Des nouvelles !

Je n’ai pas écrit ici depuis bien, bien longtemps. Pas seulement ici, d’ailleurs : il y a plusieurs personnes qui attendent toujours un courriel de ma part ! Il y a plusieurs raisons à cela, du moins pour ce blog : tout simplement, je n’avais rien à dire, ou alors j’étais occupée à autre chose. Car si je n’écris guère ici, cette année est pour moi assez exceptionnelle concernant la fiction, alors je commencerai par là.

Ce que j’écris

Mon roman grossit à vue d’œil, et je ne vous parle même pas de la fan-fiction sur Fairy Tail, qui a enflé comme… Attendez, j’essaie de trouver une métaphore adéquate. Comme quand on laisse une casserole de lait sur le feu : dès que ça bout, ça déborde à vitesse grand V. Non, je ne suis toujours pas persuadée du bien-fondé de cette métaphore. Surtout pour un yaoi. Bref !

Un mot concernant le roman, provisoirement intitulé Failles-Mortes, du nom d’une vieille forteresse, mélange de Dros Delnoch dans Légende de David Gemmell (qui reste un roman très cher à mon cœur) et de Fort-Céleste dans Dragon Age : Inquisition. J’ai dû commencer à l’écrire au printemps 2016. Il y a eu des périodes de traversée du désert. Là, je suis dans les trois cent pages et force est de constater que je suis encore très loin d’en avoir terminé ! Mais je vous en parle quand même, histoire que vous ayez une idée de ce qui occupe une bonne partie de mes soirées : il s’agit d’un roman de fantasy, ça tire un peu du côté de l’heroic fantasy, mais c’est loin de ressembler à un David Gemmell (que je lis beaucoup en ce moment). Des batailles, des combats, il y en a, mais il ne s’agit pas du centre du roman. Nous sommes dans un monde technologiquement médiéval. Pas de magie à proprement parler, mais des « esprits », des créatures mystérieuses, invisibles, qui ont le pouvoir de modifier le réel à leur gré, de posséder les gens, et qui ont une fâcheuse tendance à se foutre de la gueule des humains.

Dros Delnoch, par Didier Graffet.

Dros Delnoch, par Didier Graffet.

En très gros, le roman est l’histoire des relations complexes entre les humains et ces entités. J’ai une demi-douzaine de personnages principaux, dont la vision du monde diffère, et donc dont les intérêts divergent. Que penser des esprits ? Faut-il chercher à les contrôler ou à cohabiter ? Vous ajoutez à ça de sombres histoires de famille, des histoires d’amour, des problèmes d’estime de soi et l’obsession de la quête de sens, de justice et de stabilité dans un monde qui ne cesse de changer – littéralement – à cause des esprits, et voilà la matière de base de mon livre.

Inutile de faire un résumé, puisque je n’ai pas terminé, mais voici comment tout ça commence : Sophia, gardienne d’une antique citadelle du nom de Failles-Mortes et liée aux esprits par un pacte dont elle a seule connaissance, est assassinée. En effet, une armée menée par une coalition de représentants de vieilles familles nobles dont les lignées et la gloire sont en train de s’éteindre cherche à s’emparer de la forteresse, persuadée qu’elle y trouvera le pouvoir nécessaire pour rétablir une forme de domination humaine sur un monde qui leur échappe. Trois personnages arrivent sur les lieux presque en même temps que la coalition, mais pour des raisons totalement différentes : un duo de voleurs en quête d’un trésor et un alcoolique possédé en quête de solutions pour se débarrasser de ses hôtes indésirables. Et je ne préfère pas en dire davantage, sachez juste qu’il y a au programme des voyages dans des terres exotiques, des « confessions au coin du feu » dans l’esprit de Warcraft le film mais hopefully en beaucoup mieux, des scènes de sexe torrides (pas si nombreuses que ça, mais bon, on ne se refait pas), et des questionnements et remises en question torturés qui ne surprendront probablement pas ceux qui me connaissent bien.

Voilà. Il me faudrait un agent pour me vendre, non ? Parce que si j’agrafe cette présentation-là à mon manuscrit pour de futurs éditeurs, je suis pas sûre qu’ils prennent…

Oh, et note pour Kalys : attends avant de lire le chapitre sept, Fertesol, je l’ai tellement bricolé qu’il vaut mieux que je te le renvoie avec le chapitre huit, dans l’ordre, et avec une meilleure présentation, je sais comment faire maintenant :)

fanfictionEt pour la fan-fiction, eh bien… J’ai déjà dit que c’est un yaoi (qui comprend aussi quelques scène yuri, soit dit en passant), et que c’est une fan-fiction de Fairy Tail. Donc j’ai déjà dit tout ce qu’il y avait à dire dessus (ce qui ne m’empêche pas d’en être très fière!). Ah, et c’est un Gratsu, les true sauront ce que ça signifie. Si ça vous intrigue, c’est accessible si vous avez plus de dix-huit ans. Ou si vous prétendez avoir plus de dix-huit ans. Personnellement, je ne crois pas qu’il y ait quoi que ce soit de choquant dans ce que j’écris, mais là tout de suite, je n’ai pas envie de me lancer sur un débat sur la censure (bien que j’aie beaucoup de choses à en dire, disons simplement que ce sera pour un autre billet !).

Quand je travaille !

Parce que ça m’arrive, parfois, entre deux scène de yaoi. Les traductions, donc ! J’ai le plaisir de vous dire que ça va bien sur ce plan ! Depuis le début de l’été, je travaille régulièrement avec Exequo, agence française de localisation jeux vidéo. Actuellement à mon palmarès, Outreach, un « walking-simulator », paraît-il qu’il faut appeler ça, et vu que je l’ai traduit en entier, je peux vous dire que vous allez aimer l’intrigue, originale et flippante, Durango, jeu de survie coopératif sur mobile dans un monde avec des dinosaures (trop vaste pour un seul traducteur, on était plusieurs) et Surviving Mars (pareil, à plusieurs), jeu de gestion où il s’agit d’installer une colonie viable sur Pluton. Mais non, sur Mars, évidemment ! J’ai vu que vous ne suiviez pas.

durangoParallèlement, je continue mon travail de sous-titrages pour Visual Data, et le principal client reste Netflix (qui apparemment ont vraiment nagé dans la panade avec leur histoire de test. Et oui, je sais que « nager dans la panade », ça n’existe pas.). En ce moment, encore des vérifications de sous-titres Star Trek, sinon, des séries Disney, des émissions de bagnoles (Drive, oh my god. Si vous êtes fans de voitures, je vous déconseille mes traductions) et de cuisine (Mind of a Chef, ou la branlette pour les fins gourmets) ont été mon boulot quotidien ces derniers mois.

Mes revenus en traduction, quoique toujours un peu justes, m’ont permis de me détacher de toute activité de rédaction. Quitte à bosser dur, j’en ai eu assez de bosser pour des clopinettes, alors j’ai tout arrêté pour me consacrer à la traduction et à l’écriture.

Nouvelles en vrac

  • Esprit critique m’en a donné la confirmation : j’ai un alignement chaotique bon. Chouette vidéo, merci F. !

  • Bonne nouvelle : je crois que mes voisins ont disparu par le portail qui s’est ouvert entre notre monde et le suivant à Halloween et ont été remplacés par des fantômes. Je ne vois aucune autre explication rationnelle au silence qui règne dans l’immeuble.

  • Je regarde trop de films d’horreur. Mais je n’en suis pas encore au point d’avoir vu celui avec Ben Laden qui revient en zombie. Quoique, « The Axis of Evil Dead », c’est tellement bien trouvé que je devrais peut-être.

axis of evil dead

  • Je regarde Log Horizon, et c’est bien, même très bien. J’ai passé tout un épisode à pleurer.

  • Je ne regarde toujours pas, mais je suis devenue totalement accro à l’OST de Naruto Shippuden. Yasuharu Takanashi!! C’était le nom d’un compositeur crié par une fan, pas une insulte en japonais, au cas où vous auriez un doute.

  • J’ai découvert le sens de la vie. Mais je ne vous dirai rien.

Kata ton daimona eaytoy.

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Nourritures spirituelles d’août

Lâchez tout de suite cette serviette de plage et accompagnez-moi dans mon antre. Oubliez la crème solaire, le jogging, les mojitos en terrasse, les barbecues tardifs, venez plutôt goûter aux joies sombres et épicées que je vous ai gardées sous le coude.

La Zone du dehors, Alain Damasio

 

la zone du dehors_alain damasioPour mon anniversaire, ma plus vieille amie (celle que je connais depuis le plus longtemps, sinon, elle a le même âge que moi 😉 ) m’a offert avec beaucoup de perspicacité La Zone du dehors, d’Alain Damasio. Alors oui, je sais ce que vous allez dire : c’est maintenant que tu te mets à Damasio ? Oui, je sais, La Zone date de 1999 et entre temps, il y a eu La Horde du Contre-vent, acclamé par les critiques. Mais voilà, je n’ai jamais lu de Damasio, j’ai lu plein d’autres trucs. En tout cas, voilà, ça y est, j’ai lu La Zone du dehors. Et je n’ai même pas besoin d’avoir lu La Horde pour comprendre pourquoi mon amie a tenu à m’offrir La Zone en particulier. D’une, c’est brillant. C’est vif, voire acéré, au niveau de la pensée. De deux, la langue est parfois presque célinienne, qui ne cesse de se réinventer elle-même et de séduire ses propres limites. De trois, c’est une énorme gifle en pleine figure et dieu sait que mon esprit masochiste apprécie ce genre de claque. Ce dont on a envie vraiment, au fond, c’est d’être ébranlé, non ? Pas conforté, pas rassuré. On a envie qu’on nous engueule, qu’on nous tire des habitudes, qu’on nous… Illumine, ai-je envie de dire. Vous voyez, rien qu’en tentant de parler de ce bouquin, j’en deviens lyrique. Le livre questionne la nature de l’homme et les dérives de la démocratie. C’est un questionnement double, à la fois humain et sociétal, imprégné de pensée nietzschéenne, mais surtout emprunt d’une fureur de vivre qui m’a fait un bien fou. Comme je le disais à mon amie, ça m’a fait à peu près le même effet que la première fois que j’ai vu Le Cercle des poètes disparus. Je me suis retrouvée à pleurer sans même savoir pourquoi, à être juste bouleversée, ni triste, ni heureuse, ni rien, juste bouleversée. Ce n’est qu’après qu’on pose des mots, qu’on conceptualise, qu’on rationalise. Quand bien même, paradoxe qui m’est agréable, ce sont les mots qui vous ont foutu dans cet état.

Je voulais vous trouver de belles citations, et putain que ce livre en regorge, mais tout peut se résumer par cette unique phrase. « Parce que ça fait mal d’être libre. »

Secrets d’histoire, Louis II de Bavière

Ces dernières semaines, j’ai traduit un MMORPG du nom de Durango, par Nexon. C’était une chouette aventure, mais qui dit MMO dit listes sans fin de noms d’armes et de compétences, travail rébarbatif et automatique qui m’a laissé le loisir de laisser un œil et une oreille traîner sur mon écran gauche. Alors, pendant que je traduisais à la chaîne « épée à deux mains, épée à une main, marteau à une main, marteau à deux mains », etc, etc, j’ai regardé plein d’épisodes de Secrets d’histoire, dont le format et la narration conviennent plutôt bien pour une moitié de cerveau (ce n’est pas une insulte, hein, j’apprécie beaucoup l’émission).  Et j’ai particulièrement aimé un épisode consacré à Louis II de Bavière, un drôle de souverain davantage absorbé par sa propre imagination que par sa fonction de roi. Passionné de récits épiques, il s’est servi de son argent et de son pouvoir pour construire l’incroyable château de Neuschwanstein, à l’image de ses rêves. Passionné de musique également, il était à peu près le seul fan de Wagner du royaume et l’a tiré de la misère pour en faire ce qu’il est encore aujourd’hui : l’un des musiciens les plus influents du dix-neuvième siècle. Passionné de jeunes hommes enfin, il s’est peu à peu isolé du reste du monde pour vivre à sa guise dans le monde de ses fantasmes, payant des comédiens pour incarner les rôles épiques qu’il chérissait, oubliant même que ces jeunes hommes avaient besoin de dormir et de se nourrir.

Et, je n’avais même pas pensé à y rêver, F. l’a fait : il m’a déniché un yaoi mettant en scène le fameux roi 😀

neuschwansteinPop Redemption

Non, ce n’est pas du film que je veux vous parler ici (film que j’adore par ailleurs), mais plutôt d’un autre coming-out que je me vois forcée de faire. Il y a quelques temps, j’ai dû avouer haut et fort qu’en fait, j’aimais la romance. Eh bien il s’avère que parfois, en quantité restreinte, et de façon très spécifique, j’adore les génériques d’animes tout kitch. Surtout quand c’est MONSIEUR Pellek qui les interprète (mon deuxième Norvégien préféré, pour rappel, le premier étant MONSIEUR Mustis [F. : la solitude absolue dont je te parlais hier :) ]).

Oui, mesdames et messieurs, je me suis rendue compte que j’étais capable d’écouter ça en boucle pendant plusieurs heures 😀

Et je suis aussi friande de ceci :

Ou encore ça :

Ces musiques ont le don de me coller un sourire durable aux lèvres, et après tout, c’est tout ce qui compte !

Alcest, Nightbringer, Ex Deo, Dark Tranquillity

Rassurez-vous, tout n’est pas perdu. J’écoute toujours de la musique dark et de la musique extrême. J’ai pris un abonnement Spotify et me suis plongée dans la discographie de plusieurs groupes, dont, en premier lieu, Alcest, que j’aurai la joie de voir en concert avec Anthema en octobre prochain à Rennes ! Qualifié par certain que je ne citerais pas de « post-rock« , pour moi c’est avant tout une sensibilité black metal qui s’exprime de manière plus posée, parfois presque langoureuse, presque toujours mélancolique, et une touche de romantisme au sens initial du terme. Alcest, c’est un rêve éveillé, de la poésie lumineuse qui se déploie comme des volutes de fumée dans un appartement vide.

J’ai aussi posé une oreille attentive sur un groupe dont j’avais énormément apprécié l’album Ego Dominus Tuus (et ce titre vertigineux). Cet album-ci, Hierophany of the Open Grave, est dans la même veine, mais plus brut encore. Nightbringer est l’un des groupes de black qui tire son épingle du jeu en proposant des morceaux très denses, mais en même temps très profonds, comme si on pouvait plonger dans les différentes strates de musique jusqu’à l’abysse. Mais honnêtement, ce que je préfère dans cet album, c’est son côté malsain. Il me met subtilement mal à l’aise, comme si j’assistais à une cérémonie occulte aussi sensuelle qu’horrible.

Ensuite, j’ai largement pris mon pied avec un death épique très classe par Ex Deo, de grands fans de l’époque de la Rome antique. Je les avais vu en live lors d’une année où grâce au Hellfest, je m’étais aperçue que j’aimais le death. Pourtant, je n’ai pas réécouté ce groupe pendant des années, et je ne me souviens même pas comment je suis retombée dessus. Les détours étranges que prend l’existence, j’imagine… Personnellement, ce titre me donne envie de rejoindre directement les armées d’Hannibal :

Et enfin, j’ai redécouvert Dark Tranquillity et d’un côté, le premier album que je connais d’eux, Damage Done, et son irrépressible fougue :

Puis jeté une oreille sur des albums plus récents, plus ramassés, plus lents, plus sombres.

Drawing Blood, Poppy Z. Brite

La première fois que j’ai lu ce bouquin, Sang d’encre en français, je devais avoir dans les quinze ans. Je l’ai relu trois fois environ. Récemment, j’ai acheté sur un coup de tête ces deux romans qui avaient hanté mon adolescence, Lost Souls (Âmes perdues, trad. J-D Brèque) et Drawing Blood (traduit par le même, dire que c’est devenu mon maître Yoda de la traduction, c’est quand même incroyable, la vie !). J’ai toujours eu un faible pour Sang d’encre, entre les deux. Âmes perdues est un roman de grande jeunesse (Poppy avait dix-neuf ans au moment de la publication), et ça parle de vampires. Sang d’encre est plus psychologique, et d’une certaine manière, plus sombre. On y suit le parcours de Trevor McGee, 25 ans, traumatisé par un événement inqualifiable qui s’est produit quand il avait 5 ans. Depuis, il suit les traces de son père, et il dessine, et c’est la seule chose qui lui importe au monde. Il ne laisse personne l’approcher, personne le toucher. Il passe sa vie dans les bus, à sillonner les États-Unis jusqu’à ce qu’un jour il décide de revenir à Missing Mile, là où s’est produite cette horrible chose. Il y rencontre Zachary Bosh, un hacker de 19 ans qui s’est fait pincer et fuit la police. Zach est un rebelle qui se la raconte un peu, mais qui n’a jamais été capable de vraiment s’attacher à quiconque à cause de son passé familial de maltraitance. Le reste, c’est l’histoire de deux jeunes hommes amoureux qui affrontent leurs démons.

poppy z brite_drawing bloodJ’ai commencé la lecture, en anglais pour la première fois, et j’ai été presque aussitôt envoûtée par l’écriture empathique, sensuelle de Poppy Z. Brite, par l’atmosphère lourde du Sud des États-Unis, avec tous ces âmes perdues, ces écorchés de tous horizons qui naissent si bien sous sa plume. Mais surtout, j’ai eu la sensation incroyable d’une extrême familiarité, comme si je me souvenais de tous les détails au fur et à mesure que les phrases s’enchaînaient. J’ai eu l’impression de retrouver de vieux amis chers, longtemps perdus de vue. Et je les aime toujours, sinon plus : ado, je ne comprenais pas certaines choses, et je n’ai jamais été capable de bien m’imaginer Zach, alors qu’aujourd’hui, il est haut en couleur et en trois dimensions dans ma tête. Je me suis retrouvée la tête plongée dans le bouquin plusieurs heures d’affilée, incapable de décrocher. L’ancienne magie fonctionne toujours.

Bonus pour les amteurs(-trices)de yaoi !

Je ne vise personne en particulier 😀 Disponibles dans ma bibliothèque :

ludwig-you higuribeast-and-feastmother-spirits-taifuowal_kichiku encount

Localisation jeux vidéo et financement participatif : Pillars of Eternity et Torment: Tides of Numenera

La localisation jeux vidéo, un travail d’amateur

Il y a quelques temps, je vous parlais d’un projet tombé à l’eau pour la localisation de Torment: Tides of Numenera, paru début 2017. Il s’agit d’un RPG à l’ancienne du style Baldur’s Gate, la forme vidéoludique  la plus proche du jeu de rôle avec papier/stylo/dés. On m’avait donc proposé de participer à la traduction, ou plus exactement, de réviser une traduction catastrophique. Pour cela, on me proposait des conditions de travail carrément inacceptables, que j’étais prête à accepter quand même, car j’avais très, très envie de travailler sur ce projet. J’étais censée être rémunérée 0,04 centimes du mot, et réviser les traductions à un rythme fou de 4000 mots/jour. Ces tarifs et ces quantités donnent un premier indice sur ce que les développeurs JV y connaissent en localisation : absolument rien. En effet, réviser une traduction catastrophique, c’est un boulot complexe, très gourmand en temps et en énergie. Demander des tarifs (déjà très bas) de relecture pour un tel travail, c’est du foutage de gueule. Réécrire (et non pas relire, j’insiste) toute une traduction au rythme de 4000 mots par jour, je vous le dis, c’est du travail d’esclave. Peu importe, je le voulais, ce job. Une semaine plus tard, mon contact (un travailleur indépendant, comme moi), m’a informée que la boîte avait trouvé moins cher. J’étais atterrée. Je me suis demandée dans quel pays à minuscule PIB ils avaient déniché des gens prêts à travailler pour moins que ça. Hier, j’ai enfin eu ma réponse.

tormentEn effet, un charmant couple d’amis à qui je fais de gros bisous m’a offert le jeu, et j’ai aussitôt commencé à y jouer (pas par esprit revanchard pour pouvoir le descendre, j’adore ce type de jeu et j’étais impatiente de voir ce que celui-ci valait). Il ne m’a fallu que quelques heures de jeu pour avoir la certitude que la traduction avait été faite par des amateurs. Et pour de la traduction amateur, c’est bien. Mais compte tenu du nombre de fautes (orthographe, accords, fautes de frappe), de l’aspect très calqué de la traduction (la phrase française suit religieusement la tournure de la phrase anglaise), et de certaines bizarreries de formulation, pour moi la question ne fait guère de doute.

À l’époque, j’avais déjà tiqué sur un jeu du même genre, et également financé par Kickstarter, que j’avais aussi adoré, Pillars of Eternity. Dans ce cas, la traduction était catastrophique et il a même été question de modder le jeu pour y apporter une traduction française corrigée, c’est dire (quand on voit le document de travail de ces bénévoles pleins d’entrain, on a déjà de la peine pour eux en constatant l’ampleur de la tâche). Ces deux exemples m’amènent à un constat qui me désole et m’agace tout à la fois : le volet traduction, dans le processus de production d’un jeu vidéo, est considéré comme accessoire par ces studios qui font appel au financement participatif. Ils ne prennent pas la peine de payer des professionnels, pensant peut-être que « n’importe qui peut le faire ». Peut-être croient-ils que la traduction, c’est remplacer un mot en langue A par un mot en langue B, et effectivement, dans ce cas, il suffit d’ouvrir son dictionnaire et de se mettre au boulot.

De l’importance du texte dans un RPG traditionnel

Je trouve ça d’autant plus ironique que dans les deux cas cités, on parle de jeux de rôle à l’ancienne, autant dire que le texte est au moins aussi important que l’environnement du jeu proprement dit. Une énorme partie de l’immersion se trouve là : on vous raconte plutôt qu’on vous montre. Vous rencontrez un personnage dont vous ne voyez que l’aspect général, le texte vous indique à quoi il ressemble précisément, la manière dont il s’exprime, ses tics, et même ce que votre personnage éprouve à son égard.  Dans ce genre de jeu, aimer lire, se plonger dans un univers complexe, prendre son temps, sont des prérequis. Le texte d’un RPG vidéoludique est l’équivalent du récit et des commentaires du maître du jeu quand on joue autour d’une table. De plus, des jeux comme Pillars of Eternity et Torment emploient une langue littéraire, parfois volontairement désuète, ornée de métaphores et d’expressions poétiques. Il s’agit donc d’un texte complexe, parfois épineux à traduire, qui demande une sensibilité littéraire en langue source comme en langue cible. Un traducteur technique suerait probablement sang et eau à s’attaquer à ce genre de texte :

pillars-of-eternity-textQuand la localisation passe par la case « on s’en fout on n’a pas de budget », on aboutit au mieux à un travail approximatif, à une qualité médiocre mais acceptable, comme c’est le cas pour Torment: Tides of Numenera. Au pire, on se retrouve avec des phrases boiteuses que l’on peine à déchiffrer, et des formulations troublantes : lit-on une expérimentation surréaliste ratée, ou essaie-t-on de nous immerger dans une atmosphère particulière ? Avec la quantité de texte recelée dans un jeu comme Pillars of Eternity, on finit par avoir envie de pleurer :

pillars-of-eternity-traduction

Financement participatif : pas de budget pour la localisation ?

La localisation, dans ce type de jeu vidéo où la narration passe essentiellement par le texte, est donc confiée à des traducteurs amateurs, quand bien même, et c’est là peut-être le plus ironique, les financements apportés grâce à Kickstarter dépassent largement le montant demandé à l’origineCe sont quatre millions de dollars que récolte Obsidian Entertainment, qui en espérait un seul.  Quant à Torment: Tides of Numenera, il dépasse le record établi par Pillars of Eternity, avec un objectif initial à peu près similaire. Vous avouerez qu’il est difficile de croire qu’il n’y avait pas de budget pour la traduction : j’en conclus donc que la localisation est considérée au mieux comme un bonus. Ce qui est un non-sens dans un jeu qui s’appuie à ce point sur le texte.

torment-tides-of-numeneraMais voilà, il semble que les studios de développement et les éditeurs ne soient pas les seuls à se foutre de la qualité de la traduction. J’ai bondi quand j’ai lu le test de Gamekult, qui nous explique que « le tout jouit d’une localisation française au top, bien loin des séances de Google Translate observées chez certains représentants récents dans le genre. » « Bien loin de Google Translate » ?!! Quand on part d’un standard aussi bas, la moindre tentative maladroite de traduction relève forcément du génie ! Une localisation « au top » ? Une traduction comportant des fautes, des écarts de niveau de langue, des formulations maladroites calquées de l’anglais, des incohérences dans les choix de traduction (on passe par exemple allègrement du « vous » au « tu »), c’est ça, le « top » ? C’est malheureux, mais si le niveau d’exigence est bas, on voit effectivement mal pourquoi les studios s’embêteraient à payer des professionnels.

*

Je conclus avec un instant promo : si vous voulez jouer à un jeu traduit par une professionnelle, c’est-à-dire : moi :) , vous le pourrez d’ici la fin de l’année avec Outreach, un jeu d’aventure spatiale à la première personne où l’on incarne un cosmonaute enquêtant dans une station spatiale russe, dont l’équipage a mystérieusement disparu, dans un contexte de guerre froide. Une intrigue bien ficelée, une atmosphère inquiétante, ce premier jeu des studios britanniques Gambitious me paraît prometteur !

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Ma chronique de Mass Effect: Andromeda

Dans mon précédent billet, je vous annonçais avoir du mal à trouver le temps d’écrire quoi que ce soit en raison d’une charge de travail importante. Eh bien, ça a même dépassé mes prévisions, et je vous écris aujourd’hui depuis mes congés non payés d’auto-entrepreneuse (edit : j’ai repris le boulot, pas eu le temps de finir le billet avant de devoir retourner au charbon). La dernière semaine de boulot a été si éprouvante que je ne tenais littéralement plus debout, mais ! comme j’ai pu m’arranger pour tenir assise pendant un moment avant d’opérer un repli stratégique de plusieurs jours dans mon lit, j’ai eu le temps de jouer à Mass Effect: Andromeda ! Et encore plus ces derniers jours où je m’autorise le repos, j’ai donc largement assez d’heures au compteur pour pouvoir parler du jeu (et je l’ai déjà fini une fois).

Alors. Il va y avoir beaucoup de choses à dire. Beaucoup de gens en ont déjà dit beaucoup de choses, je vous linkerai des articles et vidéo tout au long du billet. J’ai attendu d’avoir terminé le jeu pour lire les diverses chroniques, désireuses de vivre mon expérience de jeu le plus innocemment possible, et sans que les rageux me gâchent le plaisir.

Il n’y aura pas de spoilers dans cette chronique.

Je commence par un des trucs que je préfère dans les jeux BioWare, et ça fera une bonne fin d’introduction au billet : je vous défie de ne pas avoir envie de jouer en écoutant ceci.

Ryder, ô Ryder, ne vois-tu rien venir ?

« Je ne vois que les galaxies qui tournoient et les aliens qui festoient. »

Ryder. Voici donc notre nouvelle incarnation, après avoir joué passionnément notre Shepard pendant des dizaines ou des centaines d’heure lors de la première trilogie. On pourrait penser qu’il est difficile de prendre la relève. Pas tant que ça, en fait : Shepard était certes plus charismatique que notre Inquisiteur de Dragon Age: Inquisition, d’une platitude à pleurer, mais c’était un militaire, avec la raideur qui va avec. Ryder est un explorateur. Il se serait probablement bien entendu avec son confrère Hawke, de Dragon Age 2 : la vanne facile, une certaine dose de flegme, et le cœur sur la main. Comme Hawke, encore, il a une famille, et cela influe sur la narration du jeu et l’ambiance générale. Quand on a eu les premières infos sur ME4, j’étais assez enthousiaste à l’idée d’avoir une histoire qui serait sans doute moins épique que la première trilogie, et plus intimiste. Puis, quand j’ai lancé le jeu, j’ai été aussitôt titillée par ce plaisir que je ressens et qui fait que je suis une amoureuse de Star Trek et de Stargate: SG1 : c’est de la SF pour les rêveurs. Ce n’est pas de la SF d’anticipation, qui cherche, par le biais de la fiction, à faire réfléchir à notre propre société, à notre statut d’être humain, qui a une forte dimension philosophique. On est plutôt dans la SF d’aventure spatiale, dans quelque chose de plus romanesque. Et ce côté romanesque est présent d’entrée de jeu, avec un début excitant et sur les chapeaux de roue : à peine sorti de stase, Ryder doit réagir à une cascade d’imprévus.

C'est parti pour l'aventure !

C’est parti pour l’aventure !

Il n’est pas anodin que je commence cette chronique en parlant du personnage jouable : les personnages et les relations inter-personnages sont et ont toujours été les gros points forts de nos développeur canadiens. Pas de déception ici : l’équipe de Ryder est composée d’une galerie de personnages attachants, possédant chacun une personnalité bien marquée. D’ailleurs, l’une de mes parties préférées du jeu a été les missions de loyauté, avec une mention spéciale à celle de Liam, qui m’a fait éclater de rire à plusieurs reprises.

"Non, je ne suis pas un psychopathe, je ne vois pas pourquoi tu dis ça."

« Non, je ne suis pas un psychopathe, je ne vois pas pourquoi tu dis ça. »

Mass Effect: Andromeda : du neuf avec du vieux ?

En partie, oui. Ce quatrième opus est bourré de repères familiers qui marquent une continuité au niveau des mécaniques de jeu et du « lore ». Mais, comme le disait assez justement le Joueur du Grenier dans cette vidéo, ME4 est bien plus proche de Dragon Age: Inquisition que des autres Mass Effect ! On constate d’abord une similarité esthétique assez frappante, et ça, c’est tant mieux. On est dans un univers très coloré, assez spectaculaire. Personnellement, j’ai été soufflée par la beauté des « caveaux », qui m’ont rappelé les structures titanesques et étranges des Asgards de SG1, ou plutôt le sentiment que j’avais dans SG1 dans les épisodes consacrés à cette race : un sentiment d’émerveillement et presque de peur, en somme, le sentiment du sacré. Le sentiment d’être réduit à sa petitesse devant l’œuvre d’une race bien plus ancienne et bien plus avancée que nous.

Ensuite, comme dans Dragon Age: Inquisition, on est plus sur des mécaniques de MMO que de RPG traditionnel : on ouvre sa map, on regarde son objectif de quête, on y va. Au lieu de se laisser porter par l’histoire, quand la narration forge l’expérience de jeu, comme c’était le cas dans les précédents Mass Effect. Je ne vais pas vous cacher que ce point est une grande déception pour moi. Je ne joue pas pour gagner de l’XP,mais pour vivre une histoire, et non la subir tout en cochant des cases dans une liste de choses à faire en perpétuelle expansion. Ainsi que le commente le site Eurogamer : « It’s a game that is more interested in keeping you busy than keeping you in suspense about what happens next, or making you feel the consequences of your actions. »

Cela étant dit, on ne s’ennuie pas, et j’y ai joué plus de 90h jusqu’ici sans bouder mon plaisir : oui, dans Mass Effect Andromeda, on s’amuse. Mais on a aussi l’impression de bosser comme un malade pour des récompenses assez faibles. Comme Dragon Age: Inquisition, encore une fois, je trouve que le jeu n’est pas très récompensant : on nous incite à faire tout un tas de trucs sans qu’on ait la sensation d’en tirer quelque chose de vraiment intéressant, du coup, on finit par abandonner sa liste de tâches et de quêtes secondaires pour se consacrer à faire avancer l’histoire.

Déprime sur Port-Kadara.

Déprime sur Port-Kadara.

Laquelle histoire, d’ailleurs, a engendré une grosse frustration. Non pas qu’elle soit bancale ou inexistante : c’est surtout que j’ai eu la sensation, en finissant le jeu, d’avoir enfin terminé une très longue introduction. Je m’attendais à tout un tas de révélations, mais non. J’ai donc joué à un jeu dont l’unique but était l’exploration. J’ai donc exploré, fin de l’histoire (à peu de choses près). Demandez à F., ça m’a mis dans une belle rage :) Le jeu m’a fait le même effet que certains premiers films de grosses trilogies cinématographiques, comme le premier de la dernière trilogie Star Wars, ou le premier Bilbo. Riches en eux mêmes, ils sont tout de même frustrants à regarder, car on vient de passer 2h30 devant un film qui ne fait que démarrer une histoire. On sait que les choses sérieuses viennent après. Mais au moins, au cinéma, il ne faut attendre qu’un an !

Pourquoi Mass Effect: Andromeda est-il fun (ou pas…) ?

Ce quatrième opus n’a ni l’intensité dramatique, ni la qualité épique de la première trilogie, ce qui bien sûr n’est pas un mal en soi. Je disais plus haut que ce côté intimiste m’enthousiasmait. Cela étant dit, je le répète, on est dans de la SF romanesque, de la SF pour les rêveurs. Mince, quoi, on visite Andromède ! La seule idée me file des frissons. Et malheureusement, le jeu échoue à nous communiquer cet enthousiasme. Parfois, la musique est plus à la hauteur de l’idée que la mise en scène et la narration du jeu, comme avec l’un de mes morceaux préférés de la BO :

Vous ne vous voyez pas brandir le drapeau de la Voie Lactée sur une planète inconnue, porté par les vivats de la foule ? Moi, si :)

À mon avis, l’une des raisons de ce sentiment d’indifférence à l’égard de la plus grande aventure épique dont on puisse rêver (partir sur un pari dans une autre galaxie, sachant que vous ne pourrez plus jamais rentrer chez vous, que tous les gens que vous connaissiez dans la Voie Lactée seront morts depuis six cents ans à votre arrivée), c’est que le jeu est mal rythmé. Vu qu’il se concentre sur l’exploration et nous assomme de quêtes secondaires, la mission principale semble toujours pouvoir être remise à demain, exactement comme dans Dragon Age: Inquisition. On n’a aucune notion du temps, et par conséquent, aucune notion d’urgence. Là encore, Mass Effect: Andromeda échoue là où ses prédécesseurs avaient excellé.

À noter cependant : la fin fait la part belle à l’action pure, et en tant que séquence, elle est très bien rythmée, ce qui est d’ailleurs le cas de toutes les séquences. Je m’explique : dans son ensemble, Mass Effect: Andromeda manque de dramaturgie, mais chacun des chapitres de l’histoire est narré avec dynamisme, ne nous laissant pas le temps de nous endormir, et nous faisant oublier depuis combien d’heures on joue.

MassEffectAndromeda 2017-04-01 21-04-13-40

« Les gars, vous n’auriez pas vu une barre de raccourcis ? »

On se laisse porter malgré tout par toutes ces petites quêtes, et on s’amuse dans ces combats où on a plein d’autres possibilités que de rester planqué derrière des caisses et tirer sur les ennemis. Grâce à nos micro-propulseurs, on peut faire de la haute voltige et se prendre pour un personnage de manga qui fait des bonds surhumains avant de fondre sur son adversaire pour le coup fatal. Je vous avouerai que le système des « profils », qui permet de switcher entre différentes classes, vous permettant ainsi de donner l’avantage soit à vos pouvoirs biotiques, soit à vos pouvoirs technologiques, etc., me laisse perplexe. Je n’ai toujours pas compris comment me servir de plus de trois compétences. Les menus sont difficiles à comprendre, peu intuitifs, et j’avoue avoir pas mal râlé parce que ME est aussi un jeu de PC, et nous les PCistes, nous avons un truc magique qu’on appelle « clavier ». Et contrairement à nos amis les consoleux, nous disposons donc de pleins de touches sur lesquelles appuyer ! Alors me gonflez pas avec vos menus et laissez-moi attribuer mes pouvoirs à des touches, et me servir de 50 pouvoirs si j’ai envie, c’est mon problème, c’est moi qui organise ma barre de raccourcis.

Les fans hardcore seront heureux de pouvoir jouer avec des armes à cartouches thermiques illimitées, le seul problème étant la surchauffe. Grâce au système de craft, on a un vaste choix d’armes et armures dont on peut booster les statistiques en développant des améliorations. Ce serait un très bon point si les menus n’étaient pas aussi bordéliques. Je n’arrive jamais à savoir ce que j’ai déjà crafté/recherché ou non, et malheureusement, on ne peut identifier avec facilité les équipements qui sont les plus adaptés aux capacités du personnage et à son style de jeu.

Comme beaucoup, je regrette l’utilisation excessive du scanner, d’autant que les informations détectées et transmises par notre IA, SAM, chevauchent parfois des dialogues. Il arrive malheureusement trop souvent dans Mass Effect: Andromeda que plusieurs personnages parlent en même temps. Au vu de la quantité d’infos qu’on reçoit, surtout en début de jeu, où on est en train de s’adapter et d’apprendre, ça amène une certaine regrettable confusion.

Un grand point fort de jeu, qui lui donne son sel, ce sont les décors dans lesquels on évolue. Les planètes à explorer sont accessibles soit à pied, soit avec le Nomade, l’équivalent du Mako. Ces dernières sont celles dont les conditions climatiques sont les plus extrêmes, et aussi les plus vastes. Le Nomade est bien plus facile à conduire que le Mako, et c’est toujours amusant de faire râler son équipage en conduisant très mal (ou tenter de faire en sorte que Jaal ne s’endorme pas, ce qui est difficile). On a des environnements de toute beauté, et j’ai été particulièrement sensible au travail sur la couleur et la lumière. Découvrir et explorer ces nouveaux mondes est un véritable plaisir, et heureusement, vu que l’exploration est le sens même du jeu. Un petit aperçu :

MassEffectAndromeda 2017-04-04 21-58-38-71

MassEffectAndromeda 2017-04-02 20-13-07-43

Je tiens ici à souligner qu’à mon avis, ceux qui se sont plaints d’un certains manque d’imagination pour la galaxie Andromède, car les extraterrestres y semblent fonctionner comme ceux de la Voie Lactée d’un point de vue social et technologique, sont à côté de la plaque. À moins que je me plante totalement, les Kerts, les antagonistes du jeu, sont le lien avec la première trilogie. Ce qui se passe dans la galaxie d’Andromède est lié à ce qui se passe dans la Voie Lactée, et peut potentiellement expliquer les similarités de façon plus que recevable. Non, Mass Effect: Andromeda ne manque pas d’imagination. Il est au contraire assez foisonnant. Pour réellement juger la qualité de l’intrigue, je crains qu’il ne faille attendre le cinquième opus…

Les romances

Comme vous le savez, qui dit BioWare dit romance, pour le plus grand plaisir des fans des développeurs tatoués. Comme depuis quelques années, on nous propose des romances hétéro, gay et lesbiennes, et comme à chaque fois, on en est ravis. Comme je l’ai déjà souligné sur ce blog et comme l’illustre joliment un article du Monde, c’est la force de BioWare que de nous proposer un monde post-homophobie, où son orientation sexuelle n’est pas nécessairement une part de son identité que l’on doit revendiquer face à un monde hostile. Les personnages y sont naturels, et ne bénéficient pas d’un traitement particulier, sauf dans le cas d’un personnage comme Dorian, qui a eu de gros problèmes familiaux en raison de son homosexualité, ou de Crem, qui nous parle ouvertement de pourquoi et comment il est homme dans un corps de femme (les deux, dans Dragon Age: Inquisition). Aussi, quand les joueurs se sont enflammés parce que le personnage de Hainly n’était pas assez développé à leur goût, ça m’a sévèrement gavée. Alors oui, elle te dit comme ça, cash, qu’elle était un homme autrefois. Apparemment, il aurait fallu l’envelopper d’une longue conversation. Quand F. m’a parlé de la polémique, je ne voyais pas du tout de quel personnage il s’agissait, tout simplement parce que ça ne m’avait pas marquée du tout. On est dans un RPG : les PNJ passent leur temps à vous raconter leur vie. Ce n’est pas parce qu’il s’agit de la vie d’une transexuelle que ça mérite plus de détails, à mon sens. Voilà pourquoi j’aime BioWare : les gens sont ce qu’ils sont, pas besoin d’en faire tout une histoire. J’aime justement cette spontanéité, cette absence de recul : dois-je traiter mon personnage de façon particulièrement parce qu’il fait partie d’une minorité ? Chez BioWare, la réponse est non par défaut.

MassEffectAndromeda 2017-04-03 19-54-46-19

« Jaal… T’es vraiment sûr que t’es pas gay ? Je veux dire… C’est très romantique, tout ça… Non ? Sûr ? »

Ma première romance, avec le mystérieux Reyes Vidal, m’a beaucoup amusée, mais elle m’a malheureusement semblé très courte. J’ai eu l’impression d’en avoir seulement la moitié. Une fois la romance « terminée », je m’attendais à ce que mon cher et tendre me parle un peu plus de lui. Mais non. J’ai donc commencé et bouclé une romance en l’espace de quelques heures de jeu, ce qui est quelque peu décevant. Je pense que c’est dû au fait que Reyes reste sur sa planète. À mon avis, romancer un membre de son équipage doit être plus récompensant. J’ai commencé celle avec l’ingénieur, mais je ne l’ai pas finie, donc je ne sais pas pour l’instant ! J’avais aussi commencé celle avec Peebee, qui est une sorte de Sera de l’espace, sans le côté « je suis encartée chez Lutte Ouvrière ». Un personnage adorable, vif, drôle, et insaisissable, à mon avis, ça vaut le coup de la romancer jusqu’au bout.

Les points forts et les points faibles

Je ne sais pas si j’ai oublié quelque chose, il me semble qu’il y a toujours beaucoup à dire, mais peut-être qu’il vaut mieux que vous y jouiez pour qu’on en parle plus avant. Alors à vos portefeuilles, PC ou consoles, et plus vite que ça ! Parce que oui, je vous recommande Mass Effect: Andromeda. Pour moi, le pari est réussi dans le sens où il s’inscrit dans la continuité de la première trilogie tout en proposant quelque chose de différent et nouveau. En fait, je rejoins l’avis de jeuxvideo.com, qui estime que le jeu n’a pas à rougir, mais ne se hisse pas à la hauteur du mythe de la première trilogie. Mass Effect: Andromeda est un jeu fun, varié, beau. Si vous aimez Mass Effect, vous y retrouverez plein de choses qui vous rappelleront de bons souvenirs. Et si vous avez aimé Dragon Age: Inquisition, il n’y a aucune raison que ME4 ne vous plaise pas.

Les plus :

  • La beauté des paysages
  • Des personnages bien écrits
  • Des quêtes de loyauté fun et variées, qui collent à la personnalité du personnage.
  • Des combats dynamiques, la bonne idée des micro-propulseurs
  • Une très belle bande originale
  • L’ambiance et le charme de la saga agissent toujours

Les moins :

  • RPG peu récompensant
  • Des menus peu intuitifs
  • Interface développement/recherche incroyablement bordélique
  • Trop de quêtes de remplissage
  • Une histoire qui laisse sur sa faim

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Encore un message de service…

J’aimerais, j’aimerais vraiment vous écrire le prochain Creepy Nights et terminer ma chronique en cours d’écriture (qui devrait arriver ce week-end…) sur Mass Effect: Andromeda. Au risque de ressembler à mon moustachu de géniteur, je peine à me poser et à trouver le temps. Si vous ajoutez à ça que j’ai été malade une bonne semaine et que j’ai mis presque tout une autre à m’en remettre, et que je suis vieille et qu’à l’heure où je vous écris, j’ai du mal à accommoder, les yeux explosés par la journée devant du texte (direction l’opticien la semaine prochaine…), je suis… frustrée ! Frustrée d’avoir mon roman et ma fan-fiction en stand-by depuis plus d’un mois, frustrée de n’avoir pas eu le temps de participer comme tous les trimestres au comité de lecture de Présence d’Esprits pour le prochain numéro d’Aventures Oniriques et Compagnie, frustrée de ne pas même réussir à écrire ces fichus billets blogs. Cette semaine, j’ai quand même eu le temps d’aller faire un tour à la mystérieuse Vallée des Saints, sur la route de Carhaix. Vous devriez aller y faire un tour !

Évidemment, je suis super heureuse d’avoir plein de taf, un taf que je trouve en plus parfaitement épanouissant. Je n’ai juste pas envie qu’il empiète sur tout le reste de ma vie. J’imagine que les choses vont se tasser au fur et à mesure ! Alors restez à l’affût ce week-end, un autre billet devrait arriver !

Allez, avant la chronique, de la musique stimulante pour le corps et l’esprit.

Quoi de neuf ? Dernières traductions et actualités

Juste un petit billet pour vous dire ce qui se passe.

Je suis en train de préparer un billet pour la catégorie Creepy Nights, où je vais continuer ma chronique du catalogue horreur de Netflix sous l’angle d’une problématique : la réception des films d’horreur pour les amateurs pas encore blasés mais bien rodés du genre.

Cependant, je peine à l’écrire non pas parce que c’est compliqué, mais parce que j’ai beaucoup à faire ces temps-ci. Mes employeurs indiens et californiens de Visual Data me mettent la pression pour traduire une série de documentaires massifs pour le compte de Netflix. J’ai déjà entamé un cycle de trois semaines de boulot 7/7j. De l’évolution d’homo sapiens à la Deuxième Guerre mondiale, j’apprends plein de choses passionnantes, et je vous invite d’ailleurs, pour les abonnés, à faire un tour dans la section « documentaires » de Netflix, qui s’agrandit à vue d’œil et pour laquelle j’ai pas mal travaillé ces derniers temps (notamment pour la traduction du documentaire sur les Rolling Stones Crossfire Hurricane et celui sur le personnage plus qu’étrange de John McAfee (Gringo, The Dangerous Life), créateur du premier antivirus au monde). Et non, ce n’est pas « corporate », Netflix n’est pas mon employeur, simplement, je suis fière de mon boulot, et je trouve ces documentaires réellement intéressants :) J’en ai aussi fait un sur Joe Cocker et sur Bruce Springsteen, pour les amateurs.

C'est pour ça que ça existe, les traducteurs professionnels.

C’est pour ça que ça existe, les traducteurs professionnels.

Notons d’ailleurs ceci : si je vous en parle ouvertement, c’est que j’en ai le droit. D’ordinaire, dans l’industrie de la traduction, on a l’habitude d’être des petites mains de l’ombre sous-payées qui n’ont même pas l’insigne honneur de revendiquer leurs propres traductions. Dans le monde de l’audiovisuel, les choses changent. La norme est devenue d’indiquer le nom du traducteur à la fin de la vidéo. J’ai été très surprise quand mon employeur me l’a annoncé : je suis habituée aux pas en arrière, pas aux avancées. Pour la première fois dans ma jeune carrière, je peux revendiquer ouvertement être l’auteure de ces traductions, alors je ne m’en prive pas. Sur ce même sujet, je prévois un article sur la localisation du jeu Torment: Tides of Numenera, mais pour cela, il faudrait que j’ai le temps d’y jouer, ça va donc devoir attendre. Pourquoi ? Parce qu’on m’a proposé de traduire ce jeu pour 0,04 € du mot, 4 500 mots par jour, avec cette précision apportée par mon collègue qui m’en parlait : « la trad est parfois à réécrire, parfois non. » Il s’agissait en fait de revoir une traduction complètement loupée, et je sais par expérience que ce genre de travail demande souvent plus de temps qu’une simple traduction. Autant vous dire qu’à ce rythme-là, à ce volume-là, avec une deadline d’un mois (sur un RPG old-school, autant dire la taille d’un roman en terme de texte), c’était payé une misère. Le projet a été annulé : ils ont trouvé moins cher. Ce genre de mésaventure dénote pour moi un profond malaise dans le métier, et j’aurai l’occasion de revenir là-dessus en temps voulu.

À côté des activités professionnelles prenantes, j’avance sur mon roman déjà vieux de presque un an, mais fort d’environ 130 pages et très loin de se terminer, et je m’adonne de nouveau aux plaisirs de la fan-fiction avec un yaoi à base de Fairy Tail que je publie ici (quatrième chapitre en cours d’écriture !). Et dans ce qu’il me reste de temps… je dors et je regarde Full Metal Alchimist… Et tout ça, c’est sans compter Mass Effect: Andromeda qui arrive dans quelques jours. Après, j’ai toujours le temps pour un café ou une petite mousse, pas d’inquiétudes ! J’espère que vous allez bien, en tout cas !

Edit du 21 mars : j’ai oublié de vous annoncer quelque chose qui me tenait à cœur. J’ai enfin pu lâcher l’un de mes employeurs chez qui je m’ennuyais depuis deux-trois ans à écrire des articles en rédaction web, payés une misère, grâce à la remontée fulgurante de mes revenus associée à mon travail en sous-titrage. J’ai passé mes trois premières années post-diplôme dans une grosse galère professionnelle et financière, jusqu’au point où j’ai très sérieusement envisagé la réorientation, et je rêvais de voir ce jour arriver. Comme quoi parfois, l’acharnement, ça paie.

Enregistrer

Les RPG sur PC

Ce n’est pas un scoop, les RPG sont mes jeux vidéo préférés. En fait, je ne fais pratiquement que ça, plus quelques jeux de stratégie au tour par tour. Après avoir cumulé des centaines et des centaines d’heures d’aventures vidéoludiques, j’ai eu envie d’aborder cette passion qui représente une part non négligeable de mon emploi du temps. Dans ce billet, je me propose donc de revenir sur tous les RPG qui m’ont marquée pour discuter de leurs similitudes et de leurs différences, et réfléchir aux multiples manières dont on peut raconter une histoire en utilisant ce support. Mais l’idée est aussi de se faire plaisir et de s’abandonner aux plaisirs de la nostalgie :) Oh, et j’en vois au fond qui s’inquiètent : non, il n’y a pas de spoileurs !

Au commencement était Might and Magic VI

Un jeu où on s’en prend plein la figure, image à l’appui :

might-and-magic-VI-2

Might and Magic VI, c’est l’époque d’avant les solutions, celle où l’on pouvait des heures entières à chercher comment sortir d’un donjon, jusqu’à ce qu’on trouve un tout petit levier bien caché. On en avait, de la persévérance.

Dans Might and Magic, on commande une équipe de quatre aventuriers que l’on peut personnaliser (pas physiquement, dommage). On leur donne une voix, un nom, et bien évidemment une classe, ainsi que des spécialités, et on distribue des points de compétence. C’est basique, mais s’il y a un truc que j’aime dans les RPG, c’est d’une, avoir une équipe (ou des compagnons, si mon perso doit être seul), de deux, pouvoir choisir qui je veux jouer. D’ailleurs, les Might and Magic suivants laissent aussi l’opportunité d’incarner des nains, des elfes, des orcs, etc. Je suis toujours un peu réticente à jouer à un jeu dont le personnage jouable est déjà écrit. Ce que j’aime dans le RPG, c’est écrire ma propre histoire.

On se balade sur la carte de donjons en donjons et de plaines couvertes de monstres en plaines couvertes de monstres. Même si c’est très moche, on a des environnements variés, avec toujours une atmosphère travaillée, souvent sinistre, et une bande son totalement appropriée. Nos personnages ont de multiples possibilités d’évolution et peuvent potentiellement, si on en a la patience, devenir extrêmement puissants. Et quand ça arrive, quel plaisir de revenir dans la ville de départ et d’aller taper du gobelin.

Dans certains jeux, dont fait partie Might and Magic, la gestion de l’inventaire est presque un mini-jeu à elle toute seule. Ici, il s’agit de jouer à Tétris, on se croirait presque dans un simulateur de déménagement ou de départ en vacances, vous savez, quand on doit remplir intelligemment le coffre. Heureusement, il y avait autant d’inventaires que de personnages, ce qui permettait de se spécialiser : un tel garde les objets de quête, l’autre les armures, l’autre les potions, etc.

Je constate que je ne suis pas la seule à être nostalgique de ce truc, qui dès que je l’entends me replonge en enfance :

Les plus

  • Un univers bien écrit. L’histoire est assez classique, éviter la fin du monde, tout ça, tout ça, mais aussi une intrigue qui nous conduit à rencontrer les vestiges d’une civilisation disparue technologiquement beaucoup plus avancée (genre SF, en fait), le tout au beau milieu d’un univers medieval fantasy.
  • La bande son.
  • Un développement de compétences plutôt intéressant.

Les moins

  • La gestion de l’inventaire.
  • C’est long, que c’est long !! Des monstres à n’en plus finir, des donjons immenses et compliqués…
  • Des PNJ complètement stupides qui se placent juste devant toi en plein combat. Et si tu as le malheur de les toucher, c’est toute la ville qui te tombe dessus.

Et Bethesda dit : « Que Skyrim soit ! » Et Skyrim fut.

Damned, j’aurais des centaines de choses à dire sur Skryim. J’ai commencé à y jouer un ou deux ans après sa sortie. Aujourd’hui, j’approche doucement des 500 heures au compteur. Au début, j’ai été soufflée par la beauté de l’univers qu’on nous présentait, et déçue par la trame de l’histoire, au final peu originale et intéressante. Background inexistant pour le personnage jouable, aucun véritable choix à effectuer, quête principale plutôt bateau. C’est pour cela que dans un autre article, j’ai parlé de Skyrim comme d’un « faux RPG« . Un RPG suppose à mon sens un minimum d’embranchements possibles, des issues différentes selon les choix du joueur.

On n'est pas mignons avec nos armures assorties ?

On n’est pas mignons avec nos armures assorties ?

Mais Skyrim, c’est aussi ce jeu où l’on se retrouve avec des anecdotes étranges ou amusantes à raconter, et pas seulement en raison de bugs surréalistes (ma spécialité à moi, c’est de tomber à travers les textures), mais plutôt en raison des possibilités ouvertes par le gameplay. Ainsi, dans une vidéo sur YouTube ayant pour thème « Ce jeu vidéo qui m’a fait passer des nuits blanches« , un journaliste de jeuxvideo.com racontait comment il s’était transformé en vampire contre son gré, parce qu’il ignorait comment se soigner, et qu’il s’était retrouvé à s’introduire chez les habitants la nuit, tout nu pour ne pas faire de bruit, cherchant misérablement à se nourrir ainsi, jusqu’au moment où les habitants se réveillent. Là c’est drame et chaos, voilà notre journaliste – toujours à poil – dans les rues qui se précipite pour voler un cheval et s’enfuir, et, évidemment, le tout coïncide avec l’arrivée d’un dragon… De même, je me suis retrouvée une fois dans une situation incongrue au cours de la quête principale : je rejoins Delphine près de Solitude et je lui donne mon équipement (avec lequel je ne peux pas entrer à l’ambassade des Thalmors où je dois m’infiltrer). Je viens de lui donner toutes mes affaires, je suis à poil, et là, paf, un dragon nous attaque. Ce fut le jour glorieux (ou pas…) où j’ai vaincu un dragon toute nue… à coups de pioche. J’ai cru ne jamais m’en sortir, heureusement que c’était aux abords de Solitude et donc qu’il y avait quelques gardes :)

Le camping, c'est chouette.

Le camping, c’est chouette.

Mais surtout, Skyrim, c’est ce jeu sur lequel, à l’instar de la copine d’un auteur sur viedemerde, je vais prendre l’air (de quoi désespérer tous les parents du monde, hein, surtout quand on sait que je vais sur mes 30 ans). Alors quand l’édition spéciale a débarqué en octobre, j’en ai profité pour modder mon jeu. Et me voilà partie pour des heures en immersion totale, avec au programme chasse, camping, cueillette, cuisine, et hypothermie. Et j’adore ça. J’adore monter le Haut Hrothgar et devoir trouver un abri en chemin parce que je suis prise dans le blizzard et sur le point de m’évanouir. J’adore faire un petit feu sur une montagne avec une vue à couper le souffle et me préparer un petit ragout avec mon compagnon sous les aurores boréales. J’adore mon nouveau mod ajoutant des changements météorologiques, apportant notamment des pluies torrentielles et de violents orages.

Et puis j’adore construire une maison personnalisée et lire les bouquins trouvés au fil de l’aventure au coin du feu, ainsi que cuisiner des pâtisseries pour toute ma petite famille (oui, en fait je suis une bien meilleure personne dans Skryim que dans la vie réelle :D).

Et bon sang, mais putain que c’est beau ! Aucun jeu vidéo ne m’a enchantée comme Skyrim a su le faire, et ça tient beaucoup au fait que le travail sur la lumière est suffisamment important pour que j’aie la sensation de redécouvrir sans arrêt des paysages familiers. Je me balade dans Skyrim exactement comme une touriste, m’arrêtant à tous les panoramas pour m’émerveiller.

skyrim_2skyrim_3Je ne me lasse pas de Skryim parce que c’est un jeu dans lequel je me sens bien, c’est aussi simple que ça.

Les plus

  • Quand je me balade dans le vrai monde et que je vois un beau paysage, je dis : « Putain, on se croirait dans Skyrim ! »
  • RPG récompensant : avec du temps et des efforts, on devient ultra bad-ass.
  • On peut construire sa maison. (oui, je sais…)
  • La musique est aussi apaisante que tout le reste. Ou alors, du très très bon épique qui donne envie de finir au Walhalla.
  • Le principe de développement des compétences : on apprend en faisant. Simple, logique, récompensant.
  • Le craft en général est plutôt plaisant. On crée soi-même sa belle épée, et on est fier.

Les moins

  • Les actions n’ont aucune réelle répercussion sur l’intrigue.
  • Les dialogues ne sont pas, ou pratiquement pas, à choix multiples.
  • Pas de personnages secondaires charismatiques. Ou alors, il faut y mettre de l’imagination. Ulfric, chef de la rébellion au caractère ombrageux, aurait pu être passionnant, mais il n’est pas développé.
  • C’est trop. Si on fait tout, on se retrouve la personne la plus puissante du monde, et ça ne change rien à la donne, alors qu’à ce point, ça devrait.
  • Alduin est super facile à défoncer.

Conclusion : Skyrim est un jeu auquel je prends énormément de plaisir à jouer, mais sur son ensemble, j’ai envie, tel une Fossoyeuse de jeux vidéo, de faire : « Meh… » Il paraît que c’est un grand classique chez Bethesda : beaucoup de potentiel, de la déception à l’arrivée pour cause de potentiel non exploité. Allez, au boulot, et plus vite que ça ! Vous pouvez le faire. J’ai foi en vous.

Nous vîmes que cela était bon, et 38 Studios créa Kingdom of Amalur.

Voici un jeu adapté d’une œuvre littéraire, en l’occurrence de R. A. Salavatore. Je ne sais pas si c’est son background littéraire qui lui donne sa richesse, mais Kingdom of Amalur est un jeu où l’on s’immerge dans un monde fantasy où les Faes, des êtres immortels comparables à des elfes, mais bien plus fans de littérature que l’archétype tolkienien, s’éteignent peu à peu. La Cour d’Hiver et la Cour d’Été se meurent, le cycle éternel s’achève sous le coup de Faes dissidents, les Tuathas. Dans ce jeu, on est le fruit d’une expérience réussie : la première personne ressuscitée au monde. Mais ce fait a une conséquence très déstabilisante : nous incarnons le seul être au monde à ne pas avoir de destin. Littéralement. Il existe dans ce jeu des personnes capables de lire l’avenir, parce que la destinée de chaque personne est comme une trame que l’on peut déchiffrer. Mais pas vous. Vous êtes l’élément de chaos qui va permettre de sortir du cycle éternel, des histoires déjà écrites et rejouées cent fois.

"Je sais faire une autre tête. Parfois, je hausse le sourcil."

« Je sais faire une autre tête. Parfois, je hausse le sourcil. »

Le gros point fort du jeu, c’est son gameplay. La barre violette que vous voyez sur l’image, c’est ma jauge de « destin ». Quand elle est remplie, j’appuie sur X, et bam, j’ai une fatality bien moins grossière que dans Mortal Kombat (même si c’est très fun, hein, j’adore). Et il y a pas mal de fatalités différentes, où à chaque fois on se retrouver à exécuter des actions de dingue hyper classe qui font de très gros dégâts. Jouissif. Autrement, le système de combat est très dynamique, même avec l’épée colossale que je cache dans mon dos :

"Tu l'as vue ma grosse épée ?"

« Tu l’as vue ma grosse épée ? Euh… Je veux dire… Subis le châtiment de ma lame, manant ! »

Le jeu vous permet de monter trois arbres de compétences, et ça marche très bien en complémentarité. Vous avez : Puissance, Sorcellerie, Finesse. Mon personnage ci-dessus a la moitié des points en aptitudes guerrières et l’autre en magie. Eh bien ça marche du tonnerre ! C’est d’ailleurs là un facteur déterminant de rejouabilité, et pour moi, dans un RPG vidéoludique, la rejouabilité, c’est essentiel. Recommencer un jeu pour le plaisir de découvrir une autre façon de jouer, de nouvelles combinaisons de compétences, de nouvelles techniques et stratégies, ça fait partie intégrante à mes yeux de la qualité d’un jeu. Là-dessus, Kindgom of Amalur a tout bon.

Cependant, Kingdom of Amalur souffre des mêmes défauts que Skyrim. L’intrigue principale se résume à une guerre contre les méchants, les dialogues, bien qu’à choix multiples, ne sont guère intéressants, l’histoire ne vous permet pas de faire des choix décisifs ou de vous retrouver confronté à des dilemmes moraux.

Les plus

  • Les Faes, avec les deux Cours opposées mais non ennemies, complémentaires.
  • Un système de combat amusant, intuitif, dynamique.
  • Des arbres de compétences qui donnent un véritable intérêt au fait d’avoir un personnage équilibré.
  • Des environnements très jolis, agréables à visiter.
  • De vrais moments de tension au cours de la quête principale, qui vous donnent une sensation d’urgence.

Les moins

  • Une histoire globale plutôt cousue de fil blanc, et sans véritable choix important.
  • Trop de quêtes secondaires. L’univers est déjà très très grand, on finit par s’y perdre et rusher.
  • Des dialogues creux et des animations faciales quasi inexistantes.

Electronic Arts dit à BioWare : « Tu enfanteras un jeu, et tu lui donneras le nom de Dragon Age: Origins. »

J’ai déjà amplement évoqué ce jeu alors je vais revenir sur un point précis.

Récemment, j’ai enfin compris l’un des trucs qui faisaient que DAO m’avait offert une expérience de jeu si particulière et si unique. En fait, j’y ai fait l’expérience de la solitude radicale. Je m’explique : je me suis aperçue en y rejouant que tous mes compagnons étaient des personnes profondément ancrées dans leur propre vision du monde, et que ce qui se produisait hors de leur sphère familière leur échappait complètement. Et tous, à l’aune de leur vision du monde, se permettent de vous juger, vous le personnage principal. Et ça, c’est dans le meilleur des cas. Certains personnages sont carrément égoïstes et ne voient rien d’autre dans vos actions qu’une contradiction avec leur façon de penser. Ils ne cherchent pas à comprendre, d’ailleurs ils ne vous demandent jamais comment vous allez, d’où vous venez, ce qui vous fait rêver dans la vie. Ils ne vous parlent que pour vous raconter leur vie ou se plaindre de vous. Quand je dis tous, cela n’inclut pas Zevran, et ce n’est pas parce que je suis partiale, c’est justement l’une des raisons qui font que je le romance à chaque fois. Zevran et… le chien :)

"Par le Souffle du Créateur ! Ta gueule !"

« Par le Souffle du Créateur ! Ta gueule ! »

On se retrouve donc Garde des Ombres, en plus dans mon cas Garde des Ombres réticent, conscrit par Duncan car ayant refusé catégoriquement de se joindre à l’ordre, en charge du destin de tout Thédas. Et pour avoir fait tous les prologues du jeu (y en a 6 en fonction de la race et du statut social), on devient Garde des Ombres dans des circonstances carrément tragiques qui ne doivent déjà pas nous donner beaucoup de baume au cœur pour commencer l’aventure. Personne ne vous soutient, tout le monde vous remet en question, tout en refusant de prendre des décisions et d’agir à votre place. Sauf, il faut rendre à César ce qui est à César, Sten le Qunari, qui vous provoque en duel. Vous gagnez, il ne moufte plus jusqu’à la fin du jeu.

Contrairement à Skyrim et Kingdom of Amalur, DAO est un RPG qui permet, grâce à son prologue et à sa romance, ainsi qu’à des quêtes offrant un véritable choix, de vous identifier véritablement avec votre personnage, de créer un lien affectif avec lui. Le système d’approbation des compagnons, et le fait qu’on ait de nombreuses options de dialogues disponibles au campement, provoque également un attachement ou une répulsion à leur égard. Résultat, on s’investit émotionnellement, et on est donc pleinement impliqué dans l’histoire. Ce qui nous arrive et ce qui arrive à nos compagnons nous importe. Ce n’est plus un simple jeu. C’est un RPG.

Note : ceci est aussi valable pour la saga Mass Effect 😉

"On ne parlait pas de moi, mais je manquais à Nathalie. Coucou, Nathalie !"

« On ne parlait pas de moi, mais je manquais à Nathalie. Coucou, Nathalie ! »

Les plus

  • Le jeu laisse la part belle aux relations inter-personnages, et les personnages sont très bien écrits.
  • Un style littéraire plutôt old-school approprié au RPG medieval fantasy.
  • De véritables choix à effectuer, dont certains vous engagent moralement et émotionnellement.
  • Un prologue adapté à l’environnement social de votre personnage, lui donnant un background unique.
  • Zevran.

Les moins

  • Un environnement plutôt terne, et majoritairement sous forme de couloirs.
  • Un système de combat qui a le cul entre deux chaises entre le côté tactique et le côté dynamique.
  • Certains donjons sont trop longs, voire carrément épuisants.

CD Projekt dit au monde vidéoludique polonais : « Lève-toi, et marche. »

J’avais tâtonné sur The Witcher premier du nom, mais je n’étais pas très fan du gameplay et me suis rapidement lassée. J’ai rushé The Witcher 2 parce que les quêtes secondaires ne m’intéressaient pas le moins du monde et que j’avais hâte de connaître le dénouement. Brutal, ce dénouement, dans le mauvais sens du terme, surtout parce que j’ai fait le choix de laisser partir mon antagoniste, donc même pas de grand combat épique final. Par contre, j’ai eu vraiment envie de jouer à The Witcher III, dont les premiers trailers m’avaient tout à fait séduite. J’y ai joué avec un certain acharnement pendant un petit bout de temps, d’autant que ce n’est pas un jeu que je trouve très facile… Et qu’il est d’une richesse absolument incroyable, ce qui fait qu’il peut potentiellement avoir une très très longue durée de vie, ce qui est d’ailleurs aussi son défaut, mais je vais revenir sur ce point. Je mets un trailer à l’intention de ceux qui n’y auraient pas joué :

The Witcher est l’un de ces RPG où l’on nous impose le personnage jouable, et comme je l’ai dit plus haut, je suis toujours un peu réticente à ça. Mais dans le cadre de The Witcher, c’est totalement normal, vu qu’il s’agit d’une adaptation d’une série de nouvelles. De plus, Geralt de Riv est un personnage très charismatique, encore plus je dirais dans ce troisième opus où on a un sorceleur vieillissant qui commence à éprouver une certaine lassitude à exercer son métier et à se confronter sans arrêt à ce qu’il y a de plus méprisable dans la nature humaine (très souvent, dans The Witcher, les véritables monstres ne sont pas ceux que Geralt tue pour gagner sa vie). D’ailleurs, les filles passent souvent pour des midinettes, mais je note que je connais une certaine personne de sexe masculin qui joue Geralt sans armure tellement il le trouve sexy avec son puissant torse couturé de cicatrices.

Notre Geralt part à la recherche de sa fille adoptive Ciri, recherchée par les vilains pas beaux de la Chasse Sauvage, à qui le sorceleur a déjà eu affaire par le passé. En chemin, on retrouve tous les compagnons historiques de Geralt, le nain Zoltan, Jaskier le ménestrel, et bien sûr les inénarrables magiciennes, Triss, Yennefer, ou encore Filippa.

L’univers est un des points forts du jeu. Dans son aspect esthétique d’abord : c’est absolument superbe. Vous verrez des couchers de soleil incroyables, et un soin est apporté à tous les petits détails : toute la végétation ondule et bruisse dans le vent, l’ambiance sonore est très travaillée, notamment dans les villes. Mais c’est aussi l’univers dans le sens du « lore » du jeu. Très inspiré par l’univers des contes, on se retrouve parfois dans des réécritures très dérangeantes d’histoires pour enfant, ou à tout le moins on en trouve des échos. Certaines choses rappellent également le folklore germanique et scandinave, ce qui apporte une grande richesse à un monde qui donne l’impression qu’on n’aura jamais fini de l’explorer.

"Tu l'as vue ma grosse..." Zut, je l'ai déjà faite, celle-ci.

« Tu l’as vue ma grosse… » Zut, je l’ai déjà faite, celle-ci.

Cette impression, d’ailleurs, finit par porter préjudice au jeu. C’est l’un des rares RPG dans lequel j’étais à fond que j’ai failli abandonner. Au bout d’un énième rebondissement, je me retrouve dans une nouvelle carte. Là, je craque, je m’arrache les cheveux… Je ne vais tout de même pas recommencer à remplir des contrats de sorceleurs et abattre des armées de noyeurs alors que j’ai toujours par retrouvé Ciri ?! Heureusement, comme F. m’a assurée que j’approchais du but, je me suis accrochée. J’ai failli me faire une luxation du poignet sur le combat final, et manqué de balancer ma souris par-dessus bord plusieurs fois. Tendu, tendu, tendu ! Mais c’est ça qui est bon :)

The Witcher est un RPGau gameplay dynamique qui oblige à parer, esquiver, bouger. L’alchimie devient indispensable. C’est un jeu plutôt exigeant, qui ne vous prend jamais par la main, sans pour autant être d’une difficulté rebutante, et c’est là l’un des secrets de sa réussite, à mon avis.

Une autre particularité du jeu est son système unique d’embranchements : je pense n’avoir jamais joué à un jeu qui tirait parti aussi subtilement de vos choix, et ceci tout au long du jeu. Il existe non seulement plusieurs fins différentes (et qui ne résument pas à choisir entre vert, violet et rouge ;)), mais également des fins multiples pour les quêtes secondaires. Le jeu vous préviendra sans doute que les conséquences de vos actions peuvent n’être visibles qu’à long terme, et c’est la pure vérité. J’en connais un qui continue de me provoquer parce qu’un PNJ est mort soi-disant par ma faute. Et avec mon expérience du jeu, je continue à me demander à quel moment j’ai enclenché cet enchaînement de cause à effet. C’est l’un des grands charmes du jeu, et un argument indéniable en faveur de sa rejouabilité.

Les plus

  • L’univers.
  • L’histoire à embranchements multiples.
  • Le torse de Geralt.

Les moins

  • Trop long, le jeu se disperse.
  • Les cartes sont trop complexes. Ok pour le côte bac à sable, mais ça finit par en devenir frustrant quand on n’a pas envie de terminer la partie en 200 h.

Maloriel reçut la Lumière et tenta de nouvelles expériences.

C’est surtout que Maloriel s’ennuyait et espérait revivre de grands moments RPG à travers d’autres jeux. Alors j’ai testé plusieurs choses. Notamment Bound by Flame, assez sévèrement reçu par la critique, mais qui n’est pas si mal que cela. Musique et atmosphère sont au rendez-vous, les combats sont intéressants mais malheureusement un peu répétitifs, notamment à cause d’environnements en forme de couloir où les monstres re-popent dès que vous avez le dos tourné. Les combats offrent un certain challenge auquel il n’est pas inintéressant de se confronter. L’histoire est un peu trop longue à se dérouler, les personnages secondaires un peu trop caricaturaux à mon goût. On y incarne un mercenaire possédé par un démon du feu, et on peut choisir de laisser le démon gagner du terrain, ce qui vous donne beaucoup de pouvoir, ou essayer de le contenir pour tenter d’être un peu plus « moral ». Je ne peux pas recommander ce jeu, mais c’est tout de même une expérience intéressante, donc si vous êtes curieux…

Karyu no Tekken !! (Coucou F., ça veut dire "poing d'acier du dragon de feu, pour info ;)

Karyu no Tekken !! (Coucou F., ça veut dire « poing d’acier du dragon de feu », pour info 😉

Dans un tout autre genre, je me suis adonnée à deux séries créées par Telltale Games, The Walking Dead et Game of Thrones. Si vous ne connaissez pas le principe, le voici : il s’agit d’une histoire interactive, un point and click dans lequel vous prenez constamment des décisions importantes (en temps limité) qui influent sur le cours du jeu. Comme tout le monde, j’ai pleuré sur The Walking Dead, et dans Game of Thrones, je me suis beaucoup amusée à refuser systématiquement tout compromis, curieuse de voir si j’allais définitivement mener ma famille à la ruine, ou si ma détermination allait me permettre de tirer mon épingle du jeu. J’ai trouvé ça aussi prenant et haletant que la série télévisée du même nom. En fait, j’avais l’impression d’être dans la série, et c’était moi qui faisait les dialogues. Plutôt grisant.

Il y a eu aussi KOTOR (Knights of the Old Republic) un jeu BioWare influencé par l’univers de Star Wars. Plutôt pas mal convaincant, mais le jeu se heurte aux mêmes limites que les films : juste au moment où ça commençait à devenir intéressant, on en revient à cette bonne vieille opposition entre les gentils Jedi et les méchants Sith, alors que le jeu tendait à montrer que la réalité était plus complexe que ça. Dommage. Par ailleurs, on s’amuse bien, si on excepte une quête où il faut faire des maths à un niveau qui interdit tout espoir de s’en sortir à la pauvre littéraire que je suis. Les personnages sont attachants, les talents plutôt intéressants. Le seul maintien de la balance entre le côté obscur et lumineux, ou l’investissement à fond dans l’un ou l’autre, est un jeu dans le jeu.

"Bonjour, je suis l'un des boss les plus pète-couilles de l'histoire vidéoludique de Maloriel. Bonne journée."

« Bonjour. Je suis l’un des boss les plus pète-couilles de l’histoire vidéoludique de Maloriel. Bonne journée. »

J’ai entamé un jeu qui me fait bondir de plaisir quand je ne suis pas en train de m’énerver par manque de maîtrise : Divinity II: Original Sin. Je ne connais rien à la série, j’ai emprunté le jeu dans la bibliothèque Steam de F. Mais je m’amuse. Les dialogues me font régulièrement éclater de rire. Mon personnage face à un nécromancien nécrophile : « Moi, quand j’ai envie d’un truc froid et sec, je prends un gin tonic. » Ça donne le ton. L’un des gros points forts du jeu ? On peut se transformer en dragon, et cela sans le moindre bug ni réaction consternée de la part du jeu. Vous tombez d’une falaise ? Appuyez sur la touche consacrée et vvvoucchhh, vous voilà transformé en dragon de la manière la plus subtile et joussive qu’il soit. Et cette forme est diablement puissante, de quoi faire de beaux ravages comme on les aime. (Bon, je regarde définitivement trop Fairy Tail, je crois que je suis possédée par Natsu, ces temps-ci.) Et ! Un autre très gros point fort : ici, les PNJ ont enfin compris que vous aviez mieux à faire que cueillir des fleurs. Ils y vont pour vous ! Je crois que je ne me suis jamais sentie aussi puissante.

"Regarde, Jack, je vole !"

« Regarde, Jack, je vole ! »

Enfin, je me suis adonnée aux plaisirs vampiriques avec Vampire: The Masquerade: Bloodlines. Un jeu qui m’a plutôt marquée dans le sens où il possède les meilleures quêtes secondaires que j’ai jamais faites. Bloodlines n’est pas un jeu d’horreur à proprement parler, et c’est d’ailleurs un genre que je ne connais absolument pas, en dépit de mon attrait pour sa version cinématographique. Et pourtant, j’ai eu des sensations de pure angoisse et d’intense malaise en faisant ces quêtes fantastiques et débridées. J’ai adoré l’expérience. J’ai également trouvé assez amusant les contraintes imposées par cette fameuse « mascarade », qui consiste pour les vampires à passer inaperçu parmi les humains. Il y a donc des règles, il faut faire preuve de discrétion, mais il faut tout de même se nourrir. Ayant joué un Toreador, j’ai trouvé amusant de convaincre n’importe qui de me suivre dans une allée obscure juste pour mes beaux yeux. Mais parfois, j’ai perdu le contrôle, j’ai tué des gens sans faire exprès… Et gérer l’aspect bestial du vampire est plutôt intéressant : en effet, plus vous transgressez les règles, plus vous perdez en humanité. Résultat : une frénésie littéralement incontrôlable peut vous saisir quand vous avez soif. Une fois, j’ai tué un type à qui je venais de dire que j’allais l’épargner, juste parce que je suis entrée en frénésie et que je ne pouvais absolument rien faire. Ça m’a coûté les faveurs d’une jolie vampirette, d’ailleurs.

"Disco is not dead."

« Disco is not dead. »

Enderal, ou l’apothéose.

Oui, techniquement, Enderal est un « mod » de Skyrim. Mais il s’agit en fait d’un jeu développé avec la technique de Skyrim, et qui reproduit grossièrement son gameplay. Mais Enderal, c’est surtout un monde et une histoire totalement inédits. Je suis perplexe quant au gameplay, qui enlève certaines bonnes idées de Skryim pour en faire quelque chose de plus énervant : par exemple, vous ne montez pas vos compétences en les pratiquant, mais en achetant des bouquins hors de prix. Résultat : c’est un processus long et frustrant. On vous confie un rôle super important, et personne ne pense à vous financer un minimum. Ce qui me gêne, ce n’est pas juste la difficulté supplémentaire que ça induit : c’est simplement incohérent dans le cadre de l’histoire qu’on nous propose, et donc une erreur.

Un autre problème dommageable que Skyrim n’avait pas, c’est la gestion de son niveau face aux monstres qu’on affronte. Skyrim  est un jeu en monde ouvert par excellence : vous ne passez pas d’une zone à l’autre, vous vous déplacez librement. Dans Enderal, c’est vrai en théorie. Sauf qu’on s’aperçoit rapidement que le jeu est divisé en zones de difficulté, et comme il propose un voyage rapide, il est très difficile d’évaluer quelles zones sont accessibles ou non, et les évolutions de la quête principale ne nous y aident pas vraiment non plus. Ils ont prévu un système d’étoiles censé renseigner sur la difficulté d’une quête, mais d’après mon expérience, les quêtes signalées comme difficiles le restent quel que soit votre niveau. Ce n’est donc pas d’un très grand secours. Je trouve aussi d’ailleurs qu’il y a trop de monstres sur la carte. Ça a un léger côté décourageant.

Mais que ces détails ne vous fourvoient pas. Soyons extrêmement clair : Enderal, c’est le jeu le mieux écrit auquel j’ai jamais joué. Et je parle bien d’écriture. Un jeu, c’est un tout : un univers, des personnages, un gameplay, une bande-son, etc. Donc, en termes d’écriture, Enderal m’a renversée. Je sais, ce n’est pas une bonne idée de sur-vendre un jeu. Mais le truc, c’est que je ne le sur-vends pas. Vous y avez peut-être déjà joué et avez une sensation différente, ou vous serez peut-être déçus en y jouant. Mais ne pas dire que c’est du pur génie à mes yeux, ce serait faire de la langue de bois. C’est un jeu qui m’a mise profondément mal à l’aise, avec un prologue qui me fiche littéralement froid dans le dos. Le tout servi par une bande originale incroyablement belle et creepy. Et c’est sans doute le seul jeu où j’ai lu tous les bouquins proposés. La saga The Butcher of Ark est époustouflante. Magnifiquement bien écrite.

Mais Enderal, sa force narrative, c’est surtout ce réseau d’échos. Dès les premières minutes du jeu, je comprends que quelque chose ne va pas. Comme si vous étiez dans le Truman Show. Et tout le jeu est basé là-dessus : la réalité, et surtout la vérité, sont des concepts multiples et complexes. Chaque histoire, la vôtre, celle de vos compagnons, celles que vous lisez dans les livres, se font écho les unes aux autres. À tel point que vous finissez par vous demander si vous n’êtes pas piégés dans votre propre esprit. C’est un jeu à multiples niveaux de significations, qui parle du sens de la vie, mais qui se réfère aussi à lui-même en tant que jeu vidéo. Il réfléchit sur la notion d’impuissance, de manipulation. C’est un jeu hanté, qui vous hante.

Après une partie d'Enderal, il n'y a vraiment rien de mieux à faire que picoler.

Après une partie d’Enderal, il n’y a vraiment rien de mieux à faire que picoler.

Conclusion

J’ai mis très longtemps à écrire cet article, car comme vous l’avez sans doute remarqué, il est long ! Aujourd’hui, je me tiens dans l’impatience croissante de voir arriver Mass Effect: Andromeda, duquel j’attends qu’il ne trahisse pas la licence, et donc que l’histoire prime sur le côté bac à sable du monde ouvert. S’il vous plaît, BioWare, continuez à être originaux et charmants dans un monde remplis d’éditeurs dirigés par des gens qui ne connaissent rien au jeu vidéo. Par-dessus tout, restez rock’n’roll.

Et ça vaut aussi pour vous, chers lecteurs. Amusez-vous bien. Et n’hésitez pas à me suggérer des jeux. J’ai joué à The Witcher grâce à Gradlon, Mass Effect grâce à Mathias, Enderal grâce à F., alors, comme quoi… :)

Allez, je vous laisse avec un petit karaoké en japonais.

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Coup de gueule de début d’année

(parce que ça fait du bien)

Ça fait un moment, comme beaucoup de gens je pense, que je sens une sorte de rage s’accumuler en moi, et je cherche les moyens de l’exprimer sans vraiment y parvenir. Sur un moment de nostalgie, j’ai parcouru mes archives dans la blogosphère, et j’ai décidé de re-publier un billet qui n’est plus guère d’actualité dans sa forme, celle d’une lettre ouverte, mais le fond, en fait, condense toute ma pensée. Alors certains d’entre vous le connaissent déjà, mais j’ai eu envie de le faire remonter, au moins pour la symbolique pour cette nouvelle année. Il s’agit d’une lettre ouverte à Varg Vikernes, figure emblématique du black metal, arrêté en France en 2013 suite à des soupçons de terrorisme. Comme je connaissais son parcours de musicien et les sombres événements auxquels il a été mêlé, je me suis intéressée à son blog, toujours en ligne, le lien à la fin de l’article. Mais Varg n’est pas celui qui m’intéresse aujourd’hui. Je ne republie ce billet que parce qu’il condense des choses que j’ai juste envie de ré-affirmer à l’aube de cette nouvelle année.

 

Varg Vikernes,

Je profite de ce blog pour t’adresser une lettre ouverte.
Je commencerais en disant qu’en tant qu’individu, je n’accepte pas tes paroles. Et même si cela ne dépend pas de toi, je regrette profondément que ton nom continue à être associé au black metal. Que les gens venant te soutenir à ton procès soient filmés par les journalistes. Tout le monde va croire que c’est cela, le black metal.
Tu es paranoïaque, Varg.
Il suffit pour s’en convaincre de parcourir ton blog. Tous les articles « politisés », on les lit, on est d’accord ou non, mais on peut être titillé, curieux, intrigué. Jusqu’à ce que la mention tombe. Juifs. Chrétiens. Et l’amalgame, « judéo-chrétiens ». Tu as trouvé ton bouc émissaire, tu as trouvé ta Cause, celle qui justifie ta notion « d’honneur ». Grand bien t’en fasse. Sache seulement que par ce choix tu as renié l’une des valeurs qui sans aucun doute demeure fondamentale à tes yeux : la liberté. Les valeurs que tu as choisies s’embrouillent et disparaissent derrière un combat contre des moulins à vent que tu prends pour des géants.
Ton manque de lucidité me fend le cœur. Parce que tu fais partie de ces gens qui travestissent les valeurs. Parce que tu as trouvé ta bête noire, exactement à la façon de ces méchants au nez crochu dont tu dresses le portrait, animés d’intentions maléfiques à l’égard de ta grande Europe.
Au fond, si cela me cause autant de colère, c’est parce que je suis déçue. J’étais toute prête à prendre ta défense, toi l’un des héros presque mythologiques du black metal. Je ne parlerai pas ce qui s’est passé à cette époque, parce que je ne connais que les faits, et qu’ils ne suffisent pas. Mais tu restais une sorte de légende, parce que le black était nouveau, révolutionnaire, serais-je même tentée de dire. Je sais à quel point une histoire singulière passée sur la scène médiatique, sous les projetcteurs, peut être lacunaire, voire mensongère. C’est pourquoi j’ai voulu aller voir plus loin.
J’ai parcouru ton blog.
Je t’ai trouvé intelligent, et plus important encore, j’ai trouvé que tu réfléchissais avant d’écrire.
Mais tout ce que tu as d’intéressant à dire se retrouve éclipsé par des monceaux, pardon, des monceaux de conneries.
L’individualisme devient du protectionnisme. La revendication devient de la paranoïa agressive.
Selon moi, ton obsession sur la soi-disant mort de l’Europe est pathétique, et, permets-moi de le dire en utilisant tes propres mots, elle ne fait que démontrer ta faiblesse. Faiblesse, parce que tu n’es qu’un individu perdu dans la masse, qui ne comprend rien à ce monde. Tu l’as avoué toi-même. « Completely lost in this world ». Toute ta campagne contre les grands méchants destructeurs de l’Europe, ce n’est que de la peur. Pure et simple. Nietzsche supposait que le christianisme était à base de haine et de ressentiment. Dis-moi ce que tu exprimes d’autre que du dégoulinant ressentiment ? Dis-moi ce qui t’embarque dans cette croisade anti-juive, anti-chrétienne, si ce n’est ton ressentiment pour un hypothétique paradis perdu, l’image figée et idéalisée d’un passé païen ?
Tu es aussi figé que les ennemis que tu combats. Parce que tu as désigné ton ennemi.
À mon avis, ton ennemi est à l’intérieur de ta tête. Tu les combats eux, parce que tu as peur pour ta propre identité. Tu n’arrives pas à te circonscrire. Le monde moderne ne te donne plus suffisamment de cadres rassurants. Nous vivons dans un monde plein de cette « diversité » que tu défends si maladroitement. La vérité, c’est que tu n’es pas capable de l’assumer, cette diversité. Elle te mine. Tu voudrais bien être plus pur et vivre dans un monde plus pur.
Pourquoi, vous tous, avez-vous besoin de brandir à ce point votre identité, si vous ne vous sentez menacés ?  Et par quoi et par qui êtes-vous réellement menacés ? Qui vous empêche d’être ce que vous êtes ? Vous a-t-on forcés à vous convertir à l’islam ? La vue d’un simple voile suffit-elle à vous donner un sentiment d’insécurité ? Êtes-vous si incertains, si faibles, si peu solides que côtoyer des personnes autres, qui ont d’autres repères que vous, suffit à vous faire monter sur vos grands chevaux ?
Pour moi, faire de l’identité une telle obsession ne dénote rien d’autre qu’un profond sentiment d’insécurité. Vous n’êtes que des gosses terrifiés, qui tremblent dans un monde dont les frontières ne sont plus si sûres. Vous confondez cet affaiblissement des frontières immémoriales avec une indifférenciation. Qu’est-ce qui vous empêche de rester différents ? Qu’est-ce qui vous empêche de vivre comme vous l’avez toujours fait ? Je suis navrée, mais je ne vois absolument rien qui vous en empêche. Derrière vos beaux discours aux grands mots ne se cache qu’une peur terrible. Et cette peur n’a de raison d’être que parce que, aussi individualistes que vous prétendez l’être, vous avez en réalité besoin de barrières sociales, morales, et juridiques, pour vous sentir protégés. C’est pourquoi je vous trouve pathétiques, tous autant que vous êtes. Vous êtes comme des vieux à qui on change les habitudes. Vous gueulez contre l’uniformisation, mais vous êtes juste mal à l’aise avec la diversité, celle que tu oses défendre, Varg. Vous êtes incapables de rester vous-mêmes si le vent tourne. Vous voulez juste vous faciliter les choses, en éloignant de votre vue ce qui est différent. ça évite de trop penser. D’être trop perdu.
Alors oui, cette lettre ouverte prend un autre ton. Ton cas, Varg, n’apparaît pas aujourd’hui par hasard. Il sert bien ta cause. Et si je suis aussi en colère c’est parce qu’il a un contexte. Je n’aurais que faire d’une affaire isolée. Mais tu es représentatif. Et tu es suivi.
Mon idée est que les gens qui composent ton comité de soutien ne sont en rien différents de n’importe qui choisit de se replier sur soi. N’importe qui épousant une cause ou une icône pour mettre un peu d’ordre dans sa vie. La vérité, je le crois – et quiconque le désire peut essayer de me détromper – c’est que très peu de gens réalisent ce qu’être libre signifie, et énormément croient le savoir. J’ai déjà vu ça ado, quand j’ai voulu embrasser la mouvance gothique. Et plus je l’embrassais, plus je m’apercevais que j’avais affaire à un groupe d’épouvantails qui passait son salaire – ou bien l’argent de papa ou de l’État – en vêtements d’apparats. Des gens qui vous dévisageaient quand vous entriez dans leur cercle fermé, leur petite élite intellectuelle et visuelle. Ils n’étaient différents que face à une majorité, mais relativement, c’étaient tous exactement les mêmes. ça en revient à ta critique du satanisme : une norme qui s’oppose à une autre.
Et tu fais la même chose, parce que les solutions aux problèmes que tu brandis sont déjà trouvées. Tu ne laisses aucune place à la subtilité parce que tu connais déjà les coupables. En quoi ta pensée diffère-t-elle de celle de tes Ennemis ? Où est ta liberté ? Tu es asservi comme n’importe qui à la mythologie, et son autre nom, la religion. Ton idéal est ton carcan.

J’en profite pour ajouter une parenthèse sur un sujet qui commence à me souler tout particulièrement. Tu fais partie de ce gens qui semblent se hérisser dès qu’on remet en question la notion de genre sexuel. Qui a dit que cette notion n’existait pas ? Je tiens au passage à souligner que la soi-disant « théorie des genres » est une pure et simple invention. On désigne sous ce nom un ensemble de récentes recherches portant sur la construction sociale du genre. Là encore, on ne cherche pas à uniformiser, mais simplement à savoir à quel point nous sommes hommes ou femmes de fait, et à quel point on nous instruit et nous recommande d’adopter tel ou tel comportement en fonction de notre sexe. Arrêtez de vous effaroucher parce qu’on remet en question des notions millénaires. Ce genre de théorie n’est pas faite pour détruire, mais pour nous permettre d’évoluer en tant qu’individus. Pour que tout un chacun puisse comprendre qu’il n’est pas censé être ou penser quoi que ce soit sous prétexte qu’il soit homme, femme, noir, blanc, et j’en passe. Et ce processus n’est pas, putain, de la conformisation, mais un processus de libération. Pardon, mais à mes yeux, quiconque pense le contraire a juste une trouille de tous les diables. Parce que sans définition, on perd le cadre, la direction à suivre, la règle en générale. J’en ai plus qu’assez qu’on confonde liberté et indifférenciation. La liberté, ce n’est pas revendiquer sa différence. C’est vivre avec sa différence en toute sérénité. Tout le reste n’est que mascarade. J’en ai plus qu’assez de ces discours de replis identitaires. Vous n’êtes que des lâches perdus dans un monde trop vaste. Si vous n’êtes pas capables de l’assumer, ayez au moins l’honnêteté d’avouer la vraie teneur de vos propos, au lieu de vous cacher derrière des idéologies de façades. Vous avez peur. Dites-le, et arrêtez de faire chier le monde.
Je suis une femme. Je suis blanche. Je suis issue des classes moyennes. Et le fait que je veuille savoir ce que ça signifie au-delà des conventions sociales résultant de tous ces paramètres n’implique pas que je veuille être la même chose qu’un homme noir aristocrate. ça signifie que je veux être libre. Et donc être autre chose que ce pour quoi mon environnement social m’a formée et cataloguée. Je ne veux pas être définie par des clauses extérieures qui ne dépendent pas de moi. Parce qu’elles sont toute relatives, historiques, idéologiques. Et que je m’en contrefous. Et abandonner ces paramètres, ces cadres, ne fait pas de moi une anonyme.
Je n’ai pas besoin de me circonscrire. Et si vous en éprouvez le besoin si pressant, c’est que vous n’êtes pas capable de faire face à la liberté. La liberté, c’est ce qu’il reste quand vous avez démonté cette architecture héritée qui fonde votre être. Vous devez seulement choisir votre héritage. Et faire ce choix ne change pas quoique ce soit au reste du monde. Cela ne concerne que vous. Encore une fois, si vous avez besoin que l’ensemble de la société fasse les mêmes choix que vous-mêmes, vous n’êtes que des lâches et des conformistes.

Le véritable individualisme, vous crachez dessus. Tout ce que vous dites ne sont que des belles paroles pour dissimuler votre propre conformisme inavoué. Le véritable individualisme se fout bien des Juifs ou de la remise en question de la différenciation des genres. Le véritable individualiste n’a pas besoin de clamer et surtout de revendiquer sa différence comme un chien aux abois, un chien acculé. Il se contente d’être. Et qui peut l’en empêcher ?

http://thuleanperspective.com/

Voyage au bout de la terre

« On contemplait la mer, on écoutait le vent, on se sentait gagner par l’assoupissement de l’extase. Quand les yeux sont remplis d’un excès de beauté et de lumière, c’est une volupté de les fermer. »

[Victor Hugo, Les Travailleurs de la mer]

Il y a une semaine, je me promenais avec mon compagnon sur les côtes déchiquetées du Finistère, sous un ciel bleu écrasant. Le voyage a commencé par des stations balnéaires, entre vieilles pierres et ports ultra-modernes. Carantec et son littoral brisé en mille morceaux, la silhouette sévère, vaguement inquiétante, du château du Taureau qui défend la baie de Morlaix. Roscoff et ses innombrables panneaux draguant les Anglais, promettant des merveilles de bières et de vins, apparemment dissimulées dans des hangars miteux postés au beau milieu de champs de patates étendus à perte de vue. Le crépuscule nous a cueillis dans un frisson glacial. On a battu en retraite à Châteaulin, à la recherche d’un endroit chaud où boire un coup.

dsc00200Après une Grim de Noël, un petit whisky et une pizza, nous nous mettons à la recherche d’un hébergement. L’hôtel nous a averti avec beaucoup de sérieux qu’ouvrir la fenêtre engageait notre responsabilité personnelle, alors je ne me suis pas lassée de l’ouvrir une demi-douzaine de fois pour voir si c’était très dangereux. Et non, il n’y avait personne de caché derrière la haie qui nous séparait du parking. J’étais presque déçue, à force.

Le lendemain, de vieilles chansons résonnent à bord du Brittany qui évoluent dans une atmosphère solaire, ciel d’azur, feuillages de cuivre, et routes désertes.

La paix s’installe. Les routes se déploient avec une telle ingénuité que j’ai la nette impression d’être la première à les arpenter. Les rares véhicules que l’on rencontre s’évanouissent les uns après les autres, la réalité continue à se diluer à mesure que la lumière augmente. L’ouest ultime est tout près, la mer m’appelle, l’horizon nu. Il paraît qu’on peut voir la Statue de la Liberté depuis les falaises du Finistère. Ce matin, j’ai presque envie d’y croire.

On approche du littoral. Les falaises se contractent sur elles-mêmes comme la cage thoracique d’un titan. On sort de la voiture, enveloppés par le silence parfait d’une matinée d’hiver. On passe la frontière bordée de pins et d’ajoncs violentés par les vents, et soudain, cristallin dans l’air immobile, le murmure monotone du ressac emplit toutes les perspectives.

dsc00204Le sentier, un peu traître, nous fait contourner les épines rocheuses. Le vent n’a pas forci, mais il est froid. Il aiguillonne l’avancée dans les landes rousses, et en l’écoutant mugir, je relève la tête. Le ciel et la mer, et juste un bout de côte. Je me sens vivante, dans cet endroit où la vie se replie dans les petites anfractuosités qui la laissent s’épanouir.

Un présage de fin du monde, un aperçu d’infini. Il faut reprendre la route pour, cette fois, aller vraiment au bout du monde.

dsc00216Ces étendues désolées me donnent envie d’une musique plus barbare, plus primitive. Les cieux et la mer se conjuguent au temps de la lumière, les landes âpres se déploient dans la gloire fragile du matin, et toujours là-bas, qui pulse et appelle, l’océan sans borne que j’ai hâte de rejoindre.

Un virage et soudain, la terre qui se divise en deux, deux falaises s’érigent de chaque côté et entre elles, une plage apparemment immense, presque blanche, offerte toute nue dans la splendeur de la désolation hivernale.

dsc00222La fin du monde est proche, là, dans tout ce soleil éblouissant, cette plage magique qui semble s’étendre à perte de vue. Des oiseaux boudeurs nous snobent, mais moi, je les traque parce que je les trouve adorables.

dsc00231On fait tout le tour de la plage. On découvre au nord un paysage assailli par la marée, incroyablement calme et apaisant.

dsc00247Au sud, on se retrouve sur Mars. Des colonies de coquillages sur des rochers qui, selon les perspectives, se mettent à ressembler à des montagnes.

dsc00275Des replis obscurs dans les falaises attirent notre attention, et l’on rentre dans une cathédrale de roche, aux curieuses nuances entre le vert et le doré d’un côté, le rouge et le violet de l’autre.

dsc00283

J’aurais pu rester sur cette plage pendant des heures. Peut-être même toute la semaine. Près de l’hôtel, un groupe de gens travaille sur une vaste figure tracée dans le sable. Un couple brave la morsure des vagues. L’éternel solitaire balade ses chiens. Et nous, nous sommes seuls, pris en otage entre deux immensités. La mer et le ciel nous travaillent au corps, nous font pencher dans les deux sens. On adore ce sentiment de diminution. Être réduit à sa dimension de chair fragile, confronter l’immensité de son monde intérieur à la vaste indifférence du vent, du ciel et de la mer… Pourquoi est-ce aussi réconfortant ?

On reprend la route. La fin du monde attend toujours. Un autre parking, presque désert. À peine sortie du Brittany, je bifurque sur la gauche. L’univers a prévu un spectacle sons et lumières rien que pour nous.

dsc00306

dsc00295Je penche sur toutes mes photos, j’imagine que le Finistère me donne un peu le vertige. La pointe du Raz a achevé de convaincre mon compagnon, qui m’annonce d’un ton officiel qu’il est devenu Breton.

dsc00324

Pointe qui demeure d’ailleurs figée dans un bout d’éternité, sous le regard indifférent de la Dame des naufragés, ignorante des suppliques.

dsc00320

On fait le tour de la pointe, en revenant par le côté nord, depuis lequel on aperçoit la presqu’île de Crozon. Affamés et fatigués, on profite du calme intense qui règne sur les landes.

dsc00348Une crêperie plus tard, nous voilà de retour à bord du Brittany. Nous passons non loin de la Bouche de l’Enfer (coucou Régina !), et poursuivons notre périple jusqu’aux territoires hantés du sud des Côtes d’Armor. Un endroit boisé et brumeux où je suis à peu près certaine que les loups-garous se donnent rendez-vous.

C’était deux jours brefs, à peine une parenthèse, mais la mer et le ciel sont perpétuellement affamés et ce n’est pas difficile de s’y abandonner et de les laisser dévorer les angoisses, de purger par l’infini les douleurs latentes et les chagrins rentrés.

« C’est un endroit, ici, où tu prends congé de toi-même. Ce que tu es se détache doucement de toi, peu à peu. Et à chaque pas, tu le laisses derrière toi, sur ce rivage qui ne connaît pas le temps et ne vit qu’un seul jour, toujours le même. »

[Alessandro Baricco, Océan mer]

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Nourritures spirituelles de novembre [Fairy Tail]

Hum… Alors en fait, à l’heure où je commence ce billet, je prends des vacances dans deux jours. Le billet ne sera probablement publié qu’au moment où lesdites vacances commenceront. Ce billet, qui conjugue normalement plusieurs domaines artistiques, va cette fois-ci être totalement monomaniaque, et ceci parce que ces temps-ci, quand je ne travaille pas, ne dors pas, ne joue pas (Skyrim nouvelle édition !) ou ne passe pas ma soirée à discuter à bâtons rompus sur le sens de la vie, l’élection de Donald Trump, ou encore les aléas si agaçants et frustrants du monde du travail, je regarde Fairy Tail. J’ai passé deux mois de folie niveau boulot, mon environnement et mon visage se sont progressivement dégradés, et là je vous écris depuis ce qui semble être l’avant-poste du champ de bataille : sur mon bureau, les bouteilles de bière côtoient étrangement un flacon de ciboulette vide, des sous épars, des prospectus en pagaille comme si l’office de tourisme venait d’exploser (cf mon nouveau boulot auprès du Petit Futé), une boîte de doliprane, l’éternelle tasse à thé, une prodigieuse accumulation sur le chevalet de lecture mêlant en vrac cartes de ma main pour mon roman en cours, guidelines Netflix pour mon boulot de sous-titrages (vérification des sous-titres de Star Trek), ainsi notes et brouillons pour ma collection Trois heures du matin.

Bref ! Il n’y a pas très longtemps, je m’ennuyais sur Netflix et je désespérais de trouver quelque chose qui accroche vraiment mon attention. Désireuse de découvrir un peu plus l’animation japonaise, j’ai opté pour Fairy Tail, qui me semblait correspondre à ce dont j’avais besoin : magie, fantasy, humour décalé.

Dès le premier épisode, j’ai flashé. Et je suis devenue très vite complètement fan :)

Bon, si vous êtes fans de manga, sachez qu’il s’agit d’un shonen. Genre qui, à en croire mon compagnon, est extrêmement codifié. Mais, toujours d’après lui, et d’après ce que je lui ai raconté et les épisodes qu’on a vus ensemble, celui-là est un peu à part. Il s’amuse avec les codes du genre et les décale. Contrairement à la plupart des shonen, il n’y a pas à proprement parler un héros. Natsu (le petit mec aux cheveux rose ci-dessus) peut être vu comme le personnage principal, mais il me semble que Lucy (en tenue d’écolière bleue) l’est tout autant, et tous les autres personnages présents sur l’image, et bien d’autres, sont développés au fur et à mesure de l’histoire, et chacun a droit à un épisode, ou une série d’épisodes, qui revient sur son passé, ou tout simplement à un arc narratif dont il est le personnage principal.

En deux mots, le pitch de Fairy Tail

Alors de quoi ça parle, Fairy Tail ? Ça se passe dans un monde fantasy où la magie fait partie du quotidien des gens. À peu près n’importe qui peut apprendre à la maîtriser, et en faire son métier. Ainsi, on a un royaume où fleurissent les guildes de mages, qui sont en fait des mercenaires magiques. Ils effectuent des missions diverses et variées pour de l’argent. L’histoire commence avec Lucy, dont le rêve est d’intégrer la guilde de Fairy Tail. À son arrivée, elle s’aperçoit qu’il s’agit d’une guilde extrêmement soudée remplie de mages excentriques. Quand ils ne travaillent pas (et ça arrive souvent, car ils sont flemmards), ils passent leur temps à boire et à se bagarrer dans le QG de la guilde. Très vite, elle se lie d’amitié avec Natsu, un mage du feu élevé par un dragon, ainsi qu’avec Erza et Grey. Une équipe se forme et c’est parti pour de folles aventures.

Ne me demandez pas pourquoi la guilde s’appelle ainsi, je crois que je n’ai jamais compris l’explication donnée à plusieurs reprises au fil des épisodes :)

Kawaii !!

Il y a un petit moment, j’écrivais ici un article sur le kawaii. Il y a largement de quoi le mettre à jour avec cette série, et notamment avec Happy, qui me fait complètement fondre, surtout dans cet épisode où il est déguisé :

happy4sans-titreLes personnages

La série propose tout un tas de personnages aussi attachants les uns que les autres. Il y a Gajeel, le chasseur de dragon d’acier, et sa manie d’improviser des concerts à base de voix blues et de « shoubidou-bidou-wah ». Grey, le mage de glace qui passe son temps à se désaper (charmante habitude) et à se battre avec Natsu sans raison valable. Natsu, justement, son enthousiasme et son optimisme inébranlables, son tempérament hyperactif et ses crises d’hystérie. Lucy, susceptible, adorable, copine avec des esprits aussi variés qu’un homme-cheval (et non, il ne s’agit pas d’un centaure), une divinité aquatique revêche, un bonhomme de neige de compagnie, ou encore une soubrette sado-maso. Erza, qui associe une discipline de fer à un mental en béton armé, qui prend tout extrêmement au sérieux tout en étant à sa façon complètement kawaii.

lucynatsugreygajeelerza

La musique de Fairy Tail

Il y a un autre truc que j’adore dans cette série, c’est sa musique ! Efficace, dynamique, elle sait toujours vous prendre aux tripes aux moments forts de l’aventure. J’ai toujours les larmes aux yeux dans les épisodes où revient ce thème, et j’ai l’impression qu’il participe autant à l’émotion qu’à ce qui se déroule dans l’épisode. Mais bon, il faut dire que quand on veut me faire pleurer, il suffit de me mettre du biniou et des percus militaires et l’affaire est conclue 😉

De Buffy contre les vampires à Fairy Tail : l’éternelle adolescence

Quand j’avais douze-treize ans, à l’époque où j’enregistrais la Trilogie du samedi soir sur M6 sur VHS, j’étais une énorme fan de Buffy. Il y avait un peu plus que le fait que j’adorais la série. Comme Dragon Age et maintenant Fairy Tail, c’était pour moi l’une de ces fictions qui vous remontent le moral et vous aident à voir les choses sous un meilleur jour. Je sais à quel point ça peut paraître bébête, et peut-être que ça l’est, mais certaines fictions ont pour moi ce pouvoir magique de vous donner de la force pour le quotidien. Buffy, c’était cette jeune fille paumée qui détestait les vampires et pourtant en tombait amoureuse, et qui quoi qu’il arrive sortait toutes les nuits pour accomplir ce devoir qu’elle réprouvait. C’était le courage à l’état brut, l’humour qui désamorce le pire, le décalage offert par la fantaisie et l’imagination, un espace où les personnages apprennent à devenir eux-mêmes et à maîtriser leurs pouvoirs… ou leur absence de pouvoir. Fairy Tail, pour moi, c’est pareil. Comme je le disais en début d’article, Fairy Tail est un shonen, un genre qui s’adresse aux adolescents. De même, Buffy démarre à l’époque où les personnages sont au lycée. Je crois que dans ces deux fictions, c’est ça qui me touche : ça parle aux gens qui sont perdus, qui ont la flamme et qui se brisent les ailes, ça parle aux gens qui sont enterrés sous le carcan des convenances sociales, à ceux qui ne cessent jamais de rêver et cherchent une porte de sortie pour ne pas subir la mort lente de l’âge adulte.

buffy

fairy-tail-ile-de-tenroAlors oui, comme tous les shonen (si j’ai bien appris ma leçon), Fairy Tail vous parle du pouvoir de l’amitié. Mais il vous en parle bien, comme Buffy. L’obstination complètement dingue des personnages finit par devenir contagieuse. Et comme la série use à foison d’un humour très « méta » (coucou les Inrocks et Télérama !), le ton reste léger, sans trop se prendre au sérieux. C’est peut-être ce décalage qui fait aussi que les moments solennels et tristes sont si poignants. Si on me demandait ce qui fait pour moi qu’une fiction est bonne, la réponse serait très simple : je prends mon pied quand une œuvre, quelle qu’elle soit, parvient à me faire passer du rire aux larmes. Parce que je sais que j’ai l’air d’une grosse sensible avec mes derniers billets blog, et c’est sans doute le cas, mais il faut savoir que ce n’est pas souvent que j’éclate de rire et verse des larmes sur la même œuvre.

Je vous invite donc à jeter un œil, si ce n’est déjà fait, sur cette série, en espérant que ça vous amuse autant que moi !

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer