Actualités

Des nouvelles !

Je n’ai pas écrit ici depuis bien, bien longtemps. Pas seulement ici, d’ailleurs : il y a plusieurs personnes qui attendent toujours un courriel de ma part ! Il y a plusieurs raisons à cela, du moins pour ce blog : tout simplement, je n’avais rien à dire, ou alors j’étais occupée à autre chose. Car si je n’écris guère ici, cette année est pour moi assez exceptionnelle concernant la fiction, alors je commencerai par là.

Ce que j’écris

Mon roman grossit à vue d’œil, et je ne vous parle même pas de la fan-fiction sur Fairy Tail, qui a enflé comme… Attendez, j’essaie de trouver une métaphore adéquate. Comme quand on laisse une casserole de lait sur le feu : dès que ça bout, ça déborde à vitesse grand V. Non, je ne suis toujours pas persuadée du bien-fondé de cette métaphore. Surtout pour un yaoi. Bref !

Un mot concernant le roman, provisoirement intitulé Failles-Mortes, du nom d’une vieille forteresse, mélange de Dros Delnoch dans Légende de David Gemmell (qui reste un roman très cher à mon cœur) et de Fort-Céleste dans Dragon Age : Inquisition. J’ai dû commencer à l’écrire au printemps 2016. Il y a eu des périodes de traversée du désert. Là, je suis dans les trois cent pages et force est de constater que je suis encore très loin d’en avoir terminé ! Mais je vous en parle quand même, histoire que vous ayez une idée de ce qui occupe une bonne partie de mes soirées : il s’agit d’un roman de fantasy, ça tire un peu du côté de l’heroic fantasy, mais c’est loin de ressembler à un David Gemmell (que je lis beaucoup en ce moment). Des batailles, des combats, il y en a, mais il ne s’agit pas du centre du roman. Nous sommes dans un monde technologiquement médiéval. Pas de magie à proprement parler, mais des « esprits », des créatures mystérieuses, invisibles, qui ont le pouvoir de modifier le réel à leur gré, de posséder les gens, et qui ont une fâcheuse tendance à se foutre de la gueule des humains.

Dros Delnoch, par Didier Graffet.

Dros Delnoch, par Didier Graffet.

En très gros, le roman est l’histoire des relations complexes entre les humains et ces entités. J’ai une demi-douzaine de personnages principaux, dont la vision du monde diffère, et donc dont les intérêts divergent. Que penser des esprits ? Faut-il chercher à les contrôler ou à cohabiter ? Vous ajoutez à ça de sombres histoires de famille, des histoires d’amour, des problèmes d’estime de soi et l’obsession de la quête de sens, de justice et de stabilité dans un monde qui ne cesse de changer – littéralement – à cause des esprits, et voilà la matière de base de mon livre.

Inutile de faire un résumé, puisque je n’ai pas terminé, mais voici comment tout ça commence : Sophia, gardienne d’une antique citadelle du nom de Failles-Mortes et liée aux esprits par un pacte dont elle a seule connaissance, est assassinée. En effet, une armée menée par une coalition de représentants de vieilles familles nobles dont les lignées et la gloire sont en train de s’éteindre cherche à s’emparer de la forteresse, persuadée qu’elle y trouvera le pouvoir nécessaire pour rétablir une forme de domination humaine sur un monde qui leur échappe. Trois personnages arrivent sur les lieux presque en même temps que la coalition, mais pour des raisons totalement différentes : un duo de voleurs en quête d’un trésor et un alcoolique possédé en quête de solutions pour se débarrasser de ses hôtes indésirables. Et je ne préfère pas en dire davantage, sachez juste qu’il y a au programme des voyages dans des terres exotiques, des « confessions au coin du feu » dans l’esprit de Warcraft le film mais hopefully en beaucoup mieux, des scènes de sexe torrides (pas si nombreuses que ça, mais bon, on ne se refait pas), et des questionnements et remises en question torturés qui ne surprendront probablement pas ceux qui me connaissent bien.

Voilà. Il me faudrait un agent pour me vendre, non ? Parce que si j’agrafe cette présentation-là à mon manuscrit pour de futurs éditeurs, je suis pas sûre qu’ils prennent…

Oh, et note pour Kalys : attends avant de lire le chapitre sept, Fertesol, je l’ai tellement bricolé qu’il vaut mieux que je te le renvoie avec le chapitre huit, dans l’ordre, et avec une meilleure présentation, je sais comment faire maintenant :)

fanfictionEt pour la fan-fiction, eh bien… J’ai déjà dit que c’est un yaoi (qui comprend aussi quelques scène yuri, soit dit en passant), et que c’est une fan-fiction de Fairy Tail. Donc j’ai déjà dit tout ce qu’il y avait à dire dessus (ce qui ne m’empêche pas d’en être très fière!). Ah, et c’est un Gratsu, les true sauront ce que ça signifie. Si ça vous intrigue, c’est accessible si vous avez plus de dix-huit ans. Ou si vous prétendez avoir plus de dix-huit ans. Personnellement, je ne crois pas qu’il y ait quoi que ce soit de choquant dans ce que j’écris, mais là tout de suite, je n’ai pas envie de me lancer sur un débat sur la censure (bien que j’aie beaucoup de choses à en dire, disons simplement que ce sera pour un autre billet !).

Quand je travaille !

Parce que ça m’arrive, parfois, entre deux scène de yaoi. Les traductions, donc ! J’ai le plaisir de vous dire que ça va bien sur ce plan ! Depuis le début de l’été, je travaille régulièrement avec Exequo, agence française de localisation jeux vidéo. Actuellement à mon palmarès, Outreach, un « walking-simulator », paraît-il qu’il faut appeler ça, et vu que je l’ai traduit en entier, je peux vous dire que vous allez aimer l’intrigue, originale et flippante, Durango, jeu de survie coopératif sur mobile dans un monde avec des dinosaures (trop vaste pour un seul traducteur, on était plusieurs) et Surviving Mars (pareil, à plusieurs), jeu de gestion où il s’agit d’installer une colonie viable sur Pluton. Mais non, sur Mars, évidemment ! J’ai vu que vous ne suiviez pas.

durangoParallèlement, je continue mon travail de sous-titrages pour Visual Data, et le principal client reste Netflix (qui apparemment ont vraiment nagé dans la panade avec leur histoire de test. Et oui, je sais que « nager dans la panade », ça n’existe pas.). En ce moment, encore des vérifications de sous-titres Star Trek, sinon, des séries Disney, des émissions de bagnoles (Drive, oh my god. Si vous êtes fans de voitures, je vous déconseille mes traductions) et de cuisine (Mind of a Chef, ou la branlette pour les fins gourmets) ont été mon boulot quotidien ces derniers mois.

Mes revenus en traduction, quoique toujours un peu justes, m’ont permis de me détacher de toute activité de rédaction. Quitte à bosser dur, j’en ai eu assez de bosser pour des clopinettes, alors j’ai tout arrêté pour me consacrer à la traduction et à l’écriture.

Nouvelles en vrac

  • Esprit critique m’en a donné la confirmation : j’ai un alignement chaotique bon. Chouette vidéo, merci F. !

  • Bonne nouvelle : je crois que mes voisins ont disparu par le portail qui s’est ouvert entre notre monde et le suivant à Halloween et ont été remplacés par des fantômes. Je ne vois aucune autre explication rationnelle au silence qui règne dans l’immeuble.

  • Je regarde trop de films d’horreur. Mais je n’en suis pas encore au point d’avoir vu celui avec Ben Laden qui revient en zombie. Quoique, « The Axis of Evil Dead », c’est tellement bien trouvé que je devrais peut-être.

axis of evil dead

  • Je regarde Log Horizon, et c’est bien, même très bien. J’ai passé tout un épisode à pleurer.

  • Je ne regarde toujours pas, mais je suis devenue totalement accro à l’OST de Naruto Shippuden. Yasuharu Takanashi!! C’était le nom d’un compositeur crié par une fan, pas une insulte en japonais, au cas où vous auriez un doute.

  • J’ai découvert le sens de la vie. Mais je ne vous dirai rien.

Kata ton daimona eaytoy.

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Localisation jeux vidéo et financement participatif : Pillars of Eternity et Torment: Tides of Numenera

La localisation jeux vidéo, un travail d’amateur

Il y a quelques temps, je vous parlais d’un projet tombé à l’eau pour la localisation de Torment: Tides of Numenera, paru début 2017. Il s’agit d’un RPG à l’ancienne du style Baldur’s Gate, la forme vidéoludique  la plus proche du jeu de rôle avec papier/stylo/dés. On m’avait donc proposé de participer à la traduction, ou plus exactement, de réviser une traduction catastrophique. Pour cela, on me proposait des conditions de travail carrément inacceptables, que j’étais prête à accepter quand même, car j’avais très, très envie de travailler sur ce projet. J’étais censée être rémunérée 0,04 centimes du mot, et réviser les traductions à un rythme fou de 4000 mots/jour. Ces tarifs et ces quantités donnent un premier indice sur ce que les développeurs JV y connaissent en localisation : absolument rien. En effet, réviser une traduction catastrophique, c’est un boulot complexe, très gourmand en temps et en énergie. Demander des tarifs (déjà très bas) de relecture pour un tel travail, c’est du foutage de gueule. Réécrire (et non pas relire, j’insiste) toute une traduction au rythme de 4000 mots par jour, je vous le dis, c’est du travail d’esclave. Peu importe, je le voulais, ce job. Une semaine plus tard, mon contact (un travailleur indépendant, comme moi), m’a informée que la boîte avait trouvé moins cher. J’étais atterrée. Je me suis demandée dans quel pays à minuscule PIB ils avaient déniché des gens prêts à travailler pour moins que ça. Hier, j’ai enfin eu ma réponse.

tormentEn effet, un charmant couple d’amis à qui je fais de gros bisous m’a offert le jeu, et j’ai aussitôt commencé à y jouer (pas par esprit revanchard pour pouvoir le descendre, j’adore ce type de jeu et j’étais impatiente de voir ce que celui-ci valait). Il ne m’a fallu que quelques heures de jeu pour avoir la certitude que la traduction avait été faite par des amateurs. Et pour de la traduction amateur, c’est bien. Mais compte tenu du nombre de fautes (orthographe, accords, fautes de frappe), de l’aspect très calqué de la traduction (la phrase française suit religieusement la tournure de la phrase anglaise), et de certaines bizarreries de formulation, pour moi la question ne fait guère de doute.

À l’époque, j’avais déjà tiqué sur un jeu du même genre, et également financé par Kickstarter, que j’avais aussi adoré, Pillars of Eternity. Dans ce cas, la traduction était catastrophique et il a même été question de modder le jeu pour y apporter une traduction française corrigée, c’est dire (quand on voit le document de travail de ces bénévoles pleins d’entrain, on a déjà de la peine pour eux en constatant l’ampleur de la tâche). Ces deux exemples m’amènent à un constat qui me désole et m’agace tout à la fois : le volet traduction, dans le processus de production d’un jeu vidéo, est considéré comme accessoire par ces studios qui font appel au financement participatif. Ils ne prennent pas la peine de payer des professionnels, pensant peut-être que « n’importe qui peut le faire ». Peut-être croient-ils que la traduction, c’est remplacer un mot en langue A par un mot en langue B, et effectivement, dans ce cas, il suffit d’ouvrir son dictionnaire et de se mettre au boulot.

De l’importance du texte dans un RPG traditionnel

Je trouve ça d’autant plus ironique que dans les deux cas cités, on parle de jeux de rôle à l’ancienne, autant dire que le texte est au moins aussi important que l’environnement du jeu proprement dit. Une énorme partie de l’immersion se trouve là : on vous raconte plutôt qu’on vous montre. Vous rencontrez un personnage dont vous ne voyez que l’aspect général, le texte vous indique à quoi il ressemble précisément, la manière dont il s’exprime, ses tics, et même ce que votre personnage éprouve à son égard.  Dans ce genre de jeu, aimer lire, se plonger dans un univers complexe, prendre son temps, sont des prérequis. Le texte d’un RPG vidéoludique est l’équivalent du récit et des commentaires du maître du jeu quand on joue autour d’une table. De plus, des jeux comme Pillars of Eternity et Torment emploient une langue littéraire, parfois volontairement désuète, ornée de métaphores et d’expressions poétiques. Il s’agit donc d’un texte complexe, parfois épineux à traduire, qui demande une sensibilité littéraire en langue source comme en langue cible. Un traducteur technique suerait probablement sang et eau à s’attaquer à ce genre de texte :

pillars-of-eternity-textQuand la localisation passe par la case « on s’en fout on n’a pas de budget », on aboutit au mieux à un travail approximatif, à une qualité médiocre mais acceptable, comme c’est le cas pour Torment: Tides of Numenera. Au pire, on se retrouve avec des phrases boiteuses que l’on peine à déchiffrer, et des formulations troublantes : lit-on une expérimentation surréaliste ratée, ou essaie-t-on de nous immerger dans une atmosphère particulière ? Avec la quantité de texte recelée dans un jeu comme Pillars of Eternity, on finit par avoir envie de pleurer :

pillars-of-eternity-traduction

Financement participatif : pas de budget pour la localisation ?

La localisation, dans ce type de jeu vidéo où la narration passe essentiellement par le texte, est donc confiée à des traducteurs amateurs, quand bien même, et c’est là peut-être le plus ironique, les financements apportés grâce à Kickstarter dépassent largement le montant demandé à l’origineCe sont quatre millions de dollars que récolte Obsidian Entertainment, qui en espérait un seul.  Quant à Torment: Tides of Numenera, il dépasse le record établi par Pillars of Eternity, avec un objectif initial à peu près similaire. Vous avouerez qu’il est difficile de croire qu’il n’y avait pas de budget pour la traduction : j’en conclus donc que la localisation est considérée au mieux comme un bonus. Ce qui est un non-sens dans un jeu qui s’appuie à ce point sur le texte.

torment-tides-of-numeneraMais voilà, il semble que les studios de développement et les éditeurs ne soient pas les seuls à se foutre de la qualité de la traduction. J’ai bondi quand j’ai lu le test de Gamekult, qui nous explique que « le tout jouit d’une localisation française au top, bien loin des séances de Google Translate observées chez certains représentants récents dans le genre. » « Bien loin de Google Translate » ?!! Quand on part d’un standard aussi bas, la moindre tentative maladroite de traduction relève forcément du génie ! Une localisation « au top » ? Une traduction comportant des fautes, des écarts de niveau de langue, des formulations maladroites calquées de l’anglais, des incohérences dans les choix de traduction (on passe par exemple allègrement du « vous » au « tu »), c’est ça, le « top » ? C’est malheureux, mais si le niveau d’exigence est bas, on voit effectivement mal pourquoi les studios s’embêteraient à payer des professionnels.

*

Je conclus avec un instant promo : si vous voulez jouer à un jeu traduit par une professionnelle, c’est-à-dire : moi :) , vous le pourrez d’ici la fin de l’année avec Outreach, un jeu d’aventure spatiale à la première personne où l’on incarne un cosmonaute enquêtant dans une station spatiale russe, dont l’équipage a mystérieusement disparu, dans un contexte de guerre froide. Une intrigue bien ficelée, une atmosphère inquiétante, ce premier jeu des studios britanniques Gambitious me paraît prometteur !

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Quoi de neuf ? Dernières traductions et actualités

Juste un petit billet pour vous dire ce qui se passe.

Je suis en train de préparer un billet pour la catégorie Creepy Nights, où je vais continuer ma chronique du catalogue horreur de Netflix sous l’angle d’une problématique : la réception des films d’horreur pour les amateurs pas encore blasés mais bien rodés du genre.

Cependant, je peine à l’écrire non pas parce que c’est compliqué, mais parce que j’ai beaucoup à faire ces temps-ci. Mes employeurs indiens et californiens de Visual Data me mettent la pression pour traduire une série de documentaires massifs pour le compte de Netflix. J’ai déjà entamé un cycle de trois semaines de boulot 7/7j. De l’évolution d’homo sapiens à la Deuxième Guerre mondiale, j’apprends plein de choses passionnantes, et je vous invite d’ailleurs, pour les abonnés, à faire un tour dans la section « documentaires » de Netflix, qui s’agrandit à vue d’œil et pour laquelle j’ai pas mal travaillé ces derniers temps (notamment pour la traduction du documentaire sur les Rolling Stones Crossfire Hurricane et celui sur le personnage plus qu’étrange de John McAfee (Gringo, The Dangerous Life), créateur du premier antivirus au monde). Et non, ce n’est pas « corporate », Netflix n’est pas mon employeur, simplement, je suis fière de mon boulot, et je trouve ces documentaires réellement intéressants :) J’en ai aussi fait un sur Joe Cocker et sur Bruce Springsteen, pour les amateurs.

C'est pour ça que ça existe, les traducteurs professionnels.

C’est pour ça que ça existe, les traducteurs professionnels.

Notons d’ailleurs ceci : si je vous en parle ouvertement, c’est que j’en ai le droit. D’ordinaire, dans l’industrie de la traduction, on a l’habitude d’être des petites mains de l’ombre sous-payées qui n’ont même pas l’insigne honneur de revendiquer leurs propres traductions. Dans le monde de l’audiovisuel, les choses changent. La norme est devenue d’indiquer le nom du traducteur à la fin de la vidéo. J’ai été très surprise quand mon employeur me l’a annoncé : je suis habituée aux pas en arrière, pas aux avancées. Pour la première fois dans ma jeune carrière, je peux revendiquer ouvertement être l’auteure de ces traductions, alors je ne m’en prive pas. Sur ce même sujet, je prévois un article sur la localisation du jeu Torment: Tides of Numenera, mais pour cela, il faudrait que j’ai le temps d’y jouer, ça va donc devoir attendre. Pourquoi ? Parce qu’on m’a proposé de traduire ce jeu pour 0,04 € du mot, 4 500 mots par jour, avec cette précision apportée par mon collègue qui m’en parlait : « la trad est parfois à réécrire, parfois non. » Il s’agissait en fait de revoir une traduction complètement loupée, et je sais par expérience que ce genre de travail demande souvent plus de temps qu’une simple traduction. Autant vous dire qu’à ce rythme-là, à ce volume-là, avec une deadline d’un mois (sur un RPG old-school, autant dire la taille d’un roman en terme de texte), c’était payé une misère. Le projet a été annulé : ils ont trouvé moins cher. Ce genre de mésaventure dénote pour moi un profond malaise dans le métier, et j’aurai l’occasion de revenir là-dessus en temps voulu.

À côté des activités professionnelles prenantes, j’avance sur mon roman déjà vieux de presque un an, mais fort d’environ 130 pages et très loin de se terminer, et je m’adonne de nouveau aux plaisirs de la fan-fiction avec un yaoi à base de Fairy Tail que je publie ici (quatrième chapitre en cours d’écriture !). Et dans ce qu’il me reste de temps… je dors et je regarde Full Metal Alchimist… Et tout ça, c’est sans compter Mass Effect: Andromeda qui arrive dans quelques jours. Après, j’ai toujours le temps pour un café ou une petite mousse, pas d’inquiétudes ! J’espère que vous allez bien, en tout cas !

Edit du 21 mars : j’ai oublié de vous annoncer quelque chose qui me tenait à cœur. J’ai enfin pu lâcher l’un de mes employeurs chez qui je m’ennuyais depuis deux-trois ans à écrire des articles en rédaction web, payés une misère, grâce à la remontée fulgurante de mes revenus associée à mon travail en sous-titrage. J’ai passé mes trois premières années post-diplôme dans une grosse galère professionnelle et financière, jusqu’au point où j’ai très sérieusement envisagé la réorientation, et je rêvais de voir ce jour arriver. Comme quoi parfois, l’acharnement, ça paie.

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Anthologie Ténèbres 2016

En rentrant de vacances il y a deux jours, j’ai eu le plaisir de trouver l’anthologie Ténèbres 2016 qui m’attendait dans ma boîte aux lettres. Cette anthologie annuelle dirigée par Benoît Domis recueille des nouvelles de fantastique et d’épouvante écrites par des auteurs anglophones et francophones. Comme l’année dernière, j’ai eu l’honneur d’y participer en tant que traductrice. Cette fois, j’ai traduit une nouvelle d’Anna Yeatts, intitulée Quand j’avais des yeux, je ne voyais rien. Il s’agit d’un court texte mêlant un symbolisme proche de celui de Neil Gaiman à une sordide histoire qui rapproche le texte du genre du conte cruel.

Ténèbres 2016

La couverture de l’anthologie Ténèbres 2016, illustrée par Martin Hanford

Cela fait maintenant huit ans que Benoît Domis publie son anthologie annuelle. Ouverte à tous, l’anthologie est une sélection de passionné, qui fait la part belle aux coups de cœurs. Auteurs amateur ou connus, anglais ou français, y sont sélectionnés pour la qualité seule de leur texte, et pas pour leur CV. Si vous aimez le fantastique et l’épouvante, je ne peux que vous la recommander !

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Trois heures du matin T. 3 : Henry S. Whitehead

Le nouveau volume de Trois heures du matin est arrivé ! Vous pouvez l’acheter ici. Il s’agit donc de la traduction de quatre nouvelles de Henry S. Whitehead extraites du recueil Voodoo Tales, une anthologie réalisée par David Stuart Davis chez Wordsworth, et que je publie sous le titre de Sombres Antilles.

En guise de mise en bouche, je vous propose de découvrir le quatrième de couverture et la note d’introduction !

Sombres Antilles - Henry S. Whitehead

Quatrième de couverture

Sous la plume de Henry S. Whitehead, les Antilles se parent de sombres couleurs. Explorez les mystères de ces îles hantées par les charmes vaudou, à travers la vision à la fois humoristique, étonnée et inquiète de cet écrivain dont les nouvelles partagent une indéniable parenté avec les textes de Lovecraft.

Note de la traductrice

Les trois principaux recueils des nouvelles fantastiques de Henry S. Whitehead, West India Lights, Jumbee, et The Black Beast, ont été récemment réunis en un seul volume par David Stuart Davis pour les éditions Wordsworth. Cet ouvrage, intitulé Voodoo Tales, est paru en 2012, et c’est sur cette édition que j’ai travaillé pour la présente traduction.

 
Whitehead est notamment connu pour son amitié avec Lovecraft, cité par David Stuart Davis dans son introduction : « Il n’a rien d’un prêtre poussiéreux, il s’habille au contraire avec des vêtements de sport, à l’occasion, il jure comme un charretier, et il est entièrement étranger à toute forme de bigoterie ou de suffisance », commente l’auteur des Montagnes hallucinées. Et de fait, la filiation entre les deux écrivains paraît indéniable, notamment dans des nouvelles comme La Mort d’un dieu (Passing of a God en version originale), où l’on dépeint la malveillance d’une déité incalculablement ancienne. Dans d’autres récits du recueil, comme The People of Pan, on retrouve le goût lovecraftien des architectures démesurées et des cultes secrets.

 
Dans les nouvelles vaudou de Henry S. Whitehead, la magie et la sorcellerie font partie intégrante de la vie aux Antilles. L’élément surnaturel, souvent terrifiant, apparaît au beau milieu des trivialités mondaines et de la vie quotidienne. Chaque récit joue sur le décalage entre des situations tragi-comiques allant parfois jusqu’à friser le vaudeville, et la terreur pure inspirée par l’apparition du fantastique.
Les récits de Whitehead, au-delà de leur goût pour le bizarre et l’effrayant, laissent également transparaître la volonté de l’auteur de dépeindre, non sans ironie, les usages de la société antillaise coloniale. La question de la couleur de peau, si centrale, est articulée avec celle du rang social. On distingue plusieurs strates, des plus populaires correspondant à la teinte de peau la plus sombre, aux plus aristocratiques – allant de paire avec un teint clair – à l’exception du mulâtre de Jumbee qui possède toutes les caractéristiques du gentleman, et dont le charme captive l’esprit si rationnel de son auditeur (c’est d’ailleurs dans ce genre de situation qu’on remarque l’ironie critique de l’auteur).

 
Les textes de Whitehead dénotent un certain esprit naturaliste et sociologue qui le rapproche d’écrivains français du dix-neuvième siècle comme Balzac ou Flaubert. En passant par la pseudo-fiction, son narrateur, lui-même écrivain, se fait le témoin et l’analyste d’événements qu’il a vécus, ou qu’on lui a rapportés. Ce narrateur, nommé Canevin, semble incarner un avatar de l’écrivain lui-même. E.F Bleier, spécialiste du fantastique, pense que ce personnage était « un masque dissimulant l’auteur, dont les ancêtres portaient le nom de Cærnavon ». David Stuart Davis commente : « Whitehead prenait un malin plaisir à rappeler que ce nom était composé de « cane » et de « vin » : cane wine, le vin de canne. Autrement dit, le rhum, la spécialité des Antilles. ».

 
Un certain exotisme semble voulu, parfois jusqu’à forcer le trait, et notamment dans la manière dont les personnages s’expriment. Leur accent, même « à couper au couteau », est alors reproduit dans le récit rapporté. J’ai voulu garder l’esprit de comédie et d’ironie, mais j’ai gommé certains paternalismes trop répétitifs : le but était d’intéresser le lecteur aux histoires de Whitehead, et non de détourner son attention en l’exaspérant avec l’esprit colonialiste des textes issus de cette période. Je pense qu’une certaine condescendance est toujours visible, mais, je l’espère, celle-ci n’absorbera pas toute votre attention. Quant au parler des Noirs, j’ai opté pour des termes créoles afin de remplacer l’accent transcrit phonétiquement dans l’original.

 
La dernière nouvelle, Les Lèvres (The Lips), est plus tardive dans la carrière de Whitehead, et apparaît assez différente des autres. Ce dernier texte offre une approche différente, et une tonalité nettement plus obscure. Située dans une période plus lointaine que les autres nouvelles, l’époque de l’esclavage, le récit retient encore cet élément de comédie qui donne tant de piment aux histoires de Whitehead. Cette fois, c’est à travers le grotesque que l’horreur est véhiculée.

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Je profite de cette note pour évoquer le livre de William Seabrook, L’Île Magique, cité par Canevin et son ami le docteur Pelletier dans La Mort d’un dieu. Il s’agit d’un récit de vie davantage que d’un travail d’ethnologue, même s’il représente une source de premier ordre pour un tel chercheur. En effet, William Seabrook est l’un des très rares Blancs à avoir assisté à des cérémonies vaudou en tant qu’invité et ami. Ce livre est non seulement passionnant, mais il traduit aussi un humanisme et une ouverture d’esprit peu communs pour son époque. De plus, ce témoignage a toujours autant de résonance qu’à l’époque de sa publication, en 1929. Je me suis servi du livre pour vérifier certaines traductions ou orthographe des termes vaudous, ainsi que du catalogue de l’exposition « Vaudou », présenté par Michel Le Bris, qui contient de nombreux textes issus de témoignages et d’études anthropologique sur le sujet.

[Des nouvelles de R’lyeh] Henry S. Whitehead

En guise d’amuse-bouche, une semaine avant la parution du troisième volume de la collection Trois heures du matin consacré à des nouvelles de Henry S. Whitehead, je vous propose de découvrir l’analyse de Sean Eaton, spécialiste de Lovecraft, sur deux des nouvelles que je proposerai dans mon livre numérique. Afin de préserver le plaisir de lecture pour ceux qui voudraient lire les textes de Whitehead, je n’ai pas traduit les passages qui donnent des informations sur l’intrigue. Bonne lecture !

Les articles originaux :

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Passing of a God

passing of a god

 

H.P. Lovecraft considérait La Mort d’un dieu (1931) comme représentant « peut-être l’apogée de son génie créatif. » L’histoire implique de nombreux thèmes qui préoccupaient Whitehead, notamment la rencontre avec des croyances liées au surnaturel et une culture étrangère : le vaudou. En 1931, Whitehead a publié six récits. Presque tous abordaient le sujet des pratiques vaudou. La Mort d’un dieu est paru dans l’édition de janvier de Weird Tales, et Whitehead termina l’année en novembre, avec Cassius, publié dans Strange Tales. Ce dernier récit a fait l’objet d’une analyse dans le premier article de la série.

Gerald Canevin est à nouveau le narrateur, comme dans de nombreuses histoires de Whitehead. Il occupe une position similaire à celle de Randolph Carter chez Lovecraft, ainsi que John Astane chez Clark Ashton Smith, et tous les « John » (Kirowan, Conrad ou O’Donnel) dans quelques-unes des histoires d’épouvante de Robert E. Howard. Il constitue un simple spectateur intéressé, qui reconstitue les pièces du puzzle pour le lecteur et observe les terribles événements qui mènent à la conclusion. (Selon une source, « Canevin » serait dérivé de « Cærnavon », le nom ancestral de la famille de Whitehead.)

La majeure partie du récit consiste en une conversation entre Canevin et son ami le docteur Pelletier, « du corps médical de la marine, à présent stationnée dans les îles Vierges ». Mais quelle conversation ! Comme dans Cassius, Canevin doit encourager son ami à plusieurs reprises pour qu’il livre toute l’histoire, impatient comme l’est sans doute le lecteur d’en entendre davantage. Mais Pelletier se montre étrangement hésitant. Dans des termes froids et cliniques, le docteur commence à décrire ce qu’il a trouvé lors d’une opération chirurgicale réalisée sur un gentleman nommé Carswell. La juxtaposition de la conversation rationnelle avec la découverte de la bizarrerie du récit amplifie l’horreur.

L’objectif de l’opération – décrite avec un luxe de détails visuels écœurants – est de retirer une grosse tumeur, apparemment bénigne, du ventre du gentleman. Pelletier introduit son récit avec une théorie sur la nature du cancer :

« …quelqu’un a proposé il y a quelques années une hypothèse assez “folle” pour expliquer l’origine des tumeurs malignes. Cette théorie n’a pas vraiment fait l’unanimité au sein de la profession médicale, mais elle avait au moins le mérite de l’originalité – et elle était nouvelle. Elle bénéficie donc d’un certain crédit et d’aucuns y croient toujours, qu’ils appartiennent ou non à la profession. Elle prétend qu’il existe certains nuclei, ou certaines masses, pour ainsi dire, formées au stade prénatal et qui persistent par la suite. Ce n’est pas un phénomène commun, vous comprenez, mais qui se produit dans certains cas chez les personnes prédisposées à cette horrible maladie. Au stade prénatal, ces amas de tissu ne se développent pas complètement, ou pas normalement. Pour être clair, il s’agit de petites structures corporelles qui ne se sont pas développées. »

Mais il y a plus. Carswell, qui a monté un commerce et vécu en Haïti, est devenu avec le temps un fin connaisseur d’une branche locale du vaudou, qui implique le culte du serpent. Cependant, à l’occasion d’une remarque qui trahit la xénophobie et le chauvinisme américain de la fin des années 20, Carswell déclare :

« Je suis Américain, comme vous. Même après sept ans passés dans les marais, à chasser des canards la majeure partie du temps, sans aucune activité ou habitude me rappelant ma culture blanche pendant un bon paquet d’années, je ne me suis pas “naturalisé” ou quoi que ce soit dans le genre. Je ne voudrais pas que vous pensiez que je suis l’un de ces fainéants. »

Sauf que Carswell s’est, de fait, naturalisé – une inquiétude récurrente chez les représentants des puissances coloniales ou impérialistes qui vivent et interagissent avec les natifs. Il devient un personnage familier et populaire auprès des habitants, et surtout après un étrange incident durant lequel il s’évanouit dans son jardin. Lorsqu’il s’éveille, il se retrouve bardé d’anneaux et de colliers, et est devenu l’objet de la vénération d’une sorte de cérémonie religieuse dont le sens lui échappe. Plus dérangeant encore, une excroissance abdominale – un cancer, selon le diagnostic délivré sept ans plus tôt – a recommencé à grandir, bien que le phénomène ne provoque aucun inconfort.

La Mort d’un dieu constitue une métaphore des dangers de l’intégration raciale et culturelle, dangers qui devaient être nombreux à cette époque. (Voir aussi The Shadow of the Beast, de Robert E. Howard, analysée dans A Racist Nightmare). Il s’agit d’une image frappante : un homme blanc imprégné dans son essence par un symbole des croyances religieuses d’une autre culture. Et plus encore, cette maladie, portée en lui pendant des années et qui aurait pu le tuer, se transforme en une chose vivante, indépendante, qui croît en lui. Le changement peut se révéler terrifiant, et plus encore lorsqu’il provient de l’intérieur.

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Jumbee

Jumbee

Henry S. Whitehead était un ami et un correspondant de H.P. Lovecraft. Avant de déménager à Dunedin en Floride – où Lovecraft est venu lui rendre visite –, il occupait un poste de diacre épiscopal dans une paroisse des Îles Vierges. Plusieurs de ses nouvelles s’y déroulent et impliquent généralement la rencontre avec la culture vaudou.

La plupart du temps, les nouvelles de Whitehead sont bien écrites, sans grandiloquence, et montrent une maîtrise du dialogue et de la structure de la narration plutôt bonne par rapport à d’autres auteurs pulp de la même époque. L’un des enjeux récurrents chez Whitehead est le danger de la fraternisation avec la population indigène des îles : des hommes blancs qui se « naturalisent ».

Jumbee a été publié pour la première fois dans Weird Tales en 1926. Ce numéro contenait d’autres nouvelles, notamment He de H.P. Lovecraft, et la novella d’Edmond Hamilton, Across Space. Il s’agit de l’un des premiers récits de Whitehead sur le vaudou.

Dans Jumbee, « Mr Granville Lee, un Virginien pure souche », c’est-à-dire un fils de la Confédération, consulte un certain Jaffray Da Silva à propos des légendes et pratiques magiques locales. Il désire notamment en savoir plus sur les « jumbees », ces esprits hostiles qui poursuivent les actions malveillantes d’une mauvaise personne après sa mort. Dans l’espoir de guérir de son exposition au gaz moutarde durant la Grande Guerre encore récente, Lee est venu passer l’hiver à Ste Croix.

Da Silva accède à la demande de Lee en lui faisant le récit des événements qui entourent la mort de son ami Hilmar Ivsersen. Lui et Iversen ont passé un pacte : « Celui qui partirait en premier devait tenter d’avertir l’autre ».

Whitehead se sert de son narrateur pour montrer sa connaissance du système religieux local, et sa tendresse pour ses croyances. Celles-ci sont soigneusement décrites par l’auteur, qui parvient à créer ici et là une sensation d’horreur exotique. L’effet est similaire dans le ton à celui de Manly Wade Welleman dans son inventaire des « choses-qui-bondissent-dans-la-nuit » du folklore des Appalaches dans son récit The Desrick on Yandro (1952). Da Silva et son auditeur enthousiaste tiennent pour acquis le fait que tous les éléments qui concernent les Jumbees sont vrais, et aisément observables.

Le portrait que Whitehead fait de son narrateur, Jaffray Da Silva, est intéressant. Au début de l’histoire, il présente à son lecteur une remarquable explication des divisions raciales :

« Mr Jaffray Da Silva possédait un huitième de sang africain. C’était par conséquent, selon les usages de l’île, un homme “de couleur”. Dans les Antilles, ce statut n’a rien à voir avec celui de “Noir”. Mr Da Silva avait reçu une éducation à la mode européenne. Chacun de ses mots et de ses gestes reflétait ses racines du Vieux Continent. Selon les règles et la coutume antillaises, Mr Da Silva était un gentleman de couleur, un statut social aussi net et précis qu’une miniature.
Les Antilles sont abondamment peuplées de personnes comme Mr Da Silva. Bien que différent de celui des gentlemans de couleur en Amérique du Nord, ce statut comporte tout de même certains avantages, dont celui de la logique. Pour un esprit antillais, un homme appartenant à l’élite aux sept huitièmes, même sans les armoiries, doit être traité de la manière qui convient. »

Un peu plus loin, Whitehead relate cette interaction entre Lee, le gentleman sudiste, et Da Silva : « Je vous en prie, continuez, monsieur », pressa Mr Lee, sans s’apercevoir qu’il venait d’utiliser un mot qu’on réservait aux gentlemans de pur sang caucasien dans son Sud natal. »

À quoi assiste-t-on ici ? Whiteman met en scène un homme d’ascendance africaine pour raconter son histoire – c’est Da Silva l’expert – et analyse avec soin ses origines raciales. Le cœur du récit se situe dans l’accomplissement d’une promesse entre cet homme et un ami blanc. Enfin, Whitehead fait dire « monsieur » à son Confédéré lorsque celui-ci s’adresse à Da Silva. Le lecteur moderne peut grimacer devant les préjugés implicites présentés avec nonchalance dans cette histoire, et s’interroger sur cette pseudoscience qui prétend catégoriser les gens à un huitième près de leur lignée sanguine. Que ces idées aient été populaires et largement acceptées à l’époque de Whitehead est un maigre réconfort pour ceux dont les ancêtres ont été opprimés au nom de tels préjugés.

Et pourtant, à la différence de Lovecraft dont les préjugés raciaux et ethniques étaient irrationnels et irréfléchis (et n’avaient substantiellement pas changé à la fin de sa vie), Whitehead fait preuve d’un racisme plus timide, et de davantage de sensibilité à la nuance et aux relations paradoxales entre les Anglo-Saxons et les gens d’ascendance africaine. On est encore loin des droits civiques et de l’éducation à la diversité, mais cette attitude dénote les prémisses des changements de mentalité dans l’Amérique du milieu des années 20.

Bienvenue sur mon nouveau site !

C’est avec des palpitations et des papillons dans le ventre que je vous présente mon nouveau site ! Merci à Nathalie et à Franck pour leur boulot sur le graphisme et la conception web, sans vous, il aurait sans doute ressemblé à un skyblog :/
Ce nouveau site se met aux couleurs de la collection de nouvelles fantastiques que je lance dans la foulée, Trois heures du matin. J’espère qu’elle vous plaira, et le site aussi !
Niveau contenu, les choses ne vont pas vraiment changer. Je parlerai toujours de mes découvertes culturelles, de problèmes d’écriture et de traduction, de mes diverses aventures et grandes réflexions :) Depuis un moment, je n’écrivais plus beaucoup sur mon blog, et il y a plusieurs raisons à cela. Depuis le début de l’année 2015, je suis passée dans une phase de transition aussi bien d’un point de vue personnel que professionnel. J’espère que l’automne m’apportera la stabilité nécessaire pour retrouver toute ma créativité et productivité, mais pour l’instant, cela s’annonce plutôt bien.
N’hésitez pas à me faire savoir ce que vous pensez de ce nouveau site, et des deux premiers livres numériques de la collection !

La littérature érotique à succès

Beaux gosses, BDSM et malbouffe littéraire

 

Il est jeune, beau, riche. Elle est jeune, belle, pas forcément riche, souvent naïve, et elle ne rêve que d’une chose : appartenir (l’inverse est rarement vrai) corps et âme à son bad boy d’amant. Ils lient une relation passionnelle, tumultueuse, charnelle, intense, et sexuellement plus ou moins classique.

Voilà ce qui pimente les lectures des jeunes filles, jeunes femmes, femmes mûres, et qui sait, peut-être des séniores aussi ! Je n’ai pas lu de statistiques sur la question, mais j’ai cru comprendre que le public cible tournait autour de la trentaine.

Je m’y suis intéressée parce que, sous ma casquette de rédactrice indépendante, on m’a demandé d’écrire un article sur quatre séries érotiques qui marchent du tonnerre. Et aussi parce que la littérature érotique, ça me botte. Alors voir ce qu’on en fait, ça m’énerve : ce qui pourrait se déguster comme un plat fin et subtil est représenté dans une très large mesure par de la grosse bouffe de fast-food. Du prêt à consommer sans saveur aussi lourdement chargé en clichés que les frites sur lesquelles un employé trop zélé a renversé la salière. Alors vous allez me dire, un petit hamburger bien gras de temps en temps, ça ne fait pas de mal. Sauf quand les chaînes de restauration rapide commencent à supplanter les établissements qui servent de la bonne bouffe. Quand ils deviennent la norme. Et qu’est-ce qu’un best-seller, sinon le porte-étendard de la littérature dominante, le représentant adulé de la culture – et reflet de la pensée – de masse ?

 

Au commencement était Twilight

 

Bien sûr, il fallait s’en douter. Avec le succès fulgurant de 50 nuances de Grey, on allait forcément voir fleurir toute une palanquée de suiveurs. Mais le vrai responsable, ce n’est pas 50 nuances… Linksthesun a bien raison d’en faire une obsession : la racine du mal n’est autre que Twilight[1] ! Car 50 nuances de Grey est à l’origine une fan-fiction, et la série à succès de Christina Lauren, Beautiful, en est également une (Christina Lauren est en réalité une entité à deux têtes composée de Christina Hobbs et Lauren Billings). Il semble que Bella et Edward ont su captiver l’imagination de nombreuses auteures, et il est assez étonnant de voir que certaines de ces fan-fiction, publiées sur le net ou auto-publiées en e-books, ont connu un succès tel que les auteures ont été contactées par les éditeurs papier ! Ainsi, on assiste à la professionnalisation express d’auteures amateurs qui écrivaient probablement sans rêver de gloire. Dès lors, il n’y a aucune raison de s’étonner de la qualité discutable de la littérature qu’elles produisent « professionnellement »… puisque ce sont des auteures amateurs ! Loin de moi l’idée de critiquer l’écriture amateur, ce serait cracher dans la soupe, puisque je la pratique (et la fan-fiction aussi). Je constate juste un fait. Mais il y a pire ! Des auteures professionnelles, qui ont dans leurs bagages des dizaines de best-seller, écrivent elles aussi comme je le ferais si on me tirait du lit alors que j’étais en train de cuver un pack de bières. Ainsi, Maya Banks écrit :

« Soudain, il crispa les paupières.

—Tes yeux, Gabe, commanda-t-elle d’une voix suave, comme il l’avait fait si souvent par le passé. Je veux voir tes yeux quand tu jouis.

Aussitôt, il obéit, pupilles dilatées. Il serra les mâchoires mais ne se détourna pas.

—Tout ce que tu veux, ma belle, murmura-t-il.

Ces quelques mots faillirent lui faire perdre la tête, et elle sentit qu’elle l’inondait tant elle était excitée.

Avec un soupir d’ivresse, elle accéléra la cadence, entraînant Gabe avec elle jusqu’à ce qu’il en soit réduit à bafouiller des paroles inintelligibles, le regard fou. »[2]

(Comme je le disais à mon cher et tendre, j’ai également remarqué ailleurs une « voix chaloupée », un choix de mots très intéressant.)

Bon, d’accord, il y a le passage à la traduction. Trois possibilités méritent considération. 1) Le traducteur ou la traductrice est mauvais(e). 2) Le texte original est mauvais. 3) L’éditeur français a imposé une adaptation. Ce point me semble important. J’ignore la politique d’un éditeur comme Milady (une maison d’édition rattachée au plus gros éditeur de l’imaginaire français, Bragelonne, qui publiait à l’origine de la bit-lit mais qui ratisse aujourd’hui un un public aussi étendu que l’électorat de l’UMP ), qui édite Maya Banks dans la collection Romantica. Ou celle de Hugo & Cie, qui publie les sagas de Christina Lauren et de Katy Evans (Fight for love). Mais je connais celle d’Harlequin.

 

Les enjeux de la traduction de la littérature érotique : réécriture, clichés et stéréotypes

 

Quand j’étais en Master Traduction à Angers, Maïca Sanconi est venue nous parler de son expérience de traducrice aux éditions Harlequin. Ça a été très édifiant. Mme Sanconi nous a montré les extraits originaux en parallèle avec ses traductions, et nous avons constaté que tout ce qu’il y avait d’amusant, de déjanté, tout ce qui semblait relever de la touche personnelle de l’auteur avait été impitoyablement gommé, effacé. Malheureusement, je ne retrouve pas mes cours et je ne peux pas vous donner d’exemple. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que le travail qu’on demande aux traducteurs chez Harlequin, ce n’est pas de la simple traduction, mais de la réécriture. L’éditeur estime que son public-cible a certaines attentes et qu’il ne faut pas sortir du cadre qu’il considère comme étant la zone de confort des lectrices. Résultat : on aligne les clichés en restant dans la plus pure banalité.

Pourtant, le cliché, ou le stéréotype, a toute sa place en littérature, pourvu qu’on l’exploite correctement. Je m’explique : quand vous lisez un Maigret de Georges Simenon et que vous adorez cette série, vous éprouvez du plaisir à retrouver les stéréotypes qui lui sont propres. L’inspecteur bourru et peu loquace, les villes françaises sous la pluie, le chapitre d’explication finale où Maigret prend la parole et rabat le caquet à tous ses interlocuteurs en faisant la preuve de son esprit brillant tout en donnant au lecteur toutes les clés de l’enquête. Ces stéréotypes représentent à la fois les codes du roman policier à énigme, et ceux propres à la série des Maigret. Mais si vous répétez la même formule – sans la moindre subtilité, sans quasiment changer de personnage et de mise en scène – à tous les romans à énigme, le lecteur risque de s’ennuyer ferme. Si vous ne détournez pas les codes à l’avantage de votre intrigue, si vous les respectez scrupuleusement sans jamais chercher à jouer avec, vous ne produirez rien d’intéressant.

Alors oui, il y a toujours des gens pour acheter des romans Harlequin. Mais y en aurait-il moins si l’éditeur autorisait quelques fantaisies ? Franchement, je n’en suis pas si certaine.

Mais laissons-là ce débat et revenons-en à nos romans érotiques. Mise à part la qualité littéraire discutable, pourquoi me hérissé-je donc ? (c’était trop beau pour ne pas l’écrire 😉

Non mais t’as vu ce que tu lis ?[3]

 

Le milieu SM est en émoi, les féministes tournent de l’œil, les gens de bon sens doutent une énième fois du bien-fondé de la démocratie. Des bloggeuses parlent de personnages masculins « romantiques », « attachants », avouent « ne pas être choquées » par ce qu’elles ont lu. Certaines auraient peut-être besoin d’un shoot de lucidité. Je ne peux m’empêcher de tiquer lorsque je lis, à propos de la saga de Maya Banks toujours (À fleur de peau), un commentaire comme celui-ci : « J’ai tout de suite pensé à Cinquante Nuances avec le contrat, mais ça ne m’a pas gênée outre mesure car je pense que c’est une pratique courante dans ce milieu. » Le « contrat » en question est une invitation à la soumission totale. Dites-moi si je me trompe, mais il me semble qu’une relation sado-masochiste n’est pas basée sur un consentement définitif, d’où l’existence des mots de passe, des mots choisis parce qu’on ne risque pas de les crier par accident dans le feu de l’action (spéciale dédicace à Iron Bull de Dragon Age Inquisition ;). Une relation sado-maso ne peut fonctionner de façon saine et mature que dans la mesure où l’on respecte son partenaire. C’est un jeu sexuel, et PAS un mode de vie, et certainement pas un modèle sentimental, parce que si c’était le cas, le dominant serait clairement un dangereux narcissique… Je vous invite chaleureusement à lire cette chronique de Vivien Leigh à propos de Rush qui m’a beaucoup fait rire, et qui contrairement aux autres posts de blog sur le sujet montre sans ambages le véritable contenu du livre, décrit ailleurs comme une belle histoire d’amour.

 

Florilège

 

Je ne résiste pas à l’envie de vous faire partager des morceaux choisis, des extraits copiés-collés que j’ai trouvé sur ce blog[4], et que j’ai envoyés à mon chéri pour le faire rire, en espérant que cela vous divertisse de même :)

 

Beautiful player, Christina Lauren

– Mais que fais-tu?

Il fixe mes bras croisés sur ma poitrine.

– Mes seins me font mal. Je me demande comment font les garçons.

– Eh bien, nous n’avons pas…

Il ponctue ses paroles d’un geste vague vers ma poitrine.

– Oui, mais le reste? Par exemple, tu cours avec un caleçon?

Bordel de merde, que m’arrive-t-il ? Problème n°1 : je dis tout ce qui me passe par la tête.  Je n’ai jamais été très très subtile, et la présence de Will me perturbe assez pour m’empêcher de réfléchir avant d’ouvrir la bouche.

Il me regarde, l’air désorienté, et manque trébucher sur une racine.

– Quoi?

Je répète très distinctement.

– Un caleçon. Ou tu portes quelque chose de spécial pour empêcher tes parties de…

Un énorme éclat de rire m’interrompt, qui résonne dans le parc glacial et silencieux.

– Ciel.

– Je suis seulement curieuse.

– Ouais, pas de caleçons, répond-il après s’être repris. Ça bougerait trop là dessous. Particulièrement dans mon cas.

– Tu as trois couilles?

Il me lance un regard amusé.

– Puisque tu veux tout savoir, je porte un short de course. Conçu pour le confort des hommes.

– J’imagine que les filles ont de la chance. Rien qui… se balance. Tout est compact.

Nous arrivons sur un plat, nous ralentissons pour marcher un peu. Will éclate à nouveau de rire.

– J’ai remarqué.

– Tu es l’expert.

Il a l’air sceptique.

– Quoi ?

Mon cerveau essaie désespérément de m’empêcher d’aller jusqu’au bout de ma pensée. Trop tard.

– L’expert en … chattes. »

 

Fight for love, Katy Evans :

La foule devient dingue, appelant « Riptide ! Riptide ! » sans s’arrêter. Et puis le silence se fait comme si quelque chose d’indescriptible venait de se passer. J’ai a peine le temps de me demande pourquoi que j’entends des pas derrière moi. Une main attrape la mienne, des frissons me parcourent alors que je me retourne.

– Qu’est-ce que…

Je bredouille en avisant un torse d’homme puis, en relevant la tête, des yeux bleus qui brillent. Je perds le contrôle. Il est si près de moi que son odeur me fait l’effet d’un shoot d’adrénaline.

– Ton nom, murmure-t-il, haletant, ses yeux sauvages dans les miens.

– Euh… Brooke.

– Brooke comment ? dit-il sèchement.

Il a un magnétisme animal si puissant que ma voix se brise. Il a envahi mon espace,il est tout autour de moi, il m’absorbe, il prend mon oxygène et je n’arrive plus à contrôler les battements de mon cœur. Je suis là debout, tremblante malgré la chaleur, concentrée sur l’endroit de mon corps où il a posé sa main. Dans un effort surhumain je lève ma main libre et regarde Mélanie qui arrive derrière lui, les yeux écarquillés.

– C’est Brooke Dumas, dit-elle et elle donne joyeusement mon numéro de portable. À mon grand regret.

Ses lèvres se retroussent et il me regarde.

– Brooke Dumas…

Il a prononcé mon nom comme s’il le baisait, et devant Mel en plus. Alors que je sens sa langue s’enrouler autour de ces deux mots, que j’entends sa voix grave, le désir coule entre mes jambes. Ses yeux sont brûlants et j’ai le sentiment de lui appartenir. Personne ne m’avait jamais regardée comme ça avant.

Il fait un pas en avant, et sa main humide glisse sur ma nuque. Mon cœur bat la chamade quand je vois sa tête brune se baisser pour me donner un petit baiser sec sur mes lèvres. J’ai l’impression qu’il pose sa marque. Comme s’il me préparait pour quelque chose d’exceptionnel. Quelque chose qui pourrait à la fois changer et détruire ma vie.

 

Crossfire, Sylvia Day :

« – Votre relation a-t-elle été intensément sexuelle dès le début ? demanda-t-il.

– Nous sommes très attirés l’un par l’autre, acquiesçai-je.

– De toute évidence, commenta-t-il avec un gentil sourire. J’aimerais cependant discuter avec vous de l’éventualité d’une période d’abstinence pendant que nous…

– C’est absolument hors de question, l’interrompit Gideon. Je suggère que nous nous concentrions sur ce qui ne fonctionne pas sans éliminer l’une des rares choses qui fonctionnent.

– Je ne suis pas certain que cela fonctionne vraiment, Gideon, observa le Dr Petersen d’un ton égal. Pas comme cela le devrait.

Gideon cala la cheville sur le genou opposé et se carra dans le canapé – l’image même de l’inflexibilité.

– Docteur Petersen, déclara-t-il d’un ton grave, la seule façon que j’aurais de me retenir de toucher Eva serait de me donner la mort. Trouvez un autre moyen d’arranger les choses entre nous. »

 

Du coup, on lit quoi ?

 

C’est là où le bât blesse : bien qu’intéressée par le sujet, je ne m’y connais guère. Je peux cependant vous orienter vers les sagas de Laurell K. Hamilton. C’est de la bit-lit, donc du fantastique, oui, mais ce n’est pas la seule raison qui me fait apprécier les séries Anita Blake et Meredith Gentry. C’est intelligent, drôle, parfois cruel. Les rapports de force ne se réduisent pas à un homme (ou une femme) dans la position du dominant, qui fait exécuter le moindre de ses caprices au (à la) soumis(e). La saga des Anita Blake développe des rapports complexes entre les différents protagonistes, et aborde la question du pouvoir au sens large (dans la société, dans les relations humaines, entre les différents groupes aussi bien qu’entre les individus). La saga Meredith Gentry est un pur fantasme, mais bourré d’imagination et de situations cocasses. Le côté fantastique fonctionne ici comme un véritable outil, car il permet de créer des personnages hors du commun, et donc des expériences sexuelles plutôt exotiques (comme avec Sholto, le beau gosse à tentacules).

Si quelqu’un passe par là et a une bonne série ou un bon roman à me conseiller sans jeune fille naïve et bad boy plein aux as, je suis preneuse :)

 

 

Après tout ça, il me semble de bon ton d’écouter les maîtres de la reprise pop ironique :)

Become the citizen of the first global state of the universe! (yay!)

 

[1] Pour ceux qui, comme moi, ont toujours un doute sur la prononciation, Wordreference me confirme que c’est bien [twaïlaït] 😉

[2] J’ai trouvé cet extrait ici.

[3] Oui, encore une référence à Links, dont j’apprécie beaucoup la chaîne youtube 😉

[4] Si les auteures de ce blog viennent à me lire : je n’ai aucune intention de vous froisser. J’ai apprécié de lire vos chroniques, qui m’ont d’ailleurs été très utiles pour mon travail, merci !

Des projets, des logiciels, Albi et des peintres

Après un début d’année professionnellement glacial et personnellement lunaire (insérez ici le sens que vous souhaitez donner à cette expression), le temps s’adoucit et la vie aussi (et apparemment ça me rend poète).

Des nouvelles très bientôt concernant mes projets et mon actualité en traduction, mais il est encore un poil trop tôt pour en parler « officiellement » (je préfère avancer dans lesdits projets, et l’actualité n’est pas encore tout à fait d’actualité).

Alors je vais rester un peu plus triviale. Je me sens d’humeur légère, alors pas de « nourritures spirituelles », mais des trucs. Avec beaucoup de post-scriptum.

Atmosphère : j’écoute Trust, les Sex Pistols et les Ramones en buvant du bourbon.

 

Antidote. Le coup de foudre au premier regard. Le logiciel permet de visualiser facilement les diverses parties du discours, il analyse intelligemment la logique de la phrase, il suggère des choses, et repère toutes ses petites scories agaçantes comme les doubles espaces.

antidote

Ici, je lui ai demandé de surligner tous les adverbes pour vois s’il n’y avait pas trop de -ment.

 

L’application Kindle pour PC. Je suis fascinée par une fonction en particulier : en faisant un clic droit sur un mot, j’obtiens directement la définition du dictionnaire ! Immensément pratique pour les textes en anglais. Et moi qui suis une lectrice n’utilisant pas de marque-pages et perdant systématiquement ses marque-pages, ici l’application s’en souvient à ma place. Ce n’est pas grand-chose, mais c’est cool.

 

La semaine dernière, j’étais à Albi pour la Semaine de l’édition organisée par les bénévoles du Frigo (ainsi nommé parce que les locaux semblent frisquets à ces sudistes qui se plaignent dès que la température est sous les 20°… et aussi parce qu’il y a de la bière au frais). Invitée à discuter du métier de traducteur avec mon ex-tuteur Jean-Daniel Brèque (ex-tuteur, mais toujours Yoda en puissance), proclamé par moi-même rockstar de la traduction (je ne peux pas faire autrement, il a traduit notamment deux immenses classiques de mon adolescence, Âmes Perdues de Poppy Z. Brite, et Le Royaume des Devins de Clive Barker). Très gentiment accueillis par la traductrice Michelle Charrier, nous avons passé un chouette séjour dans cette ville magnifique (non, comme d’habitude, je n’ai pas pris de photos, demandez à Google). Je ne connaissais pas les villes du sud-ouest et j’ai donc découvert la couleur si particulière des matériaux, entre le rose et l’ocre. Je me serais crue dans une BD d’Astérix, quand ça se passe dans une ville romaine. J’ai pu visiter le musée Toulouse-Lautrec, et je suis navrée de vous apprendre que je n’aime PAS Toulouse-Lautrec. Traitez-moi d’inculte, mais voici ce que j’ai retenu de ma visite : Toulouse-Lautrec était un type qui avait souvent la flemme de peindre un arrière-plan, et qui passait sa vie au bordel ou au cabaret.

Par contre j’ai découvert dans un catalogue le travail du peintre surréaliste Alfred Kubin, qui m’a hautement intriguée.

kubin

Et dans la galerie d’art moderne, les personnages fantomatiques du peintre symboliste Eugène Carrière :

carrière

carrière2

En tout cas, je reviendrai avec plaisir dans le sud-ouest, j’ai été charmée par le peu que j’ai vu. Prochaine étape : Toulouse !

Sur ce, douce soirée à vous.

 

PS : Au fait, qui se souvient de cette délicieuse et si stupide chanson ? (le clip vaut le détour)

PS II : Réflexion philosophique. Après sauvegarde, je suis prise d’un vertige métaphysique en m’apercevant que ma vie entière tient en 2,17 Go. C’est la taille de mon dossier Mes Documents, avec le boulot, les études, les images, les textes persos, les textes créatifs… 2,17 Go. On est bien peu de choses :)

PS III : Un peu de bonne humeur dans ce monde de brutes, grâce à mon deuxième Norvégien préféré (mais qui est le premier ?…)

Nourritures spirituelles d’avril

Certains râlent que ce blog n’est guère alimenté, c’est que je n’ai pas grand-chose à raconter ces temps-ci, mais voici tout de même quelques petites choses cool en vrac. (même mon langage se détériore…)

Cette semaine, ou disons les deux dernières semaines, j’ai…

— Passé un test de traduction pour la grande agence SDL (qui édite également le logiciel de TAO de référence, Trados). Le client pour lequel ils me veulent, c’est… Google ! Je croise les doigts.

— Regardé la bande-annonce du prochain Guillermo del Toro, Crimson Peak, que j’ai trop hâte de voir.

 

— Baillé devant Interstellar. Nolan a failli me faire craquer en enchaînant les séquences lentes où la révélation finale était annoncée, repoussée, annoncée, repoussée… Le scénario m’a laissée perplexe, et j’ai été déçue car j’ai trouvé le début de film très prenant, intrigant, grandiose, même. J’ai décroché dès lors que Matt Damon apparaît (ce n’est pas de sa faute, hein !). Et puis quoi, même Scott et moi, sans rien y connaître et sans qu’on se trouve sur la planète, on a vu en une seconde qu’il y avait un tsunami qui se précipitait sur nos héros ! Et grosse déception sur la musique : après Inception et Dark Knight, je m’attendais à mieux…

 

— Beaucoup rigolé devant ce vieil organigramme sur lequel je suis tombée par hasard :

vrai travail

 

— Terminé un bouquin plutôt cool d’Olivier Peru, qui est à la fois auteur, dessinateur, et scénariste. C’est lui qui a fait les dessins dans Hero Corp. Martyrs, dont je viens de lire le premier volume, est une série sans prétention plutôt ciblée jeunes adultes à mon avis, qui se lit très agréablement, dont le rythme est soutenu et l’intrigue bien ficelée. L’histoire se déroule dans un univers medieval fantasy, le héros est un jeune assassin doté de certains pouvoirs surnaturels. Je souligne la qualité de l’écriture, très précise, et notamment pour les scènes d’action dont je suis preneuse.

martyrs

 

— Découvert que j’avais bien un problème de batterie et non d’alternateur, que j’avais un son de ouf dans ma bagnole, et une nouvelle façon révolutionnaire de faire le kéké : de l’aggrotech à fond dans une voiture dégueulasse (vous me connaissez, alors si je vous dis que ma voiture est…blanche, vous imaginez à quoi elle ressemble). Toute la bagnole vibre quand j’écoute ça, de la pure jouissance :

— Craqué sur une promo et acheté The Witcher II. Admirez la cinématique d’intro !