Archive mensuelles: avril 2016

Le métier de rédacteur web

Aujourd’hui, j’ai envie de parler d’une partie de ma vie professionnelle, celle qui concerne mes activités de rédactrice web. Depuis plus de deux ans, je travaille pour une agence que je n’ai contractuellement pas le droit de citer sur mes différents profils professionnels en ligne. Si le métier vous intéresse, si vous voulez partager vos propres expériences de rédacteur web, ou si vous êtes simplement curieux, n’hésitez pas à réagir ou poser des questions.

La rédaction web, qu’est-ce que c’est ?

Un rédacteur web, c’est une petite main qui travaille dans l’ombre, qui fournit des contenus (généralement des articles) pour des sites web. Quand on est indépendant, on fonctionne de la même manière qu’un traducteur freelance : une entreprise nous recrute et nous intègre à sa base de données, et fait appel à nos services dès qu’elle a un projet qui correspond à notre profil (spécialités, goûts, disponibilités, autant de renseignements que l’on donne à l’embauche).

À la différence d’un traducteur technique (j’entends par traduction technique tout ce qui n’est pas considéré comme de la traduction littéraire, c’est-à-dire la traduction dont les contenus relèvent de la propriété intellectuelle ; mais je n’enterai pas dans les détails car pas mal de choses sont floues et mal encadrées par la loi), on a un statut d’auteur, et nos textes relèvent donc du droit d’auteur, même si dans la réalité, on cède tous ses droits d’exploitation. La loi française protège les œuvres de l’esprit dans le sens où un auteur conserve un droit inaliénable moral sur ses œuvres (elles lui appartiennent toujours sur le plan abstrait et théorique, même s’il n’en tire aucun bénéfice), ce qui entre en contradiction avec de nombreux usages effectifs. Mais là encore, il s’agit d’un large débat, et mon article ne porte pas sur ce sujet.

Travailler en pyjama comme Johnny Depp dans Fenêtre Secrète, c'est chouette.

Devenez rédacteur web et travaillez en pyjama comme Johnny Depp (extrait du film Fenêtre secrète).

Voici concrètement comment ça fonctionne pour moi : quand on a besoin de mes services, on m’envoie un « programme de travail », c’est-à-dire un fichier Excel contenant les thèmes, les titres des articles, et divers champs servant essentiellement à l‘optimisation web (ou SEO pour Search Engine Optimization), comme le méta-titre, la méta-description, les images et leurs légendes, une série de mots-clés, etc. On me fournit également un « mode d’emploi », qui est en fait un cahier des charges (oula j’ai failli inventer un mot : un cahier « d’écharges », avais-je écris !) établi par l’agence avec le client. Qui est ce client, me demandez-vous ? Je ne peux pas vous donner de nom, je n’ai pas le droit. Mais vous verrez assez bien le tableau si je vous dis qu’il s’agit de quelques-uns des grands noms de la presse féminine, de sites de culture gé et d’infos générales, et d’un site marchand de biens généralement culturels (même si parfois, au lieu d’écrire un article sur le nouvel album de Lara Fabian, on se retrouve à vanter les mérites des frigos américains). Dans la majeure partie des cas, j’écris des articles qui présentent une personne ou un produit, ou des articles de conseil dans le domaine vie sociale, vie de couple, vie professionnelle, beauté, mode.

Les contraintes SEO en rédaction web

De nombreux clients font appel à l’agence web pour qui je travaille afin de faire remonter leur site au classement Google. Ils imposent donc parfois des contraintes d’optimisation du référencement assez lourdes. Sur des articles relativement courts (disons l’équivalent d’une page Word, ce qui fait à peu près 500 mots), on nous demande par exemple de répéter le mot-clé dans le chapô, les sous-titres, mais aussi au moins une fois par paragraphe. Il arrive souvent que cela conduise à des redondances qui rendent les textes aussi pénibles à écrire que, j’imagine, à lire. (Rédaction web ! Rédaction web ! Quoi ? Je suis en train de faire du gringue à Google, et ça marche : l’application Yoast vient fièrement de passer à la couleur verte et me félicite pour la densité de mon mot-clé.)

Devenez rédacteur web et comme Paul Sheldon dans Misery, laissez s'exprimer votre créativité.

Devenez rédacteur web et comme Paul Sheldon dans Misery, laissez votre créativité s’exprimer.

Ces contraintes s’expriment aussi sur la forme, le nombre de paragraphes, et surtout les liens. Là encore, cela conduit, par exemple sur différents articles d’un même dossier, à un type de rédaction assez artificiel. En effet, on se retrouve à mettre des liens pour mettre des liens, même si ce n’est pas forcément pertinent. On aboutit donc à un cas de figure où l’on produit des contenus non pas optimisés en terme de qualité, mais conçus pour faire les yeux doux à Google.

La signature des articles

Autant vous prévenir d’avance : si vous voulez être rédacteur web, vous avez intérêt à ne pas avoir trop d’ego. Les clients ne veulent pas qu’on sache qu’ils font rédiger leurs contenus en externe. Une question d’image. Aujourd’hui, j’ai eu la curiosité de me renseigner sur le nom avec lequel on avait signé une série de mes articles pour un site de presse féminine. Verdict : cette personne n’existe pas. S’il ne s’agit pas d’une personne fictive, mes articles sont élégamment signés « La Rédaction », ou du nom du site web sur lequel ils paraissent.

En rédaction web, il est important même si parfois difficile de garder son sang froid.

Devenez rédacteur web, mais faites votre possible pour garder votre sang froid…

Vous êtes dépossédé de votre travail à bien des égards : je ne signe pas mes articles, et je ne peux pas me servir de mes références qu’en contact privé avec un employeur potentiel. Je ne peux donc pas, ici, vous donner des exemples de mon travail et m’exclamer fièrement : « regardez, c’est moi qui l’ai fait ! ». Comme je suis déjà amenée à traiter fréquemment des thématiques qui n’ont rien de particulièrement passionnant, il y a une certaine dose de frustration à gérer.

La joie des petits calibrages

Il existe un autre point de frustration non négligeable : on tape à la main des balises, et sur certains projets, on doit intégrer un certain nombre de contraintes. Ce qui amène fréquemment à effectuer des petites corrections. On me renvoie souvent des fichiers parce que j’ai oublié un lien, une balise, que je n’ai pas mis le mot-clé dans un sous-titre, que je ne dois pas sauter une ligne après le sous-titre, parce que je me suis trompé de code de licence pour des images tirées de bases de photos libres de droit, etc. Heureusement, avec l’habitude de la rédaction web et le temps passé à travailler sur des projets émanant des mêmes clients, il y a de moins en moins de corrections à faire.

Devenez rédacteur web, et comme Garrus, faites de la précision millimétrée votre petit kiff quotidien.

Devenez rédacteur web, et comme Garrus, faites de la précision millimétrée votre petit kiff quotidien.

Une autre difficulté est la gestion du nombre de signes (nombre de caractères, espaces compris). Là encore, tous les articles d’un même projet sont soumis à la même contrainte. Pour moi, le format qu’on m’impose le plus couramment est de 2700 signes pour l’article, et 300 pour le chapô. Selon le sujet traité, j’éprouve parfois des difficultés à compresser toutes les infos dans ce format, ou au contraire, je galère comme une damnée pour remplir ma page Word… Par exemple, j’ai récemment du écrire un article sur un trio de designers dont l’unique accomplissement était d’avoir conçu… une poire. Sur le web, aucun renseignement biographique ni trace quelconque d’autres projets de design à citer. Il m’a donc fallu broder pendant 2700 signes pour vanter les mérites de cette poire, et ça n’a pas été simple.

Un métier pour les amoureux des mots

J’ai souvent lu sur des fils de discussion de traducteurs professionnels l’idée qu’ils n’aimaient pas toujours ce qu’ils traduisaient, mais qu’ils aimaient avant tout traduire. Pour la rédaction web, c’est la même chose. Le plaisir de la phrase bien faite, bien construite, la satisfaction d’écrire un texte correct voire agréable, a toute sa place dans la profession. Les mots sont ma passion et mon métier, et entre mes différentes activités, quand je suis occupée, j’écris plusieurs milliers de mots par jour sur divers supports. En rédaction web, on doit adapter le style et le ton aux demandes du client, et gérer les contraintes formelles de manière à obtenir un texte satisfaisant à l’arrivée, dans un français clair, fluide, qui donne envie de poursuivre sa lecture. En ce sens, chaque nouvelle commande propose son lot de petits défis. Les mots sont votre matériau brut, comme le bois est celui du menuisier. À vous d’en tirer le meilleur parti possible afin de véhiculer des informations qui intéresseront toujours des gens, même si vous, ça ne vous intéresse pas nécessairement.

De plus, on apprend des choses. Tout comme le métier de traducteur, celui de rédacteur web vous amène à traiter des sujets auxquels vous ne vous seriez jamais intéressé de vous-même, et à terme, c’est enrichissant. Je suis notamment devenue un moteur de recherche sur pattes pour mon entourage en quête d’astuces beauté, et j’ai élargi mes perspectives sur l’art contemporain en découvrant le travail de divers designers. J’ai même pu frimer en demandant à mon beau-frère ce qu’il pensait des cloisons alvéolaires.

Une chose est certaine : en dehors des compétences linguistiques, la qualité essentielle pour devenir rédacteur web, c’est la curiosité.

Devenez rédacteur web et prenez votre pied en écrivant

Devenez rédacteur web et prenez votre pied en écrivant.

 

Trois heures du matin T. 3 : Henry S. Whitehead

Le nouveau volume de Trois heures du matin est arrivé ! Vous pouvez l’acheter ici. Il s’agit donc de la traduction de quatre nouvelles de Henry S. Whitehead extraites du recueil Voodoo Tales, une anthologie réalisée par David Stuart Davis chez Wordsworth, et que je publie sous le titre de Sombres Antilles.

En guise de mise en bouche, je vous propose de découvrir le quatrième de couverture et la note d’introduction !

Sombres Antilles - Henry S. Whitehead

Quatrième de couverture

Sous la plume de Henry S. Whitehead, les Antilles se parent de sombres couleurs. Explorez les mystères de ces îles hantées par les charmes vaudou, à travers la vision à la fois humoristique, étonnée et inquiète de cet écrivain dont les nouvelles partagent une indéniable parenté avec les textes de Lovecraft.

Note de la traductrice

Les trois principaux recueils des nouvelles fantastiques de Henry S. Whitehead, West India Lights, Jumbee, et The Black Beast, ont été récemment réunis en un seul volume par David Stuart Davis pour les éditions Wordsworth. Cet ouvrage, intitulé Voodoo Tales, est paru en 2012, et c’est sur cette édition que j’ai travaillé pour la présente traduction.

 
Whitehead est notamment connu pour son amitié avec Lovecraft, cité par David Stuart Davis dans son introduction : « Il n’a rien d’un prêtre poussiéreux, il s’habille au contraire avec des vêtements de sport, à l’occasion, il jure comme un charretier, et il est entièrement étranger à toute forme de bigoterie ou de suffisance », commente l’auteur des Montagnes hallucinées. Et de fait, la filiation entre les deux écrivains paraît indéniable, notamment dans des nouvelles comme La Mort d’un dieu (Passing of a God en version originale), où l’on dépeint la malveillance d’une déité incalculablement ancienne. Dans d’autres récits du recueil, comme The People of Pan, on retrouve le goût lovecraftien des architectures démesurées et des cultes secrets.

 
Dans les nouvelles vaudou de Henry S. Whitehead, la magie et la sorcellerie font partie intégrante de la vie aux Antilles. L’élément surnaturel, souvent terrifiant, apparaît au beau milieu des trivialités mondaines et de la vie quotidienne. Chaque récit joue sur le décalage entre des situations tragi-comiques allant parfois jusqu’à friser le vaudeville, et la terreur pure inspirée par l’apparition du fantastique.
Les récits de Whitehead, au-delà de leur goût pour le bizarre et l’effrayant, laissent également transparaître la volonté de l’auteur de dépeindre, non sans ironie, les usages de la société antillaise coloniale. La question de la couleur de peau, si centrale, est articulée avec celle du rang social. On distingue plusieurs strates, des plus populaires correspondant à la teinte de peau la plus sombre, aux plus aristocratiques – allant de paire avec un teint clair – à l’exception du mulâtre de Jumbee qui possède toutes les caractéristiques du gentleman, et dont le charme captive l’esprit si rationnel de son auditeur (c’est d’ailleurs dans ce genre de situation qu’on remarque l’ironie critique de l’auteur).

 
Les textes de Whitehead dénotent un certain esprit naturaliste et sociologue qui le rapproche d’écrivains français du dix-neuvième siècle comme Balzac ou Flaubert. En passant par la pseudo-fiction, son narrateur, lui-même écrivain, se fait le témoin et l’analyste d’événements qu’il a vécus, ou qu’on lui a rapportés. Ce narrateur, nommé Canevin, semble incarner un avatar de l’écrivain lui-même. E.F Bleier, spécialiste du fantastique, pense que ce personnage était « un masque dissimulant l’auteur, dont les ancêtres portaient le nom de Cærnavon ». David Stuart Davis commente : « Whitehead prenait un malin plaisir à rappeler que ce nom était composé de « cane » et de « vin » : cane wine, le vin de canne. Autrement dit, le rhum, la spécialité des Antilles. ».

 
Un certain exotisme semble voulu, parfois jusqu’à forcer le trait, et notamment dans la manière dont les personnages s’expriment. Leur accent, même « à couper au couteau », est alors reproduit dans le récit rapporté. J’ai voulu garder l’esprit de comédie et d’ironie, mais j’ai gommé certains paternalismes trop répétitifs : le but était d’intéresser le lecteur aux histoires de Whitehead, et non de détourner son attention en l’exaspérant avec l’esprit colonialiste des textes issus de cette période. Je pense qu’une certaine condescendance est toujours visible, mais, je l’espère, celle-ci n’absorbera pas toute votre attention. Quant au parler des Noirs, j’ai opté pour des termes créoles afin de remplacer l’accent transcrit phonétiquement dans l’original.

 
La dernière nouvelle, Les Lèvres (The Lips), est plus tardive dans la carrière de Whitehead, et apparaît assez différente des autres. Ce dernier texte offre une approche différente, et une tonalité nettement plus obscure. Située dans une période plus lointaine que les autres nouvelles, l’époque de l’esclavage, le récit retient encore cet élément de comédie qui donne tant de piment aux histoires de Whitehead. Cette fois, c’est à travers le grotesque que l’horreur est véhiculée.

*

 
Je profite de cette note pour évoquer le livre de William Seabrook, L’Île Magique, cité par Canevin et son ami le docteur Pelletier dans La Mort d’un dieu. Il s’agit d’un récit de vie davantage que d’un travail d’ethnologue, même s’il représente une source de premier ordre pour un tel chercheur. En effet, William Seabrook est l’un des très rares Blancs à avoir assisté à des cérémonies vaudou en tant qu’invité et ami. Ce livre est non seulement passionnant, mais il traduit aussi un humanisme et une ouverture d’esprit peu communs pour son époque. De plus, ce témoignage a toujours autant de résonance qu’à l’époque de sa publication, en 1929. Je me suis servi du livre pour vérifier certaines traductions ou orthographe des termes vaudous, ainsi que du catalogue de l’exposition « Vaudou », présenté par Michel Le Bris, qui contient de nombreux textes issus de témoignages et d’études anthropologique sur le sujet.

[Creepy Nights] La maison hantée

Je vous parlais fin 2015 d’une nouvelle catégorie, Creepy Nights, consacrée à mon genre favori, l’épouvante. Cela a mis du temps, mais voici le premier billet, où nous allons parler d’une thématique qui m’est chère et qui fait partie des plus courantes dans la fiction horrifique, celle de la maison hantée.

Le lieu, point de départ de l’imaginaire

Hier, en proie à l’insomnie, (vous savez, celle où on pense à sa carte grise, à son compte en banque, à ses amis, à ses erreurs, à son travail…), je me suis levée pour taper quelques mots dans mon dossier « projet 2016 », qui contient en fait les documents préparatoires de ce qui va, je l’espère, devenir un roman.

Pour ce roman, je voulais, au début, commencer par les personnages. Ceci pour deux raisons : je voulais qu’ils soient très travaillés, que je les connaisse par cœur avant de me mettre à écrire, quitte à n’utiliser que quelques informations parmi toutes celles que j’aurais collectées sur eux. Ensuite, je me disais que cela pourrait être intéressant de voir si le fait d’avoir à disposition des personnages très construits me permettrait d’élaborer une intrigue à partir de leur identité et de leurs relations, qu’ils soient à l’origine de l’histoire, et son moteur principal.

J’ai jeté quelques idées sur mon clavier. Et puis, au bout d’un moment, je me suis aperçu que j’avais bien plus d’imagination quand il s’agissait de planter le décor. Les lieux m’inspirent. Les lieux me racontent davantage d’histoires que les gens. Alors j’ai changé de cap et j’ai décidé que le lieu, une forteresse du nom de Failles-Mortes, serait le point de départ de mon histoire. Et que mes personnages seraient tous, d’une façon ou d’une autre, liés à ce lieu.

Et ceci m’amène à parler de l’importance du lieu dans la fiction. Je vais tout particulièrement parler des maisons hantées, car ce genre d’histoire figure tout en haut de ma liste de thématiques favorites, et donc que je connais un peu le sujet. Et puis, j’ai vu Crimson Peak il y a peu. Petite précision : mon analyse reste trop générale pour vous spoiler les intrigues, n’ayez pas peur ;-).

La maison hantée, topos de la fiction gothique

J’ignore s’il y a eu un livre ou un film qui aurait joué une sorte d’effet déclencheur dans ma passion des maisons hantées, car j’ai toujours aimé le sujet aussi loin que je m’en souvienne. Je suppose que le fait de grandir dans une maison où l’on jurerait entendre des bruits de pas résonner dans les pièces vides au-dessus de sa tête, avec une maçonnerie ancienne qui aime grincer et craquer, et une vaste cage d’escalier plongée dans l’obscurité, ça peut aider à forger son imaginaire !

Je me souviens cependant, dans les premières œuvres qui m’ont beaucoup marquées, d’un roman qui ne relève pas à proprement parler de cette thématique, mais qui me semble pertinent pour mon sujet. En effet, le manoir de Manderley est un lieu énigmatique empli de souvenirs…

rebecca-daphné-du-maurierDans ce livre fascinant publié en 1938 (1939 pour la traduction française de Denise Van Moppès), la narratrice épouse un homme sombre et mélancolique, Maxim de Winter, et le suit en Cornouailles pour vivre dans son vaste manoir, Manderley. Maxim est veuf, et la présence de Rebecca, sa défunte épouse, est si forte qu’on assiste pratiquement à un phénomène de hantise.

« Il ne m’appartenait pas du tout, il appartenait à Rebecca. Elle était toujours dans la maison, comme Mrs Danvers l’avait dit, elle était dans cette chambre de l’aile ouest, elle était dans la bibliothèque, dans le petit salon, dans la galerie au dessus du hall. Même dans le petit vestiaire où pendait son imperméable. Et dans le jardin, et dans les bois, et dans la maisonnette en pierre sur la plage. Ses pas résonnaient dans le corridor, son parfum traînait dans l’escalier. Les domestiques continuaient à suivre ses ordres, les plats que nous mangions étaient les plats qu’elle aimait. Ses fleurs préférées remplissaient les chambres. Rebecca était toujours Mme de Winter. Je n’avais rien à faire ici. »

L’attitude distante de l’homme aimé, le comportement tyrannique et méchant de la gouvernante (ici sous les traits de Mrs Danvers) envers une héroïne livrée à elle-même sont des marqueurs assez récurrents du roman gothique. Et comme dans d’autres romans gothiques, tel Les Hauts de Hurlevent de Charlotte Brontë, le lieu où se déroule l’intrigue est un lieu puissant, impressionnant, voire carrément imposant, et tout à fait isolé. Il sert de bulle pour l’intrigue, un endroit hors du temps et hors du monde dans lequel les personnages se retrouvent face à eux-mêmes et à leurs propres hantises.

rebecca-alfred-hitchcockLa présence de Rebecca est telle que, symboliquement, la narratrice n’est jamais nommée au cours du roman. Si le livre contient une véritable intrigue, qui raconte la difficile enquête menée par la narratrice pour découvrir les circonstances de la mort de Rebecca, sa puissance réside surtout dans la profondeur du drame psychologique. La narratrice est écrasée par le souvenir de la défunte, et le manoir fonctionne comme un tout, ses habitants sont comme les serviteurs de son invisible maîtresse qui a conservé son pouvoir intact après sa mort.

L’adaptation de Hitchcock, en 1940, est particulièrement réussie, car elle préserve l’aspect malsain et inquiétant de ce manoir où toute vie s’est figée avec la mort de Rebecca.

*

Quand j’ai choisi un roman de Shirley Jackson pour mon mémoire de traduction et que j’ai demandé à Jean-Daniel Brèque s’il voulait bien superviser mon travail, j’ai su qu’on allait s’entendre dès lors qu’il a affirmé que les premières lignes de The Haunting of Hill House comptaient parmi les plus belles de la littérature américaine.

« No live organism can continue for long to exist sanely under conditions of absolute reality; even larks and katydids are supposed, by some, to dream. Hill House, not sane, stood by itself against its hills, holding darkness within; it had stood so for eighty years and might stand for eighty more. Within, walls continued upright, bricks met neatly, floors were firm, and doors were sensibly shut; silence lay steadily against the wood and stone of Hill House, and whatever walked there, walked alone. »

« Aucun organisme vivant ne peut connaître longtemps une existence saine dans des conditions de réalité absolue. Les alouettes et les sauterelles elles-mêmes, au dire de certains, ne feraient que rêver. Hill House se dressait toute seule, malsaine, adossée à ses collines. En son sein, les ténèbres. Il y avait quatre-vingts ans qu’elle se dressait là et elle y était peut-être encore pour quatre-vingts ans. A l’intérieur, les murs étaient toujours debout, les briques toujours jointives, les planchers solides et les portes bien closes. Le silence s’étalait hermétiquement le long des boiseries et des pierres de Hill House. Et ce qui y déambulait, y déambulait tout seul. » (Traduction de Dominique Mols)

maison-hantée-shirley-jacksonComme dans Rebecca, l’accent est mis sur la psychologie des personnages. En revanche, on est bien dans un roman fantastique, mais son plus grand intérêt, ce qui le différencie de n’importe quelle autre histoire de maison hantée, c’est l’idée sous-jacente que les phénomènes qui se produisent dans la demeure sont intimement liés à un personnage, Eleanore. La maison se comporte comme une sorte de réceptacle où ses émotions se manifestent sous une forme physique, tangible. Le lieu devient au sens littéral l’expression de la psyché. La hantise peut se comprendre comme une confrontation à soi, à son inconscient, à la part d’inconnu et d’incontrôlable que l’on porte en soi. La maison fait figure de métaphore pour le labyrinthe psychique où l’héroïne se retrouve prise au piège.

la-maison-du-diable-robert-wiseLà encore, un livre où le fantastique est très intériorisé a pourtant donné lieu à une adaptation d’une grande qualité, La Maison du diable, de Robert Wise, en 1963. Je ne peux que vous recommander le film, tout comme le livre.

Afin que la maison devienne ainsi le reflet des hantises intérieures, elle a besoin d’une forte personnalité. Le décor est à la fois le catalyseur du cauchemar et son expression. La littérature et le cinéma regorgent de lieux chargés de symboles et d’une atmosphère pesante. Récemment, Guillermo del Toro a tout misé sur son décor pour son film Crimson Peak. Le lieu, par son omniprésence et son omnipotence dans la vie des personnages, apparaît à ce titre comme un personnage à part entière.

crimson-peak-guillermo-del-toroJe ne peux parler de ce film sans rendre d’abord hommage au talent de Guillermo del Toro, dont l’esthétique est reconnaissable à des kilomètres sans pour autant qu’il sombre dans sa propre parodie. Je suis amoureuse de son imagination baroque, romantique et gothique, de ses couleurs très tranchées entre le vert, le jaune, le bleu, et le rouge, et de sa sensibilité romanesque ainsi que de son attirance pour la poésie macabre. Dans Crimson Peak, la bâtisse possède des traits très reconnaissables, un univers à elle toute seule. L’argile de sous sous-sol lui donne son nom, et la folle entreprise de minage menée par ses habitants est aussi ce qui les lie à elle, dans tous les sens du terme. Liens d’affection tout comme de nécessité. Lieu de vie, et source de vie. C’est le point de rencontre des personnages, qui affrontent chacun leur démon intime. Le film est très référencé, et Paul Éluard ne fait pas partie de ces références, et pourtant, je ne sais pas pourquoi, il m’y fait penser. Sans doute parce que l’amour, la mort, la poésie, figurent parmi ses thématiques favorites.

Plus c’était un baiser

Moins les mains sur les yeux

Les halos de la lumière

Aux lèvres de l’horizon

Et des tourbillons de sang

Qui se livraient au silence.

[L’Amour la poésiePremièrement – V]

Le pouvoir de l’inquiétante étrangeté

En fiction, on relève deux façons de traiter la maison hantée. Comme on l’a vu plus haut, il peut s’agir d’un lieu très esthétisé, baroque et inquiétant. C’est là l’apanage de la fiction gothique. Mais on peut au contraire susciter la peur en la faisant surgir au cœur d’un environnement familier. L’épouvante fonctionne en grande partie sur le décalage. Le glissement qui s’opère entre une réalité connue et rassurante vers une réalité inconnue, dont on ne maîtrise aucun code, qui nous est étrangère, permet de créer cette fameuse « inquiétante étrangeté » théorisée par Freud. Le pouvoir d’épouvante repose ici non pas dans l’aspect atypique du lieu, mais au contraire, dans sa banalité.

En littérature, l’un des exemples les plus flagrants de cette intrusion de l’étrange au cœur du quotidien est sans aucun doute Le Horla, de Maupassant.

le-horla-maupassantUn homme perd peu à peu l’esprit, persuadé qu’une présence invisible le tourmente, jusqu’à le faire agir contre son gré. Le Horla est écrit sous la forme d’un journal, ce qui renforce encore cet aspect « réaliste » d’où surgit le fantastique. Le cadre est celui d’une maison au cœur de la campagne normande, sous un beau soleil d’été. Rien de plus paisible et rassurant. Mais c’est bien dans ce décor charmant que le narrateur va peu à peu sombrer dans la folie, la dépression et la paranoïa, en remettant en cause ses conceptions du réel et de la nature de la réalité les plus ancrées.

« On y voyait comme en plein jour, et je ne me vis pas dans la glace !… Elle était vide, claire, profonde, pleine de lumière! Mon image n’était pas dedans… et j’étais en face, moi ! Je voyais le grand verre limpide du haut en bas. et je regardais cela avec des yeux affolés ; et je n’osais plus avancer, je n’osais plus faire un mouvement, sentant bien pourtant qu’il était là, mais qu’il m’échapperait encore, lui dont le corps imperceptible avait dévoré mon reflet. »

Le narrateur découvre une réalité sous la réalité, un monde empli de créatures inconnaissables, qui méprisent notre ignorance et notre petitesse. Pas étonnant que Maupassant ait été une source d’inspiration pour le mythique Lovecraft !

« The horror-tales of the powerful and cynical Guy de Maupassant, written as his final madness gradually overtook him, present individualities of their own; being rather the morbid outpourings of a realistic mind in a pathological state than the healthy imaginative products of a vision naturally disposed toward phantasy and sensitive to the normal illusions of the unseen. Nevertheless they are of the keenest interest and poignancy; suggesting with marvellous force the imminence of nameless terrors, and the relentless dogging of an ill-starred individual by hideous and menacing representatives of the outer blackness. »

« Les récits d’épouvante narrés par la plume puissante et cynique de Guy de Maupassant, alors que la folie le gagnait peu à peu au terme de sa vie, possèdent leur propre originalité ; qu’ils relèvent des divagations morbides d’un esprit réaliste plongé dans un état pathologique, ou du produit d’une vision naturellement encline à la fantaisie et sensible aux illusions banales de l’invisible. Quoi qu’il en soit, ces récits présentent le plus grand intérêt et possèdent une intensité rare : ils suggèrent, avec une force incroyable, l’avènement imminent de terreurs sans nom, et la lutte incessante d’un personnage infortuné contre les représentants horribles et menaçants des ténèbres extérieures. »

[Supernatural Horror in Literature, traduction par mes soins]

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Ces dernières années, le cinéma d’épouvante a exploité à de nombreuses reprises la thématique de la maison hantée, et bien souvent dans un décor tout à fait familier et banal. Dans la saga Paranormal Activity, le concept est poussé à son extrême. Un peu comme de Le Horla, on ne voit quasiment rien. La présence s’impose peu à peu par des événements insignifiants. La fixité des caméras incite le spectateur à rechercher ces signes, et comme il les attend, comme il sait que quelque chose va nécessairement se produire, il entre dans un état de tension qui monte en puissance avec la violence des phénomènes. Je ne parle pas de violence dans le sens spectaculaire, mais plutôt dans la brutalité inattendue, dans la rapidité dans laquelle on passe du normal à l’anormal. Et aussi dans l’aspect dérangeant de certaines manifestations, comme dans la scène ci-dessous.

C’est un film qui nécessite une attention soutenue, et beaucoup d’imagination. On ne nous sert pas des effets spéciaux sur un plateau, on doit construire, combler les vides (ce que je dis ne concerne que les trois premiers volets de la saga). Tous les effets reposent sur le décalage. Le danger s’immisce et la présence invisible peut littéralement vous tirer par les pieds hors de votre lit. Vous ne la verrez pas venir, et vous n’avez aucun refuge.

Je peux aussi évoquer à ce sujet la saga des Freddy, qui se fait un jeu de détourner des scènes et des environnements quotidiens. Dans les films Freddy, un lit peut littéralement vous avaler, un téléphone se doter d’une langue libidineuse pour vous lécher l’oreille, une baignoire perdre son fond pour vous noyer. La perversité et l’imagination de Freddy sont sans limites. Il s’introduit par le rêve et peut, comme dans un rêve, vous faire croire que vous êtes réveillé pour mieux vous piéger. C’est lui le maître du jeu, et ce qu’il imagine pour vous est à la hauteur de vos propres peurs et fantasmes.

Les Griffes de la Nuit - Wes Craven

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Dans le film Dark Skies, une famille est victime d’une rencontre du troisième type particulièrement désagréable. La scène ci-dessous montre comment l’étrangeté la plus totale se manifeste avec une soudaineté dérangeante en plein cœur de la maison, dans la cuisine. Les objets familiers sont soudain sortis de leur contexte, les choses que l’on connaît deviennent subitement autres, pratiquement sous nos yeux. Mais on n’a pas été témoin de la transition, on ne peut que constater les dégâts : la réalité familière a été déformée par une force extérieure, qui nous fait savoir qu’elle est là. Comme dans Paranormal Activity, la maison n’appartient plus à ses habitants, mais à la force inconnue qui s’en est emparée. Le foyer, équivalent psychique de la forteresse, qui nous protège et nous isole de l’hostilité du monde extérieur, devient inhabitable.

Dans les exemples donnés ci-dessus, les choses deviennent angoissantes parce qu’elles sont sorties de leur contexte, détournées, décalées, déformées. Il y a d’ailleurs une parenté assez intrigante entre les mécanismes de la peur et ceux du rire : en effet, le comique semble lui aussi reposer sur un léger travestissement du réel.

En conclusion : la maison hantée, un mécanisme cathartique

La maison hantée est un terrain de jeu pour l’imagination. Le lieu peut être modelé, exploité, détourné, singularisé, à l’envi. C’est le cadre idéal pour peindre nos fantasmes et jouer à nous perdre dans le labyrinthe dans notre esprit. La maison est la structure la plus familière, celle que l’on maîtrise le mieux. Et que l’on croit connaître… Découvrir un aspect inquiétant à sa propre maison, prendre conscience de présences inconnues, c’est comme se confronter aux surgissements de l’inconscient, cette part insondable de l’esprit qui travaille à notre insu et produit ses propres fantômes. Les histoires de maison hantée peuvent se lire comme une projection fantasmatique d’une hantise plus intériorisée, une façon de donner du sens à des processus mentaux sur lesquels on n’a pas une entière maîtrise. La fiction accomplit alors l’une de ses fonctions premières : donner du sens, faire d’un réel non-verbal et brut une construction symbolique que l’on puisse déchiffrer et circonscrire.

Nourritures spirituelles d’avril

Aujourd’hui, il fait beau, les oiseaux chantent, les gens ont l’air de bonne humeur. Et moi aussi ! Alors une fois n’est pas coutume, j’ai envie de vous parler de choses légères, amusantes.

 

Je commence tout de suite en chanson, certains d’entre vous ont déjà eu le plaisir de déguster la vidéo que je vais vous proposer. J’ai découvert le film récemment après avoir visionné cette vidéo :

Ça m’avait intriguée, ça avait l’air plutôt cool, alors j’ai regardé mon deuxième ou troisième film Bollywood de ma vie, je ne suis pas bien sûre… Et c’était une très bonne surprise ! Le film dure près de trois heures mais c’est très rythmé, c’est une réécriture plutôt pertinente du mythe de Roméo et Juliette, et j’ai plus d’une fois éclaté de rire une fois l’effet de stupeur dissipé, comme dans le passage qui va suivre. Enjoy :)

 

Au début de l’année, j’ai traversé quelques moments un peu sombres, et je me suis vengée sur les séries de comédie. Je ne suis normalement pas très friande du genre, mais j’ai vu des choses sympas. J’ai regardé avec plaisir les épisodes de New Girl, parce que c’est frais, et que les personnages, surtout les garçons, sont très attachants.

Mais la série qui m’a vraiment plu, c’est Love, une série produite par Netflix. Cela faisait trèèès longtemps que je n’avais pas regardé une série dans laquelle tous les protagonistes me semblent normaux, et non des stéréotypes, ou des gens tellement caractéristiques d’une classe sociale que je ne pouvais guère m’y identifier. Love évite les écueils d’une énième série sur les démêlés des jeunes trentenaires, même si c’est effectivement son sujet. Seulement, le trait n’est pas forcé, et la série n’est pas formatée sur le principe d’une vanne toutes les minutes. Elle flirte plutôt avec le dramatique, mais on est très loin des drames sentimentaux complaisants et grandiloquents d’une série comme The L World.

 

Tout à l’heure, je suis allée m’asseoir sur les bords du Trieux pour prendre le temps de respirer l’air tiède chargé de senteurs printanières, un vieux monsieur m’a joyeusement accusée de boire plus que de raison étant donné que mon banc gisait au milieu des bouteilles vides (pas les miennes !), et j’ai ouvert un livre d’un auteur classique de science-fiction, Robert Heinlein. Je ne m’attendais pas à éclater de rire plusieurs fois sur les premières pages, tout en trouvant le texte poétique, émouvant, et le narrateur immédiatement sympathique. Le roman s’ouvre sur les souvenirs de ce dernier, qui raconte qu’autrefois, il vivait dans une ferme du Connecticut avec son chat Petronius, et que la maison avait la particularité de posséder onze portes d’entrée. À chaque hiver, le chat refusait de sortir par les chatières aménagées exprès pour lui et attendait que son maître lui ouvre chaque porte, dans l’espoir que l’une d’elle ouvre l’été (d’où le titre du roman, Une porte sur l’été, ici dans la traduction de Régine Vivier). Je vous recopie le passage qui suit cette ouverture :

« Mais il n’abandonna jamais sa recherche de la porte ouvrant sur l’été.

Le 3 décembre 1970, je la cherchais, moi aussi.

Ma quête était à peu près aussi désespérée que l’avait été celle de Pete en ces hivers du Connecticut. Le peu de neige existant en Californie du Sud se cantonnait sur les montagnes, pour les skieurs, non loin de Los Angeles. Elle ne serait d’ailleurs pas parvenue à traverser le brouillard de fumées qui planait sur la ville. Cependant, l’hiver était dans mon cœur.

Non que je fusse malade (mis à part une gueule de bois permanente) : j’étais du bon côté de la trentaine pour quelques jours encore, et loin d’être dans la dèche. Ni police, ni mari outragé, ni plaignant d’aucune sorte ne me cherchait. En fait, je n’avais rien qu’un peu d’amnésie n’eût guéri. Mais l’hiver était dans mon cœur, et je cherchais la porte qui aurait donné sur le soleil.

Si je vous fais l’effet d’un homme qui s’apitoie complaisamment sur son sort, vous êtes dans le vrai. J’aurais pu me dire qu’il existait sur cette planète plus de deux milliards de gens en plus mauvaise forme que moi. N’empêche, je cherchais cette porte sur l’été. »

Alors je sais ce n’est pas fantastiquement joyeux, mais je me suis immédiatement identifiée à ce personnage qui, dans le passage suivant, va boire un scotch dans un bar en emmenant son chat dans son sac, et ce chat a la particularité de boire de la ginger ale. Quand le barman le découvre, il met le narrateur dehors et ce dernier réplique :

« Sans rancune. J’avais projeté d’amener boire mon cheval, mais puisque c’est comme ça, vous n’aurez pas notre clientèle.

– Comme vous voudrez. Notre règlement ne mentionne pas les chevaux. Mais permettez, encore une petite chose : ce chat boit-il vraiment du ginger ale ? »

Je sens que je vais apprécier ce ton décalé :-)

 

Plusieurs centaines d’heure plus tard, je passe toujours d’excellents moments sur Dragon Age: Inquisition, où j’ai enfin réussi à tuer tous les dragons du jeu, yeah (sérieusement, tuer des dragons est l’un de mes passe-temps favori dans ce jeu, l’autre jour Cassandra a passé vingt minutes seule contre un dragon qui montait sa garde sans arrêt, totalement épique). Et je ne suis pas peu fière de mon dernier Inquisiteur, baptisé en l’honneur de Kaidan de Mass Effect :

ScreenshotWin32_0293_FinalBon cela dit ma version elfique n’est pas mal non plus :-)

ScreenshotWin32_0332_FinalJe n’ai pas joué qu’à ça, hein. J’ai entamé Alice: Madness Returns, et j’ai enfin terminé cette monstruosité qu’est The Witcher III, très bon jeu dans l’ensemble, une fin spectaculaire mais qui ne m’a malheureusement pas surprise.

 

Enfin, je vous laisse avec un vidéaste qui a encore des progrès à faire mais qui a su m’attendrir par sa jeunesse, son enthousiasme, et ses efforts pour produire des contenus de qualité. Si vous voulez UNE LEÇON D’HISTOIRE EN MODE ÉPIQUE, essayez :-)

Oh, et petit ajout de dernière minute, Lionel a partagé ça sur Facebook… Je pense souscrire un contrat ! 😀