Sciences

Nourritures spirituelles de février

Fatiguée de tourner en rond dans mon bocal de jeune diplômée en galère, je suis allée voir mon ami Gradlon avec qui j’ai passé quelques jours un peu (beaucoup) arrosés durant lesquels il m’a parlé de tout plein de choses intéressantes. Je suis donc revenue avec ma petite liste, et je me suis servi de celle-ci, plus les dernières chroniques de Metallian, et les dernières chroniques DVD d’Allociné, pour faire mon petit marché et aller voir ailleurs si j’y étais. Voici donc un petit bilan de mes investigations jusque-là.

 

Films

Hier soir, j’ai regardé Annabelle. Le film avait fait parler de lui lors de sa sortie en salle, puisqu’il avait apparemment provoqué des scènes de bagarres dans divers cinémas. Moi qui ne vais plus voir de films d’horreur au cinéma, raison de plus pour éviter ! Alors le film en lui-même n’est pas mal. Ce n’est pas un mauvais film, doté de quelques très bonnes idées, et qui réussit à instaurer une ambiance plutôt stressante, surtout sur les deux premiers tiers du film, la dernière ligne droite étant comme d’habitude assez bâclée dans un simulacre de paroxysme qui est en fait de l’horreur un peu spectaculaire au rabais. Pour susciter la peur, le principal ressort du film est le jump scare, et il y réussit plutôt bien, avec des effets sonores et visuels assez intéressants. Par contre, le film est auréolé de bonne morale judéo-chrétienne-américaine qui a le don de m’exaspérer. Et l’actrice principale est aussi expressive qu’une poêle à frire.

[Note du lendemain : hier j’ai fait un putain de cauchemar du genre qui te réveille brusquement, et je crois que c’est de la faute du film, comme quoi tout n’est pas à jeter]

Je passe rapidement sur Délivre-nous du mal car, chose rare, je n’ai même pas réussi à aller jusqu’au bout tellement c’était nul. Il est exceptionnellement peu subtil. Je suis plutôt bon public sur les histoires de possession, là, je n’ai même pas eu le moindre début de frisson. Et le personnage principal mérite des baffes.

 

Musique

J’ai été surprise par un groupe que je connaissais de loin et qui a attiré mon attention dernièrement, Keep of Kalessin. Metallian parle de metal « hybride », et c’est le moins qu’on puisse dire ! Une sacrée originalité, qui peut plaire à un public large tout en étant musicalement très intéressant. Un morceau du dernier album Epistemology, avec un titre qui colle bien à mon état d’esprit du moment :

Et voilà que, intriguée par un titre qui évoque l’un des courts-métrages les plus effrayants du monde (cette opinion n’engage que moi), j’ai décidé d’écouter du punkcore, avec Enabler et leur album La Fin absolue du monde (cf. Cigarette Burns de John Carpenter). Eh bien j’avoue que ça m’a fait son petit effet, et c’est très bon pour le moral, bourré de rage et d’énergie. Et je dois dire que plus j’écoute, plus j’aime !

Quand j’ai dit à Gradlon que la chanson Voyou de Fauve me faisait pleurer, il m’a répliqué avec sa morgue habituelle qu’il préférait largement Psykick Lyrikah (même si ça n’a rien à voir, mais ils ont été déjà comparés). Alors du coup je lui ai demandé de me faire écouter, et ça m’a plu, mais c’est le genre de musique qui s’écoute et donc ne marche pas très bien quand on passe une soirée entre copains. Du coup, rentrée chez moi j’ai demandé à mon revendeur albanais ce qu’il avait, et je suis repartie avec deux albums,  Des Lumières sous la pluie et Jamais trop tard. J’écoute en ce moment le premier, et sur la première chanson, Psykick Lyrikah me prend par les sentiments en faisant un morceau entier consacré à la littérature bourré de référence à de beaux titres. Psykick Lyrikah, c’est un rap introspectif, contemplatif, mélancolique, avec un beau talent poétique. Par contre il y a sacrément de quoi déprimer. Mais une très jolie découverte, merci Gradlon !

 

Sciences et bizarreries

Sur la chaîne Youtube e-penser, on peut regarder les petites émissions de la série élégamment intitulée Breaking Balls, qui abordent avec humour des problèmes scientifiques plutôt ardus.

Mais mon gros coup de cœur, c’est la chaîne d’Axolot, et surtout son site Internet. Il s’est fait une spécialité d’étonner ses lecteurs. Et il y parvient avec brio. Je vous convie à lire cet article qui raconte des histoires tout bonnement incroyables… mais vraies !

http://www.axolot.info/?p=1682

 

Et vous allez me dire, et la lecture alors ! Effectivement, je lis très peu en ce moment (à part la presse et les blogs !), honte à moi, mais promis, je vais m’y remettre. J’ai commencé Fééries pour les ténèbres de Jérôme Noirez, j’en reparlerai.

 

Bonnes découvertes à vous, et parlez-moi des vôtres !

Nourritures spirituelles

À la manière du Carnet Bleu de Kalys, je vous propose un petit tour d’horizon de tout ce qui me plaît, me fascine, m’interpelle, ces temps-ci.

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On commence tout de suite par de la musique ! La semaine dernière, j’ai été pour la journée du vendredi au Hellfest, où j’ai eu notamment le privilège de voir les Grecs de Septic Flesh en concert. C’est un groupe que je connais de longue date, et j’avais assisté à l’un de leurs concerts à ce même Hellfest en 2010 mais, victime de la foule et de ma petite taille, je n’avais pas vu le bout du nez des musiciens (ni même leurs extrémités capillaires s’envolant dans un headbang sauvage). Cette fois donc je me suis privée de la fin du concert d’Enslaved, pourtant très chouette, pour patienter devant la scène où devait se dérouler la messe, bien nommée The Altar, juste à côté de The Temple, où les rampes de spots en forme de 666 nous informaient de l’essence black metal de la musique qui s’y est jouée :)

Bref, le concert d’Enslaved se termine, il est une heure du matin, la tension monte. Une musique orchestrale démarre dans l’obscurité saturée de chaleur et du frémissement qui anticipe chaque bon concert. Les membres du groupe débarquent et envoient les rafales puissantes de leur musique à la fois brutale et symphonique, et le chanteur se met à émettre les sons gutturaux et mélodieux qui me donnent toujours l’impression que sa voix sort littéralement d’une crevasse. Très fatiguée de ma journée, je n’ai pas pu apprécier autant que je l’aurais voulu, mais c’était tout de même un moment intense et magique. Nager dans les ondes mystiques de la musique de Septic Flesh est une expérience qui vous comble et vous libère :) Ils étaient très contents parce qu’ils sortaient ce jour-là leur nouvel album, Titan, dont voici un extrait !

Malheureusement, le nouvel album a éclipsé des compositions plus anciennes, et je n’ai pas pu entendre mon morceau préféré, l’un des meilleurs morceaux de tous les temps d’ailleurs :

Par contre, j’ai bien entendu cette maudite chanson où je n’arrive plus à entendre autre chose que « Champions du monde », ce qui en fait un curieux hymne black metal à la gloire de la Coupe du Monde 98… (voir à 0:45)

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Je prépare actuellement quelques réflexion sur la science et plus particulièrement la physique, je crois que ça va faire plusieurs articles au final, j’essaie de rassembler mes idées sur le sujet, et je crois que ça va être aussi bordélique que mes évocations de la pensée chamanique…

N’hésitez pas à me reprendre si je raconte des bêtises, et je corrigerai (je rappelle à des lecteurs qui tomberaient ici par hasard que je n’ai pas de formation scientifique, j’apprends en autodidacte).

Enfin bref, toujours est-il que j’ai acheté le dernier numéro de Science&Vie, dont le dossier est consacré à l’idée de Juan Maldacena et Leonard Susskind, une idée qui permet de relier relativité générale et mécanique quantique, de quoi donner le vertige.

Petit rappel : la physique quantique est ainsi nommée parce qu’il s’agit d’une physique où les quantités sont définies, autrement dit, non divisibles à l’infini. Par exemple, le noyau d’un atome est composé de neutrons et de protons, eux-mêmes composés de quarks, lesquels sont des particules élémentaires, parce que non composés d’autres particules. C’est donc une physique du minuscule, mais pas de l’infiniment petit. On travaille au niveau subatomique, tandis que les autres physiciens s’occupent de choses plus grandes et, oserais-je dire, moins compliquées, puisqu’il semble qu’au niveau quantique la matière fasse n’importe quoi, ce qui n’est pas le cas dans la physique « classique ». C’est d’ailleurs ce qui perturbait Einstein, parce que selon lui, Dieu « ne joue pas aux dés », alors qu’en physique quantique, il n’existe que des probabilités, pas de prédictions sûres et certaines.

Le fondement de l’idée de Susskind et Maldacena est assez simple : en physique quantique, l’on constate que deux particules semblables, quel que soit leur éloignement l’une de l’autre, agissent de la même manière et de façon simultanée. Cela s’appelle l’intrication quantique, et Einstein n’en voulait pas, parce que cela constituait pour lui une aberration. Quel rapport avec la relativité générale d’Einstein ? Et bien Einstein prévoit un univers constitué par une trame d’espace-temps déformée par la masse. Autrement dit, l’espace-temps se « plie » à proximité d’une masse, et c’est cette pliure qui est à l’origine des phénomènes de gravité comme le montre cette image :

Geodesik planete

On voit ici que la lune tournant autour de la planète ne fait que suivre la courbure de l’espace-temps. Or, l’idée de Susskind et Maldacena, c’est que chaque particule est capable de plier l’espace-temps… au point de le déchirer. Il se créerait alors un trou de ver, et nos particules qui agissent simultanément ne seraient pas en réalité deux particules distinctes, mais la même, située à deux points différents de l’espace-temps. C’est une hypothèse intéressante parce l’intrication quantique est bien décrite et calculée, mais personne ne la comprend vraiment. Cette théorie permet de l’expliquer, et ouvre la porte à une théorie de la gravitation quantique, autrement dit, une théorie où il serait possible de penser la gravité au niveau quantique.

J’apprends d’ailleurs dans le même temps, à propos des trous de ver, que la Nasa étudie sérieusement le moteur à distorsion qu’utilisent les personnages de… Star Trek ! L’idée est ingénieuse : il s’agit de trouver un moyen de plier l’espace-temps, de façon non pas à aller plus vite, mais tout simplement de réduire les distances ! À lire sur Slate.

Il semble que la science soit en train de se mettre d’accord avec la science-fiction, et personnellement, si vous me permettez l’expression, je trouve ça super cool :)

Au fait, si vous peinez à comprendre et conceptualiser toutes ces idées, je vous recommande chaudement les vidéos de trois-quatre minutes de Jean-Pierre Luminet, qui explique des choses compliquées de manière très pédagogique.

Une petite vidéo détente pour le plaisir, en restant dans le domaine de la physique :

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Question bouquins, je me replonge avec plaisir dans un roman de Douglas Kennedy, que je n’avais pas lu depuis fort longtemps ! Cet instant-là relate la vie du narrateur, un écrivain nommé Thomas Nesbitt. Le livre est truffé d’observations psychologiques très pertinentes qui me rappellent la sensibilité d’un Stephen King. Au début de l’histoire, suite à un divorce, l’écrivain revient sur son passé et surtout l’expérience qu’il a vécu dans le Berlin-Ouest d’avant la chute du Mur. Kennedy a l’art et la manière de raconter des choses simples de manière passionnante. Sans complaisance et sans réalisme sordide, et ça me semble assez rare pour être signalé.

« Quoique cet afflux de réminiscences et d’associations d’idées puisse sembler chaotique à première vue, l’une des grandes vérités concernant la mémoire est qu’elle ne fonctionne jamais de façon complètement arbitraire. Il existe toujours une connexion ou une autre entre les souvenirs, parce que toute chose obéit à une logique narrative. Et le récit sur lequel chacun de nous s’escrime, c’est ce que nous disons être notre vie. »