Traduction

Des nouvelles !

Je n’ai pas écrit ici depuis bien, bien longtemps. Pas seulement ici, d’ailleurs : il y a plusieurs personnes qui attendent toujours un courriel de ma part ! Il y a plusieurs raisons à cela, du moins pour ce blog : tout simplement, je n’avais rien à dire, ou alors j’étais occupée à autre chose. Car si je n’écris guère ici, cette année est pour moi assez exceptionnelle concernant la fiction, alors je commencerai par là.

Ce que j’écris

Mon roman grossit à vue d’œil, et je ne vous parle même pas de la fan-fiction sur Fairy Tail, qui a enflé comme… Attendez, j’essaie de trouver une métaphore adéquate. Comme quand on laisse une casserole de lait sur le feu : dès que ça bout, ça déborde à vitesse grand V. Non, je ne suis toujours pas persuadée du bien-fondé de cette métaphore. Surtout pour un yaoi. Bref !

Un mot concernant le roman, provisoirement intitulé Failles-Mortes, du nom d’une vieille forteresse, mélange de Dros Delnoch dans Légende de David Gemmell (qui reste un roman très cher à mon cœur) et de Fort-Céleste dans Dragon Age : Inquisition. J’ai dû commencer à l’écrire au printemps 2016. Il y a eu des périodes de traversée du désert. Là, je suis dans les trois cent pages et force est de constater que je suis encore très loin d’en avoir terminé ! Mais je vous en parle quand même, histoire que vous ayez une idée de ce qui occupe une bonne partie de mes soirées : il s’agit d’un roman de fantasy, ça tire un peu du côté de l’heroic fantasy, mais c’est loin de ressembler à un David Gemmell (que je lis beaucoup en ce moment). Des batailles, des combats, il y en a, mais il ne s’agit pas du centre du roman. Nous sommes dans un monde technologiquement médiéval. Pas de magie à proprement parler, mais des « esprits », des créatures mystérieuses, invisibles, qui ont le pouvoir de modifier le réel à leur gré, de posséder les gens, et qui ont une fâcheuse tendance à se foutre de la gueule des humains.

Dros Delnoch, par Didier Graffet.

Dros Delnoch, par Didier Graffet.

En très gros, le roman est l’histoire des relations complexes entre les humains et ces entités. J’ai une demi-douzaine de personnages principaux, dont la vision du monde diffère, et donc dont les intérêts divergent. Que penser des esprits ? Faut-il chercher à les contrôler ou à cohabiter ? Vous ajoutez à ça de sombres histoires de famille, des histoires d’amour, des problèmes d’estime de soi et l’obsession de la quête de sens, de justice et de stabilité dans un monde qui ne cesse de changer – littéralement – à cause des esprits, et voilà la matière de base de mon livre.

Inutile de faire un résumé, puisque je n’ai pas terminé, mais voici comment tout ça commence : Sophia, gardienne d’une antique citadelle du nom de Failles-Mortes et liée aux esprits par un pacte dont elle a seule connaissance, est assassinée. En effet, une armée menée par une coalition de représentants de vieilles familles nobles dont les lignées et la gloire sont en train de s’éteindre cherche à s’emparer de la forteresse, persuadée qu’elle y trouvera le pouvoir nécessaire pour rétablir une forme de domination humaine sur un monde qui leur échappe. Trois personnages arrivent sur les lieux presque en même temps que la coalition, mais pour des raisons totalement différentes : un duo de voleurs en quête d’un trésor et un alcoolique possédé en quête de solutions pour se débarrasser de ses hôtes indésirables. Et je ne préfère pas en dire davantage, sachez juste qu’il y a au programme des voyages dans des terres exotiques, des « confessions au coin du feu » dans l’esprit de Warcraft le film mais hopefully en beaucoup mieux, des scènes de sexe torrides (pas si nombreuses que ça, mais bon, on ne se refait pas), et des questionnements et remises en question torturés qui ne surprendront probablement pas ceux qui me connaissent bien.

Voilà. Il me faudrait un agent pour me vendre, non ? Parce que si j’agrafe cette présentation-là à mon manuscrit pour de futurs éditeurs, je suis pas sûre qu’ils prennent…

Oh, et note pour Kalys : attends avant de lire le chapitre sept, Fertesol, je l’ai tellement bricolé qu’il vaut mieux que je te le renvoie avec le chapitre huit, dans l’ordre, et avec une meilleure présentation, je sais comment faire maintenant :)

fanfictionEt pour la fan-fiction, eh bien… J’ai déjà dit que c’est un yaoi (qui comprend aussi quelques scène yuri, soit dit en passant), et que c’est une fan-fiction de Fairy Tail. Donc j’ai déjà dit tout ce qu’il y avait à dire dessus (ce qui ne m’empêche pas d’en être très fière!). Ah, et c’est un Gratsu, les true sauront ce que ça signifie. Si ça vous intrigue, c’est accessible si vous avez plus de dix-huit ans. Ou si vous prétendez avoir plus de dix-huit ans. Personnellement, je ne crois pas qu’il y ait quoi que ce soit de choquant dans ce que j’écris, mais là tout de suite, je n’ai pas envie de me lancer sur un débat sur la censure (bien que j’aie beaucoup de choses à en dire, disons simplement que ce sera pour un autre billet !).

Quand je travaille !

Parce que ça m’arrive, parfois, entre deux scène de yaoi. Les traductions, donc ! J’ai le plaisir de vous dire que ça va bien sur ce plan ! Depuis le début de l’été, je travaille régulièrement avec Exequo, agence française de localisation jeux vidéo. Actuellement à mon palmarès, Outreach, un « walking-simulator », paraît-il qu’il faut appeler ça, et vu que je l’ai traduit en entier, je peux vous dire que vous allez aimer l’intrigue, originale et flippante, Durango, jeu de survie coopératif sur mobile dans un monde avec des dinosaures (trop vaste pour un seul traducteur, on était plusieurs) et Surviving Mars (pareil, à plusieurs), jeu de gestion où il s’agit d’installer une colonie viable sur Pluton. Mais non, sur Mars, évidemment ! J’ai vu que vous ne suiviez pas.

durangoParallèlement, je continue mon travail de sous-titrages pour Visual Data, et le principal client reste Netflix (qui apparemment ont vraiment nagé dans la panade avec leur histoire de test. Et oui, je sais que « nager dans la panade », ça n’existe pas.). En ce moment, encore des vérifications de sous-titres Star Trek, sinon, des séries Disney, des émissions de bagnoles (Drive, oh my god. Si vous êtes fans de voitures, je vous déconseille mes traductions) et de cuisine (Mind of a Chef, ou la branlette pour les fins gourmets) ont été mon boulot quotidien ces derniers mois.

Mes revenus en traduction, quoique toujours un peu justes, m’ont permis de me détacher de toute activité de rédaction. Quitte à bosser dur, j’en ai eu assez de bosser pour des clopinettes, alors j’ai tout arrêté pour me consacrer à la traduction et à l’écriture.

Nouvelles en vrac

  • Esprit critique m’en a donné la confirmation : j’ai un alignement chaotique bon. Chouette vidéo, merci F. !

  • Bonne nouvelle : je crois que mes voisins ont disparu par le portail qui s’est ouvert entre notre monde et le suivant à Halloween et ont été remplacés par des fantômes. Je ne vois aucune autre explication rationnelle au silence qui règne dans l’immeuble.

  • Je regarde trop de films d’horreur. Mais je n’en suis pas encore au point d’avoir vu celui avec Ben Laden qui revient en zombie. Quoique, « The Axis of Evil Dead », c’est tellement bien trouvé que je devrais peut-être.

axis of evil dead

  • Je regarde Log Horizon, et c’est bien, même très bien. J’ai passé tout un épisode à pleurer.

  • Je ne regarde toujours pas, mais je suis devenue totalement accro à l’OST de Naruto Shippuden. Yasuharu Takanashi!! C’était le nom d’un compositeur crié par une fan, pas une insulte en japonais, au cas où vous auriez un doute.

  • J’ai découvert le sens de la vie. Mais je ne vous dirai rien.

Kata ton daimona eaytoy.

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Localisation jeux vidéo et financement participatif : Pillars of Eternity et Torment: Tides of Numenera

La localisation jeux vidéo, un travail d’amateur

Il y a quelques temps, je vous parlais d’un projet tombé à l’eau pour la localisation de Torment: Tides of Numenera, paru début 2017. Il s’agit d’un RPG à l’ancienne du style Baldur’s Gate, la forme vidéoludique  la plus proche du jeu de rôle avec papier/stylo/dés. On m’avait donc proposé de participer à la traduction, ou plus exactement, de réviser une traduction catastrophique. Pour cela, on me proposait des conditions de travail carrément inacceptables, que j’étais prête à accepter quand même, car j’avais très, très envie de travailler sur ce projet. J’étais censée être rémunérée 0,04 centimes du mot, et réviser les traductions à un rythme fou de 4000 mots/jour. Ces tarifs et ces quantités donnent un premier indice sur ce que les développeurs JV y connaissent en localisation : absolument rien. En effet, réviser une traduction catastrophique, c’est un boulot complexe, très gourmand en temps et en énergie. Demander des tarifs (déjà très bas) de relecture pour un tel travail, c’est du foutage de gueule. Réécrire (et non pas relire, j’insiste) toute une traduction au rythme de 4000 mots par jour, je vous le dis, c’est du travail d’esclave. Peu importe, je le voulais, ce job. Une semaine plus tard, mon contact (un travailleur indépendant, comme moi), m’a informée que la boîte avait trouvé moins cher. J’étais atterrée. Je me suis demandée dans quel pays à minuscule PIB ils avaient déniché des gens prêts à travailler pour moins que ça. Hier, j’ai enfin eu ma réponse.

tormentEn effet, un charmant couple d’amis à qui je fais de gros bisous m’a offert le jeu, et j’ai aussitôt commencé à y jouer (pas par esprit revanchard pour pouvoir le descendre, j’adore ce type de jeu et j’étais impatiente de voir ce que celui-ci valait). Il ne m’a fallu que quelques heures de jeu pour avoir la certitude que la traduction avait été faite par des amateurs. Et pour de la traduction amateur, c’est bien. Mais compte tenu du nombre de fautes (orthographe, accords, fautes de frappe), de l’aspect très calqué de la traduction (la phrase française suit religieusement la tournure de la phrase anglaise), et de certaines bizarreries de formulation, pour moi la question ne fait guère de doute.

À l’époque, j’avais déjà tiqué sur un jeu du même genre, et également financé par Kickstarter, que j’avais aussi adoré, Pillars of Eternity. Dans ce cas, la traduction était catastrophique et il a même été question de modder le jeu pour y apporter une traduction française corrigée, c’est dire (quand on voit le document de travail de ces bénévoles pleins d’entrain, on a déjà de la peine pour eux en constatant l’ampleur de la tâche). Ces deux exemples m’amènent à un constat qui me désole et m’agace tout à la fois : le volet traduction, dans le processus de production d’un jeu vidéo, est considéré comme accessoire par ces studios qui font appel au financement participatif. Ils ne prennent pas la peine de payer des professionnels, pensant peut-être que « n’importe qui peut le faire ». Peut-être croient-ils que la traduction, c’est remplacer un mot en langue A par un mot en langue B, et effectivement, dans ce cas, il suffit d’ouvrir son dictionnaire et de se mettre au boulot.

De l’importance du texte dans un RPG traditionnel

Je trouve ça d’autant plus ironique que dans les deux cas cités, on parle de jeux de rôle à l’ancienne, autant dire que le texte est au moins aussi important que l’environnement du jeu proprement dit. Une énorme partie de l’immersion se trouve là : on vous raconte plutôt qu’on vous montre. Vous rencontrez un personnage dont vous ne voyez que l’aspect général, le texte vous indique à quoi il ressemble précisément, la manière dont il s’exprime, ses tics, et même ce que votre personnage éprouve à son égard.  Dans ce genre de jeu, aimer lire, se plonger dans un univers complexe, prendre son temps, sont des prérequis. Le texte d’un RPG vidéoludique est l’équivalent du récit et des commentaires du maître du jeu quand on joue autour d’une table. De plus, des jeux comme Pillars of Eternity et Torment emploient une langue littéraire, parfois volontairement désuète, ornée de métaphores et d’expressions poétiques. Il s’agit donc d’un texte complexe, parfois épineux à traduire, qui demande une sensibilité littéraire en langue source comme en langue cible. Un traducteur technique suerait probablement sang et eau à s’attaquer à ce genre de texte :

pillars-of-eternity-textQuand la localisation passe par la case « on s’en fout on n’a pas de budget », on aboutit au mieux à un travail approximatif, à une qualité médiocre mais acceptable, comme c’est le cas pour Torment: Tides of Numenera. Au pire, on se retrouve avec des phrases boiteuses que l’on peine à déchiffrer, et des formulations troublantes : lit-on une expérimentation surréaliste ratée, ou essaie-t-on de nous immerger dans une atmosphère particulière ? Avec la quantité de texte recelée dans un jeu comme Pillars of Eternity, on finit par avoir envie de pleurer :

pillars-of-eternity-traduction

Financement participatif : pas de budget pour la localisation ?

La localisation, dans ce type de jeu vidéo où la narration passe essentiellement par le texte, est donc confiée à des traducteurs amateurs, quand bien même, et c’est là peut-être le plus ironique, les financements apportés grâce à Kickstarter dépassent largement le montant demandé à l’origineCe sont quatre millions de dollars que récolte Obsidian Entertainment, qui en espérait un seul.  Quant à Torment: Tides of Numenera, il dépasse le record établi par Pillars of Eternity, avec un objectif initial à peu près similaire. Vous avouerez qu’il est difficile de croire qu’il n’y avait pas de budget pour la traduction : j’en conclus donc que la localisation est considérée au mieux comme un bonus. Ce qui est un non-sens dans un jeu qui s’appuie à ce point sur le texte.

torment-tides-of-numeneraMais voilà, il semble que les studios de développement et les éditeurs ne soient pas les seuls à se foutre de la qualité de la traduction. J’ai bondi quand j’ai lu le test de Gamekult, qui nous explique que « le tout jouit d’une localisation française au top, bien loin des séances de Google Translate observées chez certains représentants récents dans le genre. » « Bien loin de Google Translate » ?!! Quand on part d’un standard aussi bas, la moindre tentative maladroite de traduction relève forcément du génie ! Une localisation « au top » ? Une traduction comportant des fautes, des écarts de niveau de langue, des formulations maladroites calquées de l’anglais, des incohérences dans les choix de traduction (on passe par exemple allègrement du « vous » au « tu »), c’est ça, le « top » ? C’est malheureux, mais si le niveau d’exigence est bas, on voit effectivement mal pourquoi les studios s’embêteraient à payer des professionnels.

*

Je conclus avec un instant promo : si vous voulez jouer à un jeu traduit par une professionnelle, c’est-à-dire : moi :) , vous le pourrez d’ici la fin de l’année avec Outreach, un jeu d’aventure spatiale à la première personne où l’on incarne un cosmonaute enquêtant dans une station spatiale russe, dont l’équipage a mystérieusement disparu, dans un contexte de guerre froide. Une intrigue bien ficelée, une atmosphère inquiétante, ce premier jeu des studios britanniques Gambitious me paraît prometteur !

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Quoi de neuf ? Dernières traductions et actualités

Juste un petit billet pour vous dire ce qui se passe.

Je suis en train de préparer un billet pour la catégorie Creepy Nights, où je vais continuer ma chronique du catalogue horreur de Netflix sous l’angle d’une problématique : la réception des films d’horreur pour les amateurs pas encore blasés mais bien rodés du genre.

Cependant, je peine à l’écrire non pas parce que c’est compliqué, mais parce que j’ai beaucoup à faire ces temps-ci. Mes employeurs indiens et californiens de Visual Data me mettent la pression pour traduire une série de documentaires massifs pour le compte de Netflix. J’ai déjà entamé un cycle de trois semaines de boulot 7/7j. De l’évolution d’homo sapiens à la Deuxième Guerre mondiale, j’apprends plein de choses passionnantes, et je vous invite d’ailleurs, pour les abonnés, à faire un tour dans la section « documentaires » de Netflix, qui s’agrandit à vue d’œil et pour laquelle j’ai pas mal travaillé ces derniers temps (notamment pour la traduction du documentaire sur les Rolling Stones Crossfire Hurricane et celui sur le personnage plus qu’étrange de John McAfee (Gringo, The Dangerous Life), créateur du premier antivirus au monde). Et non, ce n’est pas « corporate », Netflix n’est pas mon employeur, simplement, je suis fière de mon boulot, et je trouve ces documentaires réellement intéressants :) J’en ai aussi fait un sur Joe Cocker et sur Bruce Springsteen, pour les amateurs.

C'est pour ça que ça existe, les traducteurs professionnels.

C’est pour ça que ça existe, les traducteurs professionnels.

Notons d’ailleurs ceci : si je vous en parle ouvertement, c’est que j’en ai le droit. D’ordinaire, dans l’industrie de la traduction, on a l’habitude d’être des petites mains de l’ombre sous-payées qui n’ont même pas l’insigne honneur de revendiquer leurs propres traductions. Dans le monde de l’audiovisuel, les choses changent. La norme est devenue d’indiquer le nom du traducteur à la fin de la vidéo. J’ai été très surprise quand mon employeur me l’a annoncé : je suis habituée aux pas en arrière, pas aux avancées. Pour la première fois dans ma jeune carrière, je peux revendiquer ouvertement être l’auteure de ces traductions, alors je ne m’en prive pas. Sur ce même sujet, je prévois un article sur la localisation du jeu Torment: Tides of Numenera, mais pour cela, il faudrait que j’ai le temps d’y jouer, ça va donc devoir attendre. Pourquoi ? Parce qu’on m’a proposé de traduire ce jeu pour 0,04 € du mot, 4 500 mots par jour, avec cette précision apportée par mon collègue qui m’en parlait : « la trad est parfois à réécrire, parfois non. » Il s’agissait en fait de revoir une traduction complètement loupée, et je sais par expérience que ce genre de travail demande souvent plus de temps qu’une simple traduction. Autant vous dire qu’à ce rythme-là, à ce volume-là, avec une deadline d’un mois (sur un RPG old-school, autant dire la taille d’un roman en terme de texte), c’était payé une misère. Le projet a été annulé : ils ont trouvé moins cher. Ce genre de mésaventure dénote pour moi un profond malaise dans le métier, et j’aurai l’occasion de revenir là-dessus en temps voulu.

À côté des activités professionnelles prenantes, j’avance sur mon roman déjà vieux de presque un an, mais fort d’environ 130 pages et très loin de se terminer, et je m’adonne de nouveau aux plaisirs de la fan-fiction avec un yaoi à base de Fairy Tail que je publie ici (quatrième chapitre en cours d’écriture !). Et dans ce qu’il me reste de temps… je dors et je regarde Full Metal Alchimist… Et tout ça, c’est sans compter Mass Effect: Andromeda qui arrive dans quelques jours. Après, j’ai toujours le temps pour un café ou une petite mousse, pas d’inquiétudes ! J’espère que vous allez bien, en tout cas !

Edit du 21 mars : j’ai oublié de vous annoncer quelque chose qui me tenait à cœur. J’ai enfin pu lâcher l’un de mes employeurs chez qui je m’ennuyais depuis deux-trois ans à écrire des articles en rédaction web, payés une misère, grâce à la remontée fulgurante de mes revenus associée à mon travail en sous-titrage. J’ai passé mes trois premières années post-diplôme dans une grosse galère professionnelle et financière, jusqu’au point où j’ai très sérieusement envisagé la réorientation, et je rêvais de voir ce jour arriver. Comme quoi parfois, l’acharnement, ça paie.

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Trois heures du matin t.4 : David H. Keller

David H. Keller, Trois heures du matin T.4J’ai découvert David H. Keller un peu par hasard, en me promenant sur le blog passionnant de Sean Eaton, un grand amateur de littérature pulp. Au sein d’un article sur le genre du conte cruel, il évoquait la nouvelle de David H. Keller intitulée The Doorbell. Très intriguée par ce texte, je me suis procuré un recueil où figurait ce récit, et, ni une ni deux, j’ai décidé de consacrer le prochain volume de la collection à cet auteur.
La Sonnette, qui ouvre ce recueil, est un texte glacial et glaçant, à l’instar de Un carré de linoléum. Ce style de narration technique, presque chirurgicale, qui déploie son histoire de manière implacable, m’a évoqué les nouvelles de Poe tout aussi bien que des slashers beaucoup plus modernes. Ces textes m’ont réellement impressionnée, et c’est pourquoi je suis heureuse de vous les présenter aujourd’hui.
En ce qui concerne La Branche dorée, dernier titre du recueil, l’histoire est quelque peu différente. Les lecteurs seront sans doute frappés par l’écart entre ce texte et les autres, tant au niveau de la tonalité que de la thématique. Dans La Branche dorée, on se situe dans un registre plus proche de la mythologie, de la mystique et de la psychanalyse. Ce texte est celui qui m’a donné le plus de fil à retordre, probablement parce qu’il est parvenu à me faire éprouver une fascination quasi hypnotique que je ne m’explique pas. Il arrive en effet parfois qu’au cours de ses lectures, on tombe sur des mots qui nous semblent être l’écho d’un rêve ou bien la formulation d’un désir enfoui. The Golden Bough était de ces œuvres, pour moi.
David H. Keller est un auteur surprenant à plus d’un titre, mais qui semble étrangement négligé par la mémoire littéraire américaine. J’espère qu’à travers ces quelques pages, vous le trouverez aussi intéressant que moi !

À acheter sur Amazon pour 0,99€ !

Anthologie Ténèbres 2016

En rentrant de vacances il y a deux jours, j’ai eu le plaisir de trouver l’anthologie Ténèbres 2016 qui m’attendait dans ma boîte aux lettres. Cette anthologie annuelle dirigée par Benoît Domis recueille des nouvelles de fantastique et d’épouvante écrites par des auteurs anglophones et francophones. Comme l’année dernière, j’ai eu l’honneur d’y participer en tant que traductrice. Cette fois, j’ai traduit une nouvelle d’Anna Yeatts, intitulée Quand j’avais des yeux, je ne voyais rien. Il s’agit d’un court texte mêlant un symbolisme proche de celui de Neil Gaiman à une sordide histoire qui rapproche le texte du genre du conte cruel.

Ténèbres 2016

La couverture de l’anthologie Ténèbres 2016, illustrée par Martin Hanford

Cela fait maintenant huit ans que Benoît Domis publie son anthologie annuelle. Ouverte à tous, l’anthologie est une sélection de passionné, qui fait la part belle aux coups de cœurs. Auteurs amateur ou connus, anglais ou français, y sont sélectionnés pour la qualité seule de leur texte, et pas pour leur CV. Si vous aimez le fantastique et l’épouvante, je ne peux que vous la recommander !

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Trois heures du matin T. 3 : Henry S. Whitehead

Le nouveau volume de Trois heures du matin est arrivé ! Vous pouvez l’acheter ici. Il s’agit donc de la traduction de quatre nouvelles de Henry S. Whitehead extraites du recueil Voodoo Tales, une anthologie réalisée par David Stuart Davis chez Wordsworth, et que je publie sous le titre de Sombres Antilles.

En guise de mise en bouche, je vous propose de découvrir le quatrième de couverture et la note d’introduction !

Sombres Antilles - Henry S. Whitehead

Quatrième de couverture

Sous la plume de Henry S. Whitehead, les Antilles se parent de sombres couleurs. Explorez les mystères de ces îles hantées par les charmes vaudou, à travers la vision à la fois humoristique, étonnée et inquiète de cet écrivain dont les nouvelles partagent une indéniable parenté avec les textes de Lovecraft.

Note de la traductrice

Les trois principaux recueils des nouvelles fantastiques de Henry S. Whitehead, West India Lights, Jumbee, et The Black Beast, ont été récemment réunis en un seul volume par David Stuart Davis pour les éditions Wordsworth. Cet ouvrage, intitulé Voodoo Tales, est paru en 2012, et c’est sur cette édition que j’ai travaillé pour la présente traduction.

 
Whitehead est notamment connu pour son amitié avec Lovecraft, cité par David Stuart Davis dans son introduction : « Il n’a rien d’un prêtre poussiéreux, il s’habille au contraire avec des vêtements de sport, à l’occasion, il jure comme un charretier, et il est entièrement étranger à toute forme de bigoterie ou de suffisance », commente l’auteur des Montagnes hallucinées. Et de fait, la filiation entre les deux écrivains paraît indéniable, notamment dans des nouvelles comme La Mort d’un dieu (Passing of a God en version originale), où l’on dépeint la malveillance d’une déité incalculablement ancienne. Dans d’autres récits du recueil, comme The People of Pan, on retrouve le goût lovecraftien des architectures démesurées et des cultes secrets.

 
Dans les nouvelles vaudou de Henry S. Whitehead, la magie et la sorcellerie font partie intégrante de la vie aux Antilles. L’élément surnaturel, souvent terrifiant, apparaît au beau milieu des trivialités mondaines et de la vie quotidienne. Chaque récit joue sur le décalage entre des situations tragi-comiques allant parfois jusqu’à friser le vaudeville, et la terreur pure inspirée par l’apparition du fantastique.
Les récits de Whitehead, au-delà de leur goût pour le bizarre et l’effrayant, laissent également transparaître la volonté de l’auteur de dépeindre, non sans ironie, les usages de la société antillaise coloniale. La question de la couleur de peau, si centrale, est articulée avec celle du rang social. On distingue plusieurs strates, des plus populaires correspondant à la teinte de peau la plus sombre, aux plus aristocratiques – allant de paire avec un teint clair – à l’exception du mulâtre de Jumbee qui possède toutes les caractéristiques du gentleman, et dont le charme captive l’esprit si rationnel de son auditeur (c’est d’ailleurs dans ce genre de situation qu’on remarque l’ironie critique de l’auteur).

 
Les textes de Whitehead dénotent un certain esprit naturaliste et sociologue qui le rapproche d’écrivains français du dix-neuvième siècle comme Balzac ou Flaubert. En passant par la pseudo-fiction, son narrateur, lui-même écrivain, se fait le témoin et l’analyste d’événements qu’il a vécus, ou qu’on lui a rapportés. Ce narrateur, nommé Canevin, semble incarner un avatar de l’écrivain lui-même. E.F Bleier, spécialiste du fantastique, pense que ce personnage était « un masque dissimulant l’auteur, dont les ancêtres portaient le nom de Cærnavon ». David Stuart Davis commente : « Whitehead prenait un malin plaisir à rappeler que ce nom était composé de « cane » et de « vin » : cane wine, le vin de canne. Autrement dit, le rhum, la spécialité des Antilles. ».

 
Un certain exotisme semble voulu, parfois jusqu’à forcer le trait, et notamment dans la manière dont les personnages s’expriment. Leur accent, même « à couper au couteau », est alors reproduit dans le récit rapporté. J’ai voulu garder l’esprit de comédie et d’ironie, mais j’ai gommé certains paternalismes trop répétitifs : le but était d’intéresser le lecteur aux histoires de Whitehead, et non de détourner son attention en l’exaspérant avec l’esprit colonialiste des textes issus de cette période. Je pense qu’une certaine condescendance est toujours visible, mais, je l’espère, celle-ci n’absorbera pas toute votre attention. Quant au parler des Noirs, j’ai opté pour des termes créoles afin de remplacer l’accent transcrit phonétiquement dans l’original.

 
La dernière nouvelle, Les Lèvres (The Lips), est plus tardive dans la carrière de Whitehead, et apparaît assez différente des autres. Ce dernier texte offre une approche différente, et une tonalité nettement plus obscure. Située dans une période plus lointaine que les autres nouvelles, l’époque de l’esclavage, le récit retient encore cet élément de comédie qui donne tant de piment aux histoires de Whitehead. Cette fois, c’est à travers le grotesque que l’horreur est véhiculée.

*

 
Je profite de cette note pour évoquer le livre de William Seabrook, L’Île Magique, cité par Canevin et son ami le docteur Pelletier dans La Mort d’un dieu. Il s’agit d’un récit de vie davantage que d’un travail d’ethnologue, même s’il représente une source de premier ordre pour un tel chercheur. En effet, William Seabrook est l’un des très rares Blancs à avoir assisté à des cérémonies vaudou en tant qu’invité et ami. Ce livre est non seulement passionnant, mais il traduit aussi un humanisme et une ouverture d’esprit peu communs pour son époque. De plus, ce témoignage a toujours autant de résonance qu’à l’époque de sa publication, en 1929. Je me suis servi du livre pour vérifier certaines traductions ou orthographe des termes vaudous, ainsi que du catalogue de l’exposition « Vaudou », présenté par Michel Le Bris, qui contient de nombreux textes issus de témoignages et d’études anthropologique sur le sujet.

[Des nouvelles de R’lyeh] Henry S. Whitehead

En guise d’amuse-bouche, une semaine avant la parution du troisième volume de la collection Trois heures du matin consacré à des nouvelles de Henry S. Whitehead, je vous propose de découvrir l’analyse de Sean Eaton, spécialiste de Lovecraft, sur deux des nouvelles que je proposerai dans mon livre numérique. Afin de préserver le plaisir de lecture pour ceux qui voudraient lire les textes de Whitehead, je n’ai pas traduit les passages qui donnent des informations sur l’intrigue. Bonne lecture !

Les articles originaux :

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Passing of a God

passing of a god

 

H.P. Lovecraft considérait La Mort d’un dieu (1931) comme représentant « peut-être l’apogée de son génie créatif. » L’histoire implique de nombreux thèmes qui préoccupaient Whitehead, notamment la rencontre avec des croyances liées au surnaturel et une culture étrangère : le vaudou. En 1931, Whitehead a publié six récits. Presque tous abordaient le sujet des pratiques vaudou. La Mort d’un dieu est paru dans l’édition de janvier de Weird Tales, et Whitehead termina l’année en novembre, avec Cassius, publié dans Strange Tales. Ce dernier récit a fait l’objet d’une analyse dans le premier article de la série.

Gerald Canevin est à nouveau le narrateur, comme dans de nombreuses histoires de Whitehead. Il occupe une position similaire à celle de Randolph Carter chez Lovecraft, ainsi que John Astane chez Clark Ashton Smith, et tous les « John » (Kirowan, Conrad ou O’Donnel) dans quelques-unes des histoires d’épouvante de Robert E. Howard. Il constitue un simple spectateur intéressé, qui reconstitue les pièces du puzzle pour le lecteur et observe les terribles événements qui mènent à la conclusion. (Selon une source, « Canevin » serait dérivé de « Cærnavon », le nom ancestral de la famille de Whitehead.)

La majeure partie du récit consiste en une conversation entre Canevin et son ami le docteur Pelletier, « du corps médical de la marine, à présent stationnée dans les îles Vierges ». Mais quelle conversation ! Comme dans Cassius, Canevin doit encourager son ami à plusieurs reprises pour qu’il livre toute l’histoire, impatient comme l’est sans doute le lecteur d’en entendre davantage. Mais Pelletier se montre étrangement hésitant. Dans des termes froids et cliniques, le docteur commence à décrire ce qu’il a trouvé lors d’une opération chirurgicale réalisée sur un gentleman nommé Carswell. La juxtaposition de la conversation rationnelle avec la découverte de la bizarrerie du récit amplifie l’horreur.

L’objectif de l’opération – décrite avec un luxe de détails visuels écœurants – est de retirer une grosse tumeur, apparemment bénigne, du ventre du gentleman. Pelletier introduit son récit avec une théorie sur la nature du cancer :

« …quelqu’un a proposé il y a quelques années une hypothèse assez “folle” pour expliquer l’origine des tumeurs malignes. Cette théorie n’a pas vraiment fait l’unanimité au sein de la profession médicale, mais elle avait au moins le mérite de l’originalité – et elle était nouvelle. Elle bénéficie donc d’un certain crédit et d’aucuns y croient toujours, qu’ils appartiennent ou non à la profession. Elle prétend qu’il existe certains nuclei, ou certaines masses, pour ainsi dire, formées au stade prénatal et qui persistent par la suite. Ce n’est pas un phénomène commun, vous comprenez, mais qui se produit dans certains cas chez les personnes prédisposées à cette horrible maladie. Au stade prénatal, ces amas de tissu ne se développent pas complètement, ou pas normalement. Pour être clair, il s’agit de petites structures corporelles qui ne se sont pas développées. »

Mais il y a plus. Carswell, qui a monté un commerce et vécu en Haïti, est devenu avec le temps un fin connaisseur d’une branche locale du vaudou, qui implique le culte du serpent. Cependant, à l’occasion d’une remarque qui trahit la xénophobie et le chauvinisme américain de la fin des années 20, Carswell déclare :

« Je suis Américain, comme vous. Même après sept ans passés dans les marais, à chasser des canards la majeure partie du temps, sans aucune activité ou habitude me rappelant ma culture blanche pendant un bon paquet d’années, je ne me suis pas “naturalisé” ou quoi que ce soit dans le genre. Je ne voudrais pas que vous pensiez que je suis l’un de ces fainéants. »

Sauf que Carswell s’est, de fait, naturalisé – une inquiétude récurrente chez les représentants des puissances coloniales ou impérialistes qui vivent et interagissent avec les natifs. Il devient un personnage familier et populaire auprès des habitants, et surtout après un étrange incident durant lequel il s’évanouit dans son jardin. Lorsqu’il s’éveille, il se retrouve bardé d’anneaux et de colliers, et est devenu l’objet de la vénération d’une sorte de cérémonie religieuse dont le sens lui échappe. Plus dérangeant encore, une excroissance abdominale – un cancer, selon le diagnostic délivré sept ans plus tôt – a recommencé à grandir, bien que le phénomène ne provoque aucun inconfort.

La Mort d’un dieu constitue une métaphore des dangers de l’intégration raciale et culturelle, dangers qui devaient être nombreux à cette époque. (Voir aussi The Shadow of the Beast, de Robert E. Howard, analysée dans A Racist Nightmare). Il s’agit d’une image frappante : un homme blanc imprégné dans son essence par un symbole des croyances religieuses d’une autre culture. Et plus encore, cette maladie, portée en lui pendant des années et qui aurait pu le tuer, se transforme en une chose vivante, indépendante, qui croît en lui. Le changement peut se révéler terrifiant, et plus encore lorsqu’il provient de l’intérieur.

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Jumbee

Jumbee

Henry S. Whitehead était un ami et un correspondant de H.P. Lovecraft. Avant de déménager à Dunedin en Floride – où Lovecraft est venu lui rendre visite –, il occupait un poste de diacre épiscopal dans une paroisse des Îles Vierges. Plusieurs de ses nouvelles s’y déroulent et impliquent généralement la rencontre avec la culture vaudou.

La plupart du temps, les nouvelles de Whitehead sont bien écrites, sans grandiloquence, et montrent une maîtrise du dialogue et de la structure de la narration plutôt bonne par rapport à d’autres auteurs pulp de la même époque. L’un des enjeux récurrents chez Whitehead est le danger de la fraternisation avec la population indigène des îles : des hommes blancs qui se « naturalisent ».

Jumbee a été publié pour la première fois dans Weird Tales en 1926. Ce numéro contenait d’autres nouvelles, notamment He de H.P. Lovecraft, et la novella d’Edmond Hamilton, Across Space. Il s’agit de l’un des premiers récits de Whitehead sur le vaudou.

Dans Jumbee, « Mr Granville Lee, un Virginien pure souche », c’est-à-dire un fils de la Confédération, consulte un certain Jaffray Da Silva à propos des légendes et pratiques magiques locales. Il désire notamment en savoir plus sur les « jumbees », ces esprits hostiles qui poursuivent les actions malveillantes d’une mauvaise personne après sa mort. Dans l’espoir de guérir de son exposition au gaz moutarde durant la Grande Guerre encore récente, Lee est venu passer l’hiver à Ste Croix.

Da Silva accède à la demande de Lee en lui faisant le récit des événements qui entourent la mort de son ami Hilmar Ivsersen. Lui et Iversen ont passé un pacte : « Celui qui partirait en premier devait tenter d’avertir l’autre ».

Whitehead se sert de son narrateur pour montrer sa connaissance du système religieux local, et sa tendresse pour ses croyances. Celles-ci sont soigneusement décrites par l’auteur, qui parvient à créer ici et là une sensation d’horreur exotique. L’effet est similaire dans le ton à celui de Manly Wade Welleman dans son inventaire des « choses-qui-bondissent-dans-la-nuit » du folklore des Appalaches dans son récit The Desrick on Yandro (1952). Da Silva et son auditeur enthousiaste tiennent pour acquis le fait que tous les éléments qui concernent les Jumbees sont vrais, et aisément observables.

Le portrait que Whitehead fait de son narrateur, Jaffray Da Silva, est intéressant. Au début de l’histoire, il présente à son lecteur une remarquable explication des divisions raciales :

« Mr Jaffray Da Silva possédait un huitième de sang africain. C’était par conséquent, selon les usages de l’île, un homme “de couleur”. Dans les Antilles, ce statut n’a rien à voir avec celui de “Noir”. Mr Da Silva avait reçu une éducation à la mode européenne. Chacun de ses mots et de ses gestes reflétait ses racines du Vieux Continent. Selon les règles et la coutume antillaises, Mr Da Silva était un gentleman de couleur, un statut social aussi net et précis qu’une miniature.
Les Antilles sont abondamment peuplées de personnes comme Mr Da Silva. Bien que différent de celui des gentlemans de couleur en Amérique du Nord, ce statut comporte tout de même certains avantages, dont celui de la logique. Pour un esprit antillais, un homme appartenant à l’élite aux sept huitièmes, même sans les armoiries, doit être traité de la manière qui convient. »

Un peu plus loin, Whitehead relate cette interaction entre Lee, le gentleman sudiste, et Da Silva : « Je vous en prie, continuez, monsieur », pressa Mr Lee, sans s’apercevoir qu’il venait d’utiliser un mot qu’on réservait aux gentlemans de pur sang caucasien dans son Sud natal. »

À quoi assiste-t-on ici ? Whiteman met en scène un homme d’ascendance africaine pour raconter son histoire – c’est Da Silva l’expert – et analyse avec soin ses origines raciales. Le cœur du récit se situe dans l’accomplissement d’une promesse entre cet homme et un ami blanc. Enfin, Whitehead fait dire « monsieur » à son Confédéré lorsque celui-ci s’adresse à Da Silva. Le lecteur moderne peut grimacer devant les préjugés implicites présentés avec nonchalance dans cette histoire, et s’interroger sur cette pseudoscience qui prétend catégoriser les gens à un huitième près de leur lignée sanguine. Que ces idées aient été populaires et largement acceptées à l’époque de Whitehead est un maigre réconfort pour ceux dont les ancêtres ont été opprimés au nom de tels préjugés.

Et pourtant, à la différence de Lovecraft dont les préjugés raciaux et ethniques étaient irrationnels et irréfléchis (et n’avaient substantiellement pas changé à la fin de sa vie), Whitehead fait preuve d’un racisme plus timide, et de davantage de sensibilité à la nuance et aux relations paradoxales entre les Anglo-Saxons et les gens d’ascendance africaine. On est encore loin des droits civiques et de l’éducation à la diversité, mais cette attitude dénote les prémisses des changements de mentalité dans l’Amérique du milieu des années 20.

Travailler à domicile

Dans le même esprit que mon billet sur l’écriture, aujourd’hui j’aimerais parler du travail à domicile. Les avantages, les inconvénients, les difficultés rencontrées… Bref, une nouvelle fois, partager mon expérience sur le sujet !

L’organisation de la journée et les joies de l’improvisation

Les avantages du travail à la maison sont nombreux : personne ne fait les frais de votre mauvaise humeur le matin, vous pouvez travailler en pyjama, pas de patron pour vous surveiller… Quand on aime son chez-soi, on est heureux !
Mais pour moi, il y a un autre avantage de taille : pouvoir improviser. Il m’est arrivé à plusieurs reprises d’avoir envie d’aller me balader en plein milieu de la journée : je l’ai fait sans me poser de questions ! Car en ce qui concerne l’organisation de l’emploi du temps, je fais tout simplement ce que je veux. Avoir la possibilité de s’échapper, à presque n’importe quel moment, pour aller respirer l’air de la forêt et écouter la rivière s’écouler sans rien faire, à mes yeux, ça n’a pas de prix.
Cela dit, je ne suis pas un oiseau de nuit, je préfère les horaires « normaux ». Alors les heures non travaillées parce que je n’avais pas envie ou que j’avais autre chose à faire, je ne les reporte pas le soir, mais le week-end, ou le lendemain matin en commençant un peu plus tôt. Comme chacun sait, le travailleur indépendant est soumis à des lois extérieures, et doit parfois faire face à plusieurs semaines de chômage technique. Mais quand il y a du travail, je bosse en général six jours sur sept, et parfois sept jours sur sept. Je préfère travailler un peu tous les jours que beaucoup sur peu de jours. Comme je vis seule, ma pause-déjeuner se réduit au strict minimum, ce qui me fait gagner du temps. Je ne mange pas mal pour autant : ma technique, c’est de cuisiner plusieurs fois par semaine des plats prévus pour plusieurs repas.

Maintenir sa concentration

À la maison, c’est encore plus facile de se laisser distraire par les sirènes d’Internet, et notamment, dans mon cas, de Youtube… Paradoxalement, c’est de Youtube dont je me sers pour m’aider à me concentrer. Il y a peu, mon cher et tendre m’a fait découvrir quelque chose qui a changé ma vie : l’ambient noise. Je ne dis pas que ça marche pour tout le monde ! Mais pour moi, c’est magique. Les ambiances de vaisseaux spatiaux sont idéales, je trouve qu’elles ont un côté rassurant et enveloppant. Avoir l’impression de travailler à bord de l’Entreprise ou du Normandy, je vous assure, c’est chouette !

Sinon, il paraît que certains sont fascinés par le pouvoir du logiciel Focus@will, qui proposent différentes musiques d’ambiance censées s’accorder avec nos ondes cérébrales. J’ai essayé, mais je préfère l’ambiance du pont du Normandy… On est geek, ou on ne l’est pas ! 😉

L’isolement

Un réel danger guette les travailleurs indépendants, c’est l’isolement. Certaines personnes, dont je fais partie, aiment être seules et se passent plutôt bien de la compagnie des autres. Mais cela ne signifie pas qu’on est prêt à affronter la solide entière et totale. On a toujours besoin des autres. De nos amis proches aux simples connaissances, en passant par un bref échange de mots avec d’illustres inconnus, on a toujours besoin de contact humain. Quand on n’en bénéficie pas ou très peu pendant de longues périodes, on a tendance à se replier sur soi et à développer toutes sortes de pensées négatives. On tombe très vite dans un cercle vicieux. En effet, quand on n’a que soi dans sa vie, on devient auto-centré et cela entraîne toutes sortes de conséquences néfastes : on se met à exagérer les choses, on devient un peu parano, et surtout, on est putain de triste. C’est pourquoi certains travailleurs indépendants décident de louer des locaux pour travailler en compagnie d’autres freelance, histoire d’être dans la même pièce et d’avoir des gens avec qui discuter pendant la pause café, et aussi pour pouvoir s’entraider directement, au lieu de passer par les forums, réseaux sociaux ou mailing lists.
Pour ma part, j’entretiens des contacts virtuels avec des collègues et des amis, et j’ai changé de ville pour habiter plus près de ma sœur et de son compagnon, et pouvoir ainsi les voir plus souvent !

Faire face aux angoisses

Être travailleur indépendant, c’est accepter un rythme de travail pour le moins fluctuant et, comme j’y faisais allusion plus haut, à l’absence de travail. On est toujours dans l’incertitude, et quand on débute, c’est encore pire. Il faut du temps pour se constituer une petite réputation, et il faut être prêt à se battre sur une longue durée pour se constituer un portfolio digne de ce nom. Comment démarrer dans la traduction quand on n’a jamais rien traduit ? La plupart du temps, c’est un petit coup de pouce que quelqu’un vous donne. Ou un coup de chance. En rédaction, j’ai répondu à une annonce, et ça a fonctionné. Aujourd’hui, cette activité ne me rapporte pas suffisamment et je suis donc à la recherche d’une autre agence pour augmenter mon activité. Deux ans d’expérience, ça permet de donner quelque chose, une certaine garantie. Je ne sais pas si ça aidera, mais c’est en tout cas nettement plus facile d’écrire mes lettres de motivation que ça ne l’était au début, quand je n’avais pour moi que mes diplômes. Car de nos jours, les diplômes, c’est bien beau, mais les recruteurs ne jurent que par l’expérience… Or, la possibilité de faire des stages reste assez limitée par la durée de nos études et la place qu’elles y laissent. Pour ma part, une fois sortie du système éducatif, il était hors de question que je continue à faire des stages, plus ou moins légaux d’ailleurs. Mais je dois avouer avoir été plutôt surprise par l’hostilité du monde du travail. Tous ceux qui ont accumulé les refus polis – ou les postulations demeurées sans réponse – voient sans doute très bien ce que je veux dire. Je pensais avec une certaine naïveté que ma licence et mes deux masters seraient un atout… Cela fait deux ans et demi que je suis officiellement dans la vie active, et je ne suis plus du tout sûre que cela soit vraiment le cas. Soit on demande des gens hyper-spécialisés, soit il faut deux ans d’expérience dans le poste convoité. Et encore, on est mis en compétition avec tellement d’autres personnes que cela peut parfois sembler sans espoir !

En conclusion…

Être travailleur indépendant, ça tient à la fois du paradis et de l’enfer. Il faut impérativement aimer la solitude, savoir un minimum s’auto-réguler, et ne pas être trop inquiet de nature. Et avec les conditions du marché du travail actuel, la concurrence est rude, trop rude. D’un autre côté, c’est amusant, cela offre beaucoup de liberté, et c’est très pratique. Et confortable.
Mais quelles que soient vos conditions de travail…

Star-Trek-Meme-Spock

Écriture : avec ou sans méthode ?

«  J’écris pour voir ce que j’écris quand j’écris  »

Non, je ne vais pas vous faire un brief théorique sur les deux grandes tendances des écrivains et tout ce qu’il y a entre les deux  : l’approche structurale consistant à tout planifier, ou l’approche «  improvisation  » où l’histoire se déroule au fur et à mesure qu’on l’écrit. L’idée est plutôt de proposer des réflexions en vrac, dans une démarche empirique, et non pas donner un cours. Je propose simplement de vous parler de la façon dont je travaille, afin de partager mon expérience.

J’ai eu envie d’écrire ce billet en écoutant Agnès Desarthe parler de son nouveau roman, Ce Cœur changeant, qui a reçu le prix littéraire du Monde 2015. Cette dame se réclame de Marguerite Duras, qu’elle cite  : «  J’écris pour voir ce que j’écris quand j’écris  ». Ce à quoi le journaliste lui réplique qu’avec tout le respect qu’il doit à Duras, pour elle cela s’accompagnait de quelques bouteilles de rouge, et Desarthe de rétorquer «  À chacun ses méthodes  ». Cela m’a fait sourire, et je me suis dit que dans une certaine mesure, je pourrais reprendre les mots de Duras à mon compte.

À une époque, je m’étais pas mal intéressée aux différentes techniques d’écriture, convaincue (et je le suis toujours) qu’écrire, cela s’apprend. Mais si on me demandait maintenant de résumer ce que j’ai appris, je ne suis pas sûre que je saurais quoi dire  ! Alors, est-ce que je n’ai rien retenu  ? En fait, je crois plutôt que les outils d’écriture, qui peuvent poser problème au début, deviennent de plus en plus instinctifs, et surtout que l’écriture est quelque chose qui se vit avant d’être une chose qui s’analyse et se met en théorie.

L’écriture et/ou la vie

Lionel Davoust l’a dit  : pour écrire, il faut d’abord se connaître soi-même1. Et ça, c’est un processus qui peut prendre des années. J’écris des nouvelles depuis quinze ans, j’ai écrit une novella reprise et continuée pendant trois ans, puis tenté plusieurs fois l’aventure du roman, jamais vraiment satisfaite de ce que j’avais fait. L’un de mes romans est resté inachevé, un autre est en cours d’écriture. Et à chaque fois, j’aborde l’écriture au long cours d’une façon différente.

Pour le roman, je planifie, mais le strict minimum, sans quoi je m’ennuierais et je m’empêcherais de me surprendre au fur et à mesure. L’inconvénient de cette approche, c’est qu’elle oblige à retravailler le texte énormément, à corriger de multiples choses, revenir en arrière, rectifier des incohérences. Cela dit, il semble bien que ce soit ma méthode  : en traduction, je travaille de la même manière. Le premier jet sort vite  : je n’aime pas me poser un millier de questions qui cassent mon «  flow  », comme le disent mes collègues anglophones. Alors une fois le premier jet terminé, je reprends tous les points problématiques, effectue les recherches non essentielles (celles qui concernent une orthographe, la syntaxe, la terminologie…), je cisèle et reformule mes phrases. Une phrase qui m’embête peut être reformulée une dizaine de fois. Là encore, je préfère être dans l’action que dans la théorie  : je teste. Je choisis ensuite la formulation qui me semble la plus souple, la plus jolie, la plus idiomatique.

En écriture, c’est à peu près la même chose. Il m’arrive cependant aussi d’écrire très lentement, de passer une heure sur un paragraphe, parce que j’ai le sensation d’avoir quelque chose de très précis à écrire. Bien sûr, cela dépend de la nature de la scène concernée. Une scène érotique, par exemple, demande souvent beaucoup d’attention, parce que tout est dans le détail, le rythme, le choix des mots. C’est quelque chose qui demande beaucoup de précision, je trouve. De même pour une scène de combat. J’ai tendance à aller plus vite pour les dialogues, et pour les scènes de monologue intérieur, qui sont celles où je suis le plus à l’aise, car si je m’identifie suffisamment à mon personnage, j’écris alors comme si je rédigeais mon propre journal intime.

L’acte d’écriture est toujours un acte de synthèse. C’est le résumé d’une pensée, d’une émotion, d’une vision. C’est le produit final d’un travail inconscient d’une part, et d’un travail conscient de l’imagination d’autre part. Et là encore, je trouve la phrase de Duras pertinente  : pour ma part, de toute évidence, mon inconscient est un bosseur (il en faut bien un  !), et quand j’écris, je découvre le fruit de son dur labeur. Souvent, mon inconscient m’emmène dans une direction intéressante et inattendue, et c’est bien la raison pour laquelle je lui fais tellement confiance.

Mais l’inconscient a beau être puissant, il a besoin d’un coup de pouce. Je le nourris avec le plus de fictions possible, qu’elles soient littéraires, télévisuelles ou vidéoludiques. Il m’arrive également souvent de réfléchir à la trame narrative d’une œuvre et de l’analyser pour tenter de comprendre pourquoi elle fonctionne si bien ou au contraire, quelles sont les raisons pour lesquelles elle échoue à me donner un sentiment de satisfaction, ou à m’émouvoir.

Cette façon d’apprendre à écrire est sans doute comparable au fait d’améliorer son orthographe en lisant beaucoup  : on apprend par assimilation, à force de se confronter au texte. Et j’avoue que cette approche, finalement, me convient plutôt bien. Pendant longtemps, j’ai vécu mon rapport à l’écriture comme éminemment conflictuel  : pour moi, j’avais deux vies  : une «  normale  », et celle où j’écrivais. Agnès Desarthe relate la même expérience quand, dans son interview, elle parle du phénomène de «  transe  ». Aussi, pendant longtemps, pour moi l’enjeu a été de réconcilier l’art et la vie. Mais comme le disait Stephen King dans son livre Écritures, c’est l’art qui doit s’adapter à la vie, et non l’inverseJe n’entends pas par là que la création est soumise aux aléas de l’existence. Ce que je veux dire, c’est que chacun doit décider de la place qu’il accorde à la création dans sa vie quotidienne, et des modalités selon laquelle elle s’exprime. Plus d’excuses  : il faut déterminer, une fois pour toutes, à quel point on veut écrire. Tout comme, quand on se met en couple, on réfléchit aux modalités de la cohabitation, on établit des limites. L’écriture est comme une amante un peu envahissante  : c’est à vous de fixer les règles si vous voulez voir perdurer la relation. Ce qui importe, donc, c’est de trouver la méthode et la philosophie d’écriture qui correspond le mieux à sa façon d’être… et surtout à sa façon de vivre.

Les cartes mentales

Depuis peu, je me suis initiée à un autre moyen pour faire fleurir les idées et canaliser son imagination  : l’utilisation de la carte mentale (terme calqué sur l’anglais «  mind mapping  », à mon avis bien préférable à une expression absconse telle que «  carte heuristique  »). J’ai téléchargé le logiciel gratuit FreeMind, qui jusqu’ici m’apparaît comme un bon outil au service de la créativité. Par son côté malléable, aisément personnalisable, le logiciel permet de créer des schémas pour non seulement exposer ses idées, mais aussi les relier entre elles. Il paraît que ce genre de représentation mentale est bien plus utile que des listes, car le cerveau possède un modèle de pensée non linéaire. Là, on peut juxtaposer, empiler, construire en cascade, mettre en parallèle ou en opposition des idées. On peut plier la carte mentale à sa propre pensée, inutile que le voisin la comprenne. L’avantage, c’est qu’on peut réaliser un schéma qui nous parle vraiment, même si c’est incompréhensible ou pas très pertinent pour les autres. Nous, on s’y retrouve. Voilà un exemple du travail préparatoire que j’ai fait pour une nouvelle où je voulais faire apparaître la figure d’Odin, sans idée précise de scénario.

carte_mentale

Ce n’est pas forcément aussi bordélique  : ce genre d’outils fait uniquement ce que vous lui demandez. Moi, j’ai besoin de chaos pour m’y retrouver. J’ai besoin que ça fuse, qu’il y en ait partout. Mais cette représentation graphique me permet de visualiser d’un seul coup d’œil l’ensemble de mon désordre psychique, et c’est là sa force.

En conclusion

J’ai appris une chose vraiment essentielle au cours de ces années d’écriture  : il faut toujours, toujours prendre du plaisir. Rien ne doit être forcé, il faut s’amuser. Cela ne signifie pas que c’est toujours facile, mais la difficulté n’est pas forcément synonyme de souffrance, selon le point de vue, elle peut même être source de stimulation. Si je peux me permettre un conseil, n’écrivez que ce que vous aimez. Assumez, et n’essayez pas de plaire, ou de sortir de votre zone de confort juste parce que vous pensez que vous le devez. À mon avis, chaque histoire est par essence une aventure  : il n’y a pas de zone de confort, seulement un long chemin cabossé et sinueux qui croise à multiples reprises des carrefours sans indications.

 

1Si vous voulez vous renseigner sur les différentes techniques d’écriture, je vous recommande chaudement son blog  !

Bienvenue sur mon nouveau site !

C’est avec des palpitations et des papillons dans le ventre que je vous présente mon nouveau site ! Merci à Nathalie et à Franck pour leur boulot sur le graphisme et la conception web, sans vous, il aurait sans doute ressemblé à un skyblog :/
Ce nouveau site se met aux couleurs de la collection de nouvelles fantastiques que je lance dans la foulée, Trois heures du matin. J’espère qu’elle vous plaira, et le site aussi !
Niveau contenu, les choses ne vont pas vraiment changer. Je parlerai toujours de mes découvertes culturelles, de problèmes d’écriture et de traduction, de mes diverses aventures et grandes réflexions :) Depuis un moment, je n’écrivais plus beaucoup sur mon blog, et il y a plusieurs raisons à cela. Depuis le début de l’année 2015, je suis passée dans une phase de transition aussi bien d’un point de vue personnel que professionnel. J’espère que l’automne m’apportera la stabilité nécessaire pour retrouver toute ma créativité et productivité, mais pour l’instant, cela s’annonce plutôt bien.
N’hésitez pas à me faire savoir ce que vous pensez de ce nouveau site, et des deux premiers livres numériques de la collection !