Ustensiles de style

[Ustensiles de style] Ce que j’écoute quand j’écris

Traversant un coup de fatigue hivernal (j’ai deux moments difficiles dans l’année : en plein été, et en plein hiver), je suis en retard sur la parution prévue des nouvelles de Henry S. Whitehead, et ma créativité est en berne.
Je me suis donc dit que comme parler des choses est souvent un bon moyen de les invoquer, j’allais consacrer ce billet à la créativité, à sa définition, à la façon dont elle se manifeste et comment la stimuler. On peut lire ce billet comme une sorte de suite au message consacré à la page blanche, mais cette fois l’angle est moins général et plus personnel.

La musique et l’écriture

Certaine personnes préfèrent le silence, considérant la musique comme une distraction. Pour ma part, elle agit comme un catalyseur. Elle m’aide à penser, à imaginer, à exprimer. C’est simple : je n’écris jamais en silence. Par contre, j’écoute peu de musique à texte, ou avec un texte que je ne discerne guère parce qu’il est hurlé : la voix devient alors un simple instrument de musique, indépendante des mots qu’elle prononce. Il m’arrive aussi d’écouter des chansons dont je comprends les textes, mais je dirais que cela arrive plus en phase de préparation. Ce que je nomme « phase de préparation », ce sont tous ces moments passés les yeux dans le vide à rêvasser, eh oui, je trouve cela capital pour pouvoir entrer dans la phase écriture. Si je me sens particulièrement déprimée, j’écoute cela :

Et pour tous les états d’esprit possibles et imaginables, j’écoute les invocations chamaniques de Jim Morrison :

La musique que j’écoute en phase d’inspiration

Quand je me sens créative, j’ai l’esprit en ébullition. C’est comme si ma pensée s’accélérait. Je me vois un peu (en beaucoup moins intelligente, cela va sans dire) comme Sherlock Holmes quand il résout une enquête dans la série avec Benedict Cumberbach, avec un univers mental foisonnant où une chose en entraîne une autre, où les liens se font et se défont avec une étonnante rapidité. C’est là où mon esprit de synthèse donne tout ce qu’il a, et où je dois parfois réfréner mon lyrisme naturel pour éviter d’écrire des tartines grandiloquentes dans une sorte de pastiche de Victoir Hugo. Mais quand je me sens ainsi, j’écoute des musiques intenses, violentes, tragiques, ou épiques. L’important, c’est qu’elles portent le sentiment de puissance qui m’habite alors.

Le black metal me semble particulièrement approprié pour servir ce sentiment de puissance. Quand j’écoute cela, je me vois bien éclater d’un rire diabolique au sommet d’une falaise battue par les flots en conjurant les plus noirs pouvoirs pour anéantir les flottes ennemies en approche (oui, oui, tout ça !)

Si je suis très très énervée et que la rage est le principal sentiment qui m’habite, je le sublime et l’exacerbe avec de la dark electro.

Si je suis en plein souffle épique et que j’ai envie de belles actions et de scène héroïques, je me tourne vers les bandes originales de films et de jeux vidéo :

La musique pour écrire bien, et longtemps

Mais la créativité ne passe pas seulement par des phases d’effervescence comme je l’ai décrit plus haut. Il faut aussi savoir canaliser son ressenti, et se concentrer. Pour cela, je compte beaucoup sur la musique. Il existe des musiques capables de m’apaiser tout en favorisant la concentration, et qui comportent tout de même la dimension émotionnelle et onirique dont j’ai besoin pour me fondre dans mon propre imaginaire. Voici le top 3 de ce que j’écoute pour écrire calmement mais sûrement :

Et vous, comment la musique vous accompagne-t-elle quand vous avez besoin d’être créatifs ? (que ce soit pour l’écriture, ou autre chose !)

[Ustensiles de style] Lutter contre la page blanche

Souvent, avant de me mettre à écrire, j’ai cet instant d’hésitation, de suspens. Au meilleur des cas, ça en reste là, à cette hésitation comme devant un choix intéressant, potentiellement dangereux, mais suffisamment attirant pour franchir le pas. Au pire des cas, cela se transforme en une sorte de paralysée généralisée qui entraîne culpabilité et autodévaluation, voire une franche déprime. Alors, face à la page blanche, qu’est-ce qu’on fait ?

Comment libérer la créativité ?

La créativité est un vaste mystère et on a beaucoup écrit sur le sujet. Aujourd’hui, j’écoutais l’émission de France Inter La Tête au carré, dont le dossier du jour était consacré à cette question [émission à réécouter ici]. C’est entre autres un extrait où on entendait Daniel Picouly évoquer la page blanche qui m’a donné envie d’écrire cet article (il faut croire que je devrais écouter la radio plus souvent, puisque c’est le deuxième article dont l’idée me vient de ce média !). L’écrivain disait en substance qu’une partie du blocage de la page blanche provient en fait de l’orgueil : nous sommes nombreux à vouloir non seulement écrire, mais en plus, à vouloir écrire sublimement.
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L’auteur nous invitait alors à accepter notre « somptueuse médiocrité » afin de vaincre ce syndrome bien connu des créatifs ; et je trouve son conseil étrangement pertinent. Bien souvent, on n’a pas réellement peur de ne pas y arriver, mais on craint surtout de ne pas être à la hauteur de la barre qu’on s’est plus ou moins consciemment fixée. Dans la majorité des cas, cette barre se situe beaucoup trop haut : tenter de l’atteindre d’un seul coup est tout à fait contre-productif.
Au-delà de l’idée de médiocrité, je crois que le véritable défi, c’est de parvenir à accepter ses propres faiblesses, et ses défauts. Accepter que comme tout un chacun, et même si on s’en cache souvent très bien, on est malmené par des vents contraires. On essaie simplement de garder la tête hors de l’eau. J’ai cette conviction peut-être naïve que le monde irait mieux si on arrêtait de faire semblant et qu’on admettait qu’on est simplement dépassé. Sans essayer de se justifier ou de se trouver des excuses. Pourquoi continuer de faire comme si notre vie était un long fleuve tranquille ? On a le droit de craquer, d’être ébranlé, de ne rien comprendre. Et on doit même s’en servir. Je fais encore appel à Nietzsche : embrasser l’existence, dans ses grandeurs étourdissantes comme dans ses plus frustrantes mesquineries. C’est ça, votre matière. L’art n’est jamais qu’un processus d’alchimie : de la matière brute, informe, parfois répugnante, parfois effrayante, on fait naître un soupçon de beauté. Je crois que c’est là le lot des créatifs, le fardeau et la liberté de l’artiste. Mais quand je parle de la matière, qu’est-ce que j’entends par là ?

Où puiser ses idées et sa matière ?

Un deuxième point qui me semble important, relève du simple bon sens, mais… Pour écrire, il faut de la matière. Et pourtant, nous n’avons pas tous des vies passionnantes, loin s’en faut. Je lisais il y a peu une interview de Marie NDiaye (qui a reçu le prix Goncourt en 2009 pour son roman Trois femmes puissantes) où elle disait ceci : « J’ai lu récemment le journal de Joyce Carol Oates, et elle a la vie la plus régulière, simple, normale, bourgeoise qui soit, et elle écrit des livres de monstre. Il y a cette chose qu’on appelle l’imagination, et ce n’est pas rien. Une imagination qui se construit aussi sur le réel de faits ou de rencontres, d’histoires que j’ai lues dans la presse ou qu’on m’a racontées. Le lieu où je vis m’influence aussi. » (Ce n’est pas ce que vous croyez… Je ne lis pas les Inrocks, c’est vrai, je vous jure, c’était purement professionnel !) J’ai trouvé ça intéressant, car les lecteurs demandent souvent aux écrivains d’où leur viennent leurs idées. Et il est vrai que la vie quotidienne n’offre pas nécessairement un cadre très propice au développement d’idées débridées. Et pourtant elle nous nourrit assez amplement, pour peu qu’on prête attention aux détails sur lesquels on passe d’ordinaire sans s’arrêter.
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Pour écrire, il faut être observateur, garder un œil ouvert en permanence, un œil critique, analytique, mais aussi un œil sensible, capable de capter la nuance et la singularité de ce qui est a priori jugé ordinaire. Et bien sûr, comme le souligne Marie NDiaye, il n’y a pas que le réel de « première main » qui soit utile à l’écrivain. On peut aussi se servir d’histoires entendues, et de toutes les fictions du monde (et il y a de quoi faire !).

C’est en forgeant qu’on…

Cela ressemble à un cliché éculé, mais c’est l’une des vérités presque toujours vraies du monde de l’écriture. Mozart était peut-être capable de composer des symphonies à neuf ans, mais le reste d’entre nous doit s’en tenir à ce vieil adage. Plutôt que de vouloir asséner une nouvelle fois cette formule usée, je vous invite ici à la considérer sous l’angle de notre problème, celui de la page blanche. L’écriture est une gymnastique mentale, qui engage à la fois le raisonnement, la réflexion, les capacités d’analyse ; et l’émotionnel, l’inconscient, l’intuitif. Cet exercice nécessite de se plonger dans un état d’esprit adéquat et demande une certaine préparation mentale, peut-être comparable à celle qu’effectue un sportif avant de se lancer dans la compétition, ou à celle d’un acteur qui attend dans les loges son entrée sur scène.
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Il s’agit de laisser son propre univers déborder de soi, envahir le réel, permettre à l’imagination de s’emparer de vous. Quand on évoque un spectateur ou un lecteur, on parle de « suspension volontaire de l’incrédulité », willing suspension of disbelief en VO, expression inventée par le poète Coleridge en 1817. Ce concept très prisé, entre autres, par les études littéraires, pourrait également s’appliquer à l’artiste lui-même : créer demande un certain lâcher-prise, une vulnérabilité volontaire et même induite. L’acte artistique exige une forme d’abandon. Il faut cesser de penser à soi, museler les doutes, les angoisses, en somme les pensées parasites, un peu de la même manière qu’au moment du coucher, lorsqu’on cherche le sommeil. On doit cesser de s’attacher au réel et à la quotidienneté pour se laisser glisser dans un entre-deux capable de laisser apparaître la silhouette des rêves. À nous, ensuite, de leur donner forme.

Pour en finir avec l’inspiration

Ceci m’amène à ce dernier sujet largement débattu ces dernières années, et mon avis n’a rien de particulièrement original. L’inspiration, dans une certaine mesure, existe. Parce qu’elle se présente comme une expérience intime et subjective. L’erreur est plutôt de croire qu’elle agit en tant que puissance extérieure indépendante du psychisme. À mon avis, l’inspiration est surtout la meilleure et la plus incroyable preuve du travail prodigieux de l’inconscient. Être inspiré, cela revient à dire qu’on est en état de synthétiser, à travers une forme qui nous est propre, les données proprement colossales que nous avons accumulées sur une période de temps donnée. C’est aussi pour cette raison qu’il est vain d’espérer atteindre le sublime, là, tout de suite. La création demande une patience qu’il est impossible d’imaginer quand on se trouve face à une œuvre bouleversante. Cette œuvre nous donne cette incroyable impression de spontanéité, comme si elle avait jailli subitement ex nihilo. Rien n’est plus faux, et plus on s’habitue à cette idée, mieux on crée.

[Pour ceux qui n’auraient pas tilté sur les images, je vous invite à découvrir d’urgence la série Community, avec son humour absurde, son amour la pop-culture, sa surprenante profondeur, et son personnage le plus créatif, Abed ;)]

En guise de conclusion

Je vous propose de terminer par un catalogue très personnel des trucs qui en ce moment, m’inspirent.

Musique : On ne se lasse pas des bonnes choses.

Séries télé : Avec Orange Is the New Black, plongée drôle, usante, captivante et déprimante dans l’univers carcéral féminin. (perso je n’avais pas aimé la bande-annonce, alors je vous renvoie plutôt à la chronique de Nat & Alice, mes Youtubeuses préférées :))

Jeux vidéo : Mass Effect 3, la grosse claque vidéoludique de cet automne. Je n’ai tout simplement jamais rencontré une telle intensité épique et tragique. Et jamais je n’ai joué à un jeu aussi immersif. Je sais, il paraît que la fin… Mais je n’en suis pas encore là. Je suis définitivement une fan absolue de BioWare. Pour toujours. Je serais capable de me faire tatouer le nom de la boîte au creux des reins. Presque.

 

Et vous, qu’est-ce qui vous inspire ? Que faites-vous face à la page blanche ?

Écriture : avec ou sans méthode ?

«  J’écris pour voir ce que j’écris quand j’écris  »

Non, je ne vais pas vous faire un brief théorique sur les deux grandes tendances des écrivains et tout ce qu’il y a entre les deux  : l’approche structurale consistant à tout planifier, ou l’approche «  improvisation  » où l’histoire se déroule au fur et à mesure qu’on l’écrit. L’idée est plutôt de proposer des réflexions en vrac, dans une démarche empirique, et non pas donner un cours. Je propose simplement de vous parler de la façon dont je travaille, afin de partager mon expérience.

J’ai eu envie d’écrire ce billet en écoutant Agnès Desarthe parler de son nouveau roman, Ce Cœur changeant, qui a reçu le prix littéraire du Monde 2015. Cette dame se réclame de Marguerite Duras, qu’elle cite  : «  J’écris pour voir ce que j’écris quand j’écris  ». Ce à quoi le journaliste lui réplique qu’avec tout le respect qu’il doit à Duras, pour elle cela s’accompagnait de quelques bouteilles de rouge, et Desarthe de rétorquer «  À chacun ses méthodes  ». Cela m’a fait sourire, et je me suis dit que dans une certaine mesure, je pourrais reprendre les mots de Duras à mon compte.

À une époque, je m’étais pas mal intéressée aux différentes techniques d’écriture, convaincue (et je le suis toujours) qu’écrire, cela s’apprend. Mais si on me demandait maintenant de résumer ce que j’ai appris, je ne suis pas sûre que je saurais quoi dire  ! Alors, est-ce que je n’ai rien retenu  ? En fait, je crois plutôt que les outils d’écriture, qui peuvent poser problème au début, deviennent de plus en plus instinctifs, et surtout que l’écriture est quelque chose qui se vit avant d’être une chose qui s’analyse et se met en théorie.

L’écriture et/ou la vie

Lionel Davoust l’a dit  : pour écrire, il faut d’abord se connaître soi-même1. Et ça, c’est un processus qui peut prendre des années. J’écris des nouvelles depuis quinze ans, j’ai écrit une novella reprise et continuée pendant trois ans, puis tenté plusieurs fois l’aventure du roman, jamais vraiment satisfaite de ce que j’avais fait. L’un de mes romans est resté inachevé, un autre est en cours d’écriture. Et à chaque fois, j’aborde l’écriture au long cours d’une façon différente.

Pour le roman, je planifie, mais le strict minimum, sans quoi je m’ennuierais et je m’empêcherais de me surprendre au fur et à mesure. L’inconvénient de cette approche, c’est qu’elle oblige à retravailler le texte énormément, à corriger de multiples choses, revenir en arrière, rectifier des incohérences. Cela dit, il semble bien que ce soit ma méthode  : en traduction, je travaille de la même manière. Le premier jet sort vite  : je n’aime pas me poser un millier de questions qui cassent mon «  flow  », comme le disent mes collègues anglophones. Alors une fois le premier jet terminé, je reprends tous les points problématiques, effectue les recherches non essentielles (celles qui concernent une orthographe, la syntaxe, la terminologie…), je cisèle et reformule mes phrases. Une phrase qui m’embête peut être reformulée une dizaine de fois. Là encore, je préfère être dans l’action que dans la théorie  : je teste. Je choisis ensuite la formulation qui me semble la plus souple, la plus jolie, la plus idiomatique.

En écriture, c’est à peu près la même chose. Il m’arrive cependant aussi d’écrire très lentement, de passer une heure sur un paragraphe, parce que j’ai le sensation d’avoir quelque chose de très précis à écrire. Bien sûr, cela dépend de la nature de la scène concernée. Une scène érotique, par exemple, demande souvent beaucoup d’attention, parce que tout est dans le détail, le rythme, le choix des mots. C’est quelque chose qui demande beaucoup de précision, je trouve. De même pour une scène de combat. J’ai tendance à aller plus vite pour les dialogues, et pour les scènes de monologue intérieur, qui sont celles où je suis le plus à l’aise, car si je m’identifie suffisamment à mon personnage, j’écris alors comme si je rédigeais mon propre journal intime.

L’acte d’écriture est toujours un acte de synthèse. C’est le résumé d’une pensée, d’une émotion, d’une vision. C’est le produit final d’un travail inconscient d’une part, et d’un travail conscient de l’imagination d’autre part. Et là encore, je trouve la phrase de Duras pertinente  : pour ma part, de toute évidence, mon inconscient est un bosseur (il en faut bien un  !), et quand j’écris, je découvre le fruit de son dur labeur. Souvent, mon inconscient m’emmène dans une direction intéressante et inattendue, et c’est bien la raison pour laquelle je lui fais tellement confiance.

Mais l’inconscient a beau être puissant, il a besoin d’un coup de pouce. Je le nourris avec le plus de fictions possible, qu’elles soient littéraires, télévisuelles ou vidéoludiques. Il m’arrive également souvent de réfléchir à la trame narrative d’une œuvre et de l’analyser pour tenter de comprendre pourquoi elle fonctionne si bien ou au contraire, quelles sont les raisons pour lesquelles elle échoue à me donner un sentiment de satisfaction, ou à m’émouvoir.

Cette façon d’apprendre à écrire est sans doute comparable au fait d’améliorer son orthographe en lisant beaucoup  : on apprend par assimilation, à force de se confronter au texte. Et j’avoue que cette approche, finalement, me convient plutôt bien. Pendant longtemps, j’ai vécu mon rapport à l’écriture comme éminemment conflictuel  : pour moi, j’avais deux vies  : une «  normale  », et celle où j’écrivais. Agnès Desarthe relate la même expérience quand, dans son interview, elle parle du phénomène de «  transe  ». Aussi, pendant longtemps, pour moi l’enjeu a été de réconcilier l’art et la vie. Mais comme le disait Stephen King dans son livre Écritures, c’est l’art qui doit s’adapter à la vie, et non l’inverseJe n’entends pas par là que la création est soumise aux aléas de l’existence. Ce que je veux dire, c’est que chacun doit décider de la place qu’il accorde à la création dans sa vie quotidienne, et des modalités selon laquelle elle s’exprime. Plus d’excuses  : il faut déterminer, une fois pour toutes, à quel point on veut écrire. Tout comme, quand on se met en couple, on réfléchit aux modalités de la cohabitation, on établit des limites. L’écriture est comme une amante un peu envahissante  : c’est à vous de fixer les règles si vous voulez voir perdurer la relation. Ce qui importe, donc, c’est de trouver la méthode et la philosophie d’écriture qui correspond le mieux à sa façon d’être… et surtout à sa façon de vivre.

Les cartes mentales

Depuis peu, je me suis initiée à un autre moyen pour faire fleurir les idées et canaliser son imagination  : l’utilisation de la carte mentale (terme calqué sur l’anglais «  mind mapping  », à mon avis bien préférable à une expression absconse telle que «  carte heuristique  »). J’ai téléchargé le logiciel gratuit FreeMind, qui jusqu’ici m’apparaît comme un bon outil au service de la créativité. Par son côté malléable, aisément personnalisable, le logiciel permet de créer des schémas pour non seulement exposer ses idées, mais aussi les relier entre elles. Il paraît que ce genre de représentation mentale est bien plus utile que des listes, car le cerveau possède un modèle de pensée non linéaire. Là, on peut juxtaposer, empiler, construire en cascade, mettre en parallèle ou en opposition des idées. On peut plier la carte mentale à sa propre pensée, inutile que le voisin la comprenne. L’avantage, c’est qu’on peut réaliser un schéma qui nous parle vraiment, même si c’est incompréhensible ou pas très pertinent pour les autres. Nous, on s’y retrouve. Voilà un exemple du travail préparatoire que j’ai fait pour une nouvelle où je voulais faire apparaître la figure d’Odin, sans idée précise de scénario.

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Ce n’est pas forcément aussi bordélique  : ce genre d’outils fait uniquement ce que vous lui demandez. Moi, j’ai besoin de chaos pour m’y retrouver. J’ai besoin que ça fuse, qu’il y en ait partout. Mais cette représentation graphique me permet de visualiser d’un seul coup d’œil l’ensemble de mon désordre psychique, et c’est là sa force.

En conclusion

J’ai appris une chose vraiment essentielle au cours de ces années d’écriture  : il faut toujours, toujours prendre du plaisir. Rien ne doit être forcé, il faut s’amuser. Cela ne signifie pas que c’est toujours facile, mais la difficulté n’est pas forcément synonyme de souffrance, selon le point de vue, elle peut même être source de stimulation. Si je peux me permettre un conseil, n’écrivez que ce que vous aimez. Assumez, et n’essayez pas de plaire, ou de sortir de votre zone de confort juste parce que vous pensez que vous le devez. À mon avis, chaque histoire est par essence une aventure  : il n’y a pas de zone de confort, seulement un long chemin cabossé et sinueux qui croise à multiples reprises des carrefours sans indications.

 

1Si vous voulez vous renseigner sur les différentes techniques d’écriture, je vous recommande chaudement son blog  !

To be or not to be écrivain professionnel, la fin du dilemme

Sur la page d’accueil de ce site, il est écrit que je suis « auteure ». D’un point de vue professionnel, je suis « auteure amatrice ». J’ai publié quelques nouvelles, mais ce n’est pas là ce qui fait la différence : je n’ai pas touché d’argent pour cela, et c’est ce qui définit le plus simplement à mon sens une activité professionnelle. Cela implique aussi, à juste titre, une certaine crédibilité aux yeux des autres. Pendant très longtemps je me suis posé cette question : pourrais-je un jour devenir écrivaine professionnelle ? Ce billet est une forme de réponse. Qui suit les trajectoires aléatoires et désordonnées de ma pensée, comme d’habitude 😉

 

Ces derniers mois, je suis dans ce qu’on pourrait appeler un début de vie professionnelle au niveau de la traduction, et c’est une aventure, un vaste horizon qui s’ouvre. Je vais apprendre à naviguer. Et je suis seule capitaine sur mon navire, exactement ce que j’avais voulu. Je crois qu’au fond, ça va me plaire. Je dois simplement veiller à ne pas faire n’importe quoi, me disperser, trop réfléchir, veiller à garder le rythme et le cap, ne pas me laisser entraîner par mes gourmandes angoisses intérieures.

Mais en ce qui concerne l’écriture, professionnelle ou non, j’ai l’impression, si vous me permettez cette trivialité, d’avoir le cul entre deux chaises. J’ai du mal à définir ma pratique de l’écriture : écrire est toute ma vie, j’aimerais publier des bouquins, mais je n’arriverais jamais à en faire une activité rentable. Elle est beaucoup trop sacrée pour moi, et au terme d’une longue réflexion (plusieurs années !), j’ai décidé que je n’avais pas envie de la désacraliser. Cela ne signifie pas qu’elle ne représente pas un travail, et c’est la raison pour laquelle je souhaite la vendre, et non la donner, selon l’idée que tout travail mérite salaire. Mais ce n’est pas un travail au sens ordinaire du terme. Je ne mets pas à écrire comme on va au bureau. Je n’ai pas envie de le faire gratuitement, mais je n’ai pas envie de le faire pour l’argent. Ou les avantages sociaux (je prépare à ce sujet un article pour Itinéraire-Bis, à paraître ce mois-ci).

Être enfin soi-même, c’est un vieux poncif qu’on ressert à toutes les sauces mais dont il est difficile, et même ardu, de saisir la signification profonde. Car être soi-même n’est pas simple, ni même « naturel ». Cela demande de désapprendre des choses, de prendre du recul par rapport à soi, mais aussi à ses proches, à son éducation… On dit que l’adolescence est la période pendant laquelle on devient qui l’on est. Je ne crois pas que cela s’applique spécifiquement à l’adolescence. Cela s’applique à chacun des jours qui ensemble constituent l’existence. Devenir ce que l’on est, c’est un processus qui ne commence pas, et qui ne finit pas.

Peut-être que ces derniers mois, obnubilée par la nécessité de développer mon activité purement professionnelle (la traduction), j’ai « oublié » l’importance de l’écriture. Que j’ai eu trop de doutes, que je l’ai mise en arrière-plan, beaucoup plus que je ne l’aurais dû. L’écriture restera toujours constitutive de ma vie, quand tout le reste aura foutu le camp. Voilà pourquoi je ne pourrais jamais la désacraliser. Cela ne pourra jamais être « simplement » un métier. C’est ma façon de faire de la magie. C’est ma façon d’être au monde. Le biais par lequel mon être se manifeste de la manière la plus fondamentale. Alors non, je ne désacraliserai jamais l’écriture. Car, aussi dramatique que cette déclaration paraisse, j’en perdrais probablement le goût de vivre.

Je ne serai donc jamais écrivain « professionnel », mais, soyons clair, cela ne m’empêchera jamais d’écrire avec le plus grand sérieux et la plus grande rigueur. Mais quand on me demandera mon métier, je dirais que je suis traductrice, et que, parallèlement, j’écris des livres :)

 

PS : Je me suis laissée déborder le mois dernier par le boulot et mon cerveau n’a guère été disponible, même pas pour répondre aux commentaires, ce qui est vraiment nul. Mes plus plates excuses à Kalys et Entdaurog, cela ne se reproduira pas :)

PS 2 : Si des personnes intéressées par l’écriture voire la professionnalisation lisent ces lignes, je ne saurais que vous recommander le blog de Lionel Davoust.

« Travail » et écriture (et création artistique en général)

L’idée de cet article – bien que la question me soit familière – m’est venue en regardant l’émission On n’demande qu’à en rire* sur France 2, où des humoristes débutants viennent faire un sketch et sont notés à la fois par le public et par un jury de professionnels. L’idée est de donner un coup de pouce à leur carrière et de les aider à progresser. Bref, dans cette émission, j‘ai souvent entendu les jurys dire « il y a du travail », ou au contraire, « il n’y a pas de travail ». Parfois c’est pertinent, mais dans une grande partie des cas, il me semble que l’appréciation est à côté de la plaque. Tout simplement parce que ce qu’on appelle « travail » n’est pas une notion univoque.

En création artistique, il ne suffit pas de le vouloir, il ne suffit pas de se motiver et de se donner de la peine. Sinon les plus bosseurs seraient tous des De Vinci. Mais ça ne marche pas comme ça. Il ne suffit pas de « travailler ». Et pire, non seulement il ne suffit pas de travailler au sens commun du terme : dans le cas de l’émission citée en exemple, réfléchir, écrire, répéter, prendre des conseils, corriger, etc ; mais le sens commun du terme « travail » ne suffit pas à couvrir toute la réalité du processus artistique.

Il y a un facteur majeur que toute la motivation et le sérieux du monde ne parviendront pas à changer : le temps. Et je ne parle pas des heures passées à trimer, ces heures où l’on fait quelque chose. Tout simplement parce qu’une grosse partie du processus se déroule inconsciemment. Personne n’a la moindre maîtrise sur ce travail de l’inconscient, ni ne saisit très bien comment ça marche. Pendant qu’on « ne travaille pas », apparemment il se passe beaucoup de choses là-haut, sous la surface, derrière le vernis des pensées conscientes. Il s’agit d’un temps indispensable de maturation. C’est de ce processus que viennent les « bonnes idées ».

Mais ces « bonnes idées » ne proviennent-elles pas également de l’inspiration ?

J’ai une théorie un peu quantique à ce sujet : une partie de ce qu’on appelle « inspiration » est du travail, et une partie de ce qu’on appelle « travail » est de l’inspiration. Les idées – on demande souvent à un écrivain où il va les chercher – se rencontrent par un semblant de hasard, au terme d’un itinéraire labyrinthique apparemment sans queue ni tête. S’il est vrai que rien n’a de sens, l’inverse est tout aussi juste. Je veux dire par-là que dans la vie quotidienne, ce ne sont pas forcément les choses qu’on a remarquées, auxquelles on a prêté attention, qui vont prendre de l’importance ou donner naissance à quelque chose dans l’inconscient. Le processus de création est quelque chose qui se vit beaucoup plus qu’il ne se comprend, et qui s’appréhende… avec le temps.

Cette notion de temps doit également être reliée à celle de la progression : pour progresser, on doit travailler, oui, mais on doit aussi tout simplement vivre. C’est ce vécu, cette expérience, développe des aptitudes que tout le travail du monde, à court terme, n’a pas le pouvoir d’améliorer.

Ce débat me semble rejoindre la notion de « volonté » évoquée précédemment par don Juan dans Voir de Carlos Castaneda. Curieusement, je commence à comprendre la volonté comme quelque chose qui a tout à voir avec le pouvoir, et pas grand-chose avec le vouloir. Peut-être s’agit-il d’un problème de traduction (j’avoue ignorer si don Juan s’adresse à Castaneda en espagnol, et même si c’est le cas, s’il a choisi le bon terme, d’autant plus que je ne suis pas encore sure de bien saisir ce que recouvre le concept de pouvoir dans la pensée de don Juan).

En effet la volonté est une force qui me semble profondément obscure. Qui se développe dans les ténèbres, parallèlement à la vie. Qui est, en dépit de notre complaisance, comme le dirait don Juan. Il  disait que la volonté permet à un sorcier de passer à travers un mur. Je crois que c’est elle qui permet à l’artiste de créer, au-delà du travail et de l’inspiration.

Alors oui, il faut travailler, mais pas travailler bêtement. Il faut travailler de tout son cœur. Mais par-dessus tout, il faut être patient, terriblement patient. Il faut être attentif aux choses insignifiantes, laisser l’inconscient faire son travail, et faire une grande place dans sa vie, dans son quotidien, au hasard et à l’intuition.

 

* Je vous invite à jeter un oeil à cette émission, parce que parfois, on y rigole bien. Comme ici :

AUDACE — Un guide exhaustif des maisons d’édition à l’usage des auteurs et des traducteurs

Monsieur Jacques Finné, traducteur et anthologiste chez José Corti, m’a conseillé cette bible qui vaut son pesant d’or (je l’ai payé 120€, et encore, c’était de l’occasion, l’exemplaire de première main devait valoir près de 150€). Ce fut un achat un peu difficile, un investissement s         ans aucune certitude de retour sur la mise. Mais – car il y a un mais, sinon je n’écrirais pas cet article – je n’ai pas utilisé le mot « bible » par hasard. La huitième édition de 2013 regroupe 1120 éditeurs francophones (cela comprend des éditeurs belges, québécois ou suisses, par exemple), à travers 1120 fiches descriptives pratiques permettant de cibler rapidement les maisons d’édition qui correspondent à notre projet.

J’ai reçu le catalogue aujourd’hui et suis parvenue jusqu’à la lettre M, et j’ai déjà découvert une centaine de maisons d’édition dont j’ignorais l’existence.

Un exemple de fiche :

audace_ca

En haut à gauche, le petit bonhomme qui fait la gueule indique que les prestations sont mauvaises, et le CA, par opposition à CE, signale que la maison édite à compte d’auteur, et non à compte d’éditeur. À noter que dans l’introduction, l’auteur Roger Gaillard explique très bien pourquoi il ne faut pas choisir ce type de contrat.

La lettre G indique qu’il s’agit d’un grand éditeur (par opposition à moyen, petit, et micro), le nombre de titres au catalogue et de nouveautés à l’année permettant de se faire une bonne idée de la teneur des activités de la maison.

Pour les traducteurs, et c’est là ce qui m’intéresse dans l’immédiat, l’on peut d’un seul coup d’œil vérifier que la maison édite bien des traductions, dans quels domaines (jeunesse, essais, romans, etc) et en lisant la description toujours très précise, on peut savoir quelle est la proportion d’ouvrages traduits par rapport au reste du catalogue, et quelles langues sont préférées.

Si on l’on ajoute à ces informations les noms des directeurs de collection, des informations précises sur la ligne éditoriale, et l’histoire récente de l’évolution de la maison, on en conclut inévitablement que l’on a bien en main une bible, non seulement pour ceux qui aspirent à publier leur œuvre, mais pour ceux qui cherchent à travailler en tant que traducteurs, quelle que soit leur langue de travail.

En dépit de son prix élevé, donc, je ne peux que le recommander pour toute personne dont le projet est réellement sérieux, et qui désire le faire aboutir au point de dépenser plus de 100€ sans garanties.

 

EDIT : le lendemain, fini de compulser le catalogue, voici un aperçu du nombre de candidatures que je vais devoir faire… ça donne le tournis !

audace

Les auteurs de nouvelles sont des flemmards

(Ce morceau est une expérience : personnellement, il me déconcentre totalement, il me fait l’effet de plusieurs cafés enchaînés. Je vous propose donc de me dire si vous avez retenu ce que j’ai raconté en lisant l’article en écoutant cette chose incroyable. Ou pas. Vous faites comme vous voulez, c’est juste un prétexte pour écouter de la bonne musique :) D’ailleurs, le titre signifie « fais ce qu’il te plaît ». :) En plus classe. « Do what thou wilt », paraît-il. Oui, j’aime faire des parenthèses interminables.)

Comme il est signalé quelque part sur ce site, je suis lectrice pour le comité de lecture de l’asso Présences d’esprits, qui publie deux chouettes magazines, dont Aventures Oniriques et Compagnie, qui ne contient que des nouvelles. À chaque sélection, nous recevons de nombreux textes (47 pour le premier cru 2014 !) que je me fais un plaisir de lire, puisque c’est chaque fois l’occasion de se rendre compte que notre beau pays fourmille de belles plumes.

Mais. (Bah oui, ça aurait été trop facile, sinon.)

Trop d’auteurs en demandent trop à leurs lecteurs. Et parfois, c’est même le lecteur qui doit faire les deux tiers du boulot. Je m’explique : le lecteur ne doit pas passer la plupart de son temps à se poser des questions. Pour une raison très simple : cela empêche l’immersion dans la fiction. Les textes qui me rebutent ont cet effet pour la simple raison que je ne comprends rien. Mettre en place une histoire, un univers, des relations entre les personnages, tout cela n’a rien d’évident. Il faut prendre son temps, c’est une technique qui s’acquiert avec le temps ; mais au fond de moi, je crois que beaucoup d’auteurs laissent tout simplement le lecteur se débrouiller avec les bribes d’informations qu’ils ont jetées en pagaille. Parce que créer une histoire et son univers de toute pièce est un exercice qui demande une certaine rigueur et une certaine minutie. J’ai l’impression que beaucoup ont la flemme, et se contentent de balancer, même si une petite voix coupable résonne certainement au fond de leur esprit. Pour moi, il vaut mieux suivre très strictement une seule règle, qui fait qu’un travail, qu’il soit d’écriture ou non, est bien fait : ne jamais, au grand jamais, céder à l’autre petite voix qui dit : allez, ça passera. Dès l’instant où on se dit « ça passera », c’est qu’on a loupé le coche. Non, ça ne passera pas. Pas si vous voulez envoûter. Pas si vous voulez être brillants. Et de plus en plus, en littérature, vous avez intérêt à être brillants si votre maman n’est pas Amélie Nothomb.

Souvent, il est bien plus aisé de critiquer un texte que de définir en quoi il est bon.

Alors qu’est-ce, un bon texte ? Je n’ai certes pas l’ambition de répondre à cette question par ce seul billet, d’autant qu’au fond, je n’en sais rien. Je veux seulement donner mon propre point de vue sur la question :

Un bon texte est un texte qui vous fait oublier que vous êtes en train de lire. Je crois que fondamentalement, c’est aussi simple que ça.

Pour moi, la lecture est très similaire au sommeil : pendant un moment, on est environné d’images mentales, plongé dans un univers dont la temporalité est différente de la nôtre, on sent, on goûte, on touche, on éprouve des émotions, c’est comme une parenthèse dans notre existence, un voyage onirique hors du temps, du monde, une escapade dans l’imagination sauvage d’un autre esprit. C’est censé être une expérience magique, au sens propre.

Évidemment, ça implique d’abord une bonne expression : j’ai envie de dire à de nombreux auteurs de commencer par apprendre leurs conjugaisons et comment employer les temps. Ça paraît tout bête, mais beaucoup d’aspirants écrivains ne maîtrisent pas cette partie. Il faut également ne pas lésiner sur le dictionnaire : des mots mal employés font tout de suite sortir de la lecture. Ensuite, l’orthographe doit être nickel, bien sûr. Quand l’expression en elle-même est maîtrisée, ça permet au lecteur d’oublier qu’il lit des mots et de passer directement à ce qui est le plus intéressant : le fond. Autrement dit, à ce que l’histoire raconte.

Mais bon sang, le lecteur n’est pas dans votre tête ! (Rassurez-vous, admonester des personnes virtuelles me permet de m’admonester moi-même dans le même mouvement, je n’ai pas la science infuse !) Il faut penser au lecteur, en permanence ! Un texte existe parce qu’il est lu, on ne se lassera jamais de le redire. Si le lecteur passe à côté, vous avez loupé, c’est tout ! Alors prenez le recul nécessaire pour essayer de voir ce qui mériterait plus de clarté et d’explications. N’écrivez pas seuls, écrivez avec le fantôme de votre lecteur et surtout, écoutez ses réprimandes ! Ne prenez pas votre lecteur pour un imbécile, mais suivez ce bon vieux conseils des profs : « Rédigez comme si votre lecteur ignorait tout de votre sujet ». Un excellent conseil qui vaut aussi bien pour les dissertations que pour les textes de fiction. Ce n’est pas au lecteur de faire le chemin pour vous retrouver, pour vous comprendre. C’est à vous de lui donner les clefs. C’est à cette seule condition qu’il oubliera qu’il lit, et donc qu’il ne décrochera pas de votre texte jusqu’au point final. Du moins, ça l’est pour un court texte de fiction destiné à un magazine.

Sur ce, bon courage :)