont l’unique but était l’exploration. J’ai donc exploré, fin de l’histoire (à peu de choses près). Demandez à F., ça m’a mis dans une belle rage :) Le jeu m’a fait le même effet que certains premiers films de grosses trilogies cinématographiques, comme le premier de la dernière trilogie Star Wars, ou le premier Bilbo. Riches en eux mêmes, ils sont tout de même frustrants à regarder, car on vient de passer 2h30 devant un film qui ne fait que démarrer une histoire. On sait que les choses sérieuses viennent après. Mais au moins, au cinéma, il ne faut attendre qu’un an !

Pourquoi Mass Effect: Andromeda est-il fun (ou pas…) ?

Ce quatrième opus n’a ni l’intensité dramatique, ni la qualité épique de la première trilogie, ce qui bien sûr n’est pas un mal en soi. Je disais plus haut que ce côté intimiste m’enthousiasmait. Cela étant dit, je le répète, on est dans de la SF romanesque, de la SF pour les rêveurs. Mince, quoi, on visite Andromède ! La seule idée me file des frissons. Et malheureusement, le jeu échoue à nous communiquer cet enthousiasme. Parfois, la musique est plus à la hauteur de l’idée que la mise en scène et la narration du jeu, comme avec l’un de mes morceaux préférés de la BO :

Vous ne vous voyez pas brandir le drapeau de la Voie Lactée sur une planète inconnue, porté par les vivats de la foule ? Moi, si :)

À mon avis, l’une des raisons de ce sentiment d’indifférence à l’égard de la plus grande aventure épique dont on puisse rêver (partir sur un pari dans une autre galaxie, sachant que vous ne pourrez plus jamais rentrer chez vous, que tous les gens que vous connaissiez dans la Voie Lactée seront morts depuis six cents ans à votre arrivée), c’est que le jeu est mal rythmé. Vu qu’il se concentre sur l’exploration et nous assomme de quêtes secondaires, la mission principale semble toujours pouvoir être remise à demain, exactement comme dans Dragon Age: Inquisition. On n’a aucune notion du temps, et par conséquent, aucune notion d’urgence. Là encore, Mass Effect: Andromeda échoue là où ses prédécesseurs avaient excellé.

À noter cependant : la fin fait la part belle à l’action pure, et en tant que séquence, elle est très bien rythmée, ce qui est d’ailleurs le cas de toutes les séquences. Je m’explique : dans son ensemble, Mass Effect: Andromeda manque de dramaturgie, mais chacun des chapitres de l’histoire est narré avec dynamisme, ne nous laissant pas le temps de nous endormir, et nous faisant oublier depuis combien d’heures on joue.

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« Les gars, vous n’auriez pas vu une barre de raccourcis ? »

On se laisse porter malgré tout par toutes ces petites quêtes, et on s’amuse dans ces combats où on a plein d’autres possibilités que de rester planqué derrière des caisses et tirer sur les ennemis. Grâce à nos micro-propulseurs, on peut faire de la haute voltige et se prendre pour un personnage de manga qui fait des bonds surhumains avant de fondre sur son adversaire pour le coup fatal. Je vous avouerai que le système des « profils », qui permet de switcher entre différentes classes, vous permettant ainsi de donner l’avantage soit à vos pouvoirs biotiques, soit à vos pouvoirs technologiques, etc., me laisse perplexe. Je n’ai toujours pas compris comment me servir de plus de trois compétences. Les menus sont difficiles à comprendre, peu intuitifs, et j’avoue avoir pas mal râlé parce que ME est aussi un jeu de PC, et nous les PCistes, nous avons un truc magique qu’on appelle « clavier ». Et contrairement à nos amis les consoleux, nous disposons donc de pleins de touches sur lesquelles appuyer ! Alors me gonflez pas avec vos menus et laissez-moi attribuer mes pouvoirs à des touches, et me servir de 50 pouvoirs si j’ai envie, c’est mon problème, c’est moi qui organise ma barre de raccourcis.

Les fans hardcore seront heureux de pouvoir jouer avec des armes à cartouches thermiques illimitées, le seul problème étant la surchauffe. Grâce au système de craft, on a un vaste choix d’armes et armures dont on peut booster les statistiques en développant des améliorations. Ce serait un très bon point si les menus n’étaient pas aussi bordéliques. Je n’arrive jamais à savoir ce que j’ai déjà crafté/recherché ou non, et malheureusement, on ne peut identifier avec facilité les équipements qui sont les plus adaptés aux capacités du personnage et à son style de jeu.

Comme beaucoup, je regrette l’utilisation excessive du scanner, d’autant que les informations détectées et transmises par notre IA, SAM, chevauchent parfois des dialogues. Il arrive malheureusement trop souvent dans Mass Effect: Andromeda que plusieurs personnages parlent en même temps. Au vu de la quantité d’infos qu’on reçoit, surtout en début de jeu, où on est en train de s’adapter et d’apprendre, ça amène une certaine regrettable confusion.

Un grand point fort de jeu, qui lui donne son sel, ce sont les décors dans lesquels on évolue. Les planètes à explorer sont accessibles soit à pied, soit avec le Nomade, l’équivalent du Mako. Ces dernières sont celles dont les conditions climatiques sont les plus extrêmes, et aussi les plus vastes. Le Nomade est bien plus facile à conduire que le Mako, et c’est toujours amusant de faire râler son équipage en conduisant très mal (ou tenter de faire en sorte que Jaal ne s’endorme pas, ce qui est difficile). On a des environnements de toute beauté, et j’ai été particulièrement sensible au travail sur la couleur et la lumière. Découvrir et explorer ces nouveaux mondes est un véritable plaisir, et heureusement, vu que l’exploration est le sens même du jeu. Un petit aperçu :

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Je tiens ici à souligner qu’à mon avis, ceux qui se sont plaints d’un certains manque d’imagination pour la galaxie Andromède, car les extraterrestres y semblent fonctionner comme ceux de la Voie Lactée d’un point de vue social et technologique, sont à côté de la plaque. À moins que je me plante totalement, les Kerts, les antagonistes du jeu, sont le lien avec la première trilogie. Ce qui se passe dans la galaxie d’Andromède est lié à ce qui se passe dans la Voie Lactée, et peut potentiellement expliquer les similarités de façon plus que recevable. Non, Mass Effect: Andromeda ne manque pas d’imagination. Il est au contraire assez foisonnant. Pour réellement juger la qualité de l’intrigue, je crains qu’il ne faille attendre le cinquième opus…

Les romances

Comme vous le savez, qui dit BioWare dit romance, pour le plus grand plaisir des fans des développeurs tatoués. Comme depuis quelques années, on nous propose des romances hétéro, gay et lesbiennes, et comme à chaque fois, on en est ravis. Comme je l’ai déjà souligné sur ce blog et comme l’illustre joliment un article du Monde, c’est la force de BioWare que de nous proposer un monde post-homophobie, où son orientation sexuelle n’est pas nécessairement une part de son identité que l’on doit revendiquer face à un monde hostile. Les personnages y sont naturels, et ne bénéficient pas d’un traitement particulier, sauf dans le cas d’un personnage comme Dorian, qui a eu de gros problèmes familiaux en raison de son homosexualité, ou de Crem, qui nous parle ouvertement de pourquoi et comment il est homme dans un corps de femme (les deux, dans Dragon Age: Inquisition). Aussi, quand les joueurs se sont enflammés parce que le personnage de Hainly n’était pas assez développé à leur goût, ça m’a sévèrement gavée. Alors oui, elle te dit comme ça, cash, qu’elle était un homme autrefois. Apparemment, il aurait fallu l’envelopper d’une longue conversation. Quand F. m’a parlé de la polémique, je ne voyais pas du tout de quel personnage il s’agissait, tout simplement parce que ça ne m’avait pas marquée du tout. On est dans un RPG : les PNJ passent leur temps à vous raconter leur vie. Ce n’est pas parce qu’il s’agit de la vie d’une transexuelle que ça mérite plus de détails, à mon sens. Voilà pourquoi j’aime BioWare : les gens sont ce qu’ils sont, pas besoin d’en faire tout une histoire. J’aime justement cette spontanéité, cette absence de recul : dois-je traiter mon personnage de façon particulièrement parce qu’il fait partie d’une minorité ? Chez BioWare, la réponse est non par défaut.

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« Jaal… T’es vraiment sûr que t’es pas gay ? Je veux dire… C’est très romantique, tout ça… Non ? Sûr ? »

Ma première romance, avec le mystérieux Reyes Vidal, m’a beaucoup amusée, mais elle m’a malheureusement semblé très courte. J’ai eu l’impression d’en avoir seulement la moitié. Une fois la romance « terminée », je m’attendais à ce que mon cher et tendre me parle un peu plus de lui. Mais non. J’ai donc commencé et bouclé une romance en l’espace de quelques heures de jeu, ce qui est quelque peu décevant. Je pense que c’est dû au fait que Reyes reste sur sa planète. À mon avis, romancer un membre de son équipage doit être plus récompensant. J’ai commencé celle avec l’ingénieur, mais je ne l’ai pas finie, donc je ne sais pas pour l’instant ! J’avais aussi commencé celle avec Peebee, qui est une sorte de Sera de l’espace, sans le côté « je suis encartée chez Lutte Ouvrière ». Un personnage adorable, vif, drôle, et insaisissable, à mon avis, ça vaut le coup de la romancer jusqu’au bout.

Les points forts et les points faibles

Je ne sais pas si j’ai oublié quelque chose, il me semble qu’il y a toujours beaucoup à dire, mais peut-être qu’il vaut mieux que vous y jouiez pour qu’on en parle plus avant. Alors à vos portefeuilles, PC ou consoles, et plus vite que ça ! Parce que oui, je vous recommande Mass Effect: Andromeda. Pour moi, le pari est réussi dans le sens où il s’inscrit dans la continuité de la première trilogie tout en proposant quelque chose de différent et nouveau. En fait, je rejoins l’avis de jeuxvideo.com, qui estime que le jeu n’a pas à rougir, mais ne se hisse pas à la hauteur du mythe de la première trilogie. Mass Effect: Andromeda est un jeu fun, varié, beau. Si vous aimez Mass Effect, vous y retrouverez plein de choses qui vous rappelleront de bons souvenirs. Et si vous avez aimé Dragon Age: Inquisition, il n’y a aucune raison que ME4 ne vous plaise pas.

Les plus :

  • La beauté des paysages
  • Des personnages bien écrits
  • Des quêtes de loyauté fun et variées, qui collent à la personnalité du personnage.
  • Des combats dynamiques, la bonne idée des micro-propulseurs
  • Une très belle bande originale
  • L’ambiance et le charme de la saga agissent toujours

Les moins :

  • RPG peu récompensant
  • Des menus peu intuitifs
  • Interface développement/recherche incroyablement bordélique
  • Trop de quêtes de remplissage
  • Une histoire qui laisse sur sa faim

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Encore un message de service…

J’aimerais, j’aimerais vraiment vous écrire le prochain Creepy Nights et terminer ma chronique en cours d’écriture (qui devrait arriver ce week-end…) sur Mass Effect: Andromeda. Au risque de ressembler à mon moustachu de géniteur, je peine à me poser et à trouver le temps. Si vous ajoutez à ça que j’ai été malade une bonne semaine et que j’ai mis presque tout une autre à m’en remettre, et que je suis vieille et qu’à l’heure où je vous écris, j’ai du mal à accommoder, les yeux explosés par la journée devant du texte (direction l’opticien la semaine prochaine…), je suis… frustrée ! Frustrée d’avoir mon roman et ma fan-fiction en stand-by depuis plus d’un mois, frustrée de n’avoir pas eu le temps de participer comme tous les trimestres au comité de lecture de Présence d’Esprits pour le prochain numéro d’Aventures Oniriques et Compagnie, frustrée de ne pas même réussir à écrire ces fichus billets blogs. Cette semaine, j’ai quand même eu le temps d’aller faire un tour à la mystérieuse Vallée des Saints, sur la route de Carhaix. Vous devriez aller y faire un tour !

Évidemment, je suis super heureuse d’avoir plein de taf, un taf que je trouve en plus parfaitement épanouissant. Je n’ai juste pas envie qu’il empiète sur tout le reste de ma vie. J’imagine que les choses vont se tasser au fur et à mesure ! Alors restez à l’affût ce week-end, un autre billet devrait arriver !

Allez, avant la chronique, de la musique stimulante pour le corps et l’esprit.

Quoi de neuf ? Dernières traductions et actualités

Juste un petit billet pour vous dire ce qui se passe.

Je suis en train de préparer un billet pour la catégorie Creepy Nights, où je vais continuer ma chronique du catalogue horreur de Netflix sous l’angle d’une problématique : la réception des films d’horreur pour les amateurs pas encore blasés mais bien rodés du genre.

Cependant, je peine à l’écrire non pas parce que c’est compliqué, mais parce que j’ai beaucoup à faire ces temps-ci. Mes employeurs indiens et californiens de Visual Data me mettent la pression pour traduire une série de documentaires massifs pour le compte de Netflix. J’ai déjà entamé un cycle de trois semaines de boulot 7/7j. De l’évolution d’homo sapiens à la Deuxième Guerre mondiale, j’apprends plein de choses passionnantes, et je vous invite d’ailleurs, pour les abonnés, à faire un tour dans la section « documentaires » de Netflix, qui s’agrandit à vue d’œil et pour laquelle j’ai pas mal travaillé ces derniers temps (notamment pour la traduction du documentaire sur les Rolling Stones Crossfire Hurricane et celui sur le personnage plus qu’étrange de John McAfee (Gringo, The Dangerous Life), créateur du premier antivirus au monde). Et non, ce n’est pas « corporate », Netflix n’est pas mon employeur, simplement, je suis fière de mon boulot, et je trouve ces documentaires réellement intéressants :) J’en ai aussi fait un sur Joe Cocker et sur Bruce Springsteen, pour les amateurs.

C'est pour ça que ça existe, les traducteurs professionnels.

C’est pour ça que ça existe, les traducteurs professionnels.

Notons d’ailleurs ceci : si je vous en parle ouvertement, c’est que j’en ai le droit. D’ordinaire, dans l’industrie de la traduction, on a l’habitude d’être des petites mains de l’ombre sous-payées qui n’ont même pas l’insigne honneur de revendiquer leurs propres traductions. Dans le monde de l’audiovisuel, les choses changent. La norme est devenue d’indiquer le nom du traducteur à la fin de la vidéo. J’ai été très surprise quand mon employeur me l’a annoncé : je suis habituée aux pas en arrière, pas aux avancées. Pour la première fois dans ma jeune carrière, je peux revendiquer ouvertement être l’auteure de ces traductions, alors je ne m’en prive pas. Sur ce même sujet, je prévois un article sur la localisation du jeu Torment: Tides of Numenera, mais pour cela, il faudrait que j’ai le temps d’y jouer, ça va donc devoir attendre. Pourquoi ? Parce qu’on m’a proposé de traduire ce jeu pour 0,04 € du mot, 4 500 mots par jour, avec cette précision apportée par mon collègue qui m’en parlait : « la trad est parfois à réécrire, parfois non. » Il s’agissait en fait de revoir une traduction complètement loupée, et je sais par expérience que ce genre de travail demande souvent plus de temps qu’une simple traduction. Autant vous dire qu’à ce rythme-là, à ce volume-là, avec une deadline d’un mois (sur un RPG old-school, autant dire la taille d’un roman en terme de texte), c’était payé une misère. Le projet a été annulé : ils ont trouvé moins cher. Ce genre de mésaventure dénote pour moi un profond malaise dans le métier, et j’aurai l’occasion de revenir là-dessus en temps voulu.

À côté des activités professionnelles prenantes, j’avance sur mon roman déjà vieux de presque un an, mais fort d’environ 130 pages et très loin de se terminer, et je m’adonne de nouveau aux plaisirs de la fan-fiction avec un yaoi à base de Fairy Tail que je publie ici (quatrième chapitre en cours d’écriture !). Et dans ce qu’il me reste de temps… je dors et je regarde Full Metal Alchimist… Et tout ça, c’est sans compter Mass Effect: Andromeda qui arrive dans quelques jours. Après, j’ai toujours le temps pour un café ou une petite mousse, pas d’inquiétudes ! J’espère que vous allez bien, en tout cas !

Edit du 21 mars : j’ai oublié de vous annoncer quelque chose qui me tenait à cœur. J’ai enfin pu lâcher l’un de mes employeurs chez qui je m’ennuyais depuis deux-trois ans à écrire des articles en rédaction web, payés une misère, grâce à la remontée fulgurante de mes revenus associée à mon travail en sous-titrage. J’ai passé mes trois premières années post-diplôme dans une grosse galère professionnelle et financière, jusqu’au point où j’ai très sérieusement envisagé la réorientation, et je rêvais de voir ce jour arriver. Comme quoi parfois, l’acharnement, ça paie.

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Coup de gueule de début d’année

(parce que ça fait du bien)

Ça fait un moment, comme beaucoup de gens je pense, que je sens une sorte de rage s’accumuler en moi, et je cherche les moyens de l’exprimer sans vraiment y parvenir. Sur un moment de nostalgie, j’ai parcouru mes archives dans la blogosphère, et j’ai décidé de re-publier un billet qui n’est plus guère d’actualité dans sa forme, celle d’une lettre ouverte, mais le fond, en fait, condense toute ma pensée. Alors certains d’entre vous le connaissent déjà, mais j’ai eu envie de le faire remonter, au moins pour la symbolique pour cette nouvelle année. Il s’agit d’une lettre ouverte à Varg Vikernes, figure emblématique du black metal, arrêté en France en 2013 suite à des soupçons de terrorisme. Comme je connaissais son parcours de musicien et les sombres événements auxquels il a été mêlé, je me suis intéressée à son blog, toujours en ligne, le lien à la fin de l’article. Mais Varg n’est pas celui qui m’intéresse aujourd’hui. Je ne republie ce billet que parce qu’il condense des choses que j’ai juste envie de ré-affirmer à l’aube de cette nouvelle année.

 

Varg Vikernes,

Je profite de ce blog pour t’adresser une lettre ouverte.
Je commencerais en disant qu’en tant qu’individu, je n’accepte pas tes paroles. Et même si cela ne dépend pas de toi, je regrette profondément que ton nom continue à être associé au black metal. Que les gens venant te soutenir à ton procès soient filmés par les journalistes. Tout le monde va croire que c’est cela, le black metal.
Tu es paranoïaque, Varg.
Il suffit pour s’en convaincre de parcourir ton blog. Tous les articles « politisés », on les lit, on est d’accord ou non, mais on peut être titillé, curieux, intrigué. Jusqu’à ce que la mention tombe. Juifs. Chrétiens. Et l’amalgame, « judéo-chrétiens ». Tu as trouvé ton bouc émissaire, tu as trouvé ta Cause, celle qui justifie ta notion « d’honneur ». Grand bien t’en fasse. Sache seulement que par ce choix tu as renié l’une des valeurs qui sans aucun doute demeure fondamentale à tes yeux : la liberté. Les valeurs que tu as choisies s’embrouillent et disparaissent derrière un combat contre des moulins à vent que tu prends pour des géants.
Ton manque de lucidité me fend le cœur. Parce que tu fais partie de ces gens qui travestissent les valeurs. Parce que tu as trouvé ta bête noire, exactement à la façon de ces méchants au nez crochu dont tu dresses le portrait, animés d’intentions maléfiques à l’égard de ta grande Europe.
Au fond, si cela me cause autant de colère, c’est parce que je suis déçue. J’étais toute prête à prendre ta défense, toi l’un des héros presque mythologiques du black metal. Je ne parlerai pas ce qui s’est passé à cette époque, parce que je ne connais que les faits, et qu’ils ne suffisent pas. Mais tu restais une sorte de légende, parce que le black était nouveau, révolutionnaire, serais-je même tentée de dire. Je sais à quel point une histoire singulière passée sur la scène médiatique, sous les projetcteurs, peut être lacunaire, voire mensongère. C’est pourquoi j’ai voulu aller voir plus loin.
J’ai parcouru ton blog.
Je t’ai trouvé intelligent, et plus important encore, j’ai trouvé que tu réfléchissais avant d’écrire.
Mais tout ce que tu as d’intéressant à dire se retrouve éclipsé par des monceaux, pardon, des monceaux de conneries.
L’individualisme devient du protectionnisme. La revendication devient de la paranoïa agressive.
Selon moi, ton obsession sur la soi-disant mort de l’Europe est pathétique, et, permets-moi de le dire en utilisant tes propres mots, elle ne fait que démontrer ta faiblesse. Faiblesse, parce que tu n’es qu’un individu perdu dans la masse, qui ne comprend rien à ce monde. Tu l’as avoué toi-même. « Completely lost in this world ». Toute ta campagne contre les grands méchants destructeurs de l’Europe, ce n’est que de la peur. Pure et simple. Nietzsche supposait que le christianisme était à base de haine et de ressentiment. Dis-moi ce que tu exprimes d’autre que du dégoulinant ressentiment ? Dis-moi ce qui t’embarque dans cette croisade anti-juive, anti-chrétienne, si ce n’est ton ressentiment pour un hypothétique paradis perdu, l’image figée et idéalisée d’un passé païen ?
Tu es aussi figé que les ennemis que tu combats. Parce que tu as désigné ton ennemi.
À mon avis, ton ennemi est à l’intérieur de ta tête. Tu les combats eux, parce que tu as peur pour ta propre identité. Tu n’arrives pas à te circonscrire. Le monde moderne ne te donne plus suffisamment de cadres rassurants. Nous vivons dans un monde plein de cette « diversité » que tu défends si maladroitement. La vérité, c’est que tu n’es pas capable de l’assumer, cette diversité. Elle te mine. Tu voudrais bien être plus pur et vivre dans un monde plus pur.
Pourquoi, vous tous, avez-vous besoin de brandir à ce point votre identité, si vous ne vous sentez menacés ?  Et par quoi et par qui êtes-vous réellement menacés ? Qui vous empêche d’être ce que vous êtes ? Vous a-t-on forcés à vous convertir à l’islam ? La vue d’un simple voile suffit-elle à vous donner un sentiment d’insécurité ? Êtes-vous si incertains, si faibles, si peu solides que côtoyer des personnes autres, qui ont d’autres repères que vous, suffit à vous faire monter sur vos grands chevaux ?
Pour moi, faire de l’identité une telle obsession ne dénote rien d’autre qu’un profond sentiment d’insécurité. Vous n’êtes que des gosses terrifiés, qui tremblent dans un monde dont les frontières ne sont plus si sûres. Vous confondez cet affaiblissement des frontières immémoriales avec une indifférenciation. Qu’est-ce qui vous empêche de rester différents ? Qu’est-ce qui vous empêche de vivre comme vous l’avez toujours fait ? Je suis navrée, mais je ne vois absolument rien qui vous en empêche. Derrière vos beaux discours aux grands mots ne se cache qu’une peur terrible. Et cette peur n’a de raison d’être que parce que, aussi individualistes que vous prétendez l’être, vous avez en réalité besoin de barrières sociales, morales, et juridiques, pour vous sentir protégés. C’est pourquoi je vous trouve pathétiques, tous autant que vous êtes. Vous êtes comme des vieux à qui on change les habitudes. Vous gueulez contre l’uniformisation, mais vous êtes juste mal à l’aise avec la diversité, celle que tu oses défendre, Varg. Vous êtes incapables de rester vous-mêmes si le vent tourne. Vous voulez juste vous faciliter les choses, en éloignant de votre vue ce qui est différent. ça évite de trop penser. D’être trop perdu.
Alors oui, cette lettre ouverte prend un autre ton. Ton cas, Varg, n’apparaît pas aujourd’hui par hasard. Il sert bien ta cause. Et si je suis aussi en colère c’est parce qu’il a un contexte. Je n’aurais que faire d’une affaire isolée. Mais tu es représentatif. Et tu es suivi.
Mon idée est que les gens qui composent ton comité de soutien ne sont en rien différents de n’importe qui choisit de se replier sur soi. N’importe qui épousant une cause ou une icône pour mettre un peu d’ordre dans sa vie. La vérité, je le crois – et quiconque le désire peut essayer de me détromper – c’est que très peu de gens réalisent ce qu’être libre signifie, et énormément croient le savoir. J’ai déjà vu ça ado, quand j’ai voulu embrasser la mouvance gothique. Et plus je l’embrassais, plus je m’apercevais que j’avais affaire à un groupe d’épouvantails qui passait son salaire – ou bien l’argent de papa ou de l’État – en vêtements d’apparats. Des gens qui vous dévisageaient quand vous entriez dans leur cercle fermé, leur petite élite intellectuelle et visuelle. Ils n’étaient différents que face à une majorité, mais relativement, c’étaient tous exactement les mêmes. ça en revient à ta critique du satanisme : une norme qui s’oppose à une autre.
Et tu fais la même chose, parce que les solutions aux problèmes que tu brandis sont déjà trouvées. Tu ne laisses aucune place à la subtilité parce que tu connais déjà les coupables. En quoi ta pensée diffère-t-elle de celle de tes Ennemis ? Où est ta liberté ? Tu es asservi comme n’importe qui à la mythologie, et son autre nom, la religion. Ton idéal est ton carcan.

J’en profite pour ajouter une parenthèse sur un sujet qui commence à me souler tout particulièrement. Tu fais partie de ce gens qui semblent se hérisser dès qu’on remet en question la notion de genre sexuel. Qui a dit que cette notion n’existait pas ? Je tiens au passage à souligner que la soi-disant « théorie des genres » est une pure et simple invention. On désigne sous ce nom un ensemble de récentes recherches portant sur la construction sociale du genre. Là encore, on ne cherche pas à uniformiser, mais simplement à savoir à quel point nous sommes hommes ou femmes de fait, et à quel point on nous instruit et nous recommande d’adopter tel ou tel comportement en fonction de notre sexe. Arrêtez de vous effaroucher parce qu’on remet en question des notions millénaires. Ce genre de théorie n’est pas faite pour détruire, mais pour nous permettre d’évoluer en tant qu’individus. Pour que tout un chacun puisse comprendre qu’il n’est pas censé être ou penser quoi que ce soit sous prétexte qu’il soit homme, femme, noir, blanc, et j’en passe. Et ce processus n’est pas, putain, de la conformisation, mais un processus de libération. Pardon, mais à mes yeux, quiconque pense le contraire a juste une trouille de tous les diables. Parce que sans définition, on perd le cadre, la direction à suivre, la règle en générale. J’en ai plus qu’assez qu’on confonde liberté et indifférenciation. La liberté, ce n’est pas revendiquer sa différence. C’est vivre avec sa différence en toute sérénité. Tout le reste n’est que mascarade. J’en ai plus qu’assez de ces discours de replis identitaires. Vous n’êtes que des lâches perdus dans un monde trop vaste. Si vous n’êtes pas capables de l’assumer, ayez au moins l’honnêteté d’avouer la vraie teneur de vos propos, au lieu de vous cacher derrière des idéologies de façades. Vous avez peur. Dites-le, et arrêtez de faire chier le monde.
Je suis une femme. Je suis blanche. Je suis issue des classes moyennes. Et le fait que je veuille savoir ce que ça signifie au-delà des conventions sociales résultant de tous ces paramètres n’implique pas que je veuille être la même chose qu’un homme noir aristocrate. ça signifie que je veux être libre. Et donc être autre chose que ce pour quoi mon environnement social m’a formée et cataloguée. Je ne veux pas être définie par des clauses extérieures qui ne dépendent pas de moi. Parce qu’elles sont toute relatives, historiques, idéologiques. Et que je m’en contrefous. Et abandonner ces paramètres, ces cadres, ne fait pas de moi une anonyme.
Je n’ai pas besoin de me circonscrire. Et si vous en éprouvez le besoin si pressant, c’est que vous n’êtes pas capable de faire face à la liberté. La liberté, c’est ce qu’il reste quand vous avez démonté cette architecture héritée qui fonde votre être. Vous devez seulement choisir votre héritage. Et faire ce choix ne change pas quoique ce soit au reste du monde. Cela ne concerne que vous. Encore une fois, si vous avez besoin que l’ensemble de la société fasse les mêmes choix que vous-mêmes, vous n’êtes que des lâches et des conformistes.

Le véritable individualisme, vous crachez dessus. Tout ce que vous dites ne sont que des belles paroles pour dissimuler votre propre conformisme inavoué. Le véritable individualisme se fout bien des Juifs ou de la remise en question de la différenciation des genres. Le véritable individualiste n’a pas besoin de clamer et surtout de revendiquer sa différence comme un chien aux abois, un chien acculé. Il se contente d’être. Et qui peut l’en empêcher ?

http://thuleanperspective.com/

Voyage au bout de la terre

« On contemplait la mer, on écoutait le vent, on se sentait gagner par l’assoupissement de l’extase. Quand les yeux sont remplis d’un excès de beauté et de lumière, c’est une volupté de les fermer. »

[Victor Hugo, Les Travailleurs de la mer]

Il y a une semaine, je me promenais avec mon compagnon sur les côtes déchiquetées du Finistère, sous un ciel bleu écrasant. Le voyage a commencé par des stations balnéaires, entre vieilles pierres et ports ultra-modernes. Carantec et son littoral brisé en mille morceaux, la silhouette sévère, vaguement inquiétante, du château du Taureau qui défend la baie de Morlaix. Roscoff et ses innombrables panneaux draguant les Anglais, promettant des merveilles de bières et de vins, apparemment dissimulées dans des hangars miteux postés au beau milieu de champs de patates étendus à perte de vue. Le crépuscule nous a cueillis dans un frisson glacial. On a battu en retraite à Châteaulin, à la recherche d’un endroit chaud où boire un coup.

dsc00200Après une Grim de Noël, un petit whisky et une pizza, nous nous mettons à la recherche d’un hébergement. L’hôtel nous a averti avec beaucoup de sérieux qu’ouvrir la fenêtre engageait notre responsabilité personnelle, alors je ne me suis pas lassée de l’ouvrir une demi-douzaine de fois pour voir si c’était très dangereux. Et non, il n’y avait personne de caché derrière la haie qui nous séparait du parking. J’étais presque déçue, à force.

Le lendemain, de vieilles chansons résonnent à bord du Brittany qui évoluent dans une atmosphère solaire, ciel d’azur, feuillages de cuivre, et routes désertes.

La paix s’installe. Les routes se déploient avec une telle ingénuité que j’ai la nette impression d’être la première à les arpenter. Les rares véhicules que l’on rencontre s’évanouissent les uns après les autres, la réalité continue à se diluer à mesure que la lumière augmente. L’ouest ultime est tout près, la mer m’appelle, l’horizon nu. Il paraît qu’on peut voir la Statue de la Liberté depuis les falaises du Finistère. Ce matin, j’ai presque envie d’y croire.

On approche du littoral. Les falaises se contractent sur elles-mêmes comme la cage thoracique d’un titan. On sort de la voiture, enveloppés par le silence parfait d’une matinée d’hiver. On passe la frontière bordée de pins et d’ajoncs violentés par les vents, et soudain, cristallin dans l’air immobile, le murmure monotone du ressac emplit toutes les perspectives.

dsc00204Le sentier, un peu traître, nous fait contourner les épines rocheuses. Le vent n’a pas forci, mais il est froid. Il aiguillonne l’avancée dans les landes rousses, et en l’écoutant mugir, je relève la tête. Le ciel et la mer, et juste un bout de côte. Je me sens vivante, dans cet endroit où la vie se replie dans les petites anfractuosités qui la laissent s’épanouir.

Un présage de fin du monde, un aperçu d’infini. Il faut reprendre la route pour, cette fois, aller vraiment au bout du monde.

dsc00216Ces étendues désolées me donnent envie d’une musique plus barbare, plus primitive. Les cieux et la mer se conjuguent au temps de la lumière, les landes âpres se déploient dans la gloire fragile du matin, et toujours là-bas, qui pulse et appelle, l’océan sans borne que j’ai hâte de rejoindre.

Un virage et soudain, la terre qui se divise en deux, deux falaises s’érigent de chaque côté et entre elles, une plage apparemment immense, presque blanche, offerte toute nue dans la splendeur de la désolation hivernale.

dsc00222La fin du monde est proche, là, dans tout ce soleil éblouissant, cette plage magique qui semble s’étendre à perte de vue. Des oiseaux boudeurs nous snobent, mais moi, je les traque parce que je les trouve adorables.

dsc00231On fait tout le tour de la plage. On découvre au nord un paysage assailli par la marée, incroyablement calme et apaisant.

dsc00247Au sud, on se retrouve sur Mars. Des colonies de coquillages sur des rochers qui, selon les perspectives, se mettent à ressembler à des montagnes.

dsc00275Des replis obscurs dans les falaises attirent notre attention, et l’on rentre dans une cathédrale de roche, aux curieuses nuances entre le vert et le doré d’un côté, le rouge et le violet de l’autre.

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J’aurais pu rester sur cette plage pendant des heures. Peut-être même toute la semaine. Près de l’hôtel, un groupe de gens travaille sur une vaste figure tracée dans le sable. Un couple brave la morsure des vagues. L’éternel solitaire balade ses chiens. Et nous, nous sommes seuls, pris en otage entre deux immensités. La mer et le ciel nous travaillent au corps, nous font pencher dans les deux sens. On adore ce sentiment de diminution. Être réduit à sa dimension de chair fragile, confronter l’immensité de son monde intérieur à la vaste indifférence du vent, du ciel et de la mer… Pourquoi est-ce aussi réconfortant ?

On reprend la route. La fin du monde attend toujours. Un autre parking, presque désert. À peine sortie du Brittany, je bifurque sur la gauche. L’univers a prévu un spectacle sons et lumières rien que pour nous.

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dsc00295Je penche sur toutes mes photos, j’imagine que le Finistère me donne un peu le vertige. La pointe du Raz a achevé de convaincre mon compagnon, qui m’annonce d’un ton officiel qu’il est devenu Breton.

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Pointe qui demeure d’ailleurs figée dans un bout d’éternité, sous le regard indifférent de la Dame des naufragés, ignorante des suppliques.

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On fait le tour de la pointe, en revenant par le côté nord, depuis lequel on aperçoit la presqu’île de Crozon. Affamés et fatigués, on profite du calme intense qui règne sur les landes.

dsc00348Une crêperie plus tard, nous voilà de retour à bord du Brittany. Nous passons non loin de la Bouche de l’Enfer (coucou Régina !), et poursuivons notre périple jusqu’aux territoires hantés du sud des Côtes d’Armor. Un endroit boisé et brumeux où je suis à peu près certaine que les loups-garous se donnent rendez-vous.

C’était deux jours brefs, à peine une parenthèse, mais la mer et le ciel sont perpétuellement affamés et ce n’est pas difficile de s’y abandonner et de les laisser dévorer les angoisses, de purger par l’infini les douleurs latentes et les chagrins rentrés.

« C’est un endroit, ici, où tu prends congé de toi-même. Ce que tu es se détache doucement de toi, peu à peu. Et à chaque pas, tu le laisses derrière toi, sur ce rivage qui ne connaît pas le temps et ne vit qu’un seul jour, toujours le même. »

[Alessandro Baricco, Océan mer]

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Nourritures spirituelles de novembre [Fairy Tail]

Hum… Alors en fait, à l’heure où je commence ce billet, je prends des vacances dans deux jours. Le billet ne sera probablement publié qu’au moment où lesdites vacances commenceront. Ce billet, qui conjugue normalement plusieurs domaines artistiques, va cette fois-ci être totalement monomaniaque, et ceci parce que ces temps-ci, quand je ne travaille pas, ne dors pas, ne joue pas (Skyrim nouvelle édition !) ou ne passe pas ma soirée à discuter à bâtons rompus sur le sens de la vie, l’élection de Donald Trump, ou encore les aléas si agaçants et frustrants du monde du travail, je regarde Fairy Tail. J’ai passé deux mois de folie niveau boulot, mon environnement et mon visage se sont progressivement dégradés, et là je vous écris depuis ce qui semble être l’avant-poste du champ de bataille : sur mon bureau, les bouteilles de bière côtoient étrangement un flacon de ciboulette vide, des sous épars, des prospectus en pagaille comme si l’office de tourisme venait d’exploser (cf mon nouveau boulot auprès du Petit Futé), une boîte de doliprane, l’éternelle tasse à thé, une prodigieuse accumulation sur le chevalet de lecture mêlant en vrac cartes de ma main pour mon roman en cours, guidelines Netflix pour mon boulot de sous-titrages (vérification des sous-titres de Star Trek), ainsi notes et brouillons pour ma collection Trois heures du matin.

Bref ! Il n’y a pas très longtemps, je m’ennuyais sur Netflix et je désespérais de trouver quelque chose qui accroche vraiment mon attention. Désireuse de découvrir un peu plus l’animation japonaise, j’ai opté pour Fairy Tail, qui me semblait correspondre à ce dont j’avais besoin : magie, fantasy, humour décalé.

Dès le premier épisode, j’ai flashé. Et je suis devenue très vite complètement fan :)

Bon, si vous êtes fans de manga, sachez qu’il s’agit d’un shonen. Genre qui, à en croire mon compagnon, est extrêmement codifié. Mais, toujours d’après lui, et d’après ce que je lui ai raconté et les épisodes qu’on a vus ensemble, celui-là est un peu à part. Il s’amuse avec les codes du genre et les décale. Contrairement à la plupart des shonen, il n’y a pas à proprement parler un héros. Natsu (le petit mec aux cheveux rose ci-dessus) peut être vu comme le personnage principal, mais il me semble que Lucy (en tenue d’écolière bleue) l’est tout autant, et tous les autres personnages présents sur l’image, et bien d’autres, sont développés au fur et à mesure de l’histoire, et chacun a droit à un épisode, ou une série d’épisodes, qui revient sur son passé, ou tout simplement à un arc narratif dont il est le personnage principal.

En deux mots, le pitch de Fairy Tail

Alors de quoi ça parle, Fairy Tail ? Ça se passe dans un monde fantasy où la magie fait partie du quotidien des gens. À peu près n’importe qui peut apprendre à la maîtriser, et en faire son métier. Ainsi, on a un royaume où fleurissent les guildes de mages, qui sont en fait des mercenaires magiques. Ils effectuent des missions diverses et variées pour de l’argent. L’histoire commence avec Lucy, dont le rêve est d’intégrer la guilde de Fairy Tail. À son arrivée, elle s’aperçoit qu’il s’agit d’une guilde extrêmement soudée remplie de mages excentriques. Quand ils ne travaillent pas (et ça arrive souvent, car ils sont flemmards), ils passent leur temps à boire et à se bagarrer dans le QG de la guilde. Très vite, elle se lie d’amitié avec Natsu, un mage du feu élevé par un dragon, ainsi qu’avec Erza et Grey. Une équipe se forme et c’est parti pour de folles aventures.

Ne me demandez pas pourquoi la guilde s’appelle ainsi, je crois que je n’ai jamais compris l’explication donnée à plusieurs reprises au fil des épisodes :)

Kawaii !!

Il y a un petit moment, j’écrivais ici un article sur le kawaii. Il y a largement de quoi le mettre à jour avec cette série, et notamment avec Happy, qui me fait complètement fondre, surtout dans cet épisode où il est déguisé :

happy4sans-titreLes personnages

La série propose tout un tas de personnages aussi attachants les uns que les autres. Il y a Gajeel, le chasseur de dragon d’acier, et sa manie d’improviser des concerts à base de voix blues et de « shoubidou-bidou-wah ». Grey, le mage de glace qui passe son temps à se désaper (charmante habitude) et à se battre avec Natsu sans raison valable. Natsu, justement, son enthousiasme et son optimisme inébranlables, son tempérament hyperactif et ses crises d’hystérie. Lucy, susceptible, adorable, copine avec des esprits aussi variés qu’un homme-cheval (et non, il ne s’agit pas d’un centaure), une divinité aquatique revêche, un bonhomme de neige de compagnie, ou encore une soubrette sado-maso. Erza, qui associe une discipline de fer à un mental en béton armé, qui prend tout extrêmement au sérieux tout en étant à sa façon complètement kawaii.

lucynatsugreygajeelerza

La musique de Fairy Tail

Il y a un autre truc que j’adore dans cette série, c’est sa musique ! Efficace, dynamique, elle sait toujours vous prendre aux tripes aux moments forts de l’aventure. J’ai toujours les larmes aux yeux dans les épisodes où revient ce thème, et j’ai l’impression qu’il participe autant à l’émotion qu’à ce qui se déroule dans l’épisode. Mais bon, il faut dire que quand on veut me faire pleurer, il suffit de me mettre du biniou et des percus militaires et l’affaire est conclue 😉

De Buffy contre les vampires à Fairy Tail : l’éternelle adolescence

Quand j’avais douze-treize ans, à l’époque où j’enregistrais la Trilogie du samedi soir sur M6 sur VHS, j’étais une énorme fan de Buffy. Il y avait un peu plus que le fait que j’adorais la série. Comme Dragon Age et maintenant Fairy Tail, c’était pour moi l’une de ces fictions qui vous remontent le moral et vous aident à voir les choses sous un meilleur jour. Je sais à quel point ça peut paraître bébête, et peut-être que ça l’est, mais certaines fictions ont pour moi ce pouvoir magique de vous donner de la force pour le quotidien. Buffy, c’était cette jeune fille paumée qui détestait les vampires et pourtant en tombait amoureuse, et qui quoi qu’il arrive sortait toutes les nuits pour accomplir ce devoir qu’elle réprouvait. C’était le courage à l’état brut, l’humour qui désamorce le pire, le décalage offert par la fantaisie et l’imagination, un espace où les personnages apprennent à devenir eux-mêmes et à maîtriser leurs pouvoirs… ou leur absence de pouvoir. Fairy Tail, pour moi, c’est pareil. Comme je le disais en début d’article, Fairy Tail est un shonen, un genre qui s’adresse aux adolescents. De même, Buffy démarre à l’époque où les personnages sont au lycée. Je crois que dans ces deux fictions, c’est ça qui me touche : ça parle aux gens qui sont perdus, qui ont la flamme et qui se brisent les ailes, ça parle aux gens qui sont enterrés sous le carcan des convenances sociales, à ceux qui ne cessent jamais de rêver et cherchent une porte de sortie pour ne pas subir la mort lente de l’âge adulte.

buffy

fairy-tail-ile-de-tenroAlors oui, comme tous les shonen (si j’ai bien appris ma leçon), Fairy Tail vous parle du pouvoir de l’amitié. Mais il vous en parle bien, comme Buffy. L’obstination complètement dingue des personnages finit par devenir contagieuse. Et comme la série use à foison d’un humour très « méta » (coucou les Inrocks et Télérama !), le ton reste léger, sans trop se prendre au sérieux. C’est peut-être ce décalage qui fait aussi que les moments solennels et tristes sont si poignants. Si on me demandait ce qui fait pour moi qu’une fiction est bonne, la réponse serait très simple : je prends mon pied quand une œuvre, quelle qu’elle soit, parvient à me faire passer du rire aux larmes. Parce que je sais que j’ai l’air d’une grosse sensible avec mes derniers billets blog, et c’est sans doute le cas, mais il faut savoir que ce n’est pas souvent que j’éclate de rire et verse des larmes sur la même œuvre.

Je vous invite donc à jeter un œil, si ce n’est déjà fait, sur cette série, en espérant que ça vous amuse autant que moi !

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21 ans de BioWare, mon palmarès !

Cette année, BioWare a eu 21 ans, et moi 29, et j’ai décidé de me faire plaisir en revenant sur tout ce que j’aime. Attention, ceci est un billet de fan girl (mais pas que…). Et puis, en ces temps troublés, ça fait pas de mal de penser à des trucs réjouissants :)

*

J’ai acheté mon premier jeu BioWare sans le savoir il y a bien dix ans de cela, et je l’ai oublié dans un tiroir jusqu’à ce que je m’en souvienne très récemment et que je m’y mette enfin. C’était Knights Of The Old Republic  (KOTOR pour les intimes). Mais ma véritable histoire avec BioWare n’a que deux ans. En décembre 2014, j’ai commencé à jouer à Dragon Age: Origins, j’ai enchaîné sur le deuxième, puis le troisième, et après, je me suis enfilé la trilogie Mass Effect, que j’ai faite deux fois entièrement (trois fois ME2, et deux fois et demi ME3, que je n’ai pas re-re-terminé encore). Et je ne préfère par divulguer le nombre de fois que j’ai fait DA… Sachez simplement que j’ai plus de 500 heures au compteur… seulement pour Dragon Age: Inquisition 😀

En plus de cela, j’ai fait KOTOR 1 et 2, et commencé Jade Empire. J’ai beaucoup aimé KOTOR 1, mais je n’ai rien compris à KOTOR 2, et j’avoue d’ailleurs qu’il a pas mal joué avec mes nerfs, mais pas dans le bon sens du terme (et d’ailleurs ce n’est pas BioWare, mais Obsidian Entertainment qui en responsable).

Mon jeu BioWare préféré

dragon_age_originsmass-effect-3Je ne peux pas vraiment répondre à cette question. Disons qu’objectivement, c’est Mass Effect 3, mais sentimentalement et émotionnellement, c’est Dragon Age: Origins qui l’emportera toujours. En fait, pour faire simple, Mass Effect 3 est le meilleur jeu auquel j’ai jamais joué, MAIS, je préfère l’univers, l’esthétique, et les personnages de la série DA.

Dans les détails, maintenant.

Pourquoi Dragon Age ?

En 2014, je ne disposais que de Mordin (c’est ainsi que j’appelle mon ordinateur portable, baptisé d’après Mordin Solus, le Galarien de Mass Effect). Et Mordin n’était pas capable de faire tourner Dragon Age: Inquisition, qui venait de sortir. Comme je bavais sur l’écran de mon compagnon de l’époque, celui-ci m’a dit : pourquoi ne jouerais-tu pas à Dragon Age, premier du nom ? Je savais que j’aimais les jeux de rôle sur PC, alors je me suis dit, pourquoi pas. Et voilà. Il a amèrement regretté sa recommandation par la suite, mais pas moi 😉 Parce qu’une fois que je suis tombée dans la marmite, je n’en suis pas ressortie. Dragon Age: Origins n’est pas un jeu absolument incroyable ni au niveau de son scénario, ni de son gameplay. Et pourtant, j’ai eu le coup de foudre.

dragon age origins

Rough day in Thedas

J’imagine que cela tient à la fois au fait que j’ai véritablement découvert à cette occasion le RPG sur PC, avec une vraie histoire et des dialogues à foison et tout. Parce qu’avant DA, pour moi c’était Skyrim (un faux RPG à bien des égards, mais je ne vais pas développer ici), Heroes of Might and Magic (c’est un jeu de stratégie mais il a une dimension RPG), et Might and Magic tout court (un RPG plus old school, mais plus basé sur l’univers que sur les personnages). Et voilà, en fermant cette parenthèse, j’y viens, à ce qui a fait de DAO une petite révélation pour moi : les personnages.

J’ai adoré ce fameux campement où l’on pouvait revenir à tout moment pour discuter avec nos compagnons de route et en apprendre davantage sur eux. Je n’avais pas de simples coéquipiers en deux dimensions, définis par leur fonction dans le groupe, mais de véritables personnes avec leur passé, leurs manies, leurs propres opinions, et leurs propres aspirations. J’ai passé des heures à discuter avec mes compagnons. Tous.

Je me souviens d’ailleurs d’une soirée entière à l’occasion de laquelle j’ai passé outre mon agacement vis à vis d’Alistair, et où je l’ai écouté parler de la Garde des Ombres. Et je ne me suis pas ennuyée une seule minute. Parce que ces séquences de dialogue ne servent pas seulement à mieux connaître ses compagnons, à obtenir leur approbation, ou à développer une romance avec eux (la romance était une grande nouveauté pour moi dans un RPG et j’admets que j’adore ça). Non, ces séquences ont également pour but de nous immerger dans un univers pensé de A à Z.

 

David Gaider, ce héros

David_Gaider_-_DAII_promotionDavid Gaider était le scénariste en chef de la série Dragon Age (il est parti après Inquisition). Et visiblement, ce monsieur avait de la suite dans les idées. J’ai tourné les trois opus dans tous les sens, et partout où je regarde, la cohérence de l’univers ne cesse de me frapper. Il m’est difficile d’imaginer une autre hypothèse que celle qui suit : au moment de la sortie de Dragon Age: Origins, l’intégralité de l’histoire, au moins jusqu’à Inquisition, était écrite. J’ai voulu aller plus loin et j’ai lu trois romans de David Gaider : The Stolen Throne, The Calling, et Asunder. Seul le premier (sous le titre Le Trône volé, traduit par Fabrice Lemainque) a été édité en français au sein de la collection Gaming,  chez Milady (une collection/filiale du plus grand éditeur de l’imaginaire français, Bragelonne). Outre le fait que j’ai passé un excellent moment à découvrir la plume de David Gaider en tant qu’écrivain et non en tant que scénariste, j’ai découvert d’autres aspects de son univers, et j’en ai appris beaucoup sur les coulisses de la série de DA. J’ai contacté Bragelonne pour leur proposer de traduire les autres romans de David Gaider, mais je n’ai pas obtenu de réponse. Mon maître Yoda personnel de la traduction, Jean-Daniel Brèque, m’a dit que c’était sans doute parce que les bouquins ne se vendaient pas assez. Fuck it. Un jour, j’achèterai les droits moi-même, si c’est ce qu’il faut. Ce n’est pas seulement parce que je suis une fan de Dragon Age, c’est que David Gaider est un romancier de talent, et je trouve dommage de laisser ces œuvres inconnues pour le public francophone, d’autant qu’elles apportent beaucoup à l’univers de Dragon Age et que, du coup, ça peut potentiellement intéresser plein de gens.

Dans les deux premiers volumes, The Stolen Throne etThe Calling, on découvre l’histoire de Maric, le père du roi Cailan que l’on rencontre au début de Dragon Age: Origins (le grand blond sympa mais un peu naïf). Dans ces deux livres est notamment révélée la véritable personnalité de votre antagoniste dans DAO, Loghain, ainsi que le passé de Fiona, que l’on retrouve en tant que grande enchanteresse dans DAI, mais qui était autrefois Garde des Ombres… Autant dire que ça a changé mon expérience de jeu et que mes intuitions à propos de Loghain étaient justes :)

 

Après, Garrus est arrivé. Garrus, c’est le nom que je donne à mon ordinateur fixe, parce qu’il est susceptible et qu’il aime les calibrages (cf Mass Effect).

Et grâce à Garrus, j’ai eu l’immense satisfaction de lire dans le menu options de Dragon Age: Inquisition que mes graphismes étaient « dignes de l’Immatériel »… Que voulez-vous de plus ?! Bref, j’ai enfin pu me lancer dans DAI à corps perdu, et comme il s’était passé un an, je l’ai fait d’une traite avec cette fameuse DLC, Trespasser, qui est une petite arnaque vu qu’il s’agit de la véritable fin du jeu, et pas d’un simple contenu additionnel. Mais du coup, moi, j’ai pas eu à attendre. Et avec ma naïveté légendaire et ma distraction tout aussi légendaire, je n’ai rien vu venir et j’ai versé plein de larmes à la fin.

Pourquoi Mass Effect (3) ?

Je vous vois venir. Qu’est-ce qu’elle a contre ME1, celle-là, c’est une kévinette, elle est tombée dans le piège du grand méchant marketing, on lui fout trois-quatre explosions à la Michael Bay et ça y est, c’est dans la poche.

Non.

Mass Effect 1 est un jeu au gameplay sacrément casse-couilles, on s’y sent claustrophobe, on se cogne de partout. Ça manque de souplesse et de dynamisme. Oui, oui, je sais, la même critique peut être faite à DAO. Mais voyez-vous, je déteste les shooters. Pour moi, rien ne vaut les combats au corps à corps. Sauf quand je joue des mages. Et encore.

Et à la base, les univers SF ne sont pas spécialement ma tasse de thé. Mass Effect 1 m’a intéressée, suffisamment pour que je continue, d’autant que mon beau-frère, connaissant mes goûts, m’avait dit beaucoup de bien sur la trilogie. Pour être honnête, j’ai vraiment commencé à prendre mon pied sur ME2. J’ai adoré le fait qu’une grosse partie du jeu consiste à recruter son équipe. Chaque personnage faisait partie d’un contexte bien particulier. On retrouve de vieilles connaissances, mais le mystère est préservé sur chaque mission. J’ai découvert de nouveaux personnages sur lesquels j’ai flashé, et notamment Jack, ma première romance sur ME.

mass-effect-jack

Mais surtout, ce qui fait pour moi la force de Mass Effect 3, c’est avant tout son rythme. Le plus gros défaut des RPG, selon moi, c’est qu’on nous raconte que c’est la fin du monde tout en nous incitant à aller cueillir des petites fleurs alors qu’on se demande pourquoi diable ce serait à nous qu’incomberait le jardinage alors même que l’on se trouve à la tête de l’organisation la plus puissante du monde. La petite astuce de Mass Effect 3 tient à deux choses : d’une, on ne passe son temps à faire des missions secondaires, de deux, les missions « secondaires » ont un impact direct sur l’effort de guerre. Autrement dit, plus on en fait, plus l’armée que l’on essaie de fédérer est importante et puissante. De plus, Mass Effect 3 nous impose son propre rythme. Si on effectue pas certaines missions à temps, on perd quelque chose, parfois des gens. Des gens qu’on connaît. Et justement à ce propos, comme dans ME2, le jeu est impitoyable à cet égard : vous allez probablement perdre des gens. Et comme pour ma part je me suis attachée à tout le monde, que le scénario est bien foutu, la mise en scène digne d’un film, et la musique magnifique, eh bien je me suis retrouvée dans une situation jamais vécue, à savoir que ME3 est le seul jeu à ce jour à m’avoir fait éclater en sanglots plusieurs fois au cours de l’histoire. J’ai trouvé le jeu immersif et profondément angoissant presque sur toute la durée. On est très loin de ME1 et de missions déprimantes du genre arrêter une intelligence artificielle folle sur la Lune, où il faut pénétrer dans trois bâtiments parfaitement identiques, et faire trois fois exactement la même chose.

En tout cas, après la trilogie Mass Effect, j’étais certaine d’une chose : BioWare était une putain de bonne boîte de jeux vidéo. Nerverwinter Nights me l’a encore confirmé, si besoin en était.

Les romances en question

Comme je le disais plus haut, la romance, c’était une grande nouveauté pour moi. Et quand j’y pense, je me dis que c’est une super idée à bien des égards. Parce qu’encore une fois, on parle de jeu de rôle. Alors le côté sentimental, l’implication émotionnelle, a toute sa place. Et justement, la romance renforce cette implication émotionnelle. Si bien que le choix d’importance vitale que l’on doit accomplir à la fin de DAO a été pour mon cas grandement influencé par ma romance en question. Et bien sûr, si vous romancez Anders, la fin de DA2 est d’autant plus éprouvante, et peut influencer toute votre vision du jeu ! C’est ça, le jeu de rôle ! Prendre des décisions dans le feu de l’action, avec son cœur, et pas seulement sa logique.

"Il faut vraiment qu'on se trouve un coiffeur une fois à Kirkwall..."

« Il faut vraiment qu’on se trouve un coiffeur une fois à Kirkwall… »

De plus, les romances BioWare sont remarquablement bien écrites, et très variées. Vous trouverez forcément votre âme sœur virtuelle dans cette galerie de personnages aux sensibilités et aux goûts variés.

D’un point de vue plus objectif, les romances font à mon sens partie intégrante de la re-jouabilité (même si quand on est monomaniaque comme moi, on ne varie guère). Découvrir cette mini-histoire dans la grande histoire est un plaisir en soi, et ça représente plus qu’une quête secondaire, c’est une autre façon de se projeter dans son personnage, de l’incarner. Quand les personnages sont bien écrits, ce qui est le cas pour tous les personnages BioWare, vos compagnons vous influencent parfois, parce que vous apportez du crédit à leur vision du monde. Quand on les romance, ces paramètres prennent encore plus d’importance, ou du moins sont censés en avoir si vous la jouez « role-play », et donc que le personnage que vous avez incarnez n’est pas vous, mais un avatar construit selon les données fournies par le jeu. Quelqu’un qui romance Fenris, par exemple, est soit d’accord avec lui sur le fait que les mages sont dangereux et qu’il faut les enfermer, soit passe son temps à s’engueuler avec lui (ah, les romances ambivalentes de Dragon Age II… On peut en effet romancer quelqu’un à partir d’un haut score soit en « amitié », soit en « rivalité », et la seconde option est explosive).

La romance est une petite histoire à la fois gratifiante et frustrante, et en ce sens, a toute légitimité dans l’expérience du jeu, et apporte de l’immersion et de la complexité narrative. Donc, sans hésiter, encore une fois, une super idée.

Mon personnage BioWare préféré

Bien entendu, si je ne devais en choisir qu’un, l’elfe antivan aux cuisses dorées et à la langue bien pendue gagnerait toujours la partie. Que voulez-vous…

zévran« Pour cela, il faudra me passer sur le corps. » 😳 

Dorian est mon deuxième préféré et comme Zévran, je finis inévitablement par le romancer. Et si je fais une obsession sur les cuisses de Zévran, pour Dorian, c’est… son épaule :) (et ses yeux magnifiques, bien sûr)

dorian

Mais je peux aussi citer Morrigan, qui allie un charme ténébreux à une grande liberté d’esprit, des répliques cinglantes à une profonde compréhension du monde et des gens. Et bien sûr Cassandra, sans doute l’un des personnages les plus réussis de Dragon Age: Inquisition. Comment résister à cette ourse qui ne cesse de se remettre en question, non pas parce qu’elle manque de confiance en elle, mais parce qu’elle est assez futée pour avoir conscience de ses propres limites ? Je tiens au passage à souligner, puisque j’ai mis l’accent sur la principale force des jeux BioWare, à savoir leurs personnages, que DAI est un jeu qui me met beaucoup de baume au cœur en tant que gamEUSE. Si l’on joue un personnage féminin, on se retrouve avec un monde où quasiment l’ensemble des postes à responsabilité sont occupés par des femmes. Et ça ne paraît pas artificiel. Ça l’est quand il y a des femmes pour faire bonne figure. Là, on est dans un monde égalitaire où la majorité de femmes ne semble due qu’au hasard statistique, et non à une volonté de correspondre à un quelconque canon ou à de quelconques attentes. Et ces femmes sont très différentes les unes des autres. Ce sont des personnes, pas des archétypes. Ce point est très important à mes yeux parce qu’à ma connaissance, BioWare est la seule entreprise de jeux vidéo à assumer totalement sa position dans ce domaine. DAI en ce sens est très représentatif de la politique de tolérance de la boîte : les femmes y sont largement représentées en tant que personnes et non en tant que stéréotypes, et le jeu est ouvert à toutes les orientations sexuelles, et cela d’une façon très naturelle. C’est le seul jeu à ma connaissance où l’on rencontre un personnage gay et un personnage lesbien. Sans compter le personnage transgenre, quoi que non romançable. De cette façon, tout le monde peut s’identifier à son personnage, et on n’a pas la sensation d’évoluer dans un  monde conçu sur mesure pour un public cible. Et honnêtement, je trouve ça super reposant.

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Les fans de BioWare ont du talent

Ma passion pour les saga ME et DA m’a conduite à rechercher assidûment du travail d’artiste, parce que c’est beau et que j’aime découvrir la façon dont d’autres personnes ont perçu et ressenti des personnages et des situations.

BioWare a récemment partagé cette image qui m’a émue :

mordin solus« Would have run tests on seashells… »

(http://derlaine.com)

Crystal Graziano a réalisé plusieurs très belles illustrations, et notamment celle-ci, de Solas, le mage elfe apostat de DAI :

solas

Il y a aussi Croaky sur Deviantart dont j’apprécie tout particulièrement le travail :

young love

croaky

Mon passage préféré de la bande originale

Alors plutôt MES préférés, et encore cette sélection est un brin arbitraire. Les trois opus de la série Dragon Age sont magnifiquement servis par une BO que j’aime à en tomber. Les deux premières bandes originales ont été composées par Inon Zur, qui est aussi responsable de la musique de tous les Fallout. DAI en revanche est le fruit du travail de Trevor Morris, qui a beaucoup travaillé avec Hans Zimmer.

Tout d’abord, ce court morceau qui correspond à un moment du jeu que j’ai déjà vécu un certain nombre de fois, mais à chaque fois, je me retrouve avec la chair de poule et un sourire bête collé sur le visage. C’est d’ailleurs à peu de choses près mon passage préféré du jeu, si l’on exclut la confrontation finale du DLC Trespasser (qui possède de même une bande originale à tomber par terre).

Le suivant est un thème récurrent de ME3, que je suis capable d’écouter plusieurs heures d’affilée quand je suis d’humeur mélancolique.

La suivante, la première fois que je l’ai entendue dans Dragon Age: Origins, j’ai été prise de court et ça a été l’un de mes très beaux moments de jeu (la première fois, j’avais été assez émue de ce qui s’était passé chez les elfes dalatiens, et c’est à la suite de ça que la douce Léliana nous gratifie de cette chanson). Allez, une vidéo avec un peu de contexte :)

 

En conclusion…

Les jeux Bioware ont eu un impact non négligeable sur ma vie de gameuse, mais aussi sur ma vie personnelle. Dans une période sombre de ma vie, j’ai décidé de continuer l’aventure Dragon Age en écrivant une fan-fiction, chose que je n’aurais jamais cru que je ferais un jour. Et écrire ce roman (400 pages, quand même) a été très libérateur pour l’écrivaine qu’il y a en moi. Ça m’a aidé à faire la transition vers une écriture plus mûre, mais surtout beaucoup plus décomplexée. Sans tomber dans la complaisance, j’ai appris qu’il fallait écrire sur ce qu’on aimait et sur ce qui nous inspirait, et ne pas s’imposer des formes ou des situations qui ne nous correspondent pas vraiment. Le défi, d’accord, mais ça ne sert à rien de s’acharner sur une voie dans laquelle on se sent à l’étroit, mal à l’aise. J’ai appris que je pouvais parfaitement assumer d’écrire une romance gay si c’était ça qui me faisait vibrer. Que je n’avais pas à m’en justifier, seulement à bien l’écrire. (D’ailleurs si ça vous intéresse, cette fan-fiction basée sur le personnage du Garde des Ombres de DAO, et qui s’étend jusqu’à la fin d’Inquisition, est dispo sur demande :).)

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