Archive mensuelles: janvier 2014

Losing my religion – again!

Petite précision : j’ai beaucoup hésité à poster ce billet ici. Je ne sais pas si c’est une bonne idée. Mais je crois qu’il faut assumer qui l’on est, le plus possible. Éviter de trop diviser sa vie sous peine de voir éclore de multiples personnalités qui cohabitent mal. Alors oui, c’est un billet très personnel. Mais après tout, je ne fais pas autre chose lorsque j’écris de la fiction, ce ne sont que les noms et les situations qui changent. Dans la vie comme dans l’art, j’essaie désormais de m’en tenir au précepte de King : dire la vérité. C’est moi, et ça le restera quels que soient mes différents statuts sociaux. J’éprouve le besoin de réunifier tout cela. L’être humain est un feuillage, disait Giono. Ça suffit, les ruptures en tous sens. Je suis à la recherche d’harmonie. Et vous ?

 

*

 

Le ciel est d’un vaste gris et la pluie ne cesse de tomber. J’ignore presque tout de moi et du reste. Je ne sais pas ce que me veut le monde, et vice versa.

Je lutte contre le froid et l’ennui, contre l’effroi et la nuit aussi.

J’ai l’impression d’être une pute démaquillée à cinq heures du matin qui se retrouve toute seule sur le trottoir.

J’ai l’impression d’avoir mis un bazar incroyable dans mes affaires comme un enfant capricieux, et de me retrouver assise au milieu du chaos à me demander combien d’années il va me falloir pour tout ranger.

J’ai l’impression d’avoir décidé de prendre un vol pour la Lune et d’hésiter en chemin, prisonnière dans ma minuscule capsule, et de regarder par le hublot la Terre qui s’éloigne.

J’ai l’impression d’avoir dix ans et d’avoir mis les fringues trop grandes de ma grande sœur.

J’ai l’impression d’avoir embrassé un garçon sans savoir si je l’aimais vraiment.

J’ai l’impression d’avoir vu un concert que j’attendais depuis des mois et d’en sortir déçue.

J’ai l’impression d’écrire une histoire qui ne raconte rien.

De m’être rasé la tête.

D’aller au collège de nouveau.

D’offrir un cadeau qui ne plaît pas.

 

J’ai l’impression de peiner sur un problème de mathématique, de calculer des probabilités. De gommer des phrases mal faites. De parler une langue étrangère. J’ai l’impression de me promener toute nue dans une galerie des glaces. J’ai l’impression d’enterrer des talismans et des tabous. De faire de la magie noire. De cette sorte insidieuse et perverse pour laquelle il y a toujours un prix à payer.

 

J’ai l’impression de me trouver derrière une porte fermée. La gorge nouée, la bouche sèche, le sang qui bat dans mes tempes. Comme si de l’autre côté, Dieu lui-même m’attendait, assis derrière son imposant bureau de chêne. Je suis dans un vestibule noir, et le silence est si compact que ma respiration le remplit tout entier d’accents tremblotants comme un vent qui hésite à se lever. Comme des mots que l’on ne parvient pas à prononcer. Tous ces soupirs et silences qui ont remplacé ce qu’on avait prévu de dire.

 

Et pendant que cette porte muette me dévisage en se marrant, j’ai le cœur serré, contracté sous le poids d’un chagrin que j’ai traîné toute ma vie, sous le poids aussi d’une joie que j’ai éprouvé toute ma vie, sous le poids d’un désir qui ne trouve pas le moyen de sortir de mon corps.

 

Et pendant que j’attends d’avoir le courage d’ouvrir la porte, je vois ma vie défiler.

J’ai ce sentiment de fin qui me poursuit, jour après jour.

À mon avis, la mort pense à moi.

C’est ce qu’on veut dire, je crois, quand on dit que « quelqu’un marche sur votre tombe ».

 

Je ne sais même plus ce qui m’arrive, et comme toujours une seule chose m’évite l’abysse qui guette dans toutes les minuscules fêlures invisibles du quotidien : que j’ai encore le pouvoir de m’emparer de cette matière brute, et juste d’en faire quelque chose de beau.

C’est ma solution existentielle, elle vaut ce qu’elle vaut, mais c’est la seule que j’ai trouvée.

 

Under the yum-yum tree

C’est un livre qui a une façon de s’agripper à vous, de planter profondément ses griffes dans votre cage thoracique. D’abord, il est envoûtant, puis, fascinant, et ensuite… Horrible et sublime à la fois, même quand vous le posez pour penser à autre chose, il demeure là dans votre esprit, palpitant, vivant, et c’est impossible de l’oublier complètement. Pire encore, je crois qu’il a une façon de ramper vers l’inconscient, furtivement, secrètement. Il s’y love et y fait son nid, et parfois, des pensées surgissent qui en émanent, ou plutôt de ce qu’il a semé là dans cette pièce obscure, là, dans l’arrière-boutique de l’esprit où l’on stocke les souvenirs et les choses peu présentables.

C’est un livre qui vous emmène à reculons – vous ne voulez pas y aller, vous pressentez que vous ne devez pas – mais vous cédez, pas après pas. Et c’est la dégringolade dans le terrier du lapin, boom ! ça y est, vous y êtes. Aucun retour possible. Vous vous trouvez dans cette pièce obscure où l’écrivain va puiser ses histoires, ou peut-être est-ce davantage comme un lac, un lac très profond, où vous jetez vos filets…

Et puis soudain, après vous avoir éprouvé, retourné, écœuré ; soudain, vous avez envie de rire. C’est comme s’éveiller d’un rêve en pleine lumière estivale. Et pourtant vous n’avez jamais été en train de rêver, parce que dans cette histoire, tout est vrai. Jusqu’aux démons. Jusqu’à Boo’ya Moon.

Ce n’est pas un livre fantastique. Ce n’est pas un livre d’épouvante. Ce n’est pas un livre de « littérature blanche ». C’est à peine un livre, d’ailleurs. Heureusement, notons, que tous les romans ne sont pas comme celui-ci : ce serait émotionnellement et intellectuellement insupportable. Mais si de tels livres n’existaient pas, la littérature ne serait probablement pas davantage qu’un sympathique divertissement…

Je le boude un moment, et puis, il me nargue dans la périphérie de ma vision. Je l’ouvre, et oublie le temps encore une fois. De nouveau, les larmes me prennent à la gorge, mon cœur s’accélère, et je veux en savoir plus.

Par-dessus tout, ce livre me hante. Je ressasse des images et des idées, les mots s’associent et me font dégringoler dans le ravin. Tout ce que je rencontre dans la « vraie vie » créé un réseau d’échos, une toile de sous-entendus, de symboles qui m’y ramènent. Et j’y puise ; j’y bois à satiété.

Mais le plus marquant, peut-être, c’est cette difficulté et dans le même temps cette urgence que j’éprouve à écrire quelque chose sur ce livre. Avant de pouvoir me l’approprier, avant de me remettre à écrire mes propres histoires, je dois passer un long moment avec ce récit, y compris lorsque je ne lis pas. Moi aussi, je dois franchir toutes les stations. Le livre m’y incite, m’y force presque par son insistance à me questionner – un interrogatoire en règle.

Il y a quelque chose d’absolument incroyable dans ce livre qui me semble rejoindre l’idéal romantique de l’œuvre d’art : « Poïétique où le sujet se confond avec sa propre production, et littérature close sur la loi de son propre engendrement, le romantisme (nous, en somme), c’est le moment de l’absolu littéraire ». Absolu littéraire. Voilà qui semble bien qualifier ce roman. Même le mot littéraire est de trop. Les romantiques étaient des élitistes, et je parle ici d’un romancier populaire. C’est peut-être là le plus dingue, dans le sens où les élitistes en question ne l’attendaient certainement pas là. Tant mieux, d’ailleurs. Une belle revanche contre leurs catégorisations à la con. Ce romancier-là défie toutes les étiquettes (de genre ou de catégorie sociale) en atteignant avec ce cette œuvre tout simplement le summum de son art. Mais je reviens un instant sur la définition donnée par Schlegel dans ses Lettres sur le roman. Ce qui me semble si bien coller avec ce roman-là, c’est qu’il est construit par des mises en abîme successives. Il créé, en quelques sortes, son propre infini. C’est un roman sur la vie, et une vie à propos de romans. L’Histoire de Lisey est l’histoire de cette femme, mais c’est aussi l’histoire qui lui est destinée.

Mais King lui-même, après tout, en parle encore mieux que l’intellectuel Schlegel. Un de ses conseils qui m’avait marquée dans son livre Écritures[1], c’était quelque chose d’extrêmement simple et compliqué à la fois, comme le sont tous les bons conseils : « dire la vérité ». Cela demande une honnêteté et une intégrité que très franchement, je ne crois pas personnellement avoir atteint encore. Il faut un courage incroyable, et une humilité certaine, pour dire la vérité. Et pourtant, je suis persuadée avec King que c’est la marque des grands romans. Comme lorsque Flaubert s’écrire « Mme Bovary, c’est moi ! ». S’il n’avait pas été aussi humble, il aurait dit « c’est nous ».

Je ne pourrai jamais oublier ce livre conçu comme une immense farce cruelle, tragique et sublime. Un chemin de croix avec ses stations. Stephen King appelle ça « bool ». Et comme Scott le remarque, c’est comme « book », seulement, sans le k…

L’Histoire de Lisey est mon histoire. La vôtre aussi. Je ne pense pas risquer grand-chose à annoncer que ce livre va devenir un immense classique. Et si ce n’est pas le cas, c’est que l’on sera tombé bien bas.

Stephen King est probablement l’écrivain qui m’a le plus apporté à la fois en tant que personne et en tant qu’aspirante écrivaine.

« La vie n’est pas un système logistique destiné à soutenir l’art. C’est le contraire. », nous dit-il. Une sorte d’aphorisme sur lequel je ne cesse de m’interroger, moi qui ai toujours eu la sensation de mener une double vie. J’y perçois quelque chose comme une lueur d’espoir. Même si j’ai toujours pensé que cette sensation de double vie était une illusion, j’ai continué à vivre avec cette impression. Peut-être ce roman m’aidera-t-il à réconcilier l’art et la vie. Peut-être.

Alors vous le comprenez, ce roman m’a parlé, a touché toutes les fibres de mon être, et, si j’ose dire, mes différentes personnalités.

Je voudrais conclure ce long billet – pardon, mais sur ce sujet, je ne pouvais pas faire plus court – par un autre message d’espoir, à destination de tous ceux qui ont fait le pari fou d’écrire :

« Écrire n’a rien à voir avec gagner de l’argent, devenir célèbre, draguer les filles ou se faire des amis. En fin de compte, écrire revient à enrichir la vie de ceux qui liront vos ouvrages, mais aussi à enrichir votre propre vie. C’est se tenir debout, aller mieux, surmonter les difficultés. Et faire qu’on soit heureux, d’accord ? Oui, faire qu’on soit heureux. Une partie de ce livre, trop longue, peut-être, décrit comment j’ai appris cela. Une autre, plus importante, s’efforce d’expliquer cmoment on peut mieux le faire. Le reste, et peut-être la meilleure partie, est une autorisation en bonne et due forme : vous le pouvez, vous le devez et, si vous êtes assez courageux pour vous lancer, vous y arriverez. Écrire est magique, écrire est l’eau de la vie au même titre que n’importe quel art. L’eau est gratuite. Alors, buvez.

Buvez, buvez à satiété. »



[1] Sur ce livre extraordinaire, voir ma chronique sur le blog de mon asso, Les Chemins de traverse : http://lestraverseurs.blogspot.fr/2012/04/ecritures-memoires-dun-metier-par.html

Jachère

Je traverse actuellement cette étrange période de « l’après ». J’ai terminé mon roman exactement le 24 décembre au soir et pour tout dire je garde un souvenir presque flou des dernières pages. J’ai décidé de n’y jeter aucun coup d’œil avant d’avoir eu un retour de ceux parmi mes amis qui se sont dévoués pour lire la chose (merci !). J’ai cette tentation qui revient me taquiner presque quotidiennement d’ouvrir le document contenant les trois cents pages et de me remettre à le lire, par curiosité, et par une sorte de narcissisme. La mémoire de ce que l’on a écrit est quelque chose de très volatil. Je sais en gros ce que j’ai fait, évidemment, mais j’ai envie de me relire comme si j’allais découvrir quelque chose de nouveau, comme si j’allais y percevoir quelque chose de ce qu’en percevront mes lecteurs.

Je ne le cache pas, je suis très impatiente d’avoir vos avis à ce sujet. Il y a des jours où je pense que c’est pas mal, et d’autres où il me semble que c’est gravement nul. C’est mon premier roman, il doit être bourré de défauts, mais j’espère au fond de moi que quelque chose de ce que j’ai voulu y faire passer transparaît. Une certaine intensité, un soupçon de beauté. Mais écrire est une entreprise très solitaire et je vous le redis à tous, sans vouloir vous mettre la pression : très honnêtement, et humblement, j’ai simplement besoin de vous (d’ailleurs cette multiplication d’adverbes est un bon exemple de ce que j’ai sans doute fait et qu’il ne faut pas faire). À quoi bon écrire si personne ne vous lit ? Il y a bien longtemps que j’ai dépassé le stade de l’écriture comme pur défouloir, sans quoi j’aurais été bien incapable d’écrire ces 300 pages. Mais je pense aussi qu’elles sont très « brut » et justement qu’elles manquent de travail en finesse, parce que j’ai écrit de nombreux passages sous le coup de l’intuition, de l’émotion très particulière qui vous force à écrire, quelque chose qui est incroyable à éprouver, mais dont le résultat, sur le long terme, peut peut-être laisser à désirer.

Je m’explique : je pense que nombre d’entre nous avons ce fantasme de créer de la pure beauté, de faire quelque chose de bouleversant, de sublime, d’un coup. D’une, ça ne se passe jamais ainsi pour la simple raison qu’à mon sens en matière de création il n’existe rien d’absolument spontané (parce que tout a été longuement mûri inconsciemment), mais aussi parce que nos plus belles fulgurances peuvent être au meilleur des cas magnifiques en tant que telles, mais elles ne s’intégreront pas à l’ensemble de l’œuvre que l’on s’échine à créer sans un long travail parfois fastidieux d’articulation et de réajustements. Je trouve personnellement que c’est une chose très frustrante. Mais force m’est d’admettre que la beauté d’un roman tient à son ensemble, et non à des passages. D’ailleurs chez nos grands écrivains français, n’en déplaise à l’Académie, c’est précisément le reproche que je ferais à leur œuvre. Là tout de suite, je pense immédiatement à Chateaubriand et à Marcel Proust. Ce dernier m’a particulièrement marquée par des passages sublimes, d’une poésie extrême, par sa délicatesse, sa subtilité, sa finesse, sa sensibilité. Mais allez vous tartiner la Recherche, bourrée d’anecdotes niaises. Je suis partisane d’un « best-of » de la Recherche, oui parfaitement, je n’ai pas peur de le dire. Comme on le disait précédemment pour le Hobbit, Monsieur Proust a péché par orgueil. Il a écrit un truc incroyablement narcissique plein de pathétiques aventures et de nombreux aspects pathologiques qui rappellent Rousseau (fantasmes inavouables, confessions indésirables du genre je ne peux pas me passer de ma maman). Et en même temps, dans la même putain d’œuvre, dilué entre ses niaiseries (qui oserait écrire « faire catleya » en substitut à « faire l’amour » ?? [les catleyas sont des fleurs dont sa fiancée porte des motifs à son chemisier]) Monsieur Proust écrit de belles envolées lyriques, cependant plus comparables aux fulgurances d’un journal, ou même de ce qu’on appellerait aujourd’hui un blog, qu’au roman. Ce n’était pas le genre de gars à savoir raconter une histoire. Plus passionné, plus « authentique », en un sens, Chateaubriand me comble avec sa fougue :

« L’automne me surprit au milieu de ces incertitudes : j’entrai avec ravissement dans les mois des tempêtes. Tantôt j’aurais voulu être un de ces guerriers errant au milieu des vents, des nuages et des fantômes ; tantôt j’enviais jusqu’au sort du pâtre que je voyais réchauffer ses mains à l’humble feu de broussailles qu’il avait allumé au coin d’un bois. J’écoutais ses chants mélancoliques, qui me rappelaient que dans tout pays, le chant naturel de l’homme est triste, lors même qu’il exprime le bonheur. Notre cœur est un instrument incomplet, une lyre où il manque des cordes, et où nous sommes forcés de rendre les accents de la joie sur le ton consacré aux soupirs. »

Mais c’est mon côté incurablement romantique (et je précise, je me réfère bien au romantisme comme mouvement artistique, et non pas à des créations du genre « comédies romantiques », ou tout autre utilisation abusive du terme pour qualifier quelque chose de « fleur bleue »), je suppose.

Toujours est-il que, pour revenir au sujet initial, j’ai mis au monde une « chose » dont j’ignore tout. Pour moi, elle n’est qu’intentions. Et je ne sais pas si ces intentions se sont concrétisées ou non.

Et dans tous les cas, j’attends maintenant de refaire le plein, et je n’écris plus depuis plus d’un mois et demi. Je sais que quelque chose vient, mais je ne sais pas ce que c’est, ni comment ça se manifestera. C’est une période à la fois excitante et frustrante, à laquelle se mêlent des soupçons d’impatience. Dans ce processus, le temps est mon allié. Je dois faire preuve de patience. L’écriture pour moi est comme une relation amoureuse : on passe son temps inquiet, fébrile, et chaque jour, l’on doit vivre avec l’incertitude. Entre exaltation et mélancolie, la seule chose que l’on possède vraiment, c’est la certitude d’avoir fait le bon choix.

Les langues vivantes sont des sauvages

Une langue est vivante dans bien des aspects. Elle est vivante parce qu’elle est parlée, bien évidemment, mais également parce qu’elle est littéralement éprouvée comme telle par l’apprenant, comme diraient les profs. Elle se rebelle, elle est rétive, elle ne laisse pas apprivoiser si facilement. La domestiquer demande patience, persévérance, et un petit quelque chose d’autre :

« The hardest thing about learning a language is that, at its core, it is black magic. No one can tell you when, where or how you will crossover–some people will even tell you that no such crossover exists. The only answer is to put one foot in front of the other, to keep walking, to understand that the way is up. The only answer is a resource which many of us have long ago discarded. C’est à dire, faith. »

L’expérience de cet Américain à Paris m’a beaucoup touchée. Et c’est encore plus difficile pour lui, qui en est à sa première langue étrangère. Et ça fait plaisir de voir un anglophone prendre la peine d’apprendre une langue étrangère, d’ailleurs. Et puis, son récit m’a rappelé combien il est difficile de se trouver en exil linguistique, et à quel point on se rapproche presque instinctivement de ceux qui parlent notre langue. L’exil linguistique créé du manque, et il est encore l’occasion d’apprécier plus encore sa langue maternelle, qui, je crois, restera toujours inégalée (quelle qu’elle soit, c’est un truc personnel).

Personnellement, je suis en train d’apprendre ma troisième langue. Chaque apprentissage est différent. J’ai commencé à apprendre l’anglais au lycée, puis de façon approfondie à la fac. J’ai méprisé l’apprentissage de l’espagnol au lycée et fait le strict minimum, toutefois suffisant pour satisfaire aux standards très bas pour obtenir la moyenne avec la deuxième langue au bac. J’ai un peu stagné à la fac puis, prise de panique en réalisant que j’en avais besoin pour accéder à mon master traduction, j’ai donné un coup d’accélérateur et tout repris depuis la base. Je suis tombée amoureuse de l’anglais avec le temps, avec son histoire et sa littérature, auxquelles mon cursus universitaire me donnait largement accès. Et aussi grâce aux séries et au cinéma. J’ai appris à aimer l’espagnol de même, en m’intéressant à la culture de l’Espagne, à ses œuvres, à sa sensibilité propre. Mais je reste encore une demi-étrangère à cette langue, avec laquelle je ne suis pas autant en contact que je le voudrais, mais j’y travaille.

Et maintenant, je commence le néerlandais, avec lequel j’espère nouer une relation durable et prospère. Une partie de ma famille est néerlandaise, j’espère que cela pourra aider. Ayant fait au préalable une incursion préalable dans l’apprentissage de la langue de Goethe, j’ai trouvé mes débuts grandement facilités.

Une autre chose avec les langues vivantes, c’est qu’elles sont aussi très voraces, et demandent une attention perpétuelle. Aussi, c’est presque tous les jours qu’il faut entrer en contact avec elle, en écrivant, écoutant, parlant, lisant. Et quand on le fait tout seul et qu’on jongle avec plusieurs langues, c’est loin d’être une tâche aisée.

Si vous êtes d’un assez bon niveau en espagnol et que vous souhaitez vous divertir en entretenant votre langue, je vous recommande :

— L’émission télévisée Intermedio, une sorte de Petit Journal à l’espagnole

— Les émissions de radio de Miguel Blanco sur le paranormal, le surnaturel, etc. C’est souvent intéressant.

Le Hobbit entrelacé

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Je rentre de ma séance de cinéma où j’ai vu le deuxième volet du Hobbit, et j’ai regardé des critiques sur Allo Ciné, et je me suis dit en lisant les moins bonnes : c’est drôle, je comprends pourquoi les gens n’ont pas aimé, mais… je pense qu’ils ont tort :) Du moins, en partie.

En effet, dans les critiques, une chose revenait souvent : c’est trop long, la multiplication des scènes fonctionne comme du remplissage. Le film aurait pu être davantage resserré. Le scénario multiplie les intrigues sans approfondir les personnages. Oui, mais…

Ce type de narration est tout à fait justifié et valable, et ce n’est pas nécessairement du remplissage. Je m’explique.

Le Hobbit, comme chacun le sait, est une adaptation de Tolkien. Si on compare le Hobbit et Le Seigneur des anneaux, en termes d’adaptation cinématographique, on va trouver des similitudes, peut-être moins marquées dans SdA concernant la multiplicité des intrigues. Mais c’est exactement le même genre de narration. Et ce type de narration est vieux d’environ huit siècles. Peut-être à l’époque accusait-on Chrétien de Troyes de faire du remplissage, je ne sais pas. Mais il procédait exactement de la même manière que Peter Jackson dans ses films.

On appelle cela la technique de l’entrelacement, ou pourquoi pas, conjointure romanesque. Je vais parler du roman de Chrétien de Troyes que je connais le mieux, Le Conte du Graal. C’est très simple : dans Le Conte du Graal, nous suivons conjointement les aventures de Perceval et de son collègue coureur de jupons Gauvain. Les deux histoires sont entrelacées dans le sens où elles sont articulées. En effet, ce ne sont pas simplement deux histoires indépendantes, elles sont vouées à se fondre en une seule. Pour cela, il faut soigneusement préparer son intrigue, et concrètement, cela fonctionne par des éléments communs d’intrigue, des allusions, des effets d’échos, des dialogues dans lesquels les protagonistes parlent de l’un ou de l’autre en son absence[1].

Sda comme le Hobbit ne multiplient pas les péripéties – que ce soit dans l’œuvre romanesque ou cinématographique – purement fortuitement. Voyons ça comme un jeu de rôle : des quêtes secondaires articulées autour d’une quête principale. Que ça ennuie certains spectateurs, c’est d’accord, mais ce n’est pas de la faute de Peter Jackson ou de Tolkien. C’est le genre qui veut ça. En principe, chaque quête secondaire a une importance pour la quête principale. D’où un autre élément capital à prendre en compte : ce genre de narration se déploie sur le long terme. Alors dans le Hobbit, avant de dire que le personnage de Tauriel est inutile, ou que sa romance avec Kili l’est, attendons. Le fait qu’elle prenne le temps de le guérir est peut-être capital. Que ce serait-il passé si Kili était mort ? Attendons le troisième volet[2].

Du coup, je dirais que le problème ne vient pas tellement de la scénarisation du Hobbit mais de sa répartition en trois volets séparés par une année entière. Et le problème s’approfondit encore quand l’on songe que Peter Jackson semble avoir conçu le Hobbit comme une préquelle à SdA. Je pense qu’en effet il a l’ambition de concevoir une série comparable à Star Wars.

Moi, je ne vois qu’une solution, c’est regarder les six épisodes à la suite :)



[1] À ce propos, je vous recommande de consulter ce court pdf instructif.

[2] Je me réfère ici uniquement au film.

Mon petit guide ultra-rapide pour consommer responsable

(Ce n’est pas l’article que j’avais prévu initialement, mais celui-ci est venu plus vite)

Je viens de passer la soirée à tenter de me rendre compte de quels moyens je disposais en tant qu’occidentale de classe moyenne pour ne pas détruire la planète, et ma conclusion est que : c’est très simple, mais l’addition est salée.

Je ne vais pas vous rabâcher les mesures de bon sens sur l’économie d’énergie et de déchets, pour moi le vrai problème pour un citoyen lambda se situe dans l’alimentation.

Ma première véritable sensibilisation au traitement des animaux pour l’alimentation est survenue cet été, après avoir passé un mois et demi à fréquenter un couple de végétariens qui l’étaient par conviction. Ensuite, j’ai regardé ce court-métrage. À première vue, je n’ai pas apprécié sa dimension propagandiste et fortement moralisatrice. Il n’empêche, ce petit film m’a suffisamment interpellée pour que je me pose beaucoup de questions. Je suis donc allée me renseigner et je vous invite à aller voir sur ce site, si pour vous l’élevage hors-sol demeure une notion plutôt floue, comme elle l’était pour moi jusqu’à maintenant.

Tout cela m’a laissée écœurée, et comme je n’ai toujours pas l’intention de devenir végétarienne, il n’y a qu’une solution : acheter uniquement des produits labellisés. Pour le porc et le poulet, c’est le label AB (agriculture biologique) ou Label Rouge, pour les deux « en plein air » très fortement recommandé. Pour le poisson, AB toujours, et le label Pêche durable MSC. Et pour les fruits et les légumes, privilégier comme d’habitude le bio et surtout la production locale. C’est encore dans ce dernier domaine que l’on dépensera le moins de sous. Le plus gros problème, c’est la viande. Alors si l’on veut réduire sa consommation parce que consommer responsable est trop coûteux, voici quelques pistes pour cuisiner végétarien :

Je suis une débutante en la matière, mais pour moi, il y a un principe de base : pour réussir à se nourrir, à avoir une satisfaction sans viande ou poisson, il faut que le plat tienne au corps, il faut des féculents et des matières grasses. Pour obtenir cet effet, le plus simple est d’associer légumes et céréales, + produit laitier. Quand j’étais en Inde et que j’étais forcée de manger végétarien, j’ai trouvé deux trois astuces. Dans vos plats, ne négligez pas ail, oignons ou échalotes, pour le goût. Vous pouvez vous faire des plâtrées à base de graines ou céréales : quinoa, blé, lentilles, riz, pâtes. Ensuite, vous accommodez à votre goût avec des légumes, et pour la gourmandise, misez sur la crème, le fromage en cubes ou râpé. Ne négligez pas non plus tout ce qui est beignets, fritures, lasagnes, toujours pour le côté gourmandise et nourriture réconfortante. Je dois dire que pour moi, le fromage remplace assez bien la viande. Et enfin, pour varier les saveurs et donner de la personnalité à votre plat, n’oubliez pas les épices : coriandre, cumin, curry, safran, muscade… Et bien sûr, les herbes aromatiques.

Vous trouverez sur Marmiton des recettes alléchantes, comme les lasagnes chèvre-épinards, ou la terrine de courgettes à la menthe, ou les galettes de pommes de terre.

 

Enfin, dernier point que je voulais aborder dans cet article : les ONG. Je cherche actuellement une organisation valable à qui faire des dons mensuels, et les deux auxquelles j’ai pensé, Greenpeace et la Fondation Nicolas Hulot, ont été après renseignement directement rayées de ma liste. Pour info, donc : personnellement je pense que le nucléaire est actuellement la meilleure solution, et Greenpeace le bannit, ce qui a d’ailleurs conduit le co-fondateur Patrick Moore à quitter l’association. La Fondation Nicolas Hulot quant à elle a conclu des partenariats avec de grosses boîtes pas très connues pour leur respect de l’environnement, telles que L’Oréal (qui pratique notamment les tests sur les animaux) et Bouygues. Résultat des courses, ces entreprises ont des sièges au conseil d’administration, et pour moi, c’est juste incompatible avec les objectifs de la fondation. Si quelqu’un connaît une ONG indépendante et écologiste au vrai sens du terme, je suis preneuse.

 

Voilà, j’espère que ce billet vous aura intéressé, car comme disait Tristan Lecomte, « Remplir son panier ou son caddie, c’est exercer un droit de vote » !

Des idées à la con

Il va vraiment falloir arrêter toutes ces conneries sur l’anti-racisme et ceux qui « en ont marre » qu’on leur parle de Shoah et d’antisémitisme. Je sais que « les idées à la con progressent grâce à ceux qui prétendent les combattre », mais en même temps, on est dans l’hyper-communication, et j’ai la nette impression que ces fameuses idées à la con progressent qu’on les aide ou non.

Alors voilà, en fait je viens de lire l’un des trucs les plus stupides que j’ai jamais lu, et je n’arrive pas à en rire parce que cela ressemble bien trop à tellement d’autres trucs qu’on lit et qu’on entend, et parce que l’auteur n’est pas là pour que je lui rie au nez. Je cite :

« Quand Dieudonné a transformé Chaud Cacao, une vielle chanson «tropicale» un peu raciste, en Shoah Ananas, le refrain a été repris en masse par les fans de Dieudonné. J’ose croire qu’ils ne se moquent pas de la véritable Shoah mais plutôt de ceux qui leur rappellent tout le temps des événements qui sont supposés les faire se sentir coupables, insignifiants et impuissants. Une bonne partie de cette génération en a assez d’entendre parler de la période 1939 – 1945 alors que son propre avenir est sombre. »

Si tu te sens coupable parce qu’on t’enseigne la Shoah, c’est ton problème. Et d’ailleurs, ton avenir risque bien d’être encore plus sombre si tu l’oublies, la Shoah. Vous comprenez, les pauvres chéris qui s’achètent des smartphone et touchent des indemnités quand ils ne travaillent pas vivent dans un monde très difficile. On ne va quand même pas les traumatiser en leur montrant des centaines de cadavres ramassés à la pelleteuse, puisque « leur propre avenir est sombre ». C’est vrai quoi, ils n’auront même pas assez de sous pour s’acheter un écran plat pour le prochain Noël.

Nos parents bénéficiaient très probablement d’un marché de l’emploi bien plus ouvert et d’un niveau de vie supérieur, mais nous n’en sommes pas pour autant relégués à nous nourrir de navets et de topinambours tous les jours. Si cette génération se sent insignifiante et impuissante, elle ne peut s’en prendre qu’à elle-même, au lieu de se victimiser. Nous faisons nos propres choix, nous bénéficions de bourses pendant nos études, nous vivons dans une société où nous avons accès à l’information si nous le voulons (personne ne vous oblige à regarder TF1) et où personne ne nous force à adopter un mode de vie qui ne nous convient pas (à part les conventions sociales, et il revient à chacun de les combattre s’il en éprouve le besoin).

Cependant, je suis d’accord avec l’article par rapport à la volonté d’interdire les spectacles de Dieudonné :

« De telles dispositions tendent simplement à confirmer la vieille idée selon laquelle «les juifs dirigent le pays» et participent à la montée de l’antisémitisme. »

Ce n’est sans doute pas la bonne stratégie. Mais en même temps, on connaît le sarkozysme de Manuel Valls : fait divers = loi. C’est  le genre de mec qui adore visiblement mettre le feu aux poudres et rafler des électeurs sans se fatiguer grâce à des mesures choc à court terme et dénuées de toute vision d’ensemble (il fait là coup double, même Coppé est d’accord avec lui).

L’auto-complaisance est le cancer de la France. Dans le sens où elle ronge les gens. On flatte leur égo en leur expliquant que ce n’est pas leur faute, et en leur désignant les coupables. Cette idée comme quoi notre éducation nourrit notre culpabilité sert surtout à mon sens à nous déresponsabiliser. Il ne s’agit pas de se sentir coupable, mais de se souvenir. Si vous ne pouvez pas vivre avec vos souvenirs, encore une fois, c’est votre problème, et surtout pas celui des victimes et de leurs descendants.

Et si on grandissait un peu ? Et si on arrêtait un peu de pleurnicher ? Si on passait un peu moins de temps à se plaindre, on en aurait peut-être davantage pour prendre du recul sur soi et choisir la meilleure façon d’agir et d’aller mieux. Cela tient à chacun. Contrairement à la nouvelle tendance des politiques qui veulent tous nous englober par la dénomination « les Français », différencions-nous, cessons d’accepter de faire partie d’une masse morose qui attend le Messie. Notre histoire nous a donné la liberté, et nous, nous n’en voulons plus, parce que c’est trop difficile ! Nos parents, grands-parents, et arrière-grands-parents se sont battus pour les droits dont nous bénéficions aujourd’hui, et notre génération ne sait que s’avachir en accusant tout le monde sauf elle-même.

Le geste « anti-système » de Dieudonné me fait bien rigoler. La révolte aujourd’hui, c’est aller chanter Shoah Ananas, sérieux ?

Enfin, je ne dirais pas mieux que Primo Levi : « Quiconque oublie son passé est condamné à le revivre. »

 

PS : le prochain article traitera d’un sujet qui me passionne bien davantage (non je dirai pas c’est quoi), mais j’avais envie de ce coup de gueule !

Un peu de douceur dans ce monde de brutes

Moi qui ne consulte pas trop mes comptes, j’ai eu la joie de découvrir que la CAF m’avait fait un cadeau de Noël. J’ignorais totalement l’existence de cette prime et j’ai comme une envie de prendre tout le gouvernement Jospin – qui l’a instaurée – dans mes bras, ainsi que tous ceux qui ont fait en sorte qu’elle soit reconduite une nouvelle fois cette année. Certaines personnes ont l’air de penser que le fait d’être pauvres leur donne des droits, et pourtant, le coup de la prime de Noël, c’est de la pure bienveillance, un petit quelque chose qui adoucit le quotidien. (Et puis il faut dire que le fait d’être passée du statut étudiante qui n’a droit à rien parce que l’État considérait mon papa comme une vache à lait à celui de grande fille à qui son papa n’est plus censé donner d’argent me met en joie.) J’aime la France :)

Points de vue

Mes meilleurs vœux pour cette année 2014 !!

J’ouvre cette année avec des projets et des rêves plein la tête, et dans ce blog, une nouvelle catégorie, « Points de vue ». Avant de poster un quelconque article entrant dans cette catégorie, j’avais envie de l’introduire, expliquer pourquoi j’éprouvais le besoin de la créer, et apporter quelques précisions indispensables pour prévenir tout malentendu. En effet, il s’agira d’articles d’opinion, plus ou moins développés et/ou argumentés car je compte garder le plus de spontanéité possible, et ne pas reprendre à chaque fois les mêmes précautions que je prends maintenant.

Je passe beaucoup de temps sur Internet, que je considère comme une fenêtre ouverte sur le monde, et je prends beaucoup de plaisir à naviguer plusieurs heures par jour. Non pas sur les réseaux sociaux, qui ne m’intéressent guère (c’est une autre question dont je ne vais pas parler maintenant), mais sur les blogs et la presse en ligne. Slate et Rue89 sont sans doute ceux que je fréquente le plus, mais j’aime bien naviguer un peu au hasard selon les thématiques, ce qui m’amène sur des sites divers et variés, et à compulser des articles traitant de sujets allant de l’actualité à la science, en passant par la culture, l’art de vivre, la philosophie ou l’histoire. Je lis des journaux de toutes les orientations politiques, ce qui me semble logique, puisque je ne lis pas la presse pour qu’on me dise ce que j’ai envie d’entendre.

Pourquoi je vous explique cela ?  Eh bien parce que je ne peux m’empêcher de réagir à ce que je lis, que des idées en entraînent d’autres, que ce contact avec cette pluralité d’opinions est pour moi quelque chose de très stimulant qui me donne envie de réfléchir et de partager mes réflexions. Les articles d’opinion sont délicats à écrire, et la motivation derrière leur rédaction a toujours quelque chose de douteux, c’est pourquoi je tenais à m’expliquer avant.

Je ne souhaite pas m’exprimer ici pour me faire valoir. Même si je suis fière de mes valeurs, sans doute parce qu’elles représentent ce que je considère de plus précieux dans mon existence, et même si je peux éventuellement être fière de la façon dont je les défends (je veux dire par là quand j’ai l’impression de briller par ma rhétorique souple et aiguisée :) ; de la même façon que je ne lis pas des articles émanant d’un seul type d’idéologie, je ne veux pas faire partager mes idées pour qu’on soit d’accord avec moi, ni même pour me faire complimenter sur la finesse de mon jugement et la subtilité de mon expression (même si, cela va de soi, ça fait plaisir si c’est le cas). Ce que j’essaie de dire, c’est que Internet est le royaume des donneurs d’avis (et souvent de leçons), et ce n’est pas pour grossir  les rangs des beaux parleurs que je souhaite moi aussi m’exprimer.

Bon, pourquoi, alors ? Parce que le côté génial d’Internet, c’est justement d’avoir accès à toutes ces idées qui fourmillent. Si on tombe sur les miennes et qu’on trouve la lecture de mon article intéressante, c’est tout gagné pour moi. C’est la première raison. Et la deuxième, c’est que j’en éprouve le besoin. Comme des milliers de gens j’ai envie de gueuler comme un âne au moins une fois par jour, alors un blog, cela peut aussi servir de défouloir. Et pas seulement quand on est énervé. Les enthousiasmes se partagent également, la tristesse, l’incompréhension, et la bonne rigolade de même. Comme disait Lionel à propos de son blog, je le vois comme un bar où l’on peut s’assoir, écouter, ou discuter, le tout de préférence en passant un bon moment.

Voilà, ma conscience est libérée, maintenant je vais pouvoir écrire ce que je veux sur mon blog 😉